700 personnages historiques

Aava

Est une femme de Ptolémaïs. Elle est sur le point d’être répudiée pour sa stérilité. Jésus sermonne le mari :

Moïse a permis le divorce à cause de votre dureté de cœur, dit-il : «Puis de plus en plus votre vice a étendu la clausule de Moïse jusqu’à obtenir les chaînes inhumaines et les pierres homicides qui sont les conditions actuelles de la femme, toujours victime de votre domination, de vos caprices, de votre surdité, de votre aveuglement en fait d’affections. Je te le dis: il ne t’est pas permis de faire ce que tu veux faire1».

Puis il prononce sur le couple réconcilié une invocation pour le don de la fécondité: «… Père Saint, Créateur Suprême, rends-les heureux et saints. Elle féconde comme une vigne, lui son protecteur comme le tuteur qui la soutient. Descends, ô Vie, pour donner la vie. Descends, ô Feu, pour réchauffer. Descends, Puissant, pour opérer. Descends! Fais que pour la fête de louange des moissons fécondes de l’année qui vient, ils t’offrent leur vivante gerbe, leur premier-né, fils consacré à Toi l’Éternel, qui bénis ceux qui espèrent en Toi …2».

*

Son nom évoque Ahava (Ahawa), lieu au nord de Babylone où Esdras rassembla les juifs exilés en vue du grand retour à Jérusalem.

La fête «de louange des moissons fécondes», c’est Chavouot, la Pentecôte, 9 mois après cette invocation.

(1) Tome 2, chapitre 70 /vo 104.6 – (2) Ib°

Abel, dit Ananias

Baptise probablement Paul à Damas.

Habitant de Bethléem de Galilée, il porte le nom prémonitoire d’Abel, victime de Caïn. C’est le fils unique de Myrta*, une jeune veuve, objet des convoitises d’Aser*, un compatriote. Par dépit, celui-ci implique le jeune Abel dans un meurtre qu’Aser commet avec des complices.

Ce grand adolescent va être lapidé. Jésus le sauve de justesse et frappe les trois meurtriers d’une lèpre immédiate1.

Loin de se révolter, Abel révèle sa haute spiritualité en demandant à Jésus la guérison de ses accusateurs : «C’étaient tes Caïns, lui rappelle Jésus. Ils t’ont haï comme on ne le peut davantage. Ils voulaient t’enlever tout: la vie, l’honneur et ta mère…

– Ils ont été mes bienfaiteurs, lui répond Abel, puisque c’est grâce à eux que je t’ai eu, Toi. Moi, je les aime pour ce don qu’ils m’ont fait, et je te demande qu’ils soient où moi je suis: à ta suite. Je veux leur salut comme le mien, plus que le mien, car plus grand est leur péché2».

Jésus les guérira, mais pas tout de suite.

Abel devient un des soixante-douze disciples envoyés en mission «deux par deux3». Il reçoit la garde d’Aurea*, une jeune esclave gauloise arrachée par Jésus à la concupiscence de son maître.

C’est tout naturellement qu’il est compté par Jésus au rang «des futurs prêtres qui partiront loin pour évangéliser».

Un dialogue surprenant avec Jésus met Abel au même rang que l’apôtre Jean* et dévoile son avenir : «Jésus passe un bras au cou des deux et les attire à Lui, l’un à droite, l’autre à gauche, et il dépose un baiser sur les cheveux en disant : Vous y arriverez car vous avez compris l’amour. …

– Je croyais que tu allais guérir (les lépreux) tout de suite, dit Jean.

– Moi aussi, comme tu le fais toujours, dit Abel.

– C’étaient de grands pécheurs. Cette attente est juste pour qui a tant péché. Maintenant écoute, Ananias…

– Je m’appelle Abel, Seigneur, dit le jeune homme étonné et il regarde Jésus comme se demandant : “Pourquoi se trompe-t-il?”

Jésus sourit : “Pour Moi, tu es Ananias, car vraiment tu sembles né de la bonté du Seigneur. Sois-le de plus en plus et écoute…4».

Hananya (Ananie) signifie en effet: Dieu est Grâce.

Ainsi fut justifié le nom d’Ananias donné par Jésus à Abel. C’est probablement lui qui, au temps des persécutions, accueille Saul*, frappé d’aveuglement, à Damas et le baptise5.

Recoupements historiques

Selon la tradition orientale, Hananya (Ananie) était l’un des soixante-douze disciples. Il devint évêque de Damas qu’il évangélisa.

Ananie serait mort lapidé à Eleutheropolis (Beit Guvrin) vers 72. Il est fêté par l’Église le 25 janvier, jour de la conversion de saint Paul.

Ses reliques sont conservées à Rome, dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs.

(1) Tome 4, chapitre 111 /vo 248.3/14 – (2) Tome 7, chapitre 170 /vo 475.5/6 – (3) Cf. Luc 10,1 – (4) Tome 7, chapitre 171 /vo 476.6/9 – (5) Cf. Actes 9, 17-19

Abel, de Capharnaüm

Voir Zacharie et les ingrats.

Abel, de Corozaïn

Un des soixante-douze disciples.

C’est le lépreux de Marc 1,40-45 et de Luc 5,12-16, mais pas celui de Matthieu 8, 1-4 que les synoptiques associent pourtant. Son ami Samuel*, un bossu récemment guéri, l’amène à Jésus qui le purifie. Selon Maria Valtorta, la conclusion de la rencontre n’a pas la sévérité mentionnée par Marc. Il s’agit simplement, pour Jésus, de canaliser l’enthousiasme du miraculé : «Maître ! Maître ! Maître ! Je ne te quitte plus. Je ne puis plus te quitter1».

Abel et Samuel de Corozaïn, inséparables dans l’amitié, le deviennent dans l’apostolat à la suite de Jésus. Ils sont agrégés au premier noyau des disciples : les bergers de la Nativité, puis à celui des soixante-douze disciples, envoyés évangéliser «deux à deux2».

Jésus lui rend témoignage : «Je l’ai guéri près de Corozaïn un soir déjà lointain et puis je l’ai quitté. Maintenant, je le retrouve. C’est lui qui m’a annoncé sur les monts de Nephtali. Et, pour confirmer ses paroles, il lève ce qu’il lui reste de ses mains, guéries, mais partiellement diminuées et il montre ses pieds guéris, mais difformes avec lesquels pourtant il fait tant de chemin. Les gens comprennent à quel point il était malade par ce qui lui reste et croient à ses paroles qu’assaisonnent des larmes de reconnaissance3».

C’est lui qui envoie l’hémorroïsse* de Matthieu 9,20 à Jésus4.

Recoupements historiques

Aucun recoupement n’a encore été trouvé, même dans les listes qui prétendent nommer les soixante-douze disciples*.

(1) Tome 2, chapitre 26 /vo 63.1/5 – (2) Cf. Luc 10,1 – (3) Tome 3, chapitre 22 /vo 162.3 – (4) Tome 4, chapitre 91 /vo 230.1/7

Abel et les croyants de Sychar

Ces habitants de Sychar (=Sichem) croient en Jésus. Le témoignage de Fotinaï* la samaritaine les a convaincu1.

Ils demandent à Jésus de se souvenir d’eux : «Souviens-toi d’Abel – Et de moi Timothée – Et de moi Joraï2».

Ce ne sont pas des paroles vaines : deux ans plus tard, Jésus se retire en Samarie à la suite de sa condamnation par le Sanhédrin3. Il les retrouve et les salue par leurs noms, à leur étonnement : «Je me souviens de vos noms, de vos visages, et de vos âmes4».

Avant de monter à Jérusalem pour la dernière Pâque, Jésus les incite à poursuivre leur chemin de conversion : «Hommes de Samarie, allez, vous aussi, et sachez ne pas borner votre amour pour Moi à me suivre et me chercher sur les routes de la Terre, mais sur celles de l’esprit. Allez et que la Lumière brille en vous5».

(1) Cf. Jean 4, 40-43 – (2) Tome 3, chapitre 6 /vo 146.3 – (3) Jean 11,54 – (4) Tome 8, chapitre 18 /vo 557.3/9 – (5) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.13/23

Abraham, le bijoutier

À l’approche de la Pentecôte, le vallon près de Modin est rempli de pèlerins : l’endroit est agréable. Il y a même un cortège nuptial qui se repose près de la troupe apostolique.

Thomas*, orfèvre de métier reconnaît une riche famille de Jérusalem avec qui il est en relation. Abraham le bijoutier qui travaille les diamants et les perles, les accompagne et vante les somptueux cadeaux qui vont s’échanger entre les fiancés.

Cela n’a pas échappé à des voleurs qui s’apprêtent à détrousser les voyageurs. Dismas* (il sera le «bon larron»), en fait partie.

La panique s’empare de tous. Jésus s’adresse aux voleurs tapis dans les fourrés. Il leur parle de la fièvre maudite de l’or, de l’autre vie et les appelle à la conversion.

Les voleurs se retirent et tout le monde peut quitter l’endroit1.

(1) Tome 3, chapitre 85 /vo 223.4

Abraham, d’Engaddi

A croisé les mages de Bethléem.

C’est le Chef de la synagogue de cet oasis situé en bord de Mer Morte, il est âgé de 81 ans quand Jésus fait sa connaissance. Il se souvient des mages* qui trente ans auparavant sont passés chez lui, fuyant Hérode*. Mais maintenant, il accumule les épreuves : Il a perdu sa fille, Élise, qui lui lègue ses petits-enfants. Son fils Élisée* est devenu lépreux. Sa femme Saraï, surnommée Colombe, devient aveugle et idiote à cause des nombreuses souffrances. Sa foi reste cependant inébranlable dans ces tribulations.

Jésus guérit son fils lépreux. Abraham s’exclame : «Louange à Dieu! Mes yeux ont vu le Promis! Et que puis-je demander de plus a Dieu?

Jésus lui prophétise : Au Ciel tu seras avec Moi et les tiens avec toi1».

Abraham meurt dans les bras de Jésus ressuscité qui lui apparaît au matin de Pâques, mais ses proches ne voient rien : Jésus a disparu2.

(1) Tome 6, chapitre 81 /vo 391.1/8 – (2) Tome 10, chapitre 18 /vo 632.29

Abraham, de Jérusalem

La Pâque réunie famille et amis. Mais une dispute éclate : Samuel* le fiancé éconduit d’Annalia*. s’en prend à son oncle Le ton monte : il assomme son interlocuteur à coup de hache et s’enfuit. Le blessé agonise.

Abraham vient chercher Jésus et le supplie de sauver l’oncle d’Annalia.

«Je suis vieux, et la mère de Samuel est âgée. Que pouvions-nous faire?1

Samuel, selon la Loi, sera tué… Seigneur! Seigneur! Le déshonneur est déjà sur nous… Mais cela, non! Pitié pour ma sœur, Seigneur! Lui t’a maudit… Mais sa mère t’aime… Que devons-nous faire?

– Je viens avec toi, homme » dit simplement Jésus2».

(1) Tome 5, chapitre 65 /vo 375.1/9 – (2) Ib°

Abraham et Samuel, du Jourdain

Jésus, de passage en Décapole, délivre un possédé. L’affrontement est terrible. Le démon livre son nom : Belzébuth lui-même1.

Après le départ de Jésus, les pharisiens croisent le possédé guéri. Ils le menacent : Jésus, prince des démons, l’a délivré d’un esprit qui ne possédait que sa raison, mais il lui a donné en échange un démon plus fort, si puissant qu’il le conduira à la damnation.

Abraham et Samuel préviennent Jésus: Le possédé guéri est pris d’une terrible angoisse au point d’en devenir presque fou.

Jésus les rassure : ils doivent se méfier du levain des pharisiens et faire confiance à Dieu selon Luc 12,1-12 : «N’accueillez pas dans votre cœur ce qui vient d’eux, ni leurs insinuations, ni leurs explications… Le levain des pharisiens, c’est l’hypocrisie… Mais leur jeu a été vite découvert et leur action mauvaise neutralisée… Ce qui a été dit dans l’obscurité finit par être dévoilé…2».

*

L’enseignement sur le levain des pharisiens et d’Hérode rapporté par Matthieu 16,5-12 et Marc 8,14-21, est décrit dans un autre épisode de Maria Valtorta3.

(1) Tome 6, chapitre 111 /vo 420.1/12 – (2) Tome 6, chapitre 112 /vo 421.1/10 – (3) Tome 5, chapitre 31 /vo 343.1/7

Abraham, des plaines de Joppé

Assiste incrédule à un miracle de la foi.

C’est le vieil intendant des terres que Joseph d’Arimathie* possède dans les environs de Joppé, au sud de la plaine de Saron. Il n’en croit pas ses yeux : Joseph a distribué abondamment des gerbes de blé à soixante-deux nécessiteux.

«Maître, dit-il, il y a un mystère! Nos champs ne peuvent pas donner le nombre de gerbes que tu as distribuées. Je suis né ici et j’ai soixante-dix-huit ans. Je fais la moisson depuis soixante-six ans. Et je sais. Mon fils avait raison. Sans un mystère, nous n’aurions pas pu donner autant!… 1».

Cette multiplication des gerbes est un miracle de la foi à laquelle Joseph d’Arimathie les avait exhorté.

(1) Tome 6, chapitre 97 /vo 408.1/7

Ada et Janoé

Elle allait mourir en accouchant.

Cette femme d’Éphraïm, village de Samarie où s’est réfugié Jésus après sa condamnation par le Sanhédrin1, en est à son onzième accouchement. Mais cela se passe mal : elle est déjà noire, étranglée par les convulsions et ne respire quasi plus. C’est l’agonie.

On court chercher en hâte le Rabbi. Janoé, le mari, se prosterne aux pieds de Jésus et supplie : «Je crois. Pitié, pour eux! et il montre ses enfants.

– Lève-toi et prends courage. Le Très-Haut aide celui qui a foi, et Il a pitié de ses enfants affligés, lui répond Jésus».

Janoé pousse et tire Jésus pour le faire aller en hâte vers la pièce de la mourante, sourd aux paroles de Jésus qui lui dit : «Va, et aie foi!»

En entrant, Jésus étend ses bras et crie : «Je veux!» puis se retourne pour partir.

Le mari et les curieux, restent déçus : ils espéraient peut-être que Jésus fasse quelque chose de plus extraordinaire, la naissance immédiate de l’enfant, par exemple.

Mais Jésus, en se frayant un passage, les regarde en face et leur dit : «Ne doutez pas. Encore un peu de foi. Un moment. La femme doit payer l’amer tribut de l’enfantement, mais elle va bien2».

Jésus parti, une clameur retentit. Le village accoure constater le miracle : Le garçon est né sans inconvénients.

*

Adah est un prénom féminin attesté dans la Bible: c’est la femme d’Esaü.

Yanoah est le nom d’un village de Samarie.

(1) Cf.Jean 11, 53-54 – (2) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.7-28

Adina, la lépreuse du ben Himmom

Finit par demander à Jésus la guérison de son corps et de son âme.

Adina croupit avec les autres lépreux dans la vallée de Jérusalem appelée aussi Géhenne. Sur l’invitation de Simon le zélote*, anciennement lépreux, Jésus vient les guérir : cinq ont foi et sont exhaucés, d’autres, incrédules comme Adina, ne sont pas guéris1.

Le même doute la frappe lors d’un nouveau passage de Jésus. Il ne se rebute pas de l’incroyance et vient une troisième fois. Adina, cette fois-ci, n’ose pas le rencontrer et doute d’être guérie : «Moi, non! Je n’ai pas cru les autres fois… et il ne m’écoutera plus… et puis je ne peux plus marcher, dit elle.

– Nous te porterons, Adina… disent deux hommes.

– Non… Non… Moi j’ai trop péché…» et elle s’affaisse là où elle est.

Jésus interroge :

«Où est la femme? Pourquoi ne vient-elle pas? Elle n’ose pas affronter le visage du Fils de l’homme, alors qu’elle n’a pas craint d’avoir à rencontrer le visage de Dieu quand elle péchait? Allez lui dire qu’il lui a été beaucoup pardonné à cause de son repentir et de sa résignation, et que l’Éternel m’a envoyé pour absoudre tous les péchés de ceux qui se sont repentis de leur passé2».

Elle implore enfin le pardon et demande la guérison de la chair et de l’âme : elle est exaucée et témoigne du Christ. Avec elle sont guéris ses compagnons Gioab et Uria.

*

Adina est un prénom féminin hébreu signifiant belle, délicate, élégante.

(1) Tome 3, chapitre 60 /vo 199.5/6 – (2) Tome 7, chapitre 233 /vo 536.1/7

Adina et les mères de Capharnaüm

C’est le Shabbat à Capharnaüm. Barthélemy* fait remarquer à Jésus le petit monde qui s’agite en préparation de la synagogue : «Regarde combien de mères sont déjà debout, bien qu’il fasse jour depuis peu, empressées à étendre les vêtements de fête pour qu’ils finissent de sécher et que les enfants les mettent propres pour le jour du Seigneur… Ce sont de pauvres femmes pour la plupart.

Regarde là, Marie de Benjamin et Rébecca de Michée. Et sur cette pauvre terrasse Jeanne qui, patiemment, démêle les franges du pauvre vêtement de son garçon pour qu’il semble moins pauvre pour aller à la fonction sacrée.

Et là encore, sur la rive qui va être bientôt toute ensoleillée, Sélida étend la toile encore grège pour qu’elle paraisse fine. Belle seulement en raison des sacrifices qu’elle lui coûte: tant de bouchées de pain enlevées à la faim qui la tenaillait pour les changer en filasse de chanvre.

Et là-bas n’est-ce pas Adina qui frotte avec de la verdure le petit vêtement déteint de sa fillette pour qu’il paraisse plus vert ?1».

(1) Tome 6, chapitre 152 /vo 460.1

Agape

Le prophète Agabus.

Un des soixante-douze disciples*. Il fait preuve de talents de prophète. Il confie : «Certainement Jésus m’aime. J’appelle son amour à mon secours et l’amour m’est venu, comme un feu, une lumière… une force… L’homme qui était en face de moi m’observait et ricanait, ironique, en faisant des clins d’œil à ses amis. Il était sûr de triompher dans la discussion. J’ai ouvert la bouche, et c’était comme un flot de paroles qui sortait joyeusement de ma bouche imbécile…1».

Il est un des fidèles qui restent avec Jésus après le discours sur le « Pain de Vie » cause d’un schisme profond parmi les disciples2.

On peut l’identifier à ce prophète Agabus que l’on voit apparaître par deux fois dans les Actes des Apôtres3 : Agabus et Agapus sont deux orthographes désignant le même personnage et, dans son discours à Jésus rapporté par Maria Valtorta, il se réfère aux invocations à l’Esprit que l’on retrouve dans les passages des Actes des Apôtres.

Recoupements historiques

Agabus ou Agapus est fêté le 13 février.

Venu de Jérusalem à Antioche en 43, il prédit une grande famine4, dont on sait qu’elle survint à Jérusalem en 45, sous l’empereur Claude. Il a ensuite rencontré Paul à Césarée maritime en 58, et lui prédit son futur emprisonnement5.

Eusèbe de Césarée, citant Miltiade, confirme qu’il avait une réputation de prophète dans la communauté primitive. Il serait mort martyr à Antioche de Syrie.

(1) Tome 4, chapitre 144 /vo 280.1/5 – (2) Cf. Jean 6,66 – (3) Cf. Actes 11,28 et 21,10 – (4) Cf. Actes 11,28 – (5) Cf. Actes 21,10

Aggée, d’Azot

Jésus est à Césarée Maritime, port de garnison romaine. Valeria* lui amène sa jeune enfant Faustina*, atteinte d’une diphtérie mortelle. Le chagrin empêche la mère de parler. Jésus plonge son index dans la bouche de l’enfant et en retire un amas purulent. Elle est guérie.

Le médecin romain s’étonne : il avait essayé sans réussir, tant l’obstacle était profondément enfoui.

Un petit groupe d’israélites surgit : «Comment t’es-tu permis d’aborder des étrangers ? Ils sont corrompus, impurs et quiconque les approche devient comme eux».

Jésus les traite avec sévérité :

«N’es-tu pas Aggée ? L’homme d’Azot venu ici il y a quatre mois pour chercher à conclure des affaires avec un marchand romain ? Et toi, n’es-tu pas Joseph de Rama, venu ici pour consulter le médecin romain et tu sais pourquoi ?

– Le médecin n’est jamais un étranger. Il soigne le corps, et le corps est le même pour tous, objecte Joseph.

– Le marchand romain ne m’est voisin que par la marchandise et l’argent, poursuit Aggée.

– Et, parce que tu ne touches pas sa chair mais seulement ce que sa main a touché, il ne te semble pas que tu te contamines?» Lui répond Jésus.

