Caïphe, le Grand Prêtre

Le portrait que dresse Maria Valtorta du Grand Prêtre en exercice1 est peu flatteur : «Visage sournois et haineux2… Figure et corps de crapaud … Obèse et méchant3… Petit et laid… Une vraie figure de criminel4».

Caïphe, surnom de Joseph, est gendre d’Anne* le Grand-Prêtre connu comme lui des Évangiles. Il apparaît surtout vers la fin de la vie publique de Jésus : lors du complot qui aboutit à son arrestation5 et du procès qui aboutit à sa mort6.

Dans la salle du Temple où Jésus vient d’être condamné Caïphe reçoit au visage les trente deniers de la trahison jetés par Judas7. Le traître ira se pendre dans un champ situé à quelques centaines de mètres de la maison de campagne de Caïphe, près de la Porte du fumier, où le sanhédrin tramait le complot8.

Les relations d’affaires que Caïphe entretient avec Zébédée*, permettent à son fils Jean*, l’apôtre, de pénétrer dans la cour du Grand-Prêtre9 située tout près du Temple selon Maria Valtorta10.

La condamnation de Caïphe est prédite par Jésus11.

Recoupements historiques

Kaïfa est le surnom de Yosef Bar Kayafa. On le suppose appartenir à la famille sacerdotale des Kathros, une branche collatérale de la puissante famille des Boethos, originaire d’Alexandrie en Égypte et promue au grand pontificat par Hérode le Grand. Il était sadducéen.

Il épouse une fille d’Hanna, l’ancien Grand-Prêtre. Nommé par Valerius Gratus, il devient lui-même Grand-Prêtre de 18 à 36/37 ap. JC, date à laquelle il est déposé par Vitellius. Cette destitution par l’autorité romaine qui l’avait nommé, fait suite au rappel à Rome de Ponce Pilate auquel il semble lié. Son fils Elyehoeanay (Elionaeus ben Kantheras), sera l’un des derniers grands prêtres.

Le tombeau de Caïphe a été découvert en 1990 à Jérusalem au sud de la vallée de la Géhenne. La sépulture contenait les ossements d’un homme de 60 ans environ, d’une femme de 40 ans et de deux très jeunes enfants.

(1) Cf. Matthieu 26,3 – (2) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (3) Tome 8, chapitre 10 /vo 549.2 – (4) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (5) Cf. Matthieu 26,3-4; Jean 11, 47-53 – (6) Matthieu 26, 57-66 – (7) Cf. Matthieu 27,3-5 – Tome 9, chapitre 24 /vo 605.1/13 – (8) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (9) Cf. Jean 18,16 – (10) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (11) Tome 5, chapitre 30 /vo 342.5/9

Caïus, d’Alexandroscène

Voir Scipion et Caïus, d’Alexandroscène.

Calipio, d’Ischilo

Après le pèlerinage des Tentes (Soukkot) de l’an 28, le groupe apostolique, comportant apôtres* et femmes disciples*, remonte de Jérusalem en Galilée, par la Transjordanie. C’est plus prudent : au Temple, on est averti de la présence de Sintica*, une esclave en fuite et de Jean d’Endor* un galérien évadé.

Alexandre Misace*, un riche marchand de l’Euphrate propose de convoyer les femmes disciples avec sa caravane sur le tronçon commun.

C’est le Shabbat : tout le monde se repose à Gerasa (Jerash). Margziam*, le fils adoptif de Pierre* voudrait faire un tour de chameau et manger une caroube comme le font animaux et caravaniers.

Tout le monde le rabroue, sauf Jésus qui demande à Calipio le chamelier. Il connaît les enfants : il en a neuf à Ischilo.

C’est volontiers que le chamelier accède au désir de l’enfant. Jésus, incidemment rappelle aux apôtres que l’amour est aussi dans l’attention portée au jeu des enfants.

*

Si l’intérêt de l’épisode réside dans la scène de genre, certains détails demeurent inexpliqués : Ischilo rappelle le nom du poète Eschyle (Aischylos, Eschilo) Calipio en parle comme d’une ville. Nous ne l’avons pas encore localisée.

