Balthazar, le « roi » mage

Voir Mages

Bambin qui prie avec Jésus

Jésus vient d’appeler à le suivre Élie de Corozaïn*. Il hésite car il doit enterrer son père qui vient de mourir.

Jésus prend un tout petit et le serre sur son cœur en disant : «Dis avec Moi : Je te bénis, ô Père, et j’invoque ta lumière pour ceux qui pleurent dans les nuées de la vie. Je te bénis, ô Père, et j’invoque ta force pour celui qui est comme un petit qui a besoin que quelqu’un le soutienne. Je te bénis, ô Père, et j’invoque ton amour pour que Tu fasses oublier tout ce qui n’est pas Toi, à tous ceux qui trouveraient en Toi tout leur bien, ici et au Ciel, et qui ne savent pas croire».

Et l’enfant d’environ quatre ans, répète de sa petite voix, les paroles saintes avec ses menottes croisées pour la prière dans la main droite de Jésus1.

(1) Tome 3, chapitre 38 /vo 178.3

Bambin de Césarée de Philippe

Avant de congédier les enfants qui l’entourent Jésus leur demande ce qui le caractérise. «Dites-moi, enfants sans malice, pour vous quel est mon signe ?»

Chacun annonce une particularité de Jésus ou les peines qu’il a consolées. Le plus petit de tous – un enfant de quatre ans – grimpe sur les genoux de Jésus et se serre à son cou en disant : «Ton signe, c’est que tu aimes bien tous les enfants et que les enfants t’aiment bien.

– Mais pourquoi m’aimez-vous bien si vous ne m’avez jamais vu auparavant ? demande Jésus.

– Parce que tu sembles l’ange du Seigneur.

– Tu ne l’as jamais vu, mon petit…» dit en souriant Jésus pour l’éprouver.

L’enfant reste un moment interdit, puis il dit : «Mais mon âme l’a bien vu ! Maman dit qu’elle est en moi et que Dieu la voit, et que l’âme a vu Dieu et les anges. Mon âme te connaît parce que tu es le Seigneur».

Jésus le baise au front en disant : «Que par ce baiser la lumière croisse dans ton intelligence».

Il le dépose par terre. L’enfant court vers son père en tenant sa main appliquée sur le front, à l’endroit où il a reçu le baiser. Il crie : «À maman, à maman! Qu’elle mette son baiser au même endroit que le Seigneur et que la voix lui revienne et qu’elle ne pleure plus».

On explique à Jésus que cette mère a un mal à la gorge. Elle désire le miracle mais elle n’a pas été guérie par les disciples.

«Elle sera guérie par le plus petit disciple, son petit garçon. Va en paix, homme. Et aie la foi comme ton fils» dit Jésus en congédiant le père du petit1.

(1) Tome 5, chapitre 32 /vo 344.7

Baptiste (Le)

Voir Jean Baptiste.

Barabbas, l’assassin

Bar-Abba signifie «Fils du (de son) père», nom assez courant à l’époque. Il était généralement donné à des enfants trouvés ou des bâtards.

Ce célèbre personnage n’est cité que trois fois dans l’œuvre de Maria Valtorta sans qu’il apparaisse. On sait de lui que c’est un assassin1, un séditieux arrêté par Pilate* peu de temps avant la Passion de Jésus2. Cette arrestation est intervenue à la suite de la vaste opération de police entreprise par les romains pour débarrasser la Palestine des bandes rebelles3.

Pilate est si sûr de l’hostilité de l’opinion publique à l’encontre de Barabbas, qu’il met en balance sa libération contre celle de Jésus qu’il sait «livré par jalousie4». Hélas! Cela rameute plus encore la foule !5

*

Ce devait être un ennemi public, car les évangélistes en parlent comme d’un «détenu célèbre6». Il «était en prison avec des rebelles qui avaient commis un meurtre lors d’une révolte7». Cette révolte «avait eu lieu dans la ville» précise Luc 23,19. C’était un «brigand» conclut Jean 18,40

(1) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.1/28 – (2) Ib°, chapitre 37 /vo 576.2 – (3) Ib°, chapitre 10 /vo 549.2 – (4) Cf. Matthieu 27,18 – (5) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (6) Cf. Matthieu 27,16 – (7) Cf. Marc 15,7

Barthélemy

Voir Nathanaël, apôtre.