Il cite un passage du prophète Aggée qui justifie ce qu’il vient de faire : c’est seulement l’impur qui contamine1. Il prononce alors un premier discours de rupture avec le pharisaïsme : «Pharisiens hypocrites qui sous un prétexte religieux déversez votre rancœur humaine, profanateurs de ce qui appartient à Dieu, ennemis de l’Envoyé de Dieu que vous insultez. En vérité, en vérité, je vous dis que chacun de vos actes est mu par vos égoïsmes, vos passions, vos manques de sincérité, vos haines, votre soif de domination, vos envies.

…Vous méritez que le vent brûlant, que la rouille et la grêle stérilisent toutes les œuvres de vos mains».

Et il les renvoie porter ce message «à ceux qui les ont envoyés sur ses talons2».

(1) Cf. Aggée 2,12-13 – (2) Tome 3, chapitre 15 /vo 155.6

Aggée, fils de Malachie

Le possédé guéri.

C’est le tout premier possédé guéri dans la synagogue de Capharnaüm selon Luc 4,31-37 et Marc 1,21-28.

Le démon s’exprime par sa bouche : «Qu’y a-t-il entre nous et Toi Jésus de Nazareth? Pourquoi es-tu venu nous tourmenter? Nous exterminer, Toi, le Maître du Ciel et de la terre? Je sais qui tu es: le Saint de Dieu. Personne, dans la chair, ne fut plus grand que Toi parce que dans ta chair d’homme, est renfermé l’Esprit du Vainqueur Eternel. Déjà tu m’as vaincu …1».

Cette guérison n’est pas suffisante pour qu’Aggée devienne un disciple du Christ, comme beaucoup de gens de Capharnaüm et d’ailleurs2.

(1) Tome 2, chapitre 22 /vo 59.6 – (2) Tome 6, chapitre 139 /vo 447.3

Aglaé, d’Hébron

Prostituée, disciple puis recluse.

Aglaé est une femme provocante de 26 ans, très belle, démarche ondulante et mains fines que Jésus rencontre à Hébron dans la maison qui fut celle du Baptiste*1.

Elle est la maîtresse de Sciammaï*, un hérodien, occupant des lieux. Fille unique de l’intendant d’un grand seigneur romain de Syracuse (Sicile) elle est passée insensiblement de son gôut pour la danse à la prostitution, dès 14 ans, avant d’échouer à Hébron.

Mais sa rencontre avec Jésus lui donne le courage de réagir : elle change radicalement de vie. Les bijoux de valeur, qu’elle donne à Jésus, une fois monnayés par Judas*, servent à soudoyer le gardien du Baptiste, arrêté une première fois et enfermé à Machéronte.

Elle suit Jésus et se cache pour écouter ses enseignements, allant jusqu’à dormir dans une cabane de branchage dans la pluie et le froid.

Au terme d’un prêche sur la pureté, Jésus s’adresse directement à elle : « Fais-toi un nom nouveau auprès de Dieu (Aglaé veut dire «rayonnante de beauté’»). Voilà ce qui a de la valeur. Tu es le vice. Deviens l’honnêteté. Deviens le sacrifice. Deviens la martyre de ton repentir. Tu as bien su martyriser ton cœur pour faire jouir la chair. Maintenant, sache martyriser ta chair pour donner une paix éternelle à ton cœur2».

À son intention, il prie son Père : «Je suis allé aussi à la recherche des brebis qui étaient blessées, j’ai guéri les fractures, j’ai refait les forces des faibles, je n’ai pas laissé de côté une seule d’entre elles. Et celle que les loups avides des sens avaient le plus mise à mal, je me la suis prise, comme un joug d’amour sur les épaules et je la dépose à tes pieds, Père Bienveillant et Saint, parce qu’elle ne peut plus marcher, qu’elle ne connaît pas tes paroles et que c’est une pauvre âme que poursuivent les remords et les hommes, un esprit qui regrette et tremble, une eau poussée et repoussée par le flot sur le rivage3».

Errante, elle trouve accueil auprès de la Vierge Marie* qui la confie temporairement à Suzanne*, la jeune mariée de Cana, une des femmes disciples*4.

Mais harcelée par les pharisiens, elle doit se réfugier, sur la demande de Jésus, dans un endroit désert où elle achèvera sa courte vie : «Tu me rejoindras sans tarder là où je serai après mon sacrifice et le tien. Dans la solitude où tu seras et où Satan* t’assaillira avec une haineuse violence au fur et à mesure que tu appartiendras davantage au Ciel, tu trouveras un de mes apôtres autrefois pécheur, puis racheté (Matthieu?*

– Alors ce n’est pas l’apôtre béni qui me parlait de Toi(André*) ? Il est trop honnête pour avoir été pécheur.

– Pas celui-là, un autre. Il te rejoindra à l’heure juste. Il te dira ce qu’encore tu ne peux savoir5».

Jésus la donne en modèle à ses disciples: «Je lui ai rendu la vie, non pas dans ses entrailles mais dans son âme desséchée par le paganisme et par le péché, et je l’ai rendue féconde en justice, en la délivrant de ce qui la retenait, aidé par sa bonne volonté. Et je vous la donne en modèle. Ne vous scandalisez pas. En vérité je vous dis qu’elle mérite d’être citée en exemple et imitée, car il y en a peu en Israël qui ont fait autant de chemin que cette païenne pécheresse pour rejoindre les sources de Dieu.

– Et où est-elle maintenant ?

– Dieu seul le sait. Dans une dure pénitence, certainement. Priez pour la soutenir…6».

Dans une vision du 25 février 1946, Aglaé apparaît à Maria Valtorta. Elle l’informe de la fin de sa vie : «J’ai supporté en esprit les réminiscences de la chair, ses hurlements de folie… Mon âme était plus élevée, et n’y consentait pas. En bas, ma chair, hurlait comme une louve. Ses cris m’empêchaient parfois même de prier. J’offrais au Seigneur la prière de ma patience. Je fixais les yeux de mon âme sur le Sauveur et je me répétais ses paroles en esprit7».

*

Dans la même vision, le «conseiller intérieur» de Maria Valtorta l’informe qu’Aglaé fait partie des saintes : «elle est citée, mais plus très connue aujourd’hui». Le sanctoral ne connaît plus en effet qu’une homonyme du IVème siècle, fêtée le 14 mai.

(1) Tome 2, chapitre 41 /vo 77.5-6 – (2) Tome 2, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (3) Tome 2, chapitre 99 /vo 132.6 – (4) Tome 3, chapitre 28 /vo 168.1/10 – (5) Tome 3, chapitre 61 /vo 200.1/7 – (6) Tome 6, chapitre 87 /vo 398.1 – (7) Cahiers de 1945 à 1950 page 212/213

Alba, d’Alexandroscène

Voir Marie, et les femmes d’Alexandroscène.

Albula Domitilla

Femme de confiance de Claudia Procula

L’épouse de Ponce Pilate* qualifie cette grecque affranchie de «seconde moi-même». Cela se vérifie dès la première rencontre des romaines avec Jésus, Maria Valtorta ne distingue pas, en effet, «si elle est du même rang ou inférieur…1».

Albula est active, mais discrète : «Personne ne s’étonne si elle parle avec des juifs car c’est elle qui s’occupe de mes libéralités» dit Claudia Procula*.

Elle est chargée de faire l’intermédiaire entre Judas* et Claudia en cas de problème, notamment lorsque celui-ci essaye de négocier secrètement le soutien de Rome pour la prise de pouvoir de Jésus2.

On la retrouve aux côtés de Claudia à Éphraïm où Jésus s’est retiré après son bannissement selon Jean 11, 53-543. Lors du procès de Jésus, c’est elle qui porte à Ponce Pilate le message de son épouse dans lequel elle lui demande de «ne pas se mêler des affaires de ce Juste4».

Comme le petit groupe des romaines*, elle devient croyante5.

Maria Valtorta mentionne plusieurs fois à ses côtés une affranchie nommée Flavia*.

Recoupements historiques

Le nom de cette forte matrone, d’environ cinquante ans, interroge, car l’histoire de cette époque6 connaît une Domitilla, épouse de Flavius Liberalis, simple greffier du trésorier de la légion « X Fretensis », justement cantonnée en Syrie et en Palestine. Cet humble couple est connu par leur fille, Flavia Domitilla l’aînée, qui épousera un plébéien au destin exceptionnel : Vespasien, le futur empereur.

Les indices concordent.

(1) Tome 3, chapitre 65 /vo 204.1.10 – (2) Tome 6, chapitre 177, page 262 /vo 426.3/14 – (3) Tome 8, chapitre 24 /vo 563.5/7 – (4) Cf. Matthieu 27,19 – (5) Tome 9, chapitre 21 /vo 602.7 – (6) Suétone « Vie de Vespasien« 

Alexandre, d’Ascalon

Est le jeune fils de riches fabricants de tapis de cette ville Philistine. Il aborde Jésus et l’invite à voir l’atelier. En chemin, il lui parle de Dina*, une pauvre orpheline que sa mère nourrie.

Arrivé à destination, il demande à Jésus de ne pas dire qu’il était dans la rue : il devait être à l’école, mais il a été renvoyé.

Pourquoi ? demande Jésus. Parce qu’il faisait rire ses camarades avec ceci : il montre un pantin de bois. Ce n’est pas la caricature du maître, mais celle du vieux chef de la synagogue.

Jésus se retient difficilement de rire et lui demande deux choses : la promesse de ne plus recommencer à se moquer, et le fantoche de bois. Contre quoi ? demande le gamin. Jésus tire de son sac une boucle que Marie Salomé* avait mise à son vêtement et la lui donne en échange1.

Retrouvant ses apôtres, Jésus raconte : «J’ai trouvé un enfant, un peu facétieux. Je l’ai évangélisé en échangeant des cadeaux». Il montre la marionnette et tout le monde rit2.

(1) Tome 3, chapitre 80 /vo 218.6/7 – (2) Ib°, chapitre 81 /vo 219.6

Alexandre, de Cyrène

Voir Simon de Cyrène.

Alexandre, le furieux

Tente de tuer Jésus.

Samaritain d’Enon – un moment lieu de refuge du Baptiste1 – il recueille Benjamin*, un jeune membre de sa famille qu’il exploite. Un disciple de Jésus, Isaac le berger*, saisi de pitié, décide de le délivrer contre une somme d’argent. Alexandre empoche la somme sans libérer le jeune Benjamin. Le témoignage des notables n’y fait rien : Alexandre est un violent et tous le craignent.

Il est âgé, mais très robuste, au profil dur, «avec une poitrine et des membres de lutteur. Un coup de ses mains doit être comme un brutal coup de massue» précise Maria Valtorta.

Jésus intervient. Alexandre le défie : «Je ne crains ni Dieu ni Belzébuth, moi, et tu veux que je te craigne, Toi ? Un fou ?»

Jésus l’admoneste : «Tes crimes ? Je les connais tous. Tous ! Même ceux que personne ne connaît. Mais je veux voir si tu ne comprends même pas que cette heure est la dernière que te donne la miséricorde de Dieu pour te repentir. Je veux voir si le remords ne se lève pas pour fendre ton cœur de pierre, si…2».

Il n’achève pas : une hache siffle au ras de sa tête pendant qu’Alexandre prononce sa propre sentence : «Que Dieu m’aveugle si je mens et si j’ai péché !». Il devient aveugle sur le champ. Le seul secours qu’il obtient de Jésus est d’être reconduit ainsi à Enon.

(1) Cf. Jean 3,23 – (2) Tome 8, chapitre 35 /vo 574.3/14

Alexandre Misace

Ce vieux et riche marchand d’au-delà de l’Euphrate, est un descendant de juifs exilés à Babylone. Sa foi s’est progressivement attiédie, mais sans s’éteindre.

Il entend parler du Messie chez une fabricante de tapis d’Ascalon, visitée par Jésus1. Il le cherche, l’écoute furtivement prêcher au Temple, puis finit par le rencontrer lors d’un voyage entrepris, avec ses apôtres* et les femmes disciples*, en Galaad2. Il troque la protection de sa caravane contre celle de Dieu : «Je te protégerai et Toi, tu me protégeras. J’ai un chargement de grande valeur».

Chemin faisant, les dialogues avec Jésus, les enseignements qu’il entend, les miracles qu’il voit, ouvre son cœur. Au début du voyage Jésus lui avait dit son espoir de lui faire un don en fin de parcours : c’est le don de la foi.

«Elle est vieille mon âme. Mais je m’efforcerai de la rendre neuve. Seigneur, je suis un vieux pécheur. Mais Toi absous-moi et bénis-moi pour qu’à partir de maintenant je commence une vie nouvelle. J’emporterai avec moi ta bénédiction comme la meilleure escorte dans mon chemin vers ton Royaume…3».

En le quittant, Alexandre lui fait un don substantiel4. Cela servira providentiellement, outre les subsides aux nécessiteux, à envoyer à Antioche deux persécutés : Sintica*, esclave en fuite, et Jean d’Endor*, galérien évadé.

Dans la suite de son parcours Alexandre évangélise l’homme de Pétra*, un marchand comme lui, dont les enfants sont aveugles : «Seul Jésus de Nazareth pourrait les guérir. Cherche-le5».

(1) Tome 3, chapitre 80 /vo 128.2/10 – (2) Tome 4, chapitre 150 /vo 286.1/7 – (3) Tome 4, chapitre 157 /vo 292.1/6 – (4) Tome 4, chapitre 158 /vo 294.1/4 – (5) Tome 7, chapitre 195 /vo 499.3/5

Alexandre, le soldat romain

Admire Jésus.

Ce cavalier romain «de la centurie de Jérusalem», est d’emblée sensible aux paroles de Jésus1.

Malencontreusement il renverse un bébé avec son cheval en sortant de l’Antonia, la forteresse romaine de Jérusalem. Bouleversé, il se précipite dans le Temple même, dans les lieux interdits aux païens, pour y chercher Jésus : c’est le scandale ! Jésus sauve le bébé mourant mais il est chassé du Temple pour avoir lui aussi été motif du scandale2. Quant au soldat romain, il est muté à Antioche de Syrie sous la pression des pharisiens3.

Sintica*, l’esclave en fuite qui s’y est réfugiée le rencontre. Elle le décrit comme «un cœur simple d’enfant enfermé dans un grand corps de soldat4».

Il ne cache pas sa foi en Jésus. Deux bourreaux, à la fin de la flagellation de Jésus, ricanent : «Tito, tu dis que c’était vraiment Lui l’amour d’Alexandre ? Alors nous le lui ferons savoir pour qu’il en fasse le deuil…5».

(1) Tome 2, chapitre 51 /vo 86.1/5 – (2) Tome 2, chapitre 82 /vo 115.1 – (3) Tome 3, chapitre 65 /vo 204.3 – (4) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.19 – (5) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12

Alexandre, le synhédriste

Ce sadducéen, de la classe sacerdotale, n’apparaît qu’aux funérailles de Lazare* où il est cité, sans plus de renseignements1.

Il est connu cependant des Actes des apôtres qui mentionnent comme juges de Pierre et de Jean : «Anne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui étaient de famille pontificale2».

Recoupements historiques

Flavius Josèphe en fait aussi mention. Il rapporte qu’il fut plus tard alabarque, c’est-à-dire premier magistrat des Juifs à Alexandrie. Il était très riche, puisque le roi Hérode-Agrippa lui emprunta deux cent mille pièces d’argent3.

Son fils, abandonnant la foi juive, se fit l’allié de Vespasien puis de Titus lors du siège de Jérusalem en 70.

(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (2) Actes 4, 6 – (3) Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ – Mgrs Augustin et Joseph Lemann – 1877

Alphée d’Antigonéa

Voir Dosithée d’Antigonéa.

Alphée, de Capharnaüm

Voir Zacharie et les ingrats.

Alphée, fils de Méroba

Un enfant rejeté par sa mère.

Ce jeune enfant de Capharnaüm a une triste vie : orphelin de son père Jacob, il est repoussé et battu, comme ses deux frères, par Méroba*, leur mère remariée.

La Vierge Marie*, prise de pitié, demande à Méroba de lui confier l’enfant : «Mais prends-le! Prends-le! Si seulement tu pouvais prendre les deux autres! Mais je ne sais pas où ils sont… s’exclame la mère1».

Alphée retrouve progressivement son équilibre au contact des femmes disciples puis Jésus le met sous la protection de Sara d’Aféca*, une riche veuve sans enfant, qui vient s’installer pour cela à Capharnaüm.

(1) Tome 6, chapitre 141 /vo 449.1/9

Alphée, fils de Sara

Un parent de Jésus.

Galiléen de Nazareth, c’est le cousin par alliance de Jésus. Sa mère Sara*, est la belle-sœur de Marie de Cléophas*, la tante de Jésus.

Au début de la vie publique de Jésus, il a 51 ans environ. Il est veuf. C’est un voisin prévenant de la sainte famille et un ami d’enfance de la Vierge Marie*, il en est l’aîné de cinq ans. C’est à lui que la Vierge Marie confie volontiers les clés de sa maison. Il héberge parfois les apôtres* de passage à Nazareth.

Il garde une grande affection pour Anne* et Joachim*, les parents de la Vierge Marie, chez qui, jeune enfant, il allait souvent. Cette même affection touche la mémoire de Joseph*, le saint. En souvenir de ces affections, il prénomme une de ses filles Marie et ses petits-enfants : Anne, Joachim et Joseph1. Ce sont quelques membres de sa nombreuse progéniture. On l’imagine facilement attaché aux enfants qui l’entourent.

Il est blond comme certains galiléens selon Maria Valtorta. Dans son enfance il est décrit ainsi : «les yeux d’un gris azur sombre. Ses cheveux frisés n’ont-ils pas la couleur des blés mûrs? Regarde à l’intérieur ce mélange d’or et de cuivre2».

Disciple de la première heure, il quitte rarement Nazareth à cause de sa progéniture, mais c’est un prosélyte actif3. C’est de lui et de Joseph que Jésus tient, entre autres, de nombreuses anecdotes de son enfance4.

Présent à la Passion, il est fidèle jusqu’au bout5.

(1) Tome 2, chapitre 65 /vo 100.1/4 – (2) Tome 1, chapitre 2 /vo 2.1/4 – (3) Tome 2, chapitre 74 /vo 107.2/3 – (4) Tome 3, chapitre 57 /vo 196.6 – (5) Tome 9, chapitre 35 /vo 615.8

Alphée, fils de Simon

Le petit-cousin de Jésus.

Jésus aime bien son petit-cousin de huit ans. Il lui confectionnait même des jouets de bois. Mais il se meurt. Durant des jours sa mère, Salomé*, a supplié son mari, Simon* fils d’Alphée, d’aller trouver son cousin pour qu’il le guérisse : en vain, car Simon doute de Jésus. À l’insu de son mari, qu’elle s’apprête à quitter si l’enfant meurt, elle vient en toute extrémité implorer le pardon de Jésus et la guérison de son enfant: «Me promets-tu de pardonner à Simon? D’être toujours bonne épouse? Si tu me le promets, Moi, je te dis: « Rentre chez toi, et ton fils guéri te sourira ». Peux-tu le croire?

– Moi,je crois en Toi. Même contre tout le monde, je crois1».

Effectivement Alphée est guéri. Il deviendra disciple de Jésus, comme ses frères et son père, Simon, qui évoluera lentement vers la foi.

(1) Tome 4, chapitre 174 /vo 308.2/5

Alphée, oncle de Jésus

Judéen de la race de David, probablement natif de Bethléem. À la suite de troubles politiques, il a émigré, il y a une trentaine d’années, à Nazareth en Galilée : «Thaddée (son fils) se souvient des biens paternels de Judée dont ils furent chassés en perdant une grande partie de leur fortune1».

Cet oncle de Jésus est frère de saint Joseph*, dont il est l’aîné d’une quinzaine d’années.

Dans l’œuvre de Maria Valtorta, il est appelé Alphée. Cléophas est le père de sa femme Marie*, une galiléenne, dont il a quatre fils : Joseph*, Simon*, Jude* (l’apôtre) et Jacques* (l’apôtre).

À 80 ans, son caractère autoritaire et obstiné ne s’arrange pas. Sa maladie le rend acariâtre. Il s’oppose à Jésus qu’il prend pour un fou, rejoint en cela par ses deux fils aînés, Joseph et Simon. Cela torture sa femme, déjà croyante, comme les deux derniers fils2. Oscillant entre malédiction et reconnaissance, il rend la vie impossible à son entourage3. C’est l’occasion de mesurer le dévouement de la Vierge Marie et la compassion de Jésus : cette attitude ne les rebute pas.

Il meurt au mois d’août 27, première année de vie publique. Cette mort libère de ses engagements filiaux Jacques qui peut ainsi rejoindre son frère Jude à la suite de Jésus. «Alphée est mort en m’appelant» leur dit Jésus pour calmer l’angoisse que leur provoquait l’hostilité de leur père envers Jésus4.

Les deux autres fils d’Alphée, Joseph et Simon, ne rejoindront Jésus que tardivement, après de longues interrogations.