(1) Tome 4, chapitre 153 /vo 289.5

Calliste, l’esclave

Cet esclave numide (berbère d’Afrique du nord), a eu la langue coupée pour en faire un messager de confiance. C’est à cette fonction que l’emploie sa maîtresse, Claudia Procula*, femme de Ponce Pilate*.

À Césarée Maritime il porte une tablette secrète de Claudia pour la libération d’Auréa Galla*. Jésus, constatant sa mutilation, ne le guérit pas, mais lui dit avec compassion : «Malheureux !». Calliste en est ému jusqu’aux larmes. Il se prosterne et «avec ses deux grosses mains il prend le pied de Jésus et le pose sur sa tête en signe de reconnaissance».

D’aspect lourdaud, Calliste est doué d’une âme sensible mais sans beauté physique. Son nom qui signifie «le plus beau» en grec, lui a été donné par dérision.

Maria Valtorta le décrit comme un noir. Peut-être s’agit-il d’un mercenaire africain des troupes numides ou même déjà esclave au moment de sa capture.

Plus tard, il accompagne Claudia à Éphraïm auprès de Jésus, banni par le Sanhédrin1. Elle lui rapporte les doutes qui circulent sur sa perte de pouvoir. Il répond en rendant la langue et la parole à l’esclave devant l’escorte romaine ébahie2.

Claudia affranchit Calliste sur le champ et le confie à Jésus avec un pécule. Jésus lui demande de le renvoyer libre dans son pays «pour dire que sur la Terre est Celui qui aime tous les hommes, qu’il les aime d’autant plus qu’il les voit plus malheureux3». Calliste se prosterne et renouvelle le geste de Césarée en posant le pied de Jésus sur sa tête.

«Toi, mon seul Maître» dit-il dès ses premiers mots.

«Toi, lève-toi et sois bon en pensant combien je t’ai aimé. Je t’ai eu dans mon cœur depuis les jours de Césarée4»

Recoupements historiques

Calliste fut probablement capturé lors guérillas numides suscitées par Tacfarinas en révolte contre Rome (17-24 ap. JC)5.

(1) Cf. Jean 11,54 – (2) Tome 8, chapitre 24 /vo 563.5/7 – (3) Ib° – (4) Ib° – (5) Tacite « Annales« , II, 52

Camille, soldat romain

Sa jambe est brisée par une chute de pierres à Bétéron. Personne ne veut recueillir ce païen. Sa cohorte ne peut pas l’emmener. Un décurion* accourt auprès de Jésus pour lui demander la guérison du soldat. Il a entendu parler de lui : il ne méprise pas les romains. Jésus accepte de le suivre.

En chemin le romain interroge : «On dit que tu es Dieu. Est-ce vrai ?». Il regarde Jésus par dessous l’ombre de son casque et semble presque effrayé.

«Je le suis» dit Jésus.

– Par Jupiter ! Il est donc vrai que les dieux descendent pour converser avec les hommes ? Avoir fait le tour du monde derrière les enseignes, et venir ici, déjà vieux, pour trouver un dieu !

– Le Dieu Unique. Pas un dieu» corrige Jésus1.

La jambe de Camille est enflée et livide. Le pied est retourné vers l’intérieur. Il doit beaucoup souffrir. Voyant Jésus allonger une main, il dit suppliant : «Fais-moi peu de mal !».

Jésus sourit. Il touche à peine l’endroit de la fracture et dit : «Lève-toi !». Camille est guéri. Les israélites ne crient pas hosanna. Ils semblent même mécontents. Mais les soldats ne le sont pas. Ils dégainent leurs glaives et les lèvent après les avoir frappés sur leurs boucliers en signe de réjouissance2.

Par la suite, au village, Jésus guérit une parente d’Elchias*, l’un de ses pires adversaires au Sanhédrin. Les habitants le rejettent, au prétexte qu’il a guéri d’abord le romain. En les quittant, Jésus prédit les malheurs de la ville et de la Nation.