Bartimée, de Jéricho

L’aveugle de Matthieu 20, 29-34 et de Marc 10, 46-52.

À la sortie de Jéricho, avec son compagnon Uriel, aveugle comme lui, il guette la charité des pèlerins en route pour Jérusalem.

Passe Jésus. Ils crient pour attirer son attention et dominer le brouhaha de la foule. On vient les chercher. Uriel se laisse conduire, mais Bartimée se précipite seul, si sûrement que Maria Valtorta douterait de sa cécité s’il n’avait les yeux blancs. Jésus les guérit1.

Les deux anciens aveugles, remplis de reconnaissance, décident de suivre Jésus. Uriel demande un instant pour aller prévenir des parents. Bartimée en décide autrement : «Je ne te quitte pas. Je vais envoyer quelqu’un pour les prévenir. Ce sera toujours de la joie. Mais me séparer de Toi, non. Tu m’as donné la vue, je te consacre ma vie. Aie pitié du désir du dernier de tes serviteurs2».

Il suit Jésus en lui rendant gloire : «J’étais venu pour avoir un pain, et j’ai trouvé le Seigneur. J’étais pauvre, maintenant je suis ministre du Roi saint. Gloire au Seigneur et à son Messie3».

*

Maria Valtorta confirme Matthieu et Marc qui situent le miracle au sortir de la ville mais non Luc 18,35-43 qui le situe à l’entrée de Jéricho. Certains commentateurs en déduisent deux miracles différents4. Elle confirme aussi la précision de Matthieu : ils étaient deux aveugles.

Bartimée est l’un des rares miraculés nommément désigné dans les Évangiles. Pourtant on ne connaît rien d’autre sur lui.

Il aurait été agrégé au groupe des soixante-douze disciples. C’est dans la logique de sa décision, mais nulle trace historique n’en a été trouvée si ce n’est la mention qu’en fait Le grand dictionnaire historique du P. Louis Moréri, qui ne cite pas ses sources5.

(1) Tome 8, chapitre 41 /vo 580.1/10 – (2) Ib° – (3) Ib° – (4) P. Augustin Calmet « Commentaire littéral sur tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament » – Paris 1730, page 102 – (5) Tome II, page 148 – Paris 1759

Barnabé

Voir Joseph, dit Barnabé.

Bassus

Voir Licinius de l’Antonia.

Belle de Corozaïn

Prostituée devenue lépreuse, puis guérie par Jésus.

Le portrait qu’en dresse Jésus, est sévère : «Adultère, septante fois sept fois, avec tout ce qui s’appelait « homme » et avait de l’argent. Homicide, sept fois sept fois, de ses enfantements bâtards; prostituée par vice et non par besoin1».

Elle est frappée de lèpre à environ 50 ans. Tout le monde la rejette, à commencer par ses anciens amants, pour la plus grande joie des femmes humiliées par les liaisons de leurs maris. La « belle » est obligée de se réfugier, à Corozaïn, dans les roseaux qui bordent le lac.

C’est là qu’André*, pris de compassion, l’approche en lui apportant de la nourriture, puis l’évangélise. Il doit surmonter son émotion tant le spectacle est horrible. «Pourquoi as-tu pitié ?» interroge la lépreuse. «Parce que je suis disciple de la pitié» répond l’apôtre.

Il lui amène Jésus : «Il m’a semblé alors pouvoir lui promettre en ton nom le salut. Elle m’a dit : « Reviens, reviens encore… Parle-moi de Lui. Que mon âme le connaisse avant que mon œil ne le voie…2».

La femme demande la guérison de l’âme : «Purifie-moi, Seigneur, mais l’âme avant la chair, Car je suis trois fois impure, et si tu dois me donner une purification, une seule, voilà, je te la demande pour mon âme pécheresse. Avant d’avoir entendu tes paroles que lui me répétait, je disais : Guérir pour retourner parmi les hommes. Maintenant que je sais, je dis : Guérir pour avoir la vie éternelle3».

Jésus lui accorde la guérison de l’âme, mais, à l’instar de Nâaman4, quand elle va se baigner comme demandé, c’est le corps aussi qui est guéri.