Recoupements historiques

Hégésippe, cité par Eusèbe de Césarée, affirme que «Clopas» (ou Cléophas selon la Vulgate) est le frère de Joseph, et donc l’oncle de Jésus. Son fils Simon a succédé à Jacques comme évêque de Jérusalem : «Après le martyre de Jacques (le mineur, fils d’Alphée et cousin de Jésus) et la destruction de Jérusalem qui arriva en ce temps-là (en 70), les apôtres et les disciples du Seigneur qui étaient encore en vie s’assemblèrent de partout, à ce que l’on raconte, et se réunirent aux parents du Seigneur selon la chair – un grand nombre d’entre eux, en effet, étaient alors encore en vie – et tous ensemble tinrent conseil pour examiner qui il fallait juger digne de la succession de Jacques : tous, d’une seule pensée, décidèrent que Siméon (Simon), fils de Clopas, mentionné l’Évangile5, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph6».

Dans l’œuvre de Maria Valtorta, la dénomination « Cléophas » est exclusivement réservée à Marie, indifféremment appelée «Marie d’Alphée» en référence à son époux ou «Marie de Cléophas» en référence à son père.

Quant aux persécutions contre les descendants de David, dont il est fait plusieurs fois allusion dans l’œuvre, elles semblent être celles menées par Hérode le Grand dans les dernières années de son règne et achevées par Gratus et par Publius Quinctilius Varus. Quelques indices figurent dans Flavius Josèphe et dans Tacite.

(1) Tome 6, chapitre 93 /vo 404.4 – (2) Tome 2, chapitre 60 /vo 95.5 – (3) Ib°, chapitre 65 /vo 100.3/6 – (4) Tome 4, chapitre 116 /vo 253.3 – (5) Jean 19,25 – (6) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 3,11

Amant de Marie de Magdala

Au cœur de l’été de la première année de sa vie publique, Jésus croise pour la première fois Marie de Magdala*, sur le lac de Tibériade. Elle est en compagnie d’un amant romain1.

Cet amant est vite remplacé par un juif, père de famille. Le romain éconduit vient faire un scandale chez Marie de Magdala. Une rixe s’ensuit. Le romain porte un coup de poignard en plein cœur de son rival. Il agonise.

L’épouse délaissée accoure et alterne les plaintes et les invectives envers la maîtresse effarée. Jésus, touché par la détresse de la mère de famille, guérit la victime. Le meurtrier s’est enfui2.

Plus tard, ce romain à la réputation «de grand débauché et de grand pécheur» fait appeler Jésus : il est mourant3.

Jésus s’y rend, mais l’état de santé du romain n’est pas aussi grave qu’il l’a fait dire pour hâter la venue de Jésus : C’est son âme qu’il veut guérir d’abord. Le romain confesse ses fautes : «Une chaîne de fautes à donner la nausée» dit Jésus.

Cette conversion a une instigatrice : Marie de Magdala. Elle n’avait cessé d’écrire à son ancien amant pour le supplier de se racheter comme elle-même s’était rachetée; de la suivre dans le Bien comme il l’avait suivie dans la faute.

«Elle l’a converti, à tel point qu’il s’était retiré dans sa maison de campagne pour vaincre les tentations de la ville. La maladie, qui venait davantage de ses remords que de son état physique, a fini de le préparer à la Grâce» confie Jésus4.

(1) Tome 2, chapitre 63 /vo 98.2 – (2) Tome 3, chapitre 43 /vo 183.3 – (3) Tome 5, chapitre 39 /vo 351.4 – (4) Tome 5, chapitre 39 /vo 352.1-12

Âme guérie

Jésus guérit cette personne anonyme juste avant le sermon sur la montagne.

«Parmi vous, dit Jésus, il y a quelqu’un qui pleure en son âme et n’ose pas dire : « Aie pitié! ». Je réponds: « Qu’il en soit comme tu demandes. Toute la pitié, pour que tu saches que Moi, je suis la Miséricorde ». Seulement, à mon tour, je te dis : « Aie de la générosité ». Sois généreux avec Dieu. Romps tout lien avec le passé. Viens à Dieu avec un cœur libre, avec un amour total.

Qui est-ce, parmi la foule, celui ou celle à qui s’adressent ces paroles, je ne sais pas», note Maria Valtorta1.

(1) Tome 3, chapitre 26 /vo 166.2

Amicléa, d’Antigonéa

Est une des servantes de Lazare* dans ses propriétés d’Antioche de Syrie. Elle est prosélyte et fille de prosélytes.

Elle est présentée avec ses deux enfants, Cassius et Théodore, à une délégation d’apôtres venus accompagner deux proscrits de la suite de Jésus : Sintica* et Jean d’Endor*1.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.8/10

Ananias, d’Ascalon

Ce vieux philistin, veuf d’une égyptienne, accueille Jésus et ses apôtres venus évangéliser ces terres hostiles. La rencontre donne lieu à un dialogue empreint d’une grande authenticité : «Salut! Tu nous vends du pain ? demande Thomas*.

Le vieux, ou bien n’entend pas, ou bien ne veut pas entendre.

– Arrête ton Samson! Laisse-le au moins souffler pour qu’il ne meure pas sous mes yeux, et écoute-nous !»

L’homme arrête sa bourrique et regarde de travers son interlocuteur, mais Pierre* le désarme en disant : «Hé! est-ce que Samson n’est pas un nom approprié pour une bourrique ? Si tu es philistin cela doit te plaire, car c’est une insulte pour Samson. Si tu es d’Israël cela doit te plaire, car cela rappelle une défaite des philistins. Tu vois donc …

– Je suis philistin et je m’en vante.

– Tu fais bien. Je te vanterai moi aussi si tu nous donnes du pain.

– Mais, n’es-tu pas juif?

– Je suis chrétien.

– Où cela se trouve-t-il?

– Ce n’est pas un endroit. C’est une personne. J’appartiens à cette personne.

– Tu es son esclave?

– Je suis libre plus que n’importe qui, car celui qui appartient à cette personne ne dépend plus que de Dieu.

– Tu dis vrai? Pas même de César?

– Pouah! Qu’est-ce César devant Celui que je suis, et auquel j’appartiens, et au nom de qui je te demande du pain?

– Mais, où est cet homme puissant?

– Cet homme là-bas qui nous regarde et sourit. C’est le Christ, le Messie. Tu n’en as jamais entendu parler?

– Si, le roi d’Israël. Il vaincra Rome?

– Rome. Mais le monde entier et même l’Enfer.

– Et vous, vous êtes ses généraux? Habillés ainsi? Peut-être pour fuir les persécutions des juifs perfides?

– Oui et non, mais donne-moi du pain et, pendant que nous mangeons, je t’expliquerai.

– Du pain? Mais de l’eau aussi, et du vin et des sièges à l’ombre, pour toi, ton compagnon et ton Messie. Appelle-le.»

Et Pierre court vivement vers Jésus : «Viens, viens. Il nous donne ce que nous voulons, ce vieux philistin…1».

(1) Tome 3, chapitre 80 /vo 128.2/10

Ananias, de Béthabara et sa bru

Il est aveugle par cataracte, et habite le village de Salomon le passeur*, au gué du Jourdain. Son fils, qui l’entretenait, est mort. Sa bru vend la maison, jette Ananias à la rue et retourne chez elle à Massada. Elle emmène ses enfants, Ananias et Saül.

Il vivait misérablement depuis plusieurs mois quand Jésus le guérit et lui confie la mission de garder la maison que Salomon leur a donné pour les besoins de la mission. Son cri de remerciement est sans ambiguïté : «Ah! Fils, fils! Soyez bons, vous qui le suivez! Soyez bons, bons, bons! Ah! Quel don vous a fait le Seigneur! Quel don! Quel don!1».

Il pardonne à sa belle-fille le mal fait et demande à Jésus de le lui faire savoir. Jésus s’arrête donc à Massada, forteresse d’Hérode sur la Mer Morte.

La bru ne veut rien entendre et rejette Jésus. Il devient alors sévère. Ses paroles, dans le contexte du siège de Massada en 73, prennent un poids particulier : «Assez! Respecte les vivants et les morts que tu ne méritais pas d’avoir, femme plus aride qu’un silex. Malheur à toi! Oui! Malheur! Car en toi il n’y a pas d’amour du prochain et donc Satan est en toi. Mais tremble, ô femme! Tremble que les larmes du vieillard, que celles de ton époux, que certainement tu as accablé par ton manque d’amour, ne deviennent une pluie de feu sur ce qui t’est cher! Tu as des enfants, ô femme!2».

Jésus est chassé de la ville par les habitants, alertés par la femme.

Ananias ne tarde pas à mourir :

«La mort l’a pris ainsi… Il souriait… Il était en paix… Oh ! Quel visage de juste il avait ! Il paraissait même plus beau3».

*

En 66, au début de la guerre des Juifs contre les Romains, les Sicaires du parti des zélotes, prennent Massada à la garnison romaine qui y était stationnée. En 70, ils sont rejoints par d’autres Juifs et leurs familles, expulsés de Jérusalem lors de la prise de la ville par les Romains.

En 72, 8.000 soldats de la Légion X Fretensis encerclent les 1.000 habitants de la forteresse. Un an plus tard le siège se termine par un suicide collectif. Chaque père doit exterminer sa famille avant de se suicider.

(1) Tome 5, chapitre 74 /vo 384.4/6 – (2) Tome 6, chapitre 82 /vo 392.1-6 – (3) Tome 7, chapitre 201 /vo 504.1/8

Ananias, fils d’Anna

Un sadducéen d’une grande dureté.

C’est le fils cadet du Grand Prêtre Anna*. Il apparaît, sans être nommé directement, aux funérailles de Lazare : «Un autre des fils d’Anna, le plus jeune1».

Recoupements historiques

Nommé grand prêtre par le roi Hérode-Agrippa, en 62, c’était un Sadducéen d’une grande dureté. Elle se manifeste lorsque Paul comparait devant le Sanhédrin2. Son pontificat ne dura que 3 mois. Il fut destitué par Albinus, successeur de Porcius Festus3.

(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (2) Cf. Actes 23,2 et 24,1 – (3) Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XV, 3, 1; XX, 9, 1-3; Guerre des Juifs, V, 2, 6

Ananias, de Kériot

Annonce la trahison de Judas à sa mère.

Est un parent âgé de Marie*, la mère de Judas*.

Croyant en Jésus, comme beaucoup d’habitants de Kériot, il assiste à l’arrestation de Jésus et vient, affolé, l’annoncer à sa parente.

«Ton fils a trahi le Maître et l’a livré à ses ennemis ! Il l’a trahi par un baiser et j’ai vu le Maître frappé et couvert de crachats, flagellé, couronné d’épines, chargé de la croix, crucifié et mort par l’entremise de ton fils. Et notre nom, les ennemis du Maître le crient en triomphant insolemment et on raconte les actions de ton fils qui, pour moins que le prix que coûte un agneau, a vendu le Messie et en le trahissant par un baiser il l’a indiqué aux gardes1».

Il s’est écoulé 48 heures, temps qu’il a fallu pour rejoindre Kériot après le repos sabbatique. C’est le jour de Pâques. Ananias ne sait pas que Jésus est ressuscité. Il apparaît soudain, console la mère effondrée par la mort de Jésus et la trahison de son fils. Puis charge Ananias de témoigner de sa Résurrection auprès des disciples et des habitants de Kériot afin qu’ils chassent de leur cœur leur dureté envers la mère du traître et sa famille.

(1) Tome 10, chapitre 18, § 2 /vo 632.8

Ananias, de Massada

Voir Ananias de Béthabara.

Anastasica

Rose de Jéricho.

Son nom désigne une fleur du désert qui a la particularité de se dessécher presque totalement, mais de refleurir à la première pluie. Son père, un riche marchand de Jéricho, parti très jeune en Syrie faire fortune, lui a donné ce nom évocateur du pays.

Elle se marie avec un notable de Jéricho, Samuel*, qui ne tarde pas à l’accuser de lèpre pour la répudier et épouser une autre femme dont il était amoureux.

«On m’appelle « lépreuse », confie Anastasica à Jésus. Mais j’ai seulement une plaie à la poitrine, et elle m’a été donnée par mon mari qui m’a prise vierge et saine, mais lui n’était pas sain. Mais c’est un grand… et il a tout pouvoir. Même celui de dire que je l’avais trahi en venant à lui malade et de me répudier1».

Pendant plusieurs mois, elle cherche Jésus dont elle avait entendue parler par des passants compatissants. Elle risque la lapidation pour avoir fui sa léproserie. Jésus la rencontre affamée et épuisée. Il la guérit et la confie à Élise de Bethsour*, une veuve éprouvée, qui ne pouvait rêver mieux2.

La jeune Anastasica ne quitte plus Élise, sauf lorsque le refuge de la troupe apostolique à Nobé, près de Jérusalem, abrite un Judas coureur de femmes et en rupture de ban3.

Elle est tout naturellement présente parmi les disciples lors de l’Ascension de Jésus4.

A-t-elle retrouvé une propriété à Jéricho ou prend-elle la succession d’Élise ? En tous cas, sa maison était devenue un des refuges habituels des disciples jusqu’à leur dispersion à l’approche des persécutions d’Hérode Agrippa 1er, comme en témoigne une conversation entre Pierre et Jean sur les décisions à prendre : «Ce n’est pas par lâcheté et par peur, mais pour empêcher la totale extermination qui nuirait à l’Église du Christ. … Pourquoi n’avons-nous pas pu rester à Béthanie? Pour ce motif. Pourquoi n’est-il plus prudent de rester dans cette maison, ou dans celle de Nicodème, ou dans celle de Nique ou d’Anastasica? Toujours pour ce motif. Pour empêcher l’Église de mourir par la mort de ses chefs5».

Recoupements historiques

La rose de Jéricho (Anastatica hierochuntica) à la particularité de pouvoir se dessécher pendant 50 ans, puis de reverdir en deux heures. De ce fait, elle est souvent appelée « rose de la résurrection » (en grec : anastasis). Cette racine serait plus proche du nom employé par Maria Valtorta : Anastasica et non Anastatica, son nom botanique.

Cette connaissance intrigue. Trouve-t-elle son fondement dans l’histoire ? Heinrich Marzell fait remonter l’origine du nom au Siracide6. Il parle des «roses de Jéricho» au verset 24,14 (ou 24,18).

Les Actes des apôtres7 parlent d’une certaine «Rose» désignée sous le nom grec de Rhodé : Elle entend Pierre, miraculeusement évadé de prison, frapper à la porte. Toute à sa joie elle court annoncer la nouvelle à l’assemblée en prière, laissant l’apôtre dehors. Cette Rhodé est présentée par saint Luc comme une «jeune servante».

(1) Tome 5, chapitre 50 /vo 360.10/15 – (2) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.11/25 – (3) Tome 7, chapitre 225 /vo 528.1 – (4) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19 – (5) Tome 10, chapitre 34 /vo 648.1 – (6) Die Rose von Jericho » – 1977 – (7) Cf. Actes 12,12-16

André, l’affranchi

Voir Sitaré et les affranchis romains.

André, l’apôtre

Est galiléen, natif de Betsaïda, mais résidant à Capharnaüm dans une maison voisine de son frère aîné Simon, dit Pierre*, pêcheur comme lui sur le lac de Tibériade.

C’est chronologiquement le 3ème disciple de Jésus après Jean* et Jacques*, les fils de Zébédée*. Disciple, comme eux, du Baptiste*, il rencontre Jésus lors de son baptême sur les bords du Jourdain1. André se sent immédiatement appelé.

Âgé d’une quarantaine d’année, il est célibataire. La signification de son nom : vaillant, viril peut correspondre à son aspect physique «plus grand et corpulent» que son frère, mais semble trancher avec son caractère : il est timide, sensible et réservé, rougit facilement. Il prie beaucoup. Complexé par le caractère exubérant de son frère qui le rabroue volontiers, André manque de confiance en lui-même.

Mais cette timidité cache un caractère déterminé qui fonde réellement l’étymologie de son nom. Jésus ne s’y trompe pas : «Si je te dis que si différent au début, tu seras parfaitement égal à Pierre à la fin de ta mission, le croiras-tu?»

Il poursuit: «Tu travailles sans bruit, et plus profondément que les autres. Car, parmi les douze, il y en a qui font autant de bruit que de travail. Il y en a qui font beaucoup plus de bruit que de travail et un qui se contente de travailler. D’un travail humble, actif, ignoré… Les autres peuvent croire qu’il ne fait rien. Mais Celui qui voit, sait. […] Un prêtre saint peut tant faire. Et, crois-le, il y aura toujours parmi les prêtres, des saints qui sauront encore mourir pour l’amour de Dieu et du prochain. Ils sauront le faire si doucement, après avoir pratiqué la perfection pendant toute leur vie avec une pareille douceur, que le monde ne les remarquera même pas. Mais, si le monde ne devient pas tout entier impureté et idolâtrie, ce sera à cause d’eux: les héros du silence et de l’activité fidèle. Et ils auront ton sourire, pur et timide. Car il y aura toujours des André. Il y en aura, grâce à Dieu et pour le bonheur du monde!2».

Avec son zèle discret, André parle de Jésus à son frère Simon-Pierre3 et amène le futur apôtre Philippe à Jésus4. Il se fait l’intermédiaire de plusieurs autres conversions dont deux pécheresses en repentance : la Belle de Corozaïn* et Aglaé*.

«Ton frère, dit Jésus à Simon-Pierre, est comme une eau favorable à la santé. Elle travaille dans les profondeurs et sans bruit. Elle sort comme un filet de la terre mais qui s’en approche est guéri5».

Dans la vie communautaire, André passe son temps à rendre service par des actions le plus souvent discrètes : aller chercher de l’eau, faire cuire le poisson, enfourner le pain, etc.

Il intercède aussi pour son frère mortifié publiquement par le «Passe derrière-moi, satan !» que lui lance Jésus6.

André est l’un «des deux disciples» qui, avec Thomas va chercher l’ânon pour l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem7.

Après sa fuite lors de la Passion, André est témoin de la Résurrection, présent à l’Ascension et à la Pentecôte.

Recoupements historiques

André est fêté par l’Église le 30 novembre.

Selon la tradition rapportée par Eusèbe de Césarée, il évangélise la Scythie (Grèce et Asie Mineure).

La légende dorée de Jacques de Voragine, citant Saint Augustin et la lettre des prêtres d’Achaïe, décrivent sa mort le 30 novembre 62, à Patras capitale de l’Achaïe.

On envoya contre lui un proconsul, Egée, qui le fit emprisonner. Son emprisonnement provoqua une émeute populaire qu’André dut lui-même calmer en disant : «Le chrétien ne devient pas victorieux en se défendant mais en mourant…

Le bienheureux André ayant ainsi parlé, les yeux fixés sur la croix placée devant lui, se dépouilla de ses habits et se livra aux bourreaux; il exhortait ses frères à se retirer et à laisser de la place aux bourreaux, afin qu’ils fissent ce qui leur était ordonné, car ils étaient debout un peu plus loin. Ceux-ci s’approchant l’élevèrent sur la croix (en forme de X, dite croix-de-saint-André), ils étendirent des cordes sur son corps, et ne lièrent que ses pieds sans lui briser les genoux. Le proconsul l’avait ordonné ainsi : il voulait le tourmenter sur la croix, et le laisser manger aux chiens pendant qu’il resterait encore vivant la nuit suivante8».

À la grande fureur d’Egée, Maximilla, femme d’un sénateur, recueille le corps de saint André, l’embaume et l’enterre.

Une tradition affirme qu’au IVe siècle, saint Rule aurait rapporté ses reliques de Patras à l’emplacement de l’actuelle ville de Saint Andrews en Écosse. Depuis ce temps, André est la saint patron de ce pays et sa croix marque son drapeau.

Ses reliques semblent en effet avoir été dispersées : un bras et sa tête seraient à Rome, tandis que la cathédrale d’Amalfi (Province de Salerne) possèderait son corps. Saint André est aussi le patron de la Russie.

(1) Cf. Jean 1,40 – (2) Tome 2, chapitre 100 /vo 133.5 – (3) Cf. Jean 1,41 – (4) Cf. Jean 1,43 – (5) Tome 2, chapitre 70 /vo 104.6 – (6) Cf. Matthieu 16,23 – (7) Cf. Matthieu 21,1 – Marc 11,1 – Luc 19,29 – (8) Lettre des prêtres d’Achaïe ou Actes de saint André

Ania et Zachée, du Temple

Jésus est à la piscine de Béthesda, près du Temple de Jérusalem. De nombreux malades s’y trouvent, car dès qu’un ange agite l’eau, le premier qui s’y plonge en sort guéri1.

Un paralytique attend depuis trente-huit ans la guérison. Il se confie à Jésus : il n’est pas assez rapide et personne ne l’aide.

Jésus lui dit : «Lève-toi, prends ton grabat et marche2». C’est le jour du shabbat. Il est interdit de porter une charge.