*

Bétéron était une place fortifiée. Cela explique la présence d’une garnison romaine. Lors de la guerre des juifs, Cestius Gallus, gouverneur de Syrie, y subit un grave revers. De terribles représailles s’ensuivirent3.

(1) Tome 7, chapitre 211 /vo 514.2/9 – (2) Ib° – (3) Flavius Josèphe, Guerre des juifs, Livre 2 – Chapitre XIX – paragraphe 7 à 9

Cananéenne (la)

Cette femme, connue de Matthieu 15,21-28, est une pauvre veuve, habitante de la campagne à la frontière phénicienne (sud Liban). Sa fille Palma* est possédée. Elle part à la recherche de Jésus de passage dans cette région où il est mal reçu1. Les apôtres récriminent : que vient-on faire dans ce pays étranger d’où nous sommes chassés ?

La Cananéenne trouve Jésus, mais sa demande est accueillie durement. Jésus poursuit sa route. Aux cris répétés, il répond qu’il n’a été «envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël et qu’il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens».

La mère de Palma ne se laisse pas décourager. Elle insiste. Jésus récompense sa foi et guérit sa fille2.

Selon Maria Valtorta, la dureté apparente de Jésus est une réponse aux apôtres récriminant sur l’apostolat infructueux en pays étranger. Jésus oppose à la cananéenne, les reproches que les apôtres lui faisaient. La foi de la cananéenne est la réponse à leurs doutes.

(1) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.1/9 – (2) Ib°, chapitre 19 /vo 331.10

Cassius, d’Antigonéa

Voir Amicléa, d’Antigonéa.

Cecilius Maximus

Centurion de l’armée romaine en garnison à Alexandroscène, au sud Liban, lorsque Jésus y passe, en janvier 29. Il n’a pas bonne réputation auprès de sa troupe. Il réprimande Aquila*, le triaire qui n’a pas endigué les désordres provoqués par le discours de Jésus. Le centurion chasse ce fauteur de troubles et s’en retourne à sa passion : le vin de Chypre1.

Un an plus tard on le retrouve semble-t-il en garnison à Jérusalem pour la grande fête de la Pâque. Il est de garde quand, en pleine nuit, un attroupement escorte Jésus chez Caïphe*, le Grand Prêtre, pour y être jugé. Il ne veut pas d’ennuis : il est sur le point d’être libéré et de retourner près de Pompéi où l’attend sa fillette. Il décide donc d’en référer au porte-enseigne qui se chargera de prévenir «qui de droit» en temps voulu2.

*

Cet épisode mettant en scène des personnages inconnus de l’histoire, ne mériterait aucune attention particulière si des tablettes découvertes à Pompei, 20 ans après les écrits de Maria Valtorta, ne mentionnaient une transaction, en date du 14 juillet 29, entre Marcus Caecilius Maximus et un certain Gaius Sulpicius Faustus.

L’objet de la transaction est du vert-de-gris ou aerugo, utilisé dans des poudres picturales et dans des onguents médicaux, obtenu par macération du cuivre dans du marc de raisin.

La date de la transaction et l’identité du contractant semblent identifier le centurion. Il ramène en permission des matières de Palestine susceptibles d’arrondir sa solde. Les permissions dans l’armée romaine se faisaient principalement le 1er juillet, tous les un ou deux ans.

(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.6 – (2) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12

Centurion de Capharnaüm

Soldat respectueux de la population, il a fait construire la synagogue de la ville1.

Il demande à Jésus de guérir son serviteur dans un acte de foi resté célèbre : «Dis seulement une parole…2».

Jésus n’est pas un inconnu pour lui : il y a un mois, un officier* du roi Hérode est allé à Cana obtenir de Jésus la guérison de son fils3. La guérison à distance a fait grand bruit dans la ville.

Le centurion lui-même, en mission de surveillance, s’est glissé dans la foule qui écoutait le sermon sur la montagne. Il a été touché par l’enseignement donné4. Plus tard, sous prétexte de maintien de l’ordre, il écoute discrètement Jésus enseigner dans la synagogue5.