La guérison fait grand bruit et Jésus doit justifier sa pitié envers la pécheresse : «Oh ! Je vous comprends, femmes trahies ! Je comprends votre jubilation quand il vous fut dit : « Les chairs de la Belle sont plus puantes et plus pourries que celles d’une charogne ». Mais je vous dis : sachez pardonner. Dieu a exécuté vos vengeances, et puis encore Dieu a pardonné. Pardonnez-vous aussi. Je lui ai pardonné en votre nom, parce que je sais que vous êtes bonnes, femmes de Bethsaïda…5».

(1) Tome 2, chapitre 61 /vo 96.3 – (2) Tome 2, chapitre 59 /vo 94.1/5 – (3) Ib° – (4) Cf. 2 Rois 5,1-14 – (5) Ib°, Chapitre 61 /vo 96.3

Belle-mère de Pierre

Elle n’a pas un caractère facile.

La belle-mère de Pierre* est anonyme dans l’Évangile, comme dans l’œuvre de Maria Valtorta. On sait cependant qu’elle est galiléenne de Capharnaüm et mère de Porphyrée*, l’épouse de Simon-Pierre. C’est justement le commerce de la pourpre (porphyra en grec) qui a fait la fortune de son mari décédé. Elle doit gérer seule une famille prolifique : plusieurs fils et au moins quatre brus ainsi que plusieurs filles et gendres. Pierre en est le plus âgé.

Les relations sont orageuses entre ce gendre et sa belle-mère, si on en croit l’œuvre de Maria Valtorta : «une femme querelleuse1» qui contraste avec la douceur de sa fille qui «est très bonne, et la preuve en est d’avoir supporté avec patience sa mère avec toute sa méchanceté…2». C’est une femme autoritaire qui a plié sous ses volontés «filles et belles-filles3».

Compte-tenu de son grand âge, la maladie qui la frappe est irrémédiable. Jésus la guérit selon Marc 1,29-31 et Luc 4,38-39. À peine debout elle reprend les rênes de sa maisonnée et ses reproches envers Pierre : «Mais, avec ça, tu ne gagnes rien. Tu ferais mieux, puisque tu veux faire le domestique du Prophète (Jésus), de t’établir ici de nouveau. Au moins cette pauvre créature, ma fille, pendant que tu fais le saint, aurait des parents pour la nourrir4».

L’emménagement à Capharnaüm se fait donc mais ne dure pas. Porphyrée finit par «préférer vivre seule (à Bethsaïda) plutôt que d’entendre les plaintes constantes de sa mère envers son mari5».

Recoupements historiques

Le docteur Johannes Sepp dans Vie de N-S Jésus affirme qu’elle se prénommait Jeanne (ou Johanna), mais sans donner ses sources6.

(1) Tome 2, chapitre 91 /vo 124.1 – (2) Tome 3, chapitre 13, page 46 /vo 153.2 – (3) Ib° – (4) Tome 2, chapitre 23 /vo 60.1/7 – (5) Tome 3, chapitre 39 /vo 179.1 – (6) Johannes Sepp, Vie de N-S Jésus, Tome 1, page 505

Belzébuth

Voir Satan.

Benjamin, l’ancien de Capharnaüm

Ses petits-enfants réconfortent Jésus.

Jésus est blessé du peu d’accueil fait à son enseignement. Il lance son imprécation contre Corozaïn, Bethsaïda et Capharnaüm que rapportent Matthieu 11, 21-23 et Luc 10, 13-16.

Mais les justes ne doivent pas être englobés dans la ruine des pécheurs : «Pour ce qui concerne ta fille, Jaïre*, et la tienne, Simon, et ton enfant, Zacharie, et tes petits-enfants, Benjamin, je vous dis qu’ils sont sans malice et voient déjà Dieu. Voyez comme leur foi est pure unie à la sagesse céleste et au désir de charité que les adultes ne possèdent pas1».

À cette évocation, Jésus exulte : «Je te remercie, ô Père, Seigneur du Ciel et de la Terre, d’avoir caché ces choses aux sages et aux savants et de les avoir révélées aux petits2».

Un des petits-fils de Benjamin évoqués par Jésus est peut-être Benjamin*, que Jésus montre en exemple3.