Les gens du Temple interrogent le parlaytique3 : qui a fait cela ? Il ne peut répondre. Son bienfaiteur lui a dit qu’il s’appelait «Pitié».

Mais ils se doutent de l’auteur. C’est Jésus qui viole encore le shabbat : «C’était sûrement Lui. Les scribes Ania et Zachée l’ont vu au Temple4».

*

Ania est sans doute le scribe Anna*, fils de Nahoum, car Maria Valtorta retranscrit phonétiquement ce qu’elle entend et orthographie parfois différemment.

(1) Jean 5,3 – (2) Ib°, verset 8 – (2) Jean 5,10-12 – (2) Tome 4, chapitre 87 /vo 225.4

Anibé et Nubi, esclaves

Ces deux égyptiennes sont filles d’esclaves d’Annanias*, un vieux philispin d’Ascalon. Nubi vient du Haut-Nil et Anibé de la Basse-Égypte. Ananias les aime bien, comme Geteo son serviteur. Tous lui rappellent sa femme, une égyptienne aussi.

Il interroge Jésus : «Les deux esclaves ont-elles aussi leur âme, comme vous d’Israël ?

– Certainement, répond Jésus. Ce ne sont pas des bêtes capturées. Ce sont des créatures malheureuses qu’on doit aimer. Les aimes-tu ?

– Je ne les traite pas mal. Je veux qu’elles obéissent, mais je n’emploie pas le fouet et je les nourris bien. Une bête mal nourrie ne travaille pas, dit-on. Même l’homme mal nourri n’est pas un bon travailleur. Et puis, elles sont nées dans la maison. Maintenant il ne reste plus qu’elles. J’y suis attaché comme à mes meubles. Elles me fermeront les yeux…

– Et puis ?» interroge Jésus. Ananias ne sait pas.

Jésus enchaîne : «Ton fils n’est pas mort, ni ta femme. L’esprit survit. La chair est morte. La mort ne doit pas effrayer. Elle est vie, la mort pour qui espère en Dieu et vit en juste1».

Ananias offre l’hospitalité à Jésus et l’invite à parler encore.

*

Le nom Anibé provient probablement d’Aniba, site de la basse Nubie, au sud de l’Egypte, aujourd’hui recouvert par les eaux du lac Nasser.

Dans l’antiquité, la Nubie était un royaume indépendant, au sud de l’Égypte.

(1) Tome 3, chapitre 80 /vo 218.4-5

Anna, le bambin

Voir Dina d’Ephraïm.

Anna, berger phénicien

Fait bénir ses troupeaux malades.

De père phénicien et de mère syrienne, c’est un prosélyte.

Il assite aux troubles que provoque l’enseignement de Jésus à Alexandroscène, une ville de garnison romaine en Phénicie. Anna retrouve Jésus quelques jours plus tard en Haute-Galilée où il fait paître son troupeau.

Il lui parle d’une femme qui avait fait un long chemin en portant sa fille Jeanne*, malade, pour le trouver. Elles sont arrivées trop tard : Jésus avait été chassé. Jésus promet d’aller trouver ces femmes à Aczib, un port cananéen.

Chemin faisant, Anna se confie : il a deux troupeaux dont l’un est décimé, voire ensorcellé. L’homme soupire… Il regarde Jésus et il s’excuse: «Te parler à Toi, qui es Celui qui est, de ces choses et t’affliger, Toi certainement déjà affligé de la façon dont ils te traitent, c’est de la sottise. Mais les brebis, nous les aimons et c’est notre fortune, sais-tu?»

Devant l’attitude bienvaillante de Jésus, il demande : «Ne pourrais-tu pas, en passant, bénir mon troupeau?» L’homme est tout angoissé.

«Je vais bénir ton troupeau. Celui-ci» dit Jésus. Et il lève la main pour bénir les chèvres éparses.

«Et celui des brebis. Crois-tu que ma bénédiction les sauve?» demande-t-il à Anna.

«Comme tu sauves les hommes des maladies, ainsi tu pourras sauver les bêtes. On dit que tu es le Fils de Dieu1».

Il a cependant une hésitation quand Jésus et lui se séparent : «C’est ici que je devrais te quitter… Tu ne viens donc pas guérir mes brebis? Moi aussi, j’ai foi, et je suis prosélyte… Me promets-tu, au moins, de venir après le sabbat?

– Oh! Anna! répond Jésus. Mais tu n’as pas encore compris que tes brebis sont guéries depuis le moment où j’ai levé la main vers Lesemdan? Va donc, toi aussi, pour voir le miracle et bénir le Seigneur2».

(1) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.1/9 – (2) Ib, chapitre 19 /vo 331.1/14

Anna (Hanne), Grand Prêtre

Si Caïphe* est le Grand Prêtre en titre, son beau-père, ancien Grand Prêtre lui-même, semble exercer le véritable pouvoir au Sanhédrin, tant par sa position personnelle que par les personnes influentes qu’il y a placé : Nahum*, son homme de confiance, voire son homme de main, mais aussi ses fils.

Un fait illustre cette puissance occulte : Éléazar ben Anna*, l’un de ses fils, ancien Grand Prêtre lui aussi, devient violeur et meurtrier. Anna convoque une séance du Sanhédrin qu’il manipule par le biais de Caïphe. Le violeur est absous, le crime, maquillé et l’accusateur, emprisonné1.

Un autre de ses fils, Jonathas* est aussi, membre du Sanhédrin.

Alerté par les rapports des pharisiens de Galilée, notamment ceux de Capharnaüm, Anna se montre hostile envers Jésus dès le début de la vie publique2. Mais Anna et Jésus ne se rencontrent face-à-face qu’à la fin de celle-ci, pour l’interrogatoire préliminaire à la condamnation de Jésus. Anna est alors «un homme âgé, habillé en prêtre» note Maria Valtorta3.

Jean* note «qu’il était connu du Grand Prêtre, et qu’il entra avec Jésus dans le palais du Grand Prêtre4». En effet, Anna entretenait des relations d’affaires avec Zébédée*, le père de l’apôtre. Il réservait «le meilleur poisson» au Grand Prêtre.

Recoupements historiques

Anna (Hanan, ou Annas ben Seth) est nommé Grand Prêtre en 7 après J.C par Quirinius gouverneur de Syrie. Il est déposé en 15 par Valerius Gratus, procurateur de Judée. On conserve cependant l’habitude de l’appeler par son tire. Il avait 37 ans au moment de sa nomination. Il a donc 60 ans au moment du procès de Jésus.

Mgrs Augustin et Joseph Lemann notent : «Pendant cinquante ans, le pontificat demeura presque sans interruption dans sa famille ; cinq de ses fils revêtirent successivement cette dignité5. Aussi cette famille se faisait-elle appeler « la famille sacerdotale », comme si le sacerdoce y était devenu héréditaire.

Les grandes charges du temple lui appartenaient également. L’historien Josèphe rapporte qu’Anne passait parmi les Juifs pour le plus heureux homme de son temps. Mais il fait cependant remarquer que l’esprit dans cette famille était « altier, audacieux, cruel6».

(1) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.9/11 – (2) Cf. Matthieu 9,10-13 – (3) Cf. Jean 18,13-24 – (4) Cf. Jean 18,15 – (5) Eléazar en 16/17; Jonathan (Jonathas) en 36/37 puis en 44 ; Théophilos en 37/41; Matthias en 42/43 et Annas en 63, sans compter son gendre Caïphe et ses petits-fils Yehohanan (Jean), et Matthias. (6) Mgrs Augustin et Joseph Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ (1877)

Anna, fils de Nahum

Un scribe qui rejette son enfant difforme.

Son père, Nahoum*, est l’homme de confiance du Grand Prêtre Anna*, un homonyme connu des Évangiles. Il épouse une très riche héritière : fille unique, orpheline et déjà «vieille, laide et légèrement bancale».

Le mari ne tarde pas à dilapider et détourner sa fortune. Puis, après quelques années de mariage, nait Scialem*, un enfant difforme. Anna prend ce prétexte pour renvoyer sa femme et en prendre une autre, jeune, belle et riche… La femme répudiée se réfugie chez ses vieux intendants, Jean et Marie*, et y meurt.

L’enfant est confié par son père à Josias* qui le maltraite. Le jeune Scialem vient demander à Jésus la grâce de mourir. Au lieu de cela, Jésus le guérit. Judas*, qui connaît la famille, s’en offusque : «Quel miracle mal venu ! Tu crois qu’avec cela tu te rendras amis de son père et de Nahum ? Tu les rendras plus haineux ! Ils souhaitaient seulement la mort de cet enfant, fruit d’un mariage malheureux1».

Anna partage en effet, avec son père Nahum, membre éminent du Sanhédrin, une haine tenace envers Jésus.

Il meurt tragiquement dans un éboulement, au cours du tremblement de terre qui accompagne la mort de Jésus2. On ne retrouve son corps que plusieurs jours plus tard3.

(1) Tome 8, chapitre 45 /vo 584.10 – (2) Cf. Matthieu 27,51 – (3) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9

Anna, de Nazareth

Voir Mathathias et Sara, de Nazareth.

Anna, le possédé

On accuse Jésus de le guérir par Belzébuth.

C’est le démoniaque aveugle et muet dont parlent les évangélistes Matthieu 12,22 et Luc 11,14. On l’a transporté de Gadara, ville au-delà du Jourdain, jusqu’à Capharnaüm.

Jésus commande, en tendant les mains : «Au nom de Dieu, quitte les pupilles et la langue de cet homme! Je le veux! Libère cette créature ! Il ne t’est plus permis de la tenir. Va-t-en!».

Le miracle commence par un hurlement de rage du démon et se termine par le cri de joie de celui qui a été délivré : «Fils de David! Fils de David! Saint, et Roi!»

Un scribe s’étonne : «Comment a-t-il fait pour connaître celui qui l’a guéri ?

– Mais tout cela, c’est de la comédie ! Ces gens sont payés pour la faire !» dit un pharisien en haussant les épaules.

Le ton monte entre partisans et adversaires de Jésus : «Ce n’est qu’un Belzébuth, puisque les démons Lui obéissent1».

Jésus intervient alors : Si Satan* agit contre lui-même, son royaume court à la ruine. Tous les péchés seront pardonnés sauf le péché contre l’Esprit2.

(1) Cf. Matthieu 12,22-50 – Luc 11,14-26 et 29-32 – (2) Tome 4, chapitre 132 /vo 269.3/4

Annalia (Annalea)

La première des Vierges consacrées.

C’est une judéenne d’Ophel, un quartier populaire de Jérusalem. «Une jeune brunette, élancée». Elle a à peine seize ans, quand elle se fiance à Samuel*, mais la phtisie est sur le point de l’emporter. L’apôtre Jean*, informé de la détresse de sa mère Élise*, intercède pour sa guérison auprès de Jésus et l’obtient.

Cette expérience de la mort, engage Annalia dans un chemin de conversion : elle souhaite un don absolu à son sauveur. Elle partage ce vœu de virginité totale avec son fiancé puis le présente à la Vierge Marie, et par elle, à Jésus.

Préssentant le destin du Messie et pensant de pas pouvoir le supporter, elle lui demande une grâce : mourir avant lui.

«Annalia, c’est beaucoup ce que tu demandes, et c’est beaucoup ce que tu donnes… Ma fille, tu as compris Dieu et la perfection à laquelle la créature peut s’élever pour ressembler au Très Pur et pour plaire au Très Pur1».

Son fiancé ne poursuit pas dans son intention : il rompt avec Annalia et devient un ennemi de Jésus. Annalia renouvelle son vœu de virginité absolue au désespoir de sa mère qui finit pourtant par se résigner2.

Elle est bientôt rejointe par d’autres vocations: Marianne* et sa sœur, les deux filles de Philippe l’apôtre*; puis Myriam*, la fille ressuscitée de Jaïre*, et enfin Sara*, une parente.

Son vœu est exaucé : elle voit le triomphe de Jésus entrant à Jérusalem le dimanche des rameaux et meurt immédiatement après. Jésus console la mère éplorée : «Elle est morte par la joie d’aimer».

*

Dans l’Antiquité grecque et romaine, le célibat consacré était considéré négativement. Les Vestales romaines sont un contre-exemple car elles sont forcées à cet état jusqu’à 40 ans.

Le monde juif demande à une femme d’être mariée et d’avoir des enfants. La stérilité est considérée comme un déshonneur et comme une malédiction de Dieu.

Par contre, dès la première génération chrétienne, on voit apparaître des jeunes vierges : les quatre filles de Philipe le diacre «l’un des sept3» et saint Paul en fait l’éloge4. Dans l’Église primitive la virginité est rapidement reconnue : dans les liturgies on réserve les places d’honneur «aux continents». Tertullien et saint Ambroise leur consacrent des traités.

(1) Tome 3, chapitre 16 /vo156.1/7 – (2) Tome 5, chapitre 58 /vo 368.5/13 – (3) Cf. Actes 21,8-9 – (4) Cf. 1 Corinthiens 7,25

Anne, d’Alexandroscène

Voir Marie, et les femmes d’Alexandroscène.

Anne, femme de l’apôtre Barthélemy

Galiléenne de Cana, c’est la femme de l’apôtre Nathanaël* (Barthélemy) de qui elle a des filles dont le nombre n’est pas précisé.

C’est l’amie inséparable de Marie*, la femme de Philippe l’apôtre*, plus âgée qu’elle1.

Elle est discrète et habile ménagère aux dires de son mari2. Bien que croyante, Anne ne souhaite pas rejoindre les femmes disciples à la suite de Jésus3.

Recoupements historiques

Dans son Dictionnaire de la conversation William Duckett (Fils) se fait l’écho d’une tradition : Barthélemy aurait été marié. «Saint Bernard et l’Abbé Rupert pensent même que c’était le marié des noces de Cana4». Maria Valtorta confirme le mariage, mais dément l’amalgame avec le mari de Suzanne de Cana*.

(1) Tome 5, chapitre 26 /vo 338.4 – (2) Tome 7, chapitre 229 /vo 532.2 – (3) Tome 3, chapitre 13 /vo 153.1 – (4) Dictionnaire de la conversation – Paris 1853 – Volume 1, page 696

Anne, de Giscala

Elle maugrée contre sa belle-fille.

En cheminant sur la route de Giscala, le centre rabbinique au nord de Palestine, Jésus recueille les récriminations d’Anne envers sa belle-fille, Marie.

«Sois sincère, questionne Jésus : si au lieu d’être une bru, c’était ta fille, ses défauts te paraîtraient-ils aussi graves?»

La petite vieille réfléchit : «Non… Mais une fille c’est toujours une fille…

– Et si une de tes filles te disait que dans la maison de son époux sa belle-mère la maltraite, que dirais-tu?

– Qu’elle est méchante. Car elle devrait lui apprendre les usages de la maison avec bonté, surtout si l’épouse est jeune».

De fil en aiguille, Anne finit par avouer : «C’est que… c’est que… elle m’a pris l’amour de mon fils. Avant, il était tout pour moi, maintenant, il l’aime plus que moi…1».

Entrée dans la ville, Anne fait part de sa rencontre à qui veut l’entendre : «Une femme est entrée avant sexte (midi) dans la ville, dit un notable. Elle a dit qu’elle avait parlé en route avec un rabbi plus grand que Gamaliel, parce qu’en plus d’être sage, il est bon2».

(1) Tome 7, chapitre 164 /vo 470.2/5 – (2) Ib°, chapitre 165 /vo 471.3

Anne, grand-mère maternelle de Jésus

Cette judéenne, descendante d’Aaron, frère de Moïse, est l’épouse de Joachim*, de la lignée royale de David.

Suite aux troubles politiques, le couple s’exile à Nazareth en Galilée. Ils n’ont pas d’enfant et sont avancés en âge. Elle paraît avoir la cinquantaine : «Cette femme est belle, avec ses traits spécifiquement hébreux. L’œil est noir et profond je ne sais pourquoi il me rappelle celui du Baptiste*. (C’est son neveu) … Le teint est légèrement brun. La bouche, un peu large et bien dessinée, a une expression austère, mais sans dureté. Le nez est long et fin, légèrement courbé à la base, un nez aquilin qui s’harmonise bien avec les yeux. Elle est robuste mais pas grasse. Bien proportionnée et grande …»

Elle ne désespère pas de sa stérilité et va prier inlassablement au Temple : elle promet comme Anne d’Elqana, la mère du prophète Samuel1, de consacrer l’enfant qui lui naîtrait2.

Celle qui naît, c’est la Vierge Marie. «Par deux justes, d’âge avancé et contre les règles habituelles de la procréation, fut conçue Celle sur laquelle il n’y a aucune tache3».

Marie a été humainement conçue, mais lors de l’accouchement, sa mère ne connaît pas les douleurs de l’enfantement4.

À trois ans, Anne et Joachim exécutent leur vœu : ils amènent Marie au Temple. Elle y sera éduquée jusqu’à son âge nubile. Anne et Joachim meurent avant d’avoir revu leur enfant : «Pour tous deux, ce ne fut pas l’agonie, mais la langueur d’une vie qui s’éteint comme s’éteint une étoile quand le soleil se lève à l’aurore5».

Recoupements historiques

Anne, comme Joachim, ne sont pas connus des Évangiles. Ils apparaissent pour la première fois dans le Protévangile de Jacques (Ch. 1-9), évangile apocryphe du IIème siècle.

Ces renseignements sont repris et confirmés par Origène et Tertullien dès le IIIème siècle, puis St Grégoire de Nysse, St Jérôme de Stridon, St Augustin et St Épiphane.

Au VIème siècle Le Pseudo-Matthieu nomme Anne «fille d’Isachar» (Ch. 1-6).

Au XIIIème siècle, La Légende Dorée de Jacques de Voragine parle d’une sœur d’Anne : Hismérie, mère d’Élisabeth et grand-mère du Baptiste. Anne aurait eu trois maris successifs : Joachim, Cléophas et Salomé. De chacun, elle a une fille qu’elle appelle Marie : La Vierge Marie, Marie de Cléophas et Marie Salomé6. Pour Maria Valtorta, ils n’ont qu’un seul enfant: la Vierge Marie.

Une tradition du XVIème siècle nomme les deux parents d’Anne : Stolanus (Stolan) et Emerentia (Emérentienne)7.

Au XVIIème siècle, pour Marie d’Agreda, Anne était âgée de 24 ans à son mariage, et de 44 ans lors de la naissance de Marie, son unique enfant. Elle serait morte 12 ans plus tard, à 56 ans8.

Au XIXème siècle, Anne-Catherine Emmerich, selon la rédaction de C. Brentano, reprend le remariage d’Anne mentionné dans La Légende Dorée9.

(1) Cf. 1Samuel 1,10-11 – (2) Tome 1, chapitre 2 /vo 2.1-4 – (3) Tome 2, chapitre 103 /vo 136.1/11 – (4) Tome 1, chapitre 15 /vo 9.1/5 – (5) Ib° – (6) La Légende Dorée – Nativité de la Vierge Marie – (7) Culte de Sainte Anne en occident » – Paul-Victor Charland – (8) La Cité Mystique de Dieu – Livre 1, Chapitre 15, § 209, page 518 – (9) Vie de la Vierge Marie – Presses de la Renaissance, Paris 2006, page 198

Anne, hôtesse de Bethléem

Elle héberge la Sainte Famille et le paye de sa vie.

Cette judéenne est mariée et mère de trois enfants. On ignore le nom de son mari. Elle habite près de l’auberge de Bethléem qui avait fermé ses portes à Joseph et Marie au soir de la Nativité selon Luc 2,7.

Élie*, l’un des bergers, fait partie de ceux qui adorent le nouveau-né dans l’étable1. Touché par la détresse de la Sainte famille, Élie en parle à sa patronne qui les héberge chez elle2.

C’est dans sa maison qu’a lieu la visite des mages3, neuf mois environ après la naissance de Jésus.

Dans le massacre des enfants «de moins de deux ans» sur l’ordre d’Hérode4, elle est tuée avec toute sa famille sauf une fille mariée à un marchand de Jérusalem5.

Les bergers de la Nativité* sont ou tués, ou chassés par une population qui les rend responsables d’avoir attiré le malheur sur eux.

(1) Cf. Luc 2,16 – (2) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.5 – (3) Cf. Matthieu 2,10 – (4) Cf. Matthieu 2,16-18 – (5) Tome 2, chapitre 38 /vo 74.9

Anne et Benjamin, de Césarée Panéade

Ils accueillent les disciples.

À les voir, Maria Valtorta se demande s’il s’agit d’un vieux couple ou du frère et de la sœur, tant ils se ressemblent. Il s’agit bien d’un couple sans enfant, évangélisés par Isaac de Jutta* : ils accueillent les disciples de passage dans la capitale de la Tétrarchie de Philippe :

«Qu’à chaque fois le Ciel vous bénisse, leur dit Jésus.

– Oh! Nous avons les moyens et nous n’avons pas d’héritiers. À la fin de notre vie, nous adoptons comme héritiers les pauvres du Seigneur» dit simplement la petite vieille.