Lors d’un enseignement, Élie*, un pharisien hostile, prend à partie l’orateur et provoque un tumulte. Le centurion expulse le pharisien qui n’obtempère pas assez vite : il fera un rapport au Proconsul. La menace est annulée sur intervention de Jésus6.

Recoupements historiques

Dans son ouvrage, l’Abbé Maistre, cite Flavius Lucius Dexter, historien du IVème siècle et ami de saint Jérôme : ce centurion serait un andalou de Malaga, nommé Caïus Cornélius. Revenu en Espagne, il aurait été instruit par Jacques le Majeur7.

L’information est reprise par Mgr Jean-Joseph Gaume dans ses Biographies évangéliques8.

Une tradition le donne père du centurion Corneille «de la cohorte Italique», baptisé à Césarée par Pierre (Actes 10,1-48).

(1) Cf. Luc 7,5 et Tome 3, chapitre 37 /vo 177.1/5 – (2) Cf. Matthieu 8,8 et Tome 3, chapitre 37 /vo 177.1/5 – (3) Cf. Jean 4, 46-53 – (4) Tome 3, chapitre 31 /vo 171.1/6 – (5) Tome 4, chapitre 132 /vo 269.3/10 – (6) Tome 6, chapitre 139 /vo 447.4/8 – (7) Vie des hommes illustres de la primitive église 1874, p. 239 – (8) Mgr Jean-Joseph Gaume, Biographies évangéliques, 1881, Tome 1, page 521

Chanania, le Scribe

Le portrait que Maria Valtorta dresse de ce synhédriste, est peu flatteur : «Un renard squelettique1… Un vieux paquet d’os2… mais jeune en méchanceté3». Ce pharisien rencontre Jésus chez un autre synhédriste : Ismaël ben Phabi*. La réputation grandissante de Jésus leur fait entrevoir un moyen de conquérir la royauté. Jésus les détrompe.

C’est à ce cœur fermé que Jésus pose la question sur le shabbat avant de guérir l’Hydropique4 : «Toi, vieux scribe, réponds-moi : est-il permis de guérir pendant le sabbat ?

– Pendant le sabbat il n’est permis de faire aucun travail5».

Il n’applique pas cette intransigeance à lui-même : apprenant que sa plus belle forêt brûle sur les flancs de l’Hermon, il part précipitamment …en plein sabbat !6

Plus tard Jésus admoneste publiquement un groupe de synhédristes pour leur attitude envers les pauvres. Chanania est du nombre : «Il est dit : « Celui qui répand le sang et celui qui frustre un travailleur de son salaire sont frères ». Cela est dit, ô Giocana*, Ismaël*, Chanania, Doras*, Jonathas* ! Et rappelez-vous aussi qu’il est dit : « Quiconque ferme ses oreilles aux cris du pauvre, criera lui aussi, mais ne sera pas écouté7».

Ami de Sadoc*, un adversaire résolu de Jésus, Chanania fait partie du complot contre Jésus, mené avec la complicité de Judas*8. Le scribe est présent à la résurrection de Lazare*9. L’évènement pousse le Sanhédrin à condamner Jésus10.

Recoupements historiques

Chanania ben Chiskia ben Qaron est connu du Talmud. Il était contemporain d’Hillel* et de Schammaï*, deux Docteurs de la loi qui s’affrontaient trente ans auparavant. Après la mort de leurs fondateurs, les écoles rivales prirent souvent Chanania pour arbitre de leurs discussions. Il ne réussit pas toujours à les calmer : les disciples d’Hillel et de Schammaï en vinrent souvent aux mains, d’où viendrait l’expression «se chamailler11».

(1) Tome 9, chapitre 7 /vo 588.8 – (2) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.1/23 – (3) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (4) Cf. Luc 14,1-5 – (5) Tome 5, chapitre 23 /vo 335.6/17 – (6) Ib° – (7) Tome 5, chapitre 63 /vo 373.5 – (8) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – Tome 9, chapitre 7 /vo 588.8 – (9) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.4/20 – (10) Cf. Jean 11,53 – (11) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ – 1877

Chef de synagogue, Aféca

Il rencontre Jésus dans cette ville de la Pérée et l’interpelle : «Tu aimes davantage les étrangers que nous. Si tu nous évangélisais nous finirions par t’aimer! Mais tu es partout sauf en Judée1.