*

Maria Valtorta confirme la chronologie de Matthieu pour qui l’imprécation contre les villes et la prière suivent immédiatement la venue des envoyés du Baptiste. Luc, quant à lui, place l’imprécation et la prière longtemps après la venue des envoyés du Baptiste.

(1) Tome 4, chapitre 129 /vo 266.14 – (2) Cf. Matthieu 11,20;11,25 et 11,2; Luc 10,13;10,21 et 7,18 – (3) Voir Benjamin, devenu Étienne.

Benjamin, un berger de la Nativité

Un des soixante-douze disciples.

Il fait partie «des bergers qui vivaient aux champs et qui veillaient la nuit sur leur troupeaux1». Il assiste à l’apparition de l’ange qui leur annonce la naissance du Sauveur selon Luc 2,9-12, puis au chœur des anges chantant la Gloire de Dieu.

Benjamin, comme les onze autres bergers dont son frère jumeau, Joseph*, sont marqués à vie par cette vision, comme par la rencontre ultérieure de la Vierge Marie et de Jésus couché dans une mangeoire2.

Tous se font messagers de la nouvelle, joyeusement accueillie par les bethléemites, avant que ce sentiment ne se retourne en haine : si les soldats d’Hérode ont massacré les enfants, c’est à cause de ce prétendu Messie enfui et de ses annonciateurs qu’il faut chasser. Joseph, le frère jumeau, est tué dans le massacre. Benjamin en réchappe et devient berger très loin, sur le Liban, avec d’autres rescapés.

Trente ans plus tard, Jésus retrouve un homme grisonnant et robuste ainsi que d’autres bergers de la Nativité. Leur foi est intacte malgré l’épreuve. Le souvenir de Marie les a aidés : «Tout ce qu’Elle nous a dit, dans les mois où nous avons pu l’entendre, est écrit ici (et il se frappe la poitrine). C’est la page de notre sagesse et nous la comprenions nous aussi car c’était une parole d’amour. L’amour, c’est une chose que tout le monde comprend !3».

Ces bergers retrouvés forment un premier noyau de fidèles auquel s’agrègeront d’autres disciples jusqu’à devenir le groupe des soixante-douze «envoyés deux par deux» pour évangéliser4.

Rien ne vient altérer la foi de ces bergers : ni la grande défection qui suit le discours sur le «Pain de Vie5», ni la Passion à laquelle ils assistent tous6.

Benjamin, comme les autres bergers, bénéficie de l’apparition de Jésus ressuscité au jour de Pâques7.

(1) Cf. Luc 2,8 – (2) Ib° 15-18 – (3) Tome 2, chapitre 69 /vo 103.5 – (4) Cf. Luc 10,1 – (5) Cf. Jean 6,66 – (6) Cf. Luc 23,49 – (7) Tome 10, chapitre 10 /vo 624.1

Benjamin, de Césarée de Philippe

Voir Anne de Césarée Panéade.

Benjamin, devenu Étienne

Un enfant montré en exemple par Jésus.

Il fait partie des enfants de Capharnaüm qui se précipitent joyeusement à la rencontre de Jésus lors de ses passages dans cette ville. C’est en écoutant Jésus prêcher qu’il devient cet enfant exemplaire dont parlent Matthieu 18,1-9, Marc 9,35-37 et Luc 9,46-48 : «Si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Celui donc qui se fera humble comme ce petit enfant est le plus grand dans le royaume des cieux1».

Lors de la dernière Cène Jésus se souvient avec réconfort de la répartie inspirée du jeune Benjamin qui lui demandait alors une parabole : «Qu’en fais-tu de la parabole ? Ce n’est pas un jeu.

– C’est plus beau qu’un jeu. Quand je vais dormir, j’y pense, et puis j’en rêve et le lendemain je m’en souviens et je me la redis pour être bon. Elle me rend bon1».

Cet enfant de sept à huit ans devient plus tard disciple et martyr selon une confidence de Jésus à Maria Valtorta : «Tu veux savoir ce qu’il advint ensuite de Benjamin ? Il resta le petit agneau du Christ et, lorsqu’il eut perdu son Grand Berger (Jésus) puisqu’il était retourné au Ciel, il se fit le disciple de celui qui me ressemblait davantage (Jean), en recevant de sa main le baptême et le nom d’Étienne, mon premier martyr. Il a été fidèle jusqu’à la mort et avec lui ses parents, amenés à la Foi par l’exemple du petit apôtre de leur famille. Il n’est pas connu ? Nombreux sont ceux qui, inconnus des hommes, me sont connus dans mon Royaume2».