Jésus met la main sur sa tête blanchie en disant : «Et cela te rend mère plus que si tu avais conçu sept et sept fois».

Jésus doit repartir. Benjamin est déçu : «Je t’ai tant désiré !… De t’avoir, il me semble que je suis dans la Lumière du Ciel… et la lumière doit s’éteindre à ton départ.

– Non, père, lui répond Jésus. Je la laisserai dans ton cœur, et celui de ta femme1».

(1) Tome 5, chapitre 32 /vo 344.1/8

Anne, de Doco

Voir Jérusa la cancéreuse.

Anne, de Kériot

Sa fille était fiancée à Judas.

Anne était une amie de Marie*, la mère de Judas*. Il devait épouser Joanne*, la fille d’Anne. Mais il la délaisse pour un meilleur parti. Joanne en meurt de chagrin et la brouille s’installe entre les anciennes amies. Anne est profondément affectée par ces épreuves et en conçoit une langueur mortelle.

Marie supplie Jésus de la réconcilier avec Anne, avant que celle-ci ne meure d’épuisement.

Jésus va la trouver et lui confie un terrible secret : sa Passion et la trahison de Judas. Il lui indique alors toutes les souffrances que devra endurer la mère du traitre1.

Touchée et émue, Anne accepte la réconciliation et la mission d’accueillir la mère de Judas au moment où celle-ci sera rejetée de tous. Elle est, du même coup, guérie de sa langueur mortelle.

Elle bénéficie d’une apparition de Jésus ressuscité au jour de Pâque2.

(1) Tome 6, chapitre 85 /vo 385.1/9 – (2) Tome 10, chapitre 18, § 2 /vo 632.29

Anne, femme de Jean de Gaas

Voir Jean, de Gaas.

Anne et Jude, son mari

Un couple de disciples.

Ils sont vignerons à Mérom, en Haute-Galilée, Jésus raconte leur accueil à sa mère Marie : «Un jour, c’était dans les premiers temps que j’évangélisais, cette mère m’empêcha de te regretter, tant elle fut douce avec ton Fils fatigué1».

Au temps des vendanges, Jésus conclut son enseignement sur l’amour du prochain en guérissant devant tous les journaliers, le jeune fils paralysé de leur servante : il était tombé d’un mur.

Ce vieux couple ne suit pas Jésus, mais ne reste pas inactif pour autant : ils accueillent et restaurent les disciples de passage.

«Ce qui est fait à un disciple est fait au Maître, et même une seule coupe d’eau ou un pain donné pour secourir quelqu’un qui se fatigue pour Moi trouvera une récompense auprès de Dieu Lui-même» dit Jésus2.

Jude ne tarde pas à être mourant. Il envoie Anne supplier Jésus non pas de le guérir, mais de convertir leurs deux fils devenus hostiles à Jésus.

Jésus ne peut mentir, mais il ne veut pas causer de douleur au mourant : «Tu lui diras « Le Maître a dit qu’il te bénit et qu’avec toi, il bénit ton sang ». C’est son sang aussi cette enfance innocente et je l’ai bénie3». Il désigne ainsi les trois petits-enfants d’Anne et de Jude : Jude et Marie d’une part et Jude d’autre part. Ces petits-enfants voient Jésus Ressuscité lors de la Pâque supplémentaire. Dans le Judaïsme, cette fête de rattrapage était destinée à ceux empêchés de célébrer la Pâque à la date habituelle. Les enfants et les disciples plus fragiles avaient été volontairement tenus éloignés de Jérusalem par Jésus4.

(1) Tome 2, chapitre 75 /vo 108.1 – (2) Tome 7, chapitre 159 /vo 455.1/6 – (3) Tome 8, chapitre 44 – (4) Tome 10, chapitre 22 /vo 636.1/11

Anne, d’Ophel

Voir Sidoine, l’aveugle-né.

Anne, fille de Phanuel

La prophétesse de Luc 2, 36-38

De la tribu d’Azer (Asher) selon l’Évangile, elle a ses racines dans la bande côtière qui s’étend du Mont Carmel jusqu’à Tyr, au nord. À l’époque de Jésus, cette région, voisine de la Galilée, est dite « syro-phénicienne ».

C’est une sorte de maîtresse des novices, chargée de l’éducation des jeunes filles qui servent au Temple. À ce titre, elle accueille la Vierge Marie, «unique lys de David au temple». Marie a 3 ans, Anne en a 681.

Anne discerne la vocation exceptionnelle de la jeune Marie et prophétise : «Tu mériterais d’être la mère du Christ2».

Elle a la joie de revoir Marie et le jeune Jésus lors de la Présentation au Temple. Elle console Marie blessée par la prophétie du vieillard Siméon : «Femme, Celui qui a donné le Sauveur à son peuple ne manquera pas de te donner son ange pour soulager tes pleurs3».

Recoupements historiques

Dans La vie de Marie d’après les révélations des mystiques, Mgr Laurentin note4 : «Selon Marie d’Agréda (1602-1665), Anne est la maîtresse des novices et donc de Marie logée au Temple de trois ans à sa puberté5.

Selon Thérèse Neumann (1898 – 1962), Anne a déjà connu la Vierge Marie lorsqu’elle était à «l’école du Temple», sans plus de précisions6.

Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) diffère : la maîtresse des novices s’appelle Noémi. Elle est accompagnée de la prophétesse Anne. «Elles habitaient l’une et l’autre dans le Temple7».

Luc 2, 36-38 précise qu’Anne de Phanuel participait au culte du Temple «nuit et jour». Cela se trouve confirmé si Anne était effectivement «maîtresse» des vierges du Temple.

(1) Tome 1, chapitre 13 /vo 8.3 – (2) Tome 1, chapitre 16 /vo 10.1/7 – (3) Tome 1, chapitre 53 /vo 32.6 – (4) Presses de la Renaissance, Paris 2011 – (5) La Cité mystique de Dieu – Tome 3, Partie 2, Livre 4, chapitre 20, § 602, pages 449 à 455 – (6) Visionen der Therese Neumann – page 108 – (7) Vie de la Vierge Marie – page 322

Anne, de Tibériade

Voir Joseph de Tibériade.

Appius Fabius

Un ivrogne débauché.

Jésus le rencontre, ivre, près des thermes à Emmaüs de Tibériade. Voulant retourner à la jouissance, il commande à Jésus de le guérir. «Où ?» lui demande seulement Jésus. Il énumère toutes ses douleurs et sa peur de la mort.

«Tu as raison de craindre la mort, tu t’es tué toi-même» et Jésus lui tourne le dos.

Appius cherche à le retenir par son vêtement, mais Jésus se libère et s’éloigne.

Grecs et romains font du vacarme autour de l’homme déçu. Il les écarte en les bousculant et se met à courir, aussi vite qu’il le peut, obèse comme il l’est, en relevant son vêtement. Il titube avec toute sa masse graisseuse, trébuche et tombe dans la poussière au milieu des éclats de rire de ses amis. Ils le traînent près d’un arbre. L’homme ivre se serre contre le tronc en pleurant du pleur stupide des ivrognes1.

*

Flavius Josèphe raconte qu’Hérode fonda la ville de Tibériade «au bord de la mer de Génésareth non loin de sources d’eaux chaudes dans un bourg du nom de Hamatha2». Ces sources existent encore à Hamat Tibérias, à 1,6 km au sud de la ville. Elles sont riches en sels minéraux naturels vendus dans les pharmacies d’Israël. Ils contiennent de grandes quantités d’acide sulfurique, chlorhydrique, et des sels de calcium. Au cours des siècles on les utilisait pour les problèmes de peau, les rhumatismes, l’arthrite et les troubles gynécologiques.

(1) Tome 6, chapitre 154 /vo 462.1/7 – (2) Flavius Josèphe – Antiquités Juives, 18, 36

Aquila, esclave de Marius

Il est guéri par Jésus à la demande de son maître.

Ce vieil esclave suit son maître Marius* depuis son enfance. Maintenant la paralysie le tue lentement, le faisant beaucoup souffrir. Marius, qui lui est attaché, demande à Jésus sa guérison. Jésus accepte, mais Marius est dépité : Il ne viendra pas chez lui.

Aquila, à peine vêtu, surgit alors derrière lui : «Je suis guéri, maître. J’ai senti un feu dans mes membres et entendu un commandement : « Lève-toi ! » Il me semblait que c’était ta voix. Je me suis levé… je tenais debout…

– Pas moi. C’est Lui, le Rabbi qui t’a guéri. Il faudra croire, Aquila. Lui, c’est le vrai Dieu. Il a guéri ceux-ci de sa voix, et toi… avec je ne sais quoi… On doit croire…1».

Aquila revient plus tard avec une lourde bourse. Il la donne à Jésus qui la distribue.

(1) Tome 6, chapitre 145 /vo 453.8/9

Aquila, le triaire

Il est touché par l’enseignement de Jésus.

C’est un vieux soldat romain d’Alexandroscène, toujours en service. On ne compte plus les cicatrices sur son visage, ses bras et ses mollets nus. Il a servi en Afrique, en Gaule et en Germanie : «Il a été dans les forêts cruelles qui nous ont enlevé Varus et ses légions. Il connaît les grecs et les bretons1».

Les soldats se tournent vers lui car ils ne savent que faire : Jésus est conspué par la foule. Sa parabole des ouvriers de la onzième heure2 a réveillé les clivages ethniques dans cette ville cosmopolite.

La garnison fait évacuer la place du marché sans ménagements. Aquila a écouté Jésus avec attention et pris sa défense. Il lui avoue : «Je suis un pauvre païen, mais il n’est pas dit que je n’arrive pas moi aussi à la onzième heure. Mais qui va m’instruire ? Tu vois !… Ils te chassent. Et ce sont des blessures qui font mal, pas les miennes ! Moi, au moins, je les ai rendues aux ennemis. Mais Toi, que donnes-tu à ceux qui te blessent ?

– Le pardon, soldat. Le pardon et l’amour3».

Et ils se quittent. L’œuvre de Maria Valtorta ne mentionne pas ce qu’Aquila est devenu.

*

Aquila a sans doute participé à la controffensive romaine menée par Germanicus contre les germains (14-16 ap. JC). Elle aboutit à la défaite d’Arminius, le vainqueur de Varus.

L’attitude de ses compagnons laisse à penser qu’Aquila était premier triaire, grade pratiquement équivalent à celui de centurion.

La cohorte de 600 hommes comprenait trois manipules, chacun composé de deux centuries :

– Un manipule de hastati : les hommes les plus jeunes, formant le premier rang dans les combats;

– Un manipule de principes : les hommes d’âge mûr, formant le second rang;

– Un manipule de triarii : les légionnaires les plus expérimentés, formant le dernier rang.

Le premier triaire commandait les 100 légionnaires les plus expérimentés.

(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.6/16 – (2) Cf. Matthieu 20,1-16 – (3) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.6/16

Archélaüs, le Scribe

Opposant farouche à Jésus, comme son père.

Jeune membre du Sanhédrin, de la classe des scribes, il est probablement fils d’Elchias*, le trésorier du Temple, un des opposants les plus farouches à Jésus. De prime abord, il ne fait pourtant pas partie du groupe le plus virulent envers Jésus, mais cela change. Sans doute sous l’influence de ses amis synhédristes, opposants résolus à Jésus : Callascébona* (Calba Schéboua), Éléazar*, un des fils du Grand Prêtre Anna* et Doras*, fils de Doras. Tous de la même génération.

Lors de la visite solennelle du Sanhédrin à Lazare mourant, il provoque Marthe*, fragilisée par l’absence de Jésus : «Et maintenant nous te disons, pour le bien que nous te voulons, pour l’amour que nous avions pour ta mère, pour l’amour que nous avons pour Lazare : appelez le Maître. Tu secoues la tête ? Veux-tu dire que désormais c’est trop tard ? Comment ? Tu n’as pas foi en Lui, toi, Marthe, disciple fidèle ? C’est grave cela ! Commences-tu, toi aussi, à douter ?

– « Tu blasphèmes, ô scribe. Moi, je crois au Maître comme au Dieu vrai1».

Lorsque Jésus revient de son exil d’Éphraïm2, Archélaüs et d’autres viennent fouiner chez Lazare. Ils cherchent une faille pour confondre Jésus et son ressuscité, Lazare. Il examine minutieusement le tombeau sur lequel Lazare a fait graver les mots de Jésus : «Lazare, viens dehors !». Bredouille, Archélaüs menace Lazare : «Tu es un païen ! Tu es un sacrilège ! Tu blasphèmes notre Dieu. Tu célèbres le sortilège du fils de Belzébuth. Gare à toi, Lazare !3».

Recoupements historiques

Julius Archélaüs, fils d’Helchias est connu des Antiquités juives4. Comme fils d’Helchias, il appartient à la puissante famille des Phiabi (Phabi) dont plusieurs membres siégeaient au Sanhédrin. Il épousa Mariamme une des filles d’Hérode-Agrippa 1er, persécuteur des premiers chrétiens5. Hérodiade, connue des Évangiles, était sa tante par alliance et Bérénice, qui séduisit l’empereur Titus, sa belle-sœur.

Il eut une fille, prénommée Bérénice elle aussi, mais son mariage ne dura pas6.

(1) Tome 8, chapitre 2 /vo 542.4 – (2) Cf. Jean 11,54 – (3) Tome 8, chapitre 46 /vo 585.1/7 – (4) Flavius Josèphe, Antiquités juives 19,9,355 – 20,7,140 – (5) Cf. Actes 12,1-2 – (6) Hirsch Graëtz, « Histoire des Juifs, 2ème Période, 3ème époque, Chapitre 17

Argénide

Voir Sitaré et les affranchis romains.

Arisa

Voir Fara et Tamar, de Pétra.

Aristobule, et les moqueurs de Tibériade

Ils se moquent de Marie de Magdala, nouvelle convertie.

La troupe apostolique déambule dans les rues de Tibériade, au milieu d’une foule cosmopolite et désœuvrée.

«Moi, je voudrais l’entendre parler. On dit que c’est un grand philosophe, dit un grec à propos de Jésus.

– Ne t’en occupe pas, Théodate. Il ne prêche que du vent, répond un autre grec.

– Ne t’inquiète pas, Aristobule. On dirait qu’il descend des nuées sur la terre ferme. Vois-tu son escorte de femmes jeunes et belles ? Lance un romain.

– Mais c’est Marie de Magdala ! Crie un grec et il appelle : Lucius ! Cornelius ! Titus ! Regardez, c’est Marie !

– Ce n’est pas elle ! Marie en cette tenue ! Tu es ivre ? »

« C’est elle, je te dis. Je ne puis me tromper même si elle est ainsi déguisée».

Marie de Magdala s’arrête, se redresse, découvre son visage et dit d’une voix assurée : «C’est moi, oui. Et j’enlève mon voile pour que vous ne pensiez pas que j’ai honte d’être avec ces saints.» Elle ne s’attire que des quolibets. Tout le monde s’en détourne, sauf un seul : Crispus*1.

*

La ville de Tibériade, ainsi nommée par Hérode le Grand en hommage à l’empereur, était cosmopolite comme décrit par Maria Valtorta. Lors de la révolte juive de 67, les habitants ouvrirent les portes à l’armée romaine et accueillirent Vespasien comme «sauveur et bienfaiteur2».

(1) Tome 4, chapitre 105 /vo 242.6/11 – (2) Flavius Josèphe Guerre des Juifs, 3, 453

Arria et Siméon son mari

Ils demandent la guérison de l’âme, mais non du corps.

Ils habitent au bord du lac de Tibériade, à Gerghesa. Siméon est un mari violent et fraudeur. Arria, sa femme, est une païenne qui s’est faite Israélite par amour.

Jésus guérit Siméon une première fois1. Malheureusement, il ne se convertit pas. Il est de nouveau blessé à la suite d’une rixe : «Elle, tu le vois, est au désespoir… Elle a plusieurs enfants et encore petits. La cécité de l’époux, serait la misère dans la maison… s’exclame un habitant.

– Je l’ai guéri une fois, répond Jésus, et lui ai dit : « Ne pèche plus ». Lui a péché davantage encore. N’avait-il pas promis de ne plus pécher ? N’avait-il pas fait vœu de ne plus être usurier et voleur si je le guérissais et de rendre le bien mal acquis à qui il le pouvait et, quand il ne le pouvait pas, de l’employer pour les pauvres ?

– Que choisirais-tu, demande Jésus à Arria, si Moi je te proposais deux choses ? Celles-ci : guérir ton époux et le laisser vivre pour qu’il continue à se moquer de Dieu et à accumuler les péchés sur son âme, ou le convertir, lui pardonner et le laisser mourir ?»

Un peu plus tard, Siméon supplie Jésus : «Mourir maintenant, non ! C’est l’enfer !… J’ai volé l’argent du pauvre ! J’ai usé de mensonge. J’ai frappé le prochain et fait souffrir les miens. Oh !… Tu chasses les démons et tu pardonnes les fautes, ne lève pas la main pour me guérir, mais pour me pardonner et me délivrer du démon qui me tient…»

Jésus le contente, lui donne la paix, mais ne le guérit pas, conformément aussi au choix d’Arria sa femme2.

*

Arria évoque un prénom romain (fille d’Arrius), justifiant la désignation de païenne. La gens romaine Arria est attestée à partir du 1er siècle avant J-C.

(1) Tome 3, chapitre 19 – (2) Tome 6, chapitre 150

Aser (Aséo), le portier de Béthanie

C’est le portier de la propriété de Lazare* à Béthanie. Il accueille Jésus et le groupe apostolique lors de leurs passages.

Ses salutations traduisent successivement la joie : «Votre serviteur vous salue. Entrez : la maison de Lazare est ouverte aux amis1».

Puis, plus tard, l’angoisse de la maisonnée envers l’état de santé déclinant de Lazare: «Tu tombes bien, ô Seigneur! Et veuille ta venue être un signe de joie pour cette maison éplorée2».

Enfin la douleur à la mort du Maître de maison3.

(1) Tome 2, chapitre 49 /vo 84.2 – (2) Tome 7, chapitre 180 /vo 485.1 – (3) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.4/22

Aser et Ismaël, les âniers de Nazareth

Font partie des soixante-douze disciples.

Deux des rares disciples de Nazareth, âniers de leur métier, ils sont inséparables. Ils convoient un troupeau dépêché pour rapatrier Jeanne de Chouza* mourante et assistent à sa guérison miraculeuse1. Plus tard, la mère de l’un d’eux est guérie également2.

Leur métier s’avère utile pour le transport, sur longs trajets, des femmes disciples*.

Ils restent fidèles quand d’autres disciples abandonnent Jésus après la discussion sur le «Pain de Vie3». Par la suite, Jésus les envoie prêcher à travers toute la Palestine4.

L’hostilité grandissante envers Jésus ne les décourage pas : «Auparavant nous étions des âniers et des ânes comme nos ânes. Mais maintenant nous sommes ses disciples» dit fièrement Ismaël5.

Ils s’activent pour organiser l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem6. Ils font donc probablement partie de «tous les familiers de Jésus qui se tenaient au loin» sur le Golgotha selon Luc 23,49.

(1) Tome 2, chapitre 68 /vo 102.5/8 – (2) Tome 4, chapitre 109, page 136 /vo 246.1/13 – (3) Cf. Jean 6,66 et Tome 5, chapitre 44 /vo 354.1/16 – (4) Ib°, chapitre 66 /vo 376.1/11 – (5) Tome 8, chapitre 23 /vo 562.3 – (6) Cf. Matthieu 21,8 et ss.; Marc 11,8 et ss.; Luc 19,36 et ss. – Tome 9, chapitre 9 /vo 590.14

Aser, l’assassin repenti

Puissant personnage de Bethléem de Galilée, il convoite Myrta*, une jeune veuve, belle et riche. Mais elle le repousse. Il complote alors, avec deux complices, d’assassiner un riche personnage, Joël et d’en accuser Abel* le fils de Myrta.

Son stratagème est sur le point de réussir : la lapidation d’Abel se prépare quand Jésus intervient et frappe les assassins d’une lèpre immédiate1.

Dans les montagnes de Jiphtaël où ils trouvent refuge, le repentir fait peu à peu son chemin. Abel, la victime, vient elle-même évangéliser les lépreux. Il supplie Jésus de les guérir : «Aser a une vieille mère, Seigneur, une vieille mère qui meurt de chagrin dans la ville…»

Jésus se rend auprès d’eux.

«Seigneur, nous avons péché, supplie Aser, mais ta miséricorde est plus grande que notre péché.

– Je suis l’Amour. C’est vrai. Mais au-dessus de Moi, il y a le Père. Et Lui est la Justice» répond Jésus2.

Leur foi et leur insistance sont grandes. Aser et le serviteur de Joël, le riche assassiné, seront pardonnés et guéris, mais pas immédiatement. Le troisième complice, Jacob, ne le sera pas. Aser, guéri, abandonne ses richesses au profit des orphelins de Joël et se réfugie à Ptolémaïs auprès de sa mère.