– Je descendrai aussi en Judée mais cela ne changera pas la pierre qui est dans le cœur de beaucoup. Elle ne changera même pas quand le Sang descendra sur la pierre.

– Le sang ne doit pas tomber sur la pierre. C’est péché.

– Le Sang, vous le verserez avec joie sur la pierre, pour qu’il y reste. Cette pierre sur laquelle on aura versé le Sang du véritable Agneau vous paraîtra un trophée de victoire. Mais ensuite il viendra un jour où vous comprendrez… Vous comprendrez le vrai châtiment, et ce qu’était le vrai salut qui vous était offert2».

*

L’authenticité de ce dialogue est renforcée par l’enseignement biblique: le sang crie vengeance tant qu’il n’est pas couvert3. L’obligation de recouvrir le sang versé est même l’un des 613 préceptes selon le Lévitique 17,13.

(1) Tome 6, chapitre 149 /vo 457.1/5 – (2) Ib° – (3) Cf. Genèse 4,10; Genèse 37,26; Isaïe 26,21; Job 16,18; et surtout Ezéchiel 24,7-9

Chef de synagogue, Corozaïn

C’est lui qui proteste selon Luc 13,14 : «Il y a six jours pour travailler, venez donc vous faire guérir ces jours-là et non le sabbat !». Jésus l’avait irrité en commentant l’invitation pressante à parler dans la synagogue : «Vous m’avez accordé la parole non par respect ou par foi, mais parce que vous avez dans le cœur une torture : « Cette punition de la gelée (des récoltes), c’est à cause de la dureté de notre cœur ». Vous voulez réparer cette dureté pour votre bourse, non pour votre âme. Oh ! Corozaïn païenne et entêtée ! Mais ce n’est pas Corozaïn toute entière qui est ainsi1».

Jésus illustre son propos en guérissant la femme courbée depuis dix-huit ans2.

(1) Tome 5, chapitre 25 /vo 337.1/6 – Cf. l’imprécation de Matthieu 11,21 et Luc 10,13 – (2) Cf. Luc 13, 10-12

Chef de synagogue, Gabaon

Il accueille favorablement Jésus lors de sa première visite dans cette ville, plusieurs fois mentionnée dans la Bible, et l’invite à la synagogue : «La Sagesse est sur tes lèvres, ô Rabbi. Parle à nous tous je t’en prie1».

«Ce chef de la synagogue est venu vers la Lumière, mais son esprit était déjà lumineux» commente plus tard Jésus2.

Il prédit sa fermeté dans la foi : «Gabaon n’est certainement pas à l’abri des menées de ceux qui me haïssent. Même là, on essaiera insinuation et corruption, mais son chef de synagogue est un juste et les poisons du Mal y perdront leur toxicité3».

(1) Tome 7, chapitre 213 /vo 516.1/5 – (2) Ib°, chapitre 214 /vo 517.3 – (3) Ib°

Chef de synagogue, Hébron

Il craint que la renommée de Jésus supplante celle de Jean Baptiste*, le fils du pays. Il le chasse d’autant plus que Jésus a parlé à Aglaé*, une courtisane1.

Sermonné par le Baptiste lui-même, il reçoit Jésus l’année suivante dans sa maison et lui devient alors favorable : «Nous savons que tes œuvres sont celles dont parle notre Jean. Pardonne-nous, aime-nous, donne-nous ce que le monde attend de Toi2».

Il confesse son erreur de jugement sur la courtisane rencontrée par Jésus : elle a suivi un chemin de conversion et non de nouveaux amants : «Nous avons fait un péché de jugement…

– Pour cela je vous dis : Ne jugez pas3».