*

Si l’enfant est connu des Évangiles, bien qu’anonyme, il demeure inconnu de l’histoire comme le signale Maria Valtorta. Elle ne valide donc pas l’hagiographie byzantine qui fait de cet enfant le futur saint Ignace, évêque d’Antioche.

(1) Tome 5, chapitre 40 /vo 352.1/16 – (2) Tome 5, chapitre 41 /vo 352.1

Benjamin, et les notables de Nazareth

Les notables de Nazareth rêvent pour Jésus, des plus hautes destinées terrestres. Ils ne comprennent plus l’enfant du pays lorsqu’il proclame une royauté céleste. Ils sont déçus.

Judas* trouve là un terrain favorable pour intriguer avec Lévi*, le chef de la synagogue, quelques notables et deux cousins de Jésus : Joseph* l’aîné et Simon*, le cadet. Si tous s’unissent, ils dissuaderont Jésus de se compromettre avec les publicains et les prostituées.

Jésus n’est pas dupe. Quand son cousin Simon, toujours hésitant, vient l’alerter sur Judas, il excuse son apôtre : «Il rêve de Moi comme roi d’Israël, au sens humain du terme, et travaille pour cela, comme toi tu rêves de me voir. C’est pour cela que tu aurais envie de travailler, toi aussi. Tout comme ton frère Joseph, Lévi, le chef de la synagogue, Mattathias, Mathias, Siméon, Benjamin et Jacob et – à part trois ou quatre – vous tous de Nazareth2».

*

Maria Valtorta illustre, par ces épisodes, la réflexion de Jésus «Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa maison3».

(1) Tome 4, chapitre 127 /vo 264.7 – (2) Tome 5, chapitre 1 /vo 313.3 – (3) Cf. Marc 6,4 et aussi Matthieu 13,57 et Luc 4,24

Benjamin le pastoureau

Un des soixante-douze disciples.

C’est un orphelin samaritain d’Enon, lieu où Jean-Baptiste* s’était retiré pour baptiser1. Il est exploité, maltraité et affamé par un grand-oncle : Alexandre le furieux* au point d’être couvert de bleus quand Jésus le rencontre. Pourquoi ? Alexandre l’a surpris en train d’écouter les disciples de Jésus, un shabbat, au lieu de travailler.

Benjamin est décidé à s’enfuir. Jésus veut le soustraire légalement à cette brutalité et le racheter. Chemin faisant, on apprend qu’Isaac*, un disciple de Jésus, a tenté de le faire, mais Alexandre a empoché l’argent sans libérer le jeune berger.

La confrontation de Jésus avec la brute se termine dramatiquement : Jésus évite de justesse la hache jetée par Alexandre qui devient alors aveugle2.

L’adolescent rejoint la troupe des disciples en marche vers Jérusalem pour la dernière Pâque. Il est choyé par les femmes-disciples*.

Il est dans la foule du dimanche des Rameaux3. A-t-il assisté à la Passion ? On ne sait. On le retrouve sur le Thabor parmi les 500 personnes réunies autour de Jésus ressuscité4. Il est alors agrégé au groupe ultime des soixante-douze disciples*5.

(1) Cf. Jean 3,23 – (2) Tome 8, chapitre 35 /vo 574.3/14 – (3) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.14 – (4) Cf. 1Corinthiens 15,6 – (5) Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18

Benjamin de Magdala

Ce jeune enfant turbulent de Magdala a neuf ans. Il n’a ni froid aux yeux, ni sa langue dans sa poche. Devant Jésus, il passe en revue les apôtres : Jean* et André* sont jugés «bons». Les deux Jacques*, Jude*, Matthieu* et Philippe* les rejoignent dans la sélection. Simon le zélote* et Barthélemy* «sont vieux, mais bons». Pierre*, avec maintes œillades comiques, réussi l’examen. Thomas* a droit à une remontrance «Il rit trop». La sélection est finie.