(1) Tome 4, chapitre 111 /vo 248.3/14 – (2) Tome 7, chapitre 171 /vo 476.6/9

Aspirant disciple de Capharnaüm

Il veut d’abord saluer ses parents.

Enthousiasmé par Jésus, il demande à le suivre selon Luc 9, 61-62, mais il veut saluer d’abord ses parents.

Jésus lui répond : «Au service de Dieu il faut venir avec une pleine liberté d’esprit. Rien ne doit lier celui qui se donne.

– Mais Seigneur, la chair et le sang sont toujours la chair et le sang! J’arriverai lentement à la liberté dont tu parles …

– Non, tu n’y arriverais jamais plus. Dieu est exigeant de même qu’Il est infiniment généreux quand Il récompense. Si tu veux être disciple, il faut embrasser la croix et venir. Autrement, on reste au nombre des simples fidèles. Ce n’est pas un chemin jonché de pétales de roses que celui d’un serviteur de Dieu. Il est absolu dans ses exigences. Personne, après avoir mis la main à la charrue pour labourer les champs des cœurs et y jeter la semence de la doctrine de Dieu, ne peut plus se retourner pour regarder ce qu’il a quitté, et ce qu’il a perdu, ce qu’il pouvait posséder en suivant la voie commune. Celui qui agit ainsi n’est pas apte au Royaume de Dieu. Travaille-toi, toi-même. Virilise-toi, toi-même, et puis viens. Pas maintenant1».

(1) Tome 3, chapitre 38 /vo 178.1/4

Asraël, le bambin

À quatre ans, il veut être disciple.

Cet enfant de quatre ans s’est réfugié près de Jésus qui enseigne à la Belle-Eau où il commence la vie commune avec les apôtres.

«Asraël m’a dit qu’il veut être un disciple et qu’il veut apprendre à prêcher, à guérir les enfants malades, faire venir du raisin sur les sarments en décembre, et puis il veut gravir une montagne et dire à tout le monde : « Venez, c’est le Messie! » N’est-ce pas, Asraël?»

Le bambin rit, dit que oui, et, entre temps, grignote sa croûte de pain.

«Toi, tu sais à peine manger! lui dit Thomas* pour le taquiner. Tu ne sais pas même dire qui est le Messie.

– C’est Jésus de Nazareth.» répond sans hésiter le bambin.

À la fin de son enseignement, Jésus rapporte le petit à sa mère : «Merci, femme, de m’avoir donné ton enfant.

– Il t’a donné des ennuis…” s’excuse la mère.

– Non, il m’a donné de l’amour » dit Jésus1.

(1) Tome 2, chapitre 97 /vo 130.3/8

Aubergiste de Tibériade

Ce Grec a fait tous les métiers avant de devenir aubergiste. Pierre lui achète l’âne et le char pour transporter Jean d’Endor* jusqu’à Ptolémaïs1.

Pierre est plus à l’aise dans sa barque que dans la conduite d’Antoine, l’âne particulièrement têtu2.

(1) Tome 5, chapitre 1 /vo 313.7 – (2) Ib°, chapitre 3 /vo 315.3

Aurea Galla

Surnommée Christiane par Jésus.

Cette fille d’esclaves de la guerre des Gaules, a été élevée dans une île, avec d‘autres jeunes filles. C’est un véritable «haras» dont les pensionnaires sont destinées aux plaisirs de leurs maîtres.

À peine pubère, elle est acquise, pour une forte somme (l’équivalent de 15 années de salaire d’un journalier) par Ennius*, un romain oisif et débauché de Césarée Maritime qui veut en faire un événement lors d’une orgie1.

Jésus, surprend la conversation. Il tente d’obtenir sa libération par l’entremise des romaines dont Claudia Procula*, la femme de Ponce Pilate*. Elle s’exécute en se rendant, contre son intention, à cette orgie et profite de l’ivresse d’Ennius pour troquer la jeune esclave contre la promesse que le débauché rentrera à Rome. L’accord est obtenu de justesse, mais il faut éloigner Aurea d’urgence, de crainte que son maître ne se rétracte.

Aurea est «une fillette qui arrive à peine au seuil de la puberté, presque encore enfant, avec la beauté un peu immature de l’adolescence, l’air innocent avec une chevelure touffue couleur de miel blond2».

Traumatisée par la brutale découverte du sort qui l’attendait, elle tombe gravement malade et frôle la mort. Jésus la guérit de sa terreur mortelle et lui donne un nouveau nom : Christiane.

Il la confie à Barthélemy* qui fait avec elle ses premiers pas de catéchiste3. Elle est parfaitement inculte : «Elle est tout à fait païenne, et même pire que païenne. Le maître qui l’a élevée a mis en elle le néant absolu. Ce n’est qu’une petite bête sauvage… Uniquement objet de plaisir4»

Elle est emmenée à Nazareth auprès de Marie. Elle évolue à son contact jusqu’à vouloir devenir disciple : «Je sens que je resterai en Israël… pour connaître de plus en plus ce Père qui est mien… Et… à être la première disciple de Gaule».

L’évocation de la Rédemption l’enflamme : «Pour moi aussi tout cela !… Combien je coûte et combien je vous aime pour ce que je vous coûte !»

Elle est enfin confiée à deux disciples : Myrta* et à Noémi*5.

Jésus la tient loin de Jérusalem pour lui épargner le spectacle de sa Passion6.

Recoupements historiques

La «guerre de Gaule» évoquée par Ennius, renvoie aux opérations de pacification de l’arc alpin qui durèrent de 16 à 7 av. JC. La Rhétie (régions avoisinant le Tyrol) et le pays des Ligures Comati (Alpes maritimes) furent conquis. Aurea Galla est donc probablement d’origine alpine. Le père d’Aurea, capturé dans sa jeunesse, est cantonné à un rôle de «reproducteur professionnel» selon Maria Valtorta. Il devait avoir de 30 à 40 ans au moment de la naissance d’Aurea.

On mentionne une Aurea, martyre des premiers temps à Ostie. La source en serait les Actes d’Aurea, mais ils situent la sainte au IIIème siècle. C’est donc un simple homonyme.

(1) Tome 6, chapitre 116 /vo 425.1/10 – (2) Ib°, chapitre 117 /vo 426.6 – (3) Ib°, chapitre 118 /vo 427.1/9 – (4) Ib°, chapitre 117 /vo 426.6 – (5) Ib°, chapitre 131/vo 439.1/5 – (6) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11

Aveugle de Bethsaïda

L’aveugle-né de Marc 8,22-26.

Il reste anonyme dans l’œuvre de Maria Valtorta. Elle détaille cependant l’interdiction «d’entrer dans le village» faite par Jésus : «Lève-toi, femme. Voilà ton fils. Il voit la lumière du jour, et que son cœur veuille suivre la Lumière éternelle. Retournez chez vous. Soyez heureux et soyez saints par reconnaissance pour Dieu. Mais en passant dans les villages, ne dites à personne que c’est Moi qui l’ai guéri, pour que la foule ne se précipite pas ici et m’empêche d’aller où il est juste que j’aille pour apporter foi, lumière et joie aux autres enfants de mon Père1».

(1) Tome 5, chapitre 35 /vo 347.5/6

Aveugle de Césarée Maritime

Sa guérison émeut Zachée le publicain.

Il y a sept ans, alors que cet artisan du port de Césarée maritime forgeait une ancre, une projection de métal brûlant atteint l’œil. Son autre œil, abîmé par la chaleur de la forge, ne tarde pas à être perdu. Les économies épuisées, il vit de charité. Sa femme et sa mère subviennent tout juste aux besoins de la petite famille.

Jésus, au début de sa Vie publique est surpris que cet aveugle ait voyagé jusqu’à Capharnaüm où il se trouve. Il l’interroge : «Qui te l’a dit?

– Un lépreux que tu as guéri, au pied du Thabor, quand tu revenais au lac après ce si beau discours1».

Maria Valtorta ne fait qu’une allusion à ce tout premier miracle de Jésus comme aux circonstances qui l’accompagnent.

Ce que veut l’artisan ? Guérir pour pouvoir travailler en bon Israélite et «donner du pain à ceux que j’aime. Aie pitié de moi !» Implore-t-il. Sa foi obtient la guérison. Il annonce désormais un peu partout la miséricorde dont il a bénéficié.

Son témoignage, et d’autres, touche Zachée*, le percepteur d’impôt de Jéricho «endurci dans l’avarice et la sensualité» et le prépare à la conversion selon Luc 19,2-7. Jésus en témoigne : «À travers le peu de paroles qui lui avaient été rapportées, comme le mendiant aveugle et le lépreux que j’avais guéris, Zachée avait vu Dieu2».

(1) Tome 2, chapitre 21 /vo 58.7 – (2) Tome 6, chapitre 107 – vo 417.10

Aveugle de Jérusalem

Il est guéri dans le Temple de Jérusalem sur l’intercession de Judas*, nouvel apôtre.

«Maître, cet homme est presque aveugle et veut voir. Je lui ai dit que tu peux.

– Je le peux pour qui a la foi. As-tu la foi, homme ?

– Je crois dans le Dieu d’Israël. Je viens ici pour me jeter dans la piscine de Bethsaïde (Béthesda).

– Peux-tu croire en Moi ? Insiste Jésus.

– Si je crois à l’ange de la piscine, ne dois-je pas croire en Toi dont le disciple affirme que tu es le Messie ?»

Jésus le guérit1.

(1) Tome 2, chapitre 31 /vo 68.6

Aveugle de Sidon et ses parents

Il reçoit des yeux semblables à ceux de Jésus.

Sur la foi d’un témoignage, une femme éplorée, est venue de Sidon, en Phénicie, pour trouver Jésus : son jeune enfant de sept ans est aveugle de naissance, sans espoir de guérison puisque ses orbites sont vides.

Daniel, le père, s’apprête à répudier la mère : «Juif et marchand, il a dans cette ville ses comptoirs pour le commerce avec Rome. Riche et fidèle à la Loi, il cessa de m’aimer quand, après lui avoir donné un garçon malheureux, je lui ai enfanté trois filles et qu’ensuite je suis devenue stérile1»

Jésus récompense la foi de la mère : il donne à l’enfant des yeux bleus semblables aux siens.

Jésus commente la foi de cette femme anonyme de Sidon : «Comme son époux, cette femme, qui vivait dans un pays d’idolâtres, était restée croyante envers le Dieu de ses pères. Elle méritait déjà la bienveillance de Dieu. Poussant ensuite sa foi au-delà des limites humaines, surmontant les doutes et les dénégations de la plupart des croyants juifs – (Ce qu’elle dit à son époux, le prouve: « Attends mon retour », certaine de revenir avec son fils guéri) – elle mérite un double miracle. Elle mérite aussi ce difficile miracle d’ouvrir les yeux de l’esprit à son conjoint, des yeux qui s’étaient éteints à la vision de l’amour et de la souffrance de son épouse et lui imputaient une faute qui n’en était pas une2».

Le jeune enfant bénéficie d’une apparition de Jésus ressuscité. À cette occasion, il témoigne du miracle accompli dans le cœur de son père : «Mon père te cherchait. Pour les Tabernacles, il n’a pas pu te parler. Il voulait te dire qu’il t’aimait bien à cause des yeux que tu m’as donnés. Mais il n’a pas pu le faire ni alors, ni maintenant…3».

Jésus apparaît de nouveau, un mois plus tard, lors de la Pâque supplémentaire. Cette cérémonie était réservée à tous ceux empêchés de célébrer la Pâque au jour dit : Jésus, sachant la violence de sa Passion, avait demandé à plusieurs, parmi les plus fragiles, de ne pas se rendre à Jérusalem à l’époque. Il les retrouve lors de cette cérémonie de rattrapage4.

(1) Tome 7, chapitre 167 /vo 473.1/6 – (2) Tome 7, chapitre 168, page 87 – (3) Tome 10, chapitre 18, § 18 /vo 632.29 – (4) Tome 10, chapitre 22 /vo 636.1/11

Aveugles de Capharnaüm

Jésus leur recommande la discrétion.

Ce sont les deux aveugles de Matthieu 9, 27-31. Jésus leur recommande de ne pas ébruiter leur guérison : «Levez-vous et allez et veillez bien à ce que personne ne sache ce que je vous ai fait. Portez la nouvelle de la grâce que vous avez reçue à votre ville, à vos parents, à vos amis. Ici (Capharnaüm), ce n’est pas nécessaire ni favorable à votre âme. Gardez-la exempte de blessures dans sa foi, comme maintenant. Sachant ce qu’est l’œil, vous le préserverez de blessures pour ne pas être aveugles de nouveau1».

(1) Tome 4, chapitre 93 /vo 232.5

Azarias, le tenancier

Compagnon de fête de Matthieu le publicain

C’est dans sa taverne de Capharnaüm que «Romains et Juifs vont jouer, se quereller, s’enivrer et se livrer à la débauche». C’est un compagnon de bamboche de Lévi, le collecteur d’impôt avant qu’il ne devienne Matthieu l’apôtre*1.

Au grand scandale des pharisiens, il participe au festin que donne Matthieu pour sa régénération2. Il y côtoie d’autres compagnons de débauche : Josias*, «un souteneur» et Simon d’Isaac*, «l’adultère»3.

Un pharisien indigné questionne Jésus : «Maître, sais-tu au moins qui sont ces gens-là ? Le savais-tu ?

– Je le savais », répond Jésus. Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir4».

Azarias répond à cet appel, semble-t-il, car il témoigne plus tard : «Depuis que je vais vers Lui, je ne me reconnais plus, tellement je suis changé. J’étais violent, dur pour ma femme et mes enfants, sans respect pour le voisin, et maintenant… Tout le monde le dit dans le pays ! « Azarias n’est plus ce qu’il était »5».

(1) Cf. Matthieu 9,9-13 – (2) Cf. Matthieu 9,10; Luc 5, 29 – (3) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.1/8 – (4) Cf. Luc 5, 31-32 – (5) Tome 2, chapitre 97 /vo 130.1

Azraël et Jacob, les examinateurs du Temple

Margziam*, le fils adoptif de Pierre* et de Porphyrée*, va passer son examen de fils de la loi (Bar-Mitsva).

On part chercher Azraël et Jacob. Ils arrivent, l’air renfrogné note Maria Valtorta. Huit autres personnes les accompagnent. C’est Joseph d’Arimathie* qui présente la demande. Problème : l’enfant est judéen, mais le père adoptif est galiléen. Ils s’interrogent: est-ce légal ?

Puis ils questionnent l’enfant qui s’exécute à chaque fois :

«Dis le décalogue…Lis ce rouleau si tu sais lire …Qu’est-ce que c’est ?» demande Jacob en montrant les franges de son manteau. «Est-il permis à un israélite de manger n’importe quelle viande ? poursuit Azraël. Dis-moi les préceptes … Assez, assez! Pour un galiléen, tu en sais presque trop. Homme, dit-il à Pierre, il t’appartient de jurer que ton fils est majeur1».

Remarques

Maria Valtorta note avec exactitude le nombre de personnes qui officient : dix.

C’est le miniane (Minyan), quorum nécessaire à toute cérémonie du judaïsme : circoncision, mariage, deuil…

(1) Tome 3, chapitre 62 /vo 201.3/5

Les principaux groupes de personnages

Outre les individus, Maria Valtorta détaille inégalement (pourquoi inégalement ?) les principaux groupes communautaires de l’Évangile. Nous détaillons sept d’entre eux :

Les apôtres

Ils sont «très imparfaits, rustres, ignorants, violents, mais de bonne volonté» dit Jésus1.

«Qu’êtes-vous? leur dit-il. Des hommes de toutes classes sociales, de tout âge, et de toutes régions. J’ai préféré prendre des gens qui sont vierges en matière de doctrines et de connaissances, ainsi ma doctrine pénétrera mieux en eux2».

Dans une dictée, Jésus confie à Maria Valtorta : «Avec des pusillanimes, des querelleurs, des usuriers, des sensuels, des incrédules, j’ai fait des martyrs et des saints, des évangélisateurs du monde. Seul celui qui n’a pas voulu (changer), ne changea pas4».

Ordre chronologique de leur appel

Selon Maria Valtorta, Jean est le premier appelé. Jésus justifie ce point par l’humilité de l’apôtre : Dans son Évangile5 «(Jean) ne se nomme pas, au contraire il se cache derrière André qu’il met en lumière6».

Les trois premiers appelés sont disciples du Baptiste.

1 – Jean*, fils de Zébédée, surnommé Boanergès. L’un des deux disciples évoqués en Jean 1,37.

2 – Jacques* son frère, dit le majeur. L’autre disciple évoqué dans le même verset.

3 – André*, fils de Jonas nommé en Jean7 1,40. Il est dit le « Protoklite » (premier appelé) par la tradition orientale.

4 – Simon, surnommé Pierre*, le frère aîné d’André. Matthieu mentionne son appel en 4,18-20.

5 – Philippe*, de Bethsaïde, mentionné par Jean 1,43-44.

Ces cinq premiers apôtres sont du même village de pêcheurs : Bethsaïde.

6 – Nathanaël* dit Barthélemy, amené à Jésus par son ami Philippe selon Jean 1,45-49. Il est de Cana.

7 – Thomas*, dit le Didyme (jumeau) selon Jean 11,16. Il est de Rama de Benjamin. C’est le premier judéen à devenir apôtre.

8 – Simon* le Zélote, de Jérusalem ou de Béthanie, est un ancien lépreux comme l’évoque Matthieu 26,6.

9 – Jude d’Alphée*, dit Thaddée, de Nazareth, cousin de Jésus8 (8).

10 – Judas* de Kériot. Jésus lui demande de réfléchir avant de le suivre. Ce qu’évoque Jean 6,64.

11 – Jacques d’Alphée*, dit le mineur, frère de Jude, et cousin de Jésus9 (9).

12 – Lévi (Matthieu*) de Capharnaüm. Il est appelé à sa suite par Jésus alors qu’il est à sa table de collecteur d’impôts selon Marc 2,14.

12 bis – Matthias* (surnom de Tobie) judéen de Bethléem, disciple du Baptiste, berger. Il est appelé en remplacement de Judas10 (10).

Tous subirent le martyre sauf un : Judas l’Iscariote qui se suicide11 (11).

Leur âge, du plus âgé au plus jeune

Il y a six quadragénaires et plus : Nathanaël (Barthélemy), le plus âgé des apôtres – Simon le zélote le suit de peu – Philippe, est dans les mêmes âges que Pierre qui lui «paraît avoir quarante-cinq ans» – Matthieu (Lévi), est dans la même tranche – André a la quarantaine.

Et six trentenaires et moins : Thomas, environ 38 ans – Jacques de Zébédée, la trentaine passée – Jacques et Jude, les fils d’Alphée «un peu plus âgés que Jésus12» qui a la trentaine au début de la Vie Publique – Judas, la vingtaine passée – Jean, à peine 20 ans.

Les métiers

Huit apôtres ont un métier identifié : quatre pêcheurs (Jean, Jacques, André, Pierre), un orfèvre (Thomas), un rentier (Simon le zélote), un «fonctionnaire» du Temple (Judas), un collecteur d’impôt (Matthieu). Pour les quatre autres, il y a lieu de chercher dans ces informations données par Jésus : «Pêcheurs humbles et sans culture, et vous qui êtes marchands ou fils de marchands, officiers ou fils d’officiers, riches ou fils de riches13».

Et dans l’enseignement sur les serviteurs inutiles14 : «Parmi vous, il y a des pêcheurs, des propriétaires terriens, plus d’un qui possède un atelier, et le Zélote qui avait un serviteur. Eh bien, quand les garçons de la barque, ou les hommes qui comme serviteurs vous aidaient à l’oliveraie, à la vigne ou dans les champs, ou les apprentis de l’atelier, ou simplement le serviteur fidèle qui s’occupait de la maison ou de la table, avaient fini leur travail, vous mettiez-vous par hasard à les servir ?15».

Les fratries et les familles

Selon Maria Valtorta, il y a trois fratries parmi les apôtres, au lieu de deux expressément signalées par les Évangiles :

– Jean et Jacques, fils de Zébédée* et de Marie Salomé*

– André et Simon (Pierre), fils de Jonas. On ne connaît pas l’identité de leur mère

– Jacques et Jude, fils d’Alphée* et de Marie de Cléophas*.

Situation matrimoniale

Trois sont mariés :

– Simon-Pierre, marié à Porphyrée*, sans enfant mais adopte Margziam*

– Philippe, marié à Marie*, père de deux filles

– Nathanaël dit Barthélemy, marié à Anne*, père de filles dont le nombre n’est pas précisé.

Les autres sont célibataires.

Origines

Sept sont galiléens : Jean et Jacques, fils de Zébédée, Simon-Pierre, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu (Lévi)

Trois sont judéens : Thomas, Simon le Zélote, Judas l’Iscariote.