(1) Tome 2, chapitre 41 /vo 77.6 – (2) Tome 3, chapitre 73 /vo 211.1/9 – (3) Tome 6, chapitre 87 /vo 398.1/7

Chef de synagogue, Kériot

Il reçoit Jésus avec les honneurs dus au roi d’Israël. Cette réception, orchestrée par Judas*, n’est pas du goût de Jésus. Il avertit : «Je ne possède ni ne promets les richesses du monde. Je sais vos pensées. L’erreur vient d’une faute d’interprétation. On vous a dit : « Le Messie vient », et vous avez pensé, comme beaucoup en Israël, que Messie et roi, c’était une même chose. Élevez plus haut votre esprit1».

Jésus s’emploie à préparer l’esprit des habitants, massivement acquis à sa cause, aux évènements futurs : «Je réfléchis à tes paroles, dit le chef de la synagogue. Si j’ai bien compris, à Kériot, de même que tu as trouvé un préféré, notre Juda, fils de Simon, tu prophétises d’y trouver un indigne. Cela m’afflige. Heureusement que Judas compensera l’autre … 2».

Cette évocation est insuffisante. Une fois connue la trahison de Judas, l’opprobre retombe sur la mère de Judas. Jésus ressuscité apparait à Ananias*, un disciple et le charge de sermonner les habitants pour leur dureté de cœur3.

(1) Tome 2, chapitre 42 /vo 78.5 – (2) Tome 3, chapitre 75 /vo 213.1/4 – (3) Tome 10, chapitre 18, § 2 /vo 632.29

Chef de synagogue, Naïm

C’est en présence de tous les habitants de ce village qu’a lieu la résurrection de Daniel*, le fils unique d’une veuve1.

Le chef de synagogue veut retenir Jésus : «Je ne peux. La Pâque m’interdit toute halte sauf celles fixées d’avance.

– Dans quelques heures, ce sera le crépuscule et c’est vendredi …

– Justement je dois, avant le crépuscule, avoir achevé mon étape. Je te remercie tout de même, mais ne me retiens pas. Il suffisait que je m’attarde une heure et cette mère n’aurait pas recouvré son fils. Je vais où d’autres malheureux m’attendent. Ne retarde pas leur joie par égoïsme. Je viendrai certainement une autre fois et je resterai avec toi à Naïm plusieurs jours. Pour l’instant, laisse-moi aller2».

Il tient sa promesse et revient. Le village est en fête. Des pharisiens enquêtent auprès des habitants : ils veulent connaître le détail de la mort et de la résurrection de Daniel. Quelle était sa maladie ? Depuis combien de temps était-il mort ? L’avait-on complètement embaumé ?

En réponse à une question, Jésus confie : «Je ne savais même pas que je devrais passer par Naïm quand j’ai commencé mon voyage pascal3».

(1) Cf. Luc 7,11-16 – (2) Tome 3, chapitre 50 /vo 189.3/5 – (3) Tome 4, chapitre 166 /vo 300.1/9

Chouza, l’intendant d’Hérode

C’est un judéen de la haute-société, proche d’Hérode Antipas* dont il administre les biens. Son père et son grand-père appartenaient déjà à la cour d’Hérode le grand*1. Chouza est un bel homme, d’environ quarante ans. Pas très grand, mais bien bâti, avec une chevelure noire aux tempes grisonnantes, des yeux vifs et foncés, un teint pâle et une barbe carrée.

Il épouse une princesse de sang royal : Jeanne*, l’une des saintes femmes.

Il possède de nombreuses propriétés à Tibériade, Jérusalem, et en Décapole, près de la Tétrarchie de Philippe* qu’Hérode lui demande de surveiller2. C’est probablement dans cette propriété que se rendait Jeanne mourante avant d’être guérie par Jésus3. Son intendant est Jonathas* un des bergers de Bethléem.

Sur l’instigation de Jésus, Chouza devient le père adoptif de Marie* et de Matthias*, orphelins abandonnés.

Chouza est un courtisan. Indécis et calculateur : «Il lui semble être roi, parce qu’il est avec le roi… Et il a peur de la disgrâce royale4». Il souffre cependant de vivre dans le climat délétère de la Cour, mais le supporte. Il se contente d’en tenir sa femme éloignée.

Il est favorable à Jésus qui a guéri son épouse. C’est lui qui évangélise Manaën*, frère de lait d’Hérode5 et l’officier royal dont le fils sera guéri6.