Judas* interroge : «Hé! Dis donc, gamin, il y a encore moi. Je ne suis pas un arbre. Je suis jeune et beau. Pourquoi ne m’examines-tu pas?

“- Parce que tu ne me plais pas. Maman dit que quand une chose ne plaît pas, on n’y touche pas1».

Judas en est mortifié. Hélas pour lui, ce n’est pas le seul enfant qui livre ainsi publiquement ses sentiments de méfiance : Margziam* l’imite.

(1) Tome 3, chapitre 44 /vo 184.1/9

Bérénice, l’affranchie

Voir Sitaré et les affranchis romains.

Bérénice, d’Antioche de Syrie

Quelques apôtres convoient à Antioche de Syrie, deux disciples dénoncés par Judas* au Temple : Sintica*, une esclave en fuite et Jean d’Endor*, un galérien évadé. Lazare de Béthanie* possède, dans sa ville natale, des propriétés héritées de ses parents.

Les apôtres rencontrent Bérénice, la belle-fille de l’Intendant. Elle a été une consolation pour son beau-père Philippe* à la mort de son fils qui la laissait pourtant veuve1.

Avant de partir, elle confie à Simon le zélote* : «Tu diras à Marie (de Magdala) que j’éprouve la paix d’Euchérie depuis qu’elle est devenue disciple2».

Elle était servante d’Euchérie*, la mère de Marie de Magdala. Elle l’avait connue enfant et suivi ses frasques de jeune femme.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.1/5 – (2) Ib°, chapitre 12 /vo 324.9

Berger, de Césarée de Philippe

Jésus passe une dernière fois dans la Tétrarchie de Philippe*. Bientôt ce sera la Passion.

Un berger veut lui offrir le plus beau de ses agneaux. Jésus s’en défend, c’est le gagne-pain du berger : «Oh! C’est ma reconnaissance. Tu ne te souviens pas de moi. Moi, si ! Je suis un de ceux que tu as guéris avec un si grand nombre. Tu m’as consolidé l’os de la cuisse qui me rendait infirme. Personne n’avait pu me guérir. Je te donne volontiers l’agneau, le plus beau: celui-ci. Pour le banquet de réjouissance. Pour l’holocauste, je sais que, tu es tenu à la dépense. Mais pour la réjouissance non ! Tu m’en as tant donné. Prends-le, Maître».

Jésus ne le prend pas, mais lui demande d’envoyer l’agneau à Jean* à Nobé, un village proche de Jérusalem : «À Nobé j’ai un ami pauvre et âgé. Écoute-moi bien: le lendemain du sabbat pascal, à l’aube, tu iras à Nobé et tu diras à Jean, l’Ancien de Nobé : « Cet agneau t’est envoyé par Jésus de Nazareth, ton ami, pour que tu en fasses en ce jour un joyeux banquet car il n’y a pas de plus grande joie que celle de ce jour pour les vrais amis du Christ ». Le feras-tu?

– Si tu le veux, je le ferai1».

*

L’agneau pascal ne pouvait être immolé que dans le Temple, c’est pourquoi le sacrifice d’offrande (l’holocauste) nécessitait une dépense.

(1) Tome 8, chapitre 37 /vo 576.2

Berger, de Sichem

La fête des Tentes (Soukkot) approche. C’est l’une des grandes fêtes du Judaïsme. Jésus a décidé de se rendre à Jérusalem en secret selon Jean 7, 1-10 : «les juifs cherchaient à le faire mourir» et son temps n’était pas encore venu.

Il passe par la Samarie. Les apôtres demandent leur chemin à des bergers. S’ils attendent quelques instants, le berger va les conduire à la bonne route, car en ces périodes de migration, les routes sont peu sûres.

Chemin faisant le berger se confie à Jésus qui ne s’est pas fait connaître : Bien que samaritain il admire le Baptiste réfugié à leurs frontières avant d’être trahi – pas par des samaritains – précise-t-il. Il admire aussi le Messie qui s’est levé en Israël. Des habitants convaincus par le témoignage de Fotinaï* la samaritaine, lui en ont parlé. Des pharisiens du Temple le recherchent activement «pour l’honorer» ont-ils dit.