Deux sont judéens de père et galiléens de mère : Jacques et Jude, les fils d’Alphée.

Formation et mission des apôtres

Le choix des apôtres se fait au terme d’une longue période d’observation. Jésus profite des mois d’été de la première année pour commencer leur instruction: «Pendant ces mois de présence et d’absence, je vous ai pesés et étudiés. Maintenant j’ai décidé de vous envoyer dans le monde. Mais avant, je dois vous instruire, pour vous rendre capables d’affronter le monde avec la douceur et la sagacité, le calme et la constance, avec la conscience et la science de votre mission16».

À l’automne suivant, Jésus commence avec eux la vie communautaire selon Jean 3,22. À la Belle-Eau, une propriété de Lazare, il approfondit avec eux le Décalogue17.

Au cours de l’hiver suivant, après une semaine de retraite spirituelle, Jésus procède à leur élection selon l’Évangile18 : «À partir d’aujourd’hui, vous n’êtes plus mes disciples préférés mais les apôtres, les chefs de mon Église. De vous viendront, au cours des siècles, toutes ses hiérarchies. Je vous ai choisis à la place des bergers qui sont mes disciples depuis l’époque où j’étais un bébé vagissant. Parmi vous, il y a des galiléens et des juifs, des savants et des ignorants, des riches et des pauvres. Afin qu’on ne dise pas que j’ai préféré une seule catégorie. Mais vous ne suffirez pas pour tout ce qu’il y a à faire. Ni maintenant, ni plus tard19»

Entre l’appel du premier apôtre (mars 27) et l’élection des douze (février 28), il s’est écoulé un an. C’est le tiers de la vie publique de Jésus selon Maria Valtorta.

Parmi tous les enseignements que Jésus leur dispense, l’un les appelle à l’équilibre entre exigence et miséricorde : «Il y a deux choses qu’il est essentiel d’avoir pour pouvoir être de vrais maîtres :

– La première : une vie austère pour soi-même, pour pouvoir juger sans condamner chez les autres ce qu’on se pardonne à soi-même.

– La seconde: une patiente miséricorde pour donner aux âmes la possibilité de guérir et de se fortifier. Toutes les âmes ne guérissent pas instantanément de leurs blessures. Les chasser, les condamner, les effrayer, n’est pas l’art du médecin spirituel20».

Recoupements historiques

Tous les apôtres sont connus de l’Évangile comme de la tradition.

(1) Tome 10, chapitre 38 – (2) Tome 2, chapitre 56 /vo 91.1/5 – (3) Tome 2, chapitre 58 – (4) Tome 8, chapitre 9 – (5) Jean 1,40 – (6) Tome 7, chapitre 157 /vo 464.14/21 – (7) Jean 1,40 – (8) Matthieu 10,3 – (9) Marc 15,40 – (10) Actes 1,23 – (11) Tome 9, chapitre 24 /vo 605.1/13 – cf. aussi Marc 13,9 et Luc 21,12 – (12) Tome 1, chapitre 64, page 246 /vo 38.8- (13) Tome 2, chapitre 56 /vo 91.1/5 – (14) Luc 17,7-10 – (15) Tome 6, chapitre 113 /vo 422.1/8 – (16) Tome 2, chapitre 56 /vo 91.1/5 – (17) Tome 2 du chapitre 89 /vo 122.1/13 au chapitre 107 /vo 140.1/5 – (18) Cf. Matthieu 10,1-4 – Marc 3,13-19 – Luc 6,12-16 – (19) Tome 3, Chapitre 25 /vo 165.1/11 – (20) Tome 7, chapitre 191 /vo 495.3

Les bergers de la Nativité

Les bergers de Luc 2,8-18 sont anonymes. Selon Maria Valtorta, ils sont douze de tout âge. Elle en donne le nom. Cela pourrait paraître gratuit, mais cinq d’entre eux sont confirmés par l’histoire.

Tous se font messagers de la nouvelle aux alentours. Elle est joyeusement accueillie par les bethléemites. Mais lors du massacre d’Hérode, la population se retourne contre les bergers1 : ils les chassent.

Deux bergers qui voulaient défendre leurs enfants, sont tués par les soldats, les autres se dispersent :

1-5. Benjamin*, Daniel*, Jean* et Siméon*, deviennent bergers sur le Liban. Ils sont rejoints par Tobie* dont le père, berger, a été tué lors du massacre. Tobie prend le nom de son père : Matthias*. C’est l’apôtre nommé plus tard au poste vacant de Judas2.

6-7. Élie* et Lévi* sont bergers à Hébron.

8. Tout près de là, à Jutta, Isaac* tombe dans la misère par suite de maladie. Il est recueilli par Sara* et Joachim*.

9. Joseph*, le frère jumeau de Benjamin, a été tué, lui aussi, lors du massacre des innocents. Son fils Joseph* devient berger à sa place. Avec Matthias, il sera proposé à la succession de Judas.

10. Jonas*, devient intendant du pharisien Doras*. Il meurt des suites de ses mauvais traitements, peu de temps après avoir revu Jésus adulte.

11. Jonathas* devient serviteur de Chouza* et de sa femme Jeanne*.

12. Samuel*, meurt de vieillesse.

Trente ans plus tard, Jésus commence sa vie publique. Après l’appel des apôtres*, il part à la recherche de ces bergers. Certains sont déjà disciples du Baptiste comme Jean, Matthias et Siméon. Ils ne rejoignent Jésus qu’après la décapitation du Précurseur en juin 28. Ils lui rapportent le récit de la mort du Baptiste selon Matthieu 14,12. Manaën*, lui-même disciple du Baptiste et frère de lait d’Hérode Antipas*, les avait employés dans la forteresse de Machéronte.

Les autres suivent Jésus dès qu’ils se libèrent de leurs employeurs. Pas tous : Jonas meurt de mauvais traitements, Jonathas demeure au service de Chouza.

« Je les dissémine, ces vrais bergers, à travers la Palestine, dit Jésus, pour qu’ils rassemblent les brebis et pour que le Maître du troupeau soit connu au moins de nom3».

Selon Maria Valtorta, les soixante-douze disciples* de Luc 10,1 sont constitués à partir de ce noyau initial.

C’est à Joseph, fils de Joseph, dont parle les Actes des apôtres4 que Jésus «délègue la charge» de porter à ses compagnons ses paroles, pour former un noyau solide capable d’annoncer non seulement son existence, «mais les caractéristiques les plus essentielles de sa doctrine5».

Isaac de Jutta, guéri par Jésus, devient la référence des disciples. Il joue un rôle de Maître des novices et de coordonnateur de leur activité. Il meurt dans la nuit suivant l’Ascension.

On retrouve les bergers :

– À la Passion où ils sont tous présents sur le Golgotha6.

– À la Résurrection dont ils ne doutent pas, au contraire des apôtres7,

– À l’Ascension où ils sont appelés au plus près de Jésus : «Vous avez mérité cette place car vous avez su croire malgré les circonstances défavorables et vous avez su souffrir pour votre foi8».

Recoupements historiques

Arculfe, un évêque franc du VIIème siècle : lors de son pèlerinage en Terre Sainte, mentionne trois sépulcres de bergers dans la première église de la Nativité à Bethléem9.

Depuis le Xème siècle, leurs reliques, transportées en Espagne, sont conservées à Ledesma près de Salamanque. Une étiquette indique : «Les glorieux Joseph, Isaac et Jacob, pasteurs de Bethléem qui ont mérité de voir et d’adorer les premiers le Christ, Dieu et Homme, né dans l’étable10».

(1) Matthieu 2,16 – (2) Cf. Actes 1,23 – (3) Tome 2, chapitre 50 – (4) Cf. Actes 1,21-26 – (5) Tome 2, chapitre 856 /vo 91.1/5 – (6) Cf. Luc 23,49 – Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (7) Tome 10, chapitre 10 /vo 624.1 – (8) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19 – (9) Mgr Jean-Joseph Gaume, Biographies évangéliques, Tome 1, pages 19-29 – (10) Ib°

Les femmes disciples

Selon Maria Valtorta, le groupe des femmes disciples, ou saintes femmes, est constitué par Jésus au début de la seconde année de vie publique1. Pour Maria Valtorta, le modèle de ce groupe est la Vierge Marie*.

Leur nombre comme leur fonction varient au long de la vie publique. On peut les classer en quatre catégories :

1. Celles qui servent Jésus en Galilée selon Marc 15,40.

Ce sont les mères, les sœurs et les épouses qui ne peuvent se déplacer pour diverses raisons mais pratiquent l’apostolat depuis leur foyer. Selon Maria Valtorta, ce sont :

– Les épouses des apôtres : Anne*, femme de Philippe* et Marie* femme de Nathanaël*-Barthélemy* et Porphyprée*, épouse de Pierre*. Elles ne suivent pas Jésus à Jérusalem pour sa Passion. Cette demande de Jésus devait leur éviter la violence des évènements et la honte de leurs maris en fuite lors de l’arrestation de Jésus.

– Des disciples : Salomé, l’épouse de Simon, le cousin de Jésus. Anne de Méron*, Sara d’Aféca*.

Niké* (Véronique) n’est pas galiléenne, mais sert aussi Jésus depuis son domicile de Jéricho. Son geste de pitié sur le chemin de croix, n’est pas dans l’Évangile, mais fortement ancré dans la tradition depuis.

2. Celles qui suivent Jésus selon Matthieu 27,55.

Au contraire des précédentes, elles quittent leur foyer lors de quelques voyages apostoliques. Outre la Vierge Marie*, ce sont :

– Anastasica* (Rose de Jéricho), répudiée par son mari.

– Élise de Béthsour*, amie d’enfance et compagne de la Vierge Marie au Temple. Elle est présente au pied de la croix.

– Jeanne*, femme de Chouza*. Une princesse royale « guérie » par Jésus selon Luc 8,2-3. Elle suit Jésus jusqu’à sa Passion.

– Marcelle*, la servante de Marthe. Son tombeau se trouve à Saint-Maximin en France. Elle est présente aussi, comme Marthe, sur le chemin du calvaire.

– Marie de Cléophas*, femme d’Alphée. C’est la tante de Jésus et la mère de deux apôtres. Elle accompagne la Vierge Marie au pied de la croix. Elle est présente au tombeau le matin de Pâque.

– Marie Salomé*, mère de Jean et de Jacques de Zébédée, les apôtres. Elle est aussi présente au tombeau.

– Marie de Magdala*, absolue dans son changement de vie. Jésus lui apparaît au Tombeau2.

– Marthe sa sœur*. La maitresse de maison par excellence. Selon la tradition, son tombeau est en Provence, à Tarascon, la ville qu’elle avait évangélisée.

– Myrta*. Son fils Ananias accueille Paul terrassé sur le chemin de Damas.

– Noémie* de Pergé. Son fils, Jean d’Ephèse* est très probablement le prêtre Jean évoqué dans la 2ème et 3ème lettre de Saint Jean.

– Noémie* de Béthanie, la nourrice de Lazare et de Marie de Magdala.

– Sara de Béthanie*. La tradition la compte parmi les Saintes Maries de la mer, mais elle n’était pas noire. Selon Maria Valtorta, elle fait partie des saintes femmes qui rencontrent Jésus sur le chemin du Calvaire selon Luc 23,28.

– Sintica*. Exilée à Antioche, elle devient le ferment de la communauté chrétienne de cette ville et une collaboratrice de Paul. Elle avait des dons exceptionnels.

– Suzanne*, la jeune mariée de Cana. Son nom est cité en Luc 8, 3. Son tombeau est aussi à Saint-Maximin dans le Var.

3. Les vierges consacrées.

Ces cinq jeunes filles ne suivant pas Jésus. Elles sont dans leur famille où elles vivent leur consécration :

– Annalia*, la première des vierges consacrées, meurt avant la Passion.

– Myriam*, la fille ressuscitée de Jaïre*.

– Les deux filles de l’apôtre Philippe*, ce que confirme Polycarpe3. Selon Maria Valtorta, l’une s’appelle Marianne*.

– Sara de Jérusalem*, la cousine d’Annalia.

4. Les simples disciples.

Elles ne suivent pas Jésus mais le rencontrent à plusieurs occasions. C’est le cas des nobles romaines : certaines deviennent sympathisantes, d’autres affichent ouvertement leur foi comme Valeria*. Avec Lidia* et Plautina*, elle est présente sur le chemin du calvaire, comme à la crucifixion. Claudia Procula*, la femme de Ponce Pilate intervient en faveur de Jésus lors de son procès selon Matthieu 27,19.

D’autres disciples enfin, se retirent dans la solitude pour y achever leur conversion radicale. C’est le choix d’Aglaé*, une courtisane et de Fotinaï* la samaritaine.

Sans compter les nombreuses femmes touchées par l’enseignement de Jésus.

Mission des femmes disciples.

Jésus leur attribue hospitalité envers les éprouvés et le courage pour soutenir les martyrs qui s’annoncent. «Habituez-vous au détachement, à l’héroïsme, à l’apostolat de la charité fraternelle dès maintenant…» dit-il aux femmes disciples4.

Il prédit leur dispersion «dans des circonstances diverses». Les unes pour rejoindre leur patrie, c’est le cas de Sintica*, d’autres pour un exil «en Ibérie (Espagne), ou en Pannonie (Hongrie, Serbie), ou en Gaule (France, Nord de l’Italie) ou en Illyrie (Croatie, Albanie)».

Il leur rappelle que «La vraie Patrie, c’est le Ciel. Vous serez toujours dans le Royaume si vous restez toujours en Jésus, ou si vous venez en Jésus5».

Enfin, il définit leur place dans l’Église : obéissance aux conseils et aux ordres des bergers. Aide dans leurs missions et soutien dans leurs fatigues. Ces conseils sont donnés aussi pour les temps futurs4.

Recoupements historiques

La plupart des femmes disciples sont connues de l’histoire. Seules certaines d’entre elles sont nommées dans l’Évangile : Marie de Magdala, Jeanne de Chouza, Suzanne6, Marie de Cléophas, (Marie) Salomé7.

Cependant, les évangélistes évoquent un nombre plus important tant des femmes qui suivaient Jésus8 que de celles qui sont présentes sur le calvaire9.

(1) Tome 3, chapitre 10 /vo 150.3 et Ib°, chapitre 12 /vo 152.1/3 – (2) Cf. Jean 20,16 – (3) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, Livre III, § 31 – (4) Tome 6, chapitre 133 /vo 441.4 – (5) Tome 8, chapitre 44 /vo.583.6 – (4) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.8 – (6) Cf. Luc 8,1-3 – (7) Cf. Matthieu 27,55-56, Marc 15, 40-41, Luc 23,49 et Jean 19,25 – (8) Cf. Luc 8,1-3 – (9) Cf. Marc 15, 40-41 et Luc 23,49

Les mouvements religieux

Maria Valtorta tempère l’opposition résolue des pharisiens et des sadducéens à Jésus, par les figures des sympathisants. Elle invalide la proximité de Jésus avec les esséniens comme l’affirmait, avec d’autres, Ernest Renan : «Le christianisme est un essénisme qui a largement réussi» écrivait-il1.

Les esséniens

Ils ne sont connus ni du Talmud, ni du Nouveau Testament. Seuls des auteurs antiques en font mention, tels Philon d’Alexandrie ou Flavius Josèphe qui les fréquenta.

Leur connaissance a progressée avec la découverte des manuscrits de Qumram en 1948 et les travaux du professeur Éléazar Sukenik. À cette époque l’œuvre de Maria Valtorta était déjà présentée à Pie XII. Elle y mentionne pourtant la présence d’une communauté essénienne dans la région de Qumram.

Elle fait aussi preuve d’une connaissance approfondie de leurs croyances : certaines sont incompatibles avec l’enseignement de Jésus et donc avec son appartenance à ce mouvement. À Judas*, qui le croyait réfugié auprès d’un maître essénien lors de ses quarante jours de jeûne, Jésus répond : «Pouvais-je aller chercher science et compréhension chez des gens qui nient l’immortalité de l’âme en niant la résurrection finale, qui nient le libre arbitre de l’homme en renvoyant dos à dos vertus et vices, actions saintes et actions mauvaises, réglées par une destinée qu’ils disent fatale et invincible ?2».

Un seul essénien devient disciple de Jésus : Élie*. Il quitte sa communauté pour cela.

Les pharisiens

Ce mouvement religieux tient ses origines des Assidéens en révolte contre le roi blasphémateur Antiochus IV épiphane. Leur nom (Peroushim en hébreu: séparés) indique leur volonté de «se séparer», par leur sainteté, du commun des mortels.

Leur formalisme évolue jusqu’aux 613 préceptes qu’évoque Elchias*, fer de lance du pharisaïsme selon Maria Valtorta, lorsqu’il reçoit Jésus. C’est chez lui que Jésus lance son apostrophe contre «les pharisiens hypocrites3».

L’hostilité des pharisiens est virulente et n’a pas de trêve jusqu’à l’arrestation de Jésus. Cependant Maria Valtorta met en scène les pharisiens sympathisants de Jésus. Sans être majoritaires, ils existaient en nombre au Sanhédrin* (voir l’article sur le Sanhédrin ci-après).

En effet, quelques années auparavant, le pharisaïsme avait éclaté en deux branches, l’une libérale, ouverte au message de Jésus, et l’autre rigoriste, fermement opposée. La première était menée par Hillel* et la seconde par Schammaï*. C’est de ce dernier que viendrait le terme « se chamailler » : de violentes disputes, verbales et physiques, opposaient effectivement les disciples des deux camps4.

Les sadducéens

Leur nom vient du prêtre Sadoq, placé par Salomon à la tête du clergé de Jérusalem5. À l’époque de Jésus les sadducéens étendent leur emprise sur le corps sacerdotal et sur les notables de la société. Selon Flavius Josèphe «Ceux de cette secte sont en petit nombre mais elle est composée des personnes de la plus grande condition6».

Ils s’en tiennent à une lecture restrictive de la Torah et refusent toute interprétation. C’est ainsi qu’ils nient l’immortalité de l’âme, non mentionnée explicitement dans l’Écriture. En conséquence, il n’y a pas de châtiments ou de récompenses dans l’autre monde. De même ils nient l’existence des anges et des esprits. Pour eux n’existe que la vie terrestre durant laquelle il convient de respecter les lois sacrées pour jouir d’un bonheur terrestre.

Selon Maria Valtorta, Judas* qui fut fonctionnaire du Temple avant d’être disciple, partageait leurs croyances : il ne croyait ni à l’enfer, ni à Satan7.

Au Sanhédrin, le collège des prêtres était très majoritairement sadducéen et hostile à Jésus. Cependant cinq de ses membres, tous anciens Grands Prêtres manifestèrent sympathie ou neutralité envers Jésus (voir l’article sur le Sanhédrin ci-après).

(1) Ernest Renan, Histoire du peuple d’Israël, Tome 4, Livre 9, chapitre 7 – (2) Tome 2, chapitre 44 /vo 80.2/5 – (3) Cf. Luc 11,37-52 – Tome 6, chapitre 103 /vo 414.1/11 – (4) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (5) Cf. 1 Chroniques 29,22 – (6) Flavius Josèphe, Antiquités juives, 18,2 – (7) Tome 5, chapitre 46 /vo 356.4

Les romains

Mgr Gaume s’étonne que le christianisme ait pu s’étendre en un quart de siècle dans toutes les contrées de l’empire romain et au-delà. Il souligne tous les obstacles culturels qui s’opposent à un fait pourtant constaté1.

Dom Guéranger pour sa part se demande comment Pierre, un pêcheur galiléen, a pu évangéliser Rome au point qu’il y avait des chrétiens dans l’entourage de l’empereur dès la fin du Ier siècle. À cette époque en effet, Flavia Domitilla, petite-fille de l’empereur Vespasien, fut déportée comme chrétienne. Elle était la troisième à porter ce nom. Sa grand-mère*, d’origine modeste, venait de Palestine. Jeune, elle a connu Jésus aux côtés de sa mère Albula*, selon Maria Valtorta.

Selon elle, la colonie romaine présente en Palestine a contribué, de deux façons, à l’évangélisation :

1 – En facilitant le ministère de Jésus par la protection qu’elle lui assure.

Cette protection vient d’abord de Lazare* : son père, Théophile*, était gouverneur syrien d’Antioche. Collaborateur des romains, il en tire richesses, puissance et protection dont bénéficient ses enfants. Béthanie, tout proche de Jérusalem, apparaît dans l’Évangile et dans Maria Valtorta, comme un refuge que ne peut atteindre l’hostilité du Sanhédrin. Il en est de même pour le Cénacle, propriété de Lazare en plein Jérusalem.

Cette protection vient ensuite de Claudia Procula*, l’épouse de Ponce Pilate*. Son intervention en faveur de Jésus lors de son procès selon Matthieu 27,19 laisse deviner sa sympathie pour lui, ce que confirme Maria Valtorta. Claudia était la petite-fille adultérine de l’empereur Auguste.

Une protection ponctuelle vient enfin des officiers et soldats. Ils l’assurent soit par sympathie personnelle, soit pour obéir aux ordres.

2 – En participant à la propagation de l’Évangile.

L’histoire conserve le souvenir de trois centurions romains convertis par Jésus : celui de Capharnaüm* (Caïus Cornélius selon la tradition), celui du Golgotha, Longin* honoré comme saint par l’Église. Enfin, le centurion Corneille, baptisé par Pierre selon Actes 10 : c’était le décurion* qui s’exclama au pied de la croix : «Vraiment cet homme était Fils de Dieu2» dit la tradition.

Vital* comme Pudens*, simples soldats durant la Vie Publique de Jésus deviennent martyrs et sont honorés comme saints, eux aussi.

Claudia Procula*, déjà citée, est une sainte de l’église grecque et copte. Plautina* et Valeria*, des aristocrates de son entourage, confessent leur foi à leur tour comme le rapportent respectivement Tacite et le Talmud.

Au gré de leur affectation ou de celles de leurs conjoints, ces romains essaiment le christianisme à Rome, en Espagne, en Gaule, en Syrie et ailleurs.

Tous les romains ne sont pas cependant des adeptes de Jésus : certains de ces occupants cherchent à faire fortune par l’exploitation des populations, d’autres mènent une vie oisive et s’adonnent à la vie licencieuse, tels Ennius* ou Valérien*.

Ponce Pilate*, un romain, est le seul personnage nommément cité dans le Credo avec Jésus et Marie. Son manque de caractère durant le procès précède sa disgrâce six ans plus tard. Exilé en Gaule, la tradition lui donne un destin divers : conversion ou suicide.

(1) Mgr Gaume, L’évangélisation apostolique du globe, 1879, préface – (2) Cf. Matthieu 27, 54; Marc 15, 39

Le Sanhédrin

Le sanhédrin, ou grand conseil juif, siégeait à Jérusalem. Il comprenait 71 membres, président compris, en référence aux 70 anciens qui secondèrent Moïse1. Il était organisé en trois groupes :

– La chambre des prêtres avait en charge l’administration du culte. On y trouvait les Grands Prêtres, en fonction ou déposés. La majorité de ses membres était des sadducéens, plus ou moins alliés aux Hérodiens.

– La chambre des scribes ou docteurs de la Loi était composée d’experts légistes, de théologiens ou d’enseignants, majoritairement pharisiens. Ils formaient le corps savant de la nation.

– La chambre des Anciens regroupait les notables les plus fortunés, et les personnages influents. Ils n’avaient pas de pouvoir judiciaire mais de conseil.

On trouve un écho de cette classification en Marc 8,31 : «Il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes …».

Chaque groupe était composé de 23 membres (soit 69), auxquels s’ajoutaient le président et son adjoint.

À l’époque de Jésus, le sanhédrin avait de larges pouvoirs : les affaires intérieures du pays, les affaires civiles mais aussi criminelles. La police du Temple était à sa disposition. Il pouvait ordonner des arrestations et juger des cas ne requérant pas la peine de mort; ceux-ci étaient en effet réservés aux Romains (Jus gladii).

La compétence du Sanhédrin était cependant limitée de fait à la Judée. La Galilée était hors de sa compétence juridiction (?), même s’il représentait l’autorité morale et religieuse de référence, ceci notamment grâce à la place que prenaient Jérusalem et le Temple dans le judaïsme. Dans ses jugements, une majorité simple était requise pour l’acquittement et une majorité des deux tiers pour la condamnation. En cas de doute, l’avantage allait toujours à l’accusé.

Les séances du Sanhédrin étaient présidées par le Nassi, Grand Prêtre lui-même ou sommité reconnue. Les usages répartissant les règles de présidence ne sont pas toutefois éclaircis parfaitement. Le Sanhédrin est dissous après les fêtes de Pâque. Tous les synhédristes rentrent chez eux pour la moisson, jusqu’à la Pentecôte.

La composition du Sanhédrin (Sanhédrîn) telle que décrite dans l’œuvre de Maria Valtorta, révèle 61 noms sur les 71. Sept autres, pourtant connus de l’histoire, ne sont pas mis en scène, ou du moins nous ne les avons pas repérés. En les incluant, on arrive à une connaissance quasi complète de l’assemblée : 68 sur 71.

Sauf erreur d’interprétation, sa répartition entre les trois collèges s’établit comme suit :

Collège sacerdotal.

– Alexandre* (Alexandros). Il est évoqué dans les Actes des apôtres2.

– Anna* (Hanân), ancien Grand Prêtre. Cinq de ses fils, et son gendre Caïphe, furent Grands Prêtres à leur tour.

– Ananias* (Ananos), l’un des fils d’Anna. C’était un sadducéen d’une grande dureté.

– Ananie ben Nebedai. Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta.

– Caïphe* (Yosef Bar Kayafa), Grand Prêtre en exercice, Artisan de la condamnation de Jésus.

– Elchias* (Hilqyiyya). Trésorier du Temple, c’est le fer de lance de l’hostilité à Jésus.

– Éléazar* (Èl’azar), fils aîné d’Anna, ancien Grand Prêtre.

– Éléazar* (Èl’azar ben Boëthos) Ancien Grand Prêtre. C’est un sympathisant de Jésus comme son frère Joazar. Son troisième frère, Simon, est un opposant.

– Giocana*, un sadducéen. Une des relations de Judas. Il a la réputation d’être un rapace.

– Ismaël* (Ishma’él ben Phabi), ancien Grand Prêtre. Il est impitoyable avec ses serviteurs.

– Isaac* (Is’hac). Un personnage furtif.

– Jean, un prêtre. Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta.

– Joazar* (Yehoazar ben Boëthos). Frère d’Éléazar ci-dessus, c’est un ancien Grand Prêtre à la réputation de bonté.

– Jonas* (Iona) de Gabaon. Un personnage furtif.

– Jonathas* (Yehonatân). Un des fils d’Anna. Il était chef de la police du Temple.

– Joseph de l’Iturée* (Iosseph ben Camith) Sans doute un futur Grand Prêtre.

– Josué* (Iehoshoua ben Sié). Ancien Grand Prêtre. Un sympathisant de Jésus.

– Mathias, un des fils d’Anna. Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta.

– Scéva*. Un Hérodien, ancien amant de Marie de Magdala*. Il s’adonne à la nécromancie. Les Actes des apôtres en parlent3.

– Simon* (Shim’ôn Cantheras ben Boëthos), Il fut Grand Prêtre comme ses deux frères ci-dessus : Éléazar et Joazar.

– Simon* Carmit (Shim’ôn Karmithos). Un ancien Grand Prêtre, ami de Joseph d’Arimathie.

– Théophile (Théophilos). Un des fils d’Anna. Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta.

– Zacharie* (Zekharyah) un sadducéen opposé à Jésus. On ne sait rien de plus.

– Un membre non connu.

À quelques exceptions, cette classe dirigeante est massivement hostile à Jésus.

Collège des Scribes.

– Anna*, fils de Nahoum. Il meurt dans le tremblement de terre qui suit la mort de Jésus.

– Archélaüs* fils d’Elchias. Il marche sans talent sur les pas de son père, un opposant farouche à Jésus.

– Chanania* (Chanania ben Chiskia ben Qaron). Un vieux scribe.

– Chanania (Hanina ben Tradion). Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta.

– Éléazar* (Èl’azar ben Parta). Un scribe plus véhément qu’hostile.

– Gamaliel* (Gâmliél). Le docteur de la Loi réputé, disciple tardif de Jésus.

– Giocana ben Zacchaï*, (Jochanan ben Zakkaï). Un scribe au cœur dur.

– Ismaël ben Eliza. Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta.

– Jacob*. Un sympathisant tardif.

– Joël* (Ioël d’Abiah, dit Alamoth). Un sympathisant tardif. Son physique ingrat est objet de moqueries.

– Jonathas* (Yehonatân ben Ouziel). Il reproche aux apôtres affamés de manger des épis un jour de shabbat.

– Lévi*. Il a assisté au dialogue du jeune Jésus avec les Docteurs de la Loi.

– Mattathias*, un vieux scribe parent de Jacob ci-dessus.

– Nahum* (Nahoum Halbalar), homme de confiance d’Anne le Grand Prêtre. Il était l’un des trois juges criminels les plus renommés de son temps.

– Sadoc* (Sadoq) surnommé le «scribe d’or». Opposant farouche à Jésus. Il suggère Judas de trahir son maître par un baiser.

– Samuel* (Shemouél Kakkaton ou le petit). Un scribe à la langue de vipère, grivois et adultère.

– Saül* (Shaoul ben Botnit). Il avait en charge les rituels d’ensevelissement.

– Siméon* (Shim’ôn) le fils de Gamaliel. Un scribe peu loquace, dominé par son père.

– Simon* (Simeon isc Hammispa). Il est parricide par ambition et devient fou.

– Tolmaï* (Tolmé). Un scribe adonné à la magie.

– Urie* (Ouryah) de Capharnaüm. Avec les autres opposants galiléens, il tend des pièges à Jésus.

– Uziel* (Ouriel). Il blesse Jésus avec une pierre.

– Zacharie* (Zekharyah). Un scribe opposé à Jésus. On ne sait rien de plus.

– Zachée le scribe*. Membre probable. Son témoignage compte dans l’affaire du paralytique guéri à la piscine de Béthesda un jour de shabbat.

Les deux-tiers d’entre eux s’opposent à Jésus, mais un tiers le voit avec bienvaillance.

Collège des Anciens.

– Callascebona* (Calba Scheboua). Il était l’un des trois riches de Jérusalem.

– Corneille* (Cornelius ben Ceron). Un fils indigne qui maudit son père.

– Doras de Doras*. À la suite de son père, il voue une haine implacable à Jésus.

– Doro* (Dorothée ben Nathanaël). Il complote, avec d’autres, la perte de Jésus.

– Elcana*, de sang royal. C’est le frère de Jeanne de Chouza. Un sympathisant tardif de Jésus.

– Éli* (Èlyahou) de Capharnaüm. Son petit-fils a été guéri d’une piqure mortelle de serpent. Cela ne change pas ses sentiments hostiles à Jésus.

– Élie de Galilée*. Ce n’est pas celui de Capharnaüm. Il est présent aux funérailles de Lazare. On ne sait rien de plus.

– Eliel*, frère de Jeanne de Chouza et d’Elcana ci-dessus. Sympathisant tardif comme lui.

– Félix*. Un pharisien rigoriste, hostile à Jésus.

– Jean* (Iohanân) de Gaas. Un ami de Joseph d’Arimathie. Sympathisant de Jésus.

– Joachim* (Yehoyaqîm) de Capharnaüm. Un des galiléens qui tendent des pièges à Jésus.

– Joachim* (Yehoyaqîm). Un sympathisant de Jésus.

– Joseph d’Arimathie*. Le disciple. Il est l’ami de Nicodème et de Gamaliel.

– Jude l’assidéen* (Iehouda). Un sympathisant de Jésus.

– Nathanaël ben Fabba*. Peut-être le père de Dorothée ci-dessus. Son sentiment envers Jésus est partagé.

– Nicodème* (Naqdimon ou Nakkaï ben Gorion). Le disciple. Il était très riche.

– Philippe* (Philippe ben Jacinus). Un ami de Lazare et sympathisant de Jésus.

– Sadoc*. Présent aux funérailles de Lazare avec des synhédristes sympathisants de Jésus.

– Simon* (Shim’ôn), le pharisien de Capharnaüm. Il est réservé envers Jésus sans être hostile.

– Tsitsit Haccassat (Ben). Il est connu des sources historiques, mais il n’est pas nommé dans Maria Valtorta. C’était l’un des trois riches de Jérusalem.

– Trifon* (Tryphon ben Theudion). Probablement sympathisant secret de Jésus.

– Deux autres membres non connus.

Cette dernière chambre est partagée, mais il y a un réel courant de sympathie envers Jésus.

Recoupements historiques

Le Nouveau Testament ne cite que 9 des 71 membres : Alexandre, Anna (Hanne), Caïphe, Gamaliel, Jonathas (Jean) ben Anna, Joseph d’Arimathie, Nicodème, Scéva, Simon le pharisien.

L’ensemble des sources historiques et talmudiques permettent d’en replacer 49. Dix-neuf sont propres à Maria Valtorta. Trois demeurent ignorés.

(1) Cf. Nombres 11,16 et suivants – (2) Cf. Actes 4,6 – (3) Cf. Actes 19,13-14

Les soixante-douze disciples

Ils forment un groupe distinct de celui des apôtres. Il s’est progressivement constitué à partir des bergers de la Nativité* retrouvés trente ans après. Il n’est composé que d’hommes, les femmes disposant d’une organisation particulière exposée ci-dessus (Cf. Les femmes disciples).

Ce premier groupe grandit par agglomération constante des nouveaux disciples.

Mission et formation.

Alors que les apôtres bénéficient d’une formation constante, les disciples se forment par l’exhortation mutuelle et, quand ils le peuvent, par l’écoute des enseignements publics de Jésus. Ils ne disposent d’aucun encadrement si ce n’est Isaac de Jutta* et Joseph le Juste*.

Le premier forme les nouveaux arrivants et les coordonne. Mais il ne les dirige pas : les disciples annoncent de façon autonome «le royaume de Dieu… là où Jésus devait aller» selon Luc 10,1. Ils ne se retrouvent qu’en de grandes occasions, dont les fêtes juives.

Le second, Joseph le Juste, bénéficie d’une formation plus particulière de la part de Jésus. Son rôle est d’annoncer les fondamentaux de la doctrine de Jésus1.

Selon Maria Valtorta, il y a donc trois catégories de disciples de Jésus : les apôtres, les «soixante-douze», les fidèles.

Composition.

Maria Valtorta identifie trente disciples formant le noyau initial. Du moins, selon nos travaux.

– Abel*, dit Ananias. Il baptisa Paul à Damas. Il n’est pas envoyé en mission en raison de son jeune âge.

– Abel de Corozaïn*. Le lépreux guéri de Marc 1,40-45 et de Luc 5,12-16.

– Agape*. Le prophète cité dans les Actes des apôtres sous le nom d’Agabus.

– Aser* l’ânier de Nazareth.

– Benjamin*, un des bergers de la Nativité. Joseph, son frère jumeau, a péri dans le massacre des innocents.

– Daniel*, un des bergers de la Nativité.

– Élie*, un des bergers de la Nativité. Sa femme et ses enfants ont été égorgés par les sicaires d’Hérode.

– Élie de Corozaïn*. Jésus l’appelle en lui disant «laisse les morts enterrer les morts» selon Matthieu 8,21-22.

– Étienne*, le futur diacre martyr. C’est un disciple de Gamaliel. Il n’est pas envoyé en mission.

– Hermas*. Compagnon d’Étienne.

– Hermas d’Emmaüs*. Le frère aîné de Cléophas, le disciple d’Emmaüs.

– Hermastée*, un philistin. Il n’est pas envoyé en mission en raison de l’aversion que son orgine suscite.

– Isaac*, un berger du Grand Hermon (sud Liban).

– Isaac de Jutta*. Un des bergers de la Nativité. Un des piliers du groupe des disciples.

– Ismaël*, le deuxième ânier de Nazareth.

– Jean le prêtre*. Lépreux, guéri par Jésus. Son apostolat lui vaut de perdre sa charge au Temple.

– Jean le scribe* de Capharnaüm. Il nourrit les foules après le Sermon sur la montagne. Il n’est pas envoyé en mission.

– Jean d’Endor*. Un galérien évadé. Il sera obligé de fuir à Antioche.

– Jean de Bethléem*, un berger de la Nativité. Disciple du Baptiste, il reste auprès du prophète jusqu’à la fin.

– Jonas*. Un disciple dont on ne sait rien.

– Joseph d’Emmaüs*. Il a été accusé d’adultère.

– Joseph le juste*. Son père a été tué dans le massacre d’Hérode. Il sera présenté au poste laissé vacant par Judas.

– Lévi*, un berger de la Nativité.

– Matthias*. Il change son nom de Tobie, pour celui de son père massacré avec les innocents. Matthias est disciple du Baptiste. C’est le futur apôtre désigné en remplacement de Judas.

– Philippe d’Arbela*, un des futurs diacres2.

– Salomon*, le passeur de Jéricho. Disciple du Baptiste lui aussi.

– Samuel de Corozaïn*. Un estropié guéri par Jésus. C’est le compagnon inséparable d’Abel de Corozaïn.

– Siméon*, berger de la Nativité. Il a réussi à être employé à Machéronte. Il est l’un des trois disciples à enterrer le corps du Baptiste.

– Simon*, un autre disciple dont on ne sait rien.

– Timon* le chef de la synagogue de la Belle Eau, un des futurs diacres3.

Plus tard, ce groupe des disciples subit une défection massive après le discours de Jésus sur le «Pain de Vie». La majorité d’entre eux cesse de le suivre selon Jean 6,66.

Après cela, Jésus agglomère au groupe primitif trois nouveaux disciples dédiés à la prédication4 :

– Joseph* le passeur de Tibériade.

– Jean d’Éphèse*, le chef de synagogue. Peut-être ce «prêtre Jean» cité par Papias.

– Nicolaï d’Antioche*, le futur diacre5.

Sous la plume de Maria Valtorta l’appellation des «soixante-douze» est générique : elle désigne tous les disciples agglomérés au groupe initial jusqu’au Thabor où Jésus ressuscité, retrouvent les cinq-cent fidèles dont parle saint Paul6. À cette occasion, les soixante-douze sont institués «prêtres» de l’Église avec les apôtres qui en sont les pasteurs. Jésus rappelle à tous le sens des sept sacrements et la primauté de Pierre7.

Il adjoint, pour cela, au groupe des soixante-douze :

– Bartimée*, l’aveugle de Jéricho selon Matthieu 20, 29-34 et Marc 10, 46-52.

– Benjamin*, un jeune berger samaritain d’Enon.

– Daniel de Bétéron*, le parent d’un des adversaires acharnés de Jésus : Elchias.

– Daniel*, le ressuscité de Naïm connu sous le vocable de saint Materne.

– Élie*, un essénien, le seul de ce mouvement.

– Élisée d’Engaddi*, un lépreux guéri, fils du chef de la synagogue.

– Joachim de Bozra*. Un notable à qui Jésus apparaît.

– Jonathas*, berger de la Nativité. Il a été renvoyé de son service par Chouza*.

– Joseph Barnabé*, le futur compagnon de Paul selon Actes 4,36.

– Judas l’Assidéen*. Diciple tardif et futur martyr.

– Manaën*, disciple du Baptiste, puis de Jésus.

– Marc d’Arbela*, compagnon de Philippe le diacre, mais ce n’est pas Marc l’évangéliste.

– Margziam*, dit Martial, le disciple prodige, fils adoptif de Simon-Pierre.

– Maximin*, l’intendant de Béthanie.

– Philippe le synhédriste*. Disciple tardif.

– Sidoine*, l’aveugle-né de Jean 9,1-34. Il est connu comme saint Restitut.

– Zacharie*, le lévite, uni dans la mission à Joseph Barnabé.

Ce sont donc cinquante noms au total.

Il faut leur rajouter les notables qui, selon l’histoire, ont rejoint le corps des disciples-prêtres par la suite :

– Joseph d’Arimathie.

– Lazare.

– Nicodème

Et d’autres probablement.

Recoupements historiques

Il existe plusieurs listes des soixante-douze disciples : Eusèbe de Césarée, Baronius, Calmet, Maistre, etc.8. Elles varient d’un auteur à l’autre et n’ont pas de liens entre elles, si ce n’est quelques noms. L’Évangile ne nomme aucun d’entre eux.

À l’instar de Maria Valtorta, ces listes font de l’appellation les «soixante-douze», une dénomination générique englobant ceux qui furent envoyés en mission selon Luc 10,1 et ceux qui furent agglomérés après la grande défection du discours sur le «Pain de Vie».

Eusèbe de Césarée résume ainsi le problème9 : «Les noms des apôtres du Sauveur sont bien connus de tout le monde par les Évangiles. En revanche, les liste des soixante-dix disciples ne nous est transmise nulle part».

Sur les cinquante cités par Maria Valtorta, dix-neuf d’entre eux sont confirmés par les sources historiques, soit près de quarante pour cent.

D’autres sont sans doute identifiables mais l’histoire les connaît sous un autre nom tels saint Restitut pour Sidoine ou saint Materne pour Daniel de Naïm. Il est donc nécessaire de poursuivre nos investigations.

(1) Tome 2, chapitre 56 /vo 91.1/5 – (2) Cf. Actes 6,5– (3) Ib° – (4) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.9/11 – (5) Cf. Actes 6,5 – (6) Cf. 1Corinthiens 15,6 – (7) Tome 10, chapitre 21 /vo 635.1/21 – (8) Abbé Maistre, Histoire des soixante-douze disciples, 1868– (9) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, I, 12.1