S’il le rencontrait, il lui demanderait de guérir son fils Ruben. L’orphelin qu’il a recueilli, ne suffit pas à la garde du troupeau. Mais il ne rencontrera jamais Jésus.

À l’entrée de la ville, les chemins se séparent. Brusquement les apôtres entendent au loin les cris du berger : «Rabbi! Rabbi! Mon fils! Citoyens! Venez! Où est le Pèlerin?»

Le berger tient à honorer Jésus, qu’il n’a pas reconnu, pour la guérison de son fils. Il lance son chien sur sa piste. Brusquement le chien se met en arrêt près de Jésus puis repart dans le sens inverse. Jésus continue son pèlerinage. Il ne veut pas être reconnu1.

(1) Tome 7, chapitre 177 /vo 482.1/8

Borgne grec

Ce corinthien a perdu son œil dans l’agression d’un rival jaloux. Il écoute l’enseignement de Jésus à la synagogue des romains. Il l’interroge : doit-il rendre le mal qu’il a reçu ?1

Jésus le renvoie à l’enseignement des grands hommes grecs Pythagore et Démosthène. Il parle aussi par eux : «Les mortels deviennent semblables à Dieu quand ils se conforment aux deux dons qu’Il leur fait : pouvoir être dans la vérité et faire du bien au prochain ? Et encore : L’homme se rapproche de Dieu non par la science, ou la puissance, mais en faisant du bien».

Jésus conclue ces deux citations : «Fais du bien à qui t’a fait du mal et tu seras appelé saint par Dieu2».

*

Cette anecdote révèle une culture singulière chez Maria Valtorta. Si l’enseignement de Pythagore est extrait des Vers d’or qu’on lui prête, nous n’avons pas trouvé la référence exacte pour celui de Démosthène : peut-être L’éloge du jeune Épicrate. Cet enseignement prend cependant le contrepied d’Aristote qui estime que «c’est par la science que l’homme se rapproche le plus de la divinité3».

(1) Cf. Matthieu 7,12 – (2) Tome 7, chapitre 231 /vo 534.1/9 – (3) Aristote : Éthique à Nicomaque.

Bru d’Ananias

Voir Ananias de Béthabara.

Bûcheron, du Carmel

Jésus s’isole sur le Mont Carmel avec son cousin Jacques*, fils d’Alphée. Il le prépare à sa mission de futur évêque de Jérusalem1.

En descendant, ils croisent un bûcheron avec un enfant grabataire qu’il porte sur ses épaules. Il est veuf et la mère du bûcheron vient de mourir. Il emmène l’enfant avec lui.

«C’est pour toi un grand malheur” constate Jésus.

– Hé! Oui, dit le bûcheron. Mais ce que Dieu veut, il faut l’accepter dans la paix».

Jésus s’en va. Jacques intervient : «Jésus, me laisses-tu revenir en arrière pour dire au bûcheron que tu es le Messie ? J’ai pitié de cet enfant. J’ai le cœur déjà si rempli de douleur. Donne-moi, au moins, la joie de voir ce petit guéri.

– Vas donc. Je t’attends ici» dit Jésus.

Jacques retourne en arrière. Il veut prendre l’enfant qui crie de douleur.

«Ne pourrais-tu pas le guérir, toi ? suggère le bûcheron qui ne peut arrêter son travail. Allons, sois bon. Ne le fais pas souffrir. Essaie. Si le Maître avait voulu venir ici, il l’aurait fait. Il t’a envoyé ou bien parce qu’il ne veut pas le guérir, ou bien parce qu’il veut que ce soit toi qui le fasses».

Jacques d’abord perplexe, se décide: «Au nom de Jésus Christ, Messie d’Israël et Fils de Dieu, sois guéri». Aussitôt après il s’agenouille en disant : «Oh! Mon Seigneur, pardon! J’ai agi sans ta permission! Mais j’ai eu pitié de cet enfant d’Israël. Pitié, mon Dieu! Pour lui et pour moi, pécheur!».

Il pleure abondamment, penché sur l’enfant étendu. Celui-ci le console. Ce faisant, il se lève seul et embrasse Jacques. Jésus survient alors, souriant2.

(1) Cf. Eusèbe de Césarée Histoire ecclésiastique – chapitre VII, § 19 – (2) Tome 4, chapitre 122 /vo 259.9-10