Il prend résolument le parti de Jésus quand la princesse Salomé* fait une irruption provocante lors du banquet de charité organisé chez lui par son épouse7.

Il reste cependant un homme de Cour. Lorsque les propos ambigus de Judas* font craindre une prise de pouvoir de Jésus, il demande à sa femme de rompre avec Jésus : «Il m’a seulement dit au nom de sa puissance maritale, que je dois te quitter car lui, dignitaire d’Hérode, ne peut permettre que son épouse conspire contre Hérode8».

Cela ne l’empêche pas de comploter lui-même : écarté et humilié par Hérode, il rêve, avec Manaën, de voir Jésus roi à la place d’Hérode9. Pour cela, Chouza entraîne Jésus dans sa maison de la Décapole où une quarantaine de notables sont réunis, prêts au complot : «Non» répond catégoriquement Jésus qui se retire selon Jean 6,1510.

Après son «coup d’état» avorté, Chouza fait profil bas. Confiant dans le pardon de Jésus, il semble s’éveiller à la foi après la résurrection spectaculaire de Lazare : «Grand ! Grand ! Il est réellement Dieu !» S’exclame-t-il11. Mais sa foi ne résiste pas à la Passion de Jésus : il interdit à sa femme de professer sa foi en Jésus et chasse son intendant Jonathas.

Recoupements historiques

Chouza est mentionné par Flavius Josèphe, qui le dit sadducéen. Le docteur Johann Sepp, dans sa Vie de N.S. Jésus-Christ12 lui attribue une ascendance Iduméenne, celle aussi d’Hérode.

(1) Tome 2, chapitre 69 /vo 103.1 – (2) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.1/21 – (3) Tome 2, chapitre 68 /vo 102.5 – (4) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.12 – (5) Tome 2, chapitre 88 /vo 121.3 – (6) Cf. Jean 4, 46-53 – Tome 3, chapitre 11 /vo 151.1 – (7) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.1/25 – (8) Tome 6, chapitre 89 /vo 400.1/7 – (9) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.3 – (10) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.1/21 – (11) Tome 8, chapitre 10 /vo 549. 2 – (12) Vie de N.S. Jésus-Christ 1861 – T. 1, p 325 et 459

Christiane

Voir Aurea Galla.

Claudia Procula

La femme de Ponce Pilate.

Une femme «très belle, sur les trente ans». Grande, mince, de haute taille. Son visage régulier et sérieux a des «yeux doux et pourtant impérieux».

« J’appartiens à la gens Claudia, dit-elle. J’ai plus de pouvoir que tous les grands d’Israël car, derrière moi, il y a Rome1». La famille impériale appartenait à cette Gens Claudia.

Elle rencontre Jésus dès la première année de sa vie publique (novembre 27) à l’occasion d’un miracle, puis le retrouve à Césarée Maritime, le port romain de Palestine. Touchée par les actes et les paroles de Jésus qu’elle tient pour «un sage, un grand philosophe», elle en parle dans le petit cercle des nobles romaines qui l’accompagne. Elle s’invite même, avec ce groupe, à un banquet de charité que Jésus donne à Jérusalem, dans le Palais de Jeanne de Chouza*2, une princesse juive. Pour Claudia cependant la gloire du royaume céleste que prêche Jésus servira la puissance de Rome3.

Par des propos ambigus sur la royauté imminente de Jésus, Judas* lui fait craindre un complot contre Rome. Elle doute4, mais les explications de Jésus la rassure et plus encore ses miracles dont celui qui reforme une langue, pourtant coupée, d’un de ses esclaves, Calliste* : «Tu es vraiment le Juste que je pressentais … personne, sauf Toi, ne peut faire renaître un mort (Lazare) et rendre des yeux à un aveugle (Sidoine)5».

Un long cheminement, de l’admiration à la foi, commence alors : «Claudia croit au Nazaréen. Pour elle il est plus grand que tout autre homme6». Peu de temps avant la Passion, Valeria*, une romaine récemment convertie, précise à Jésus : «Après moi, (Claudia) est celle qui suit de plus près ta doctrine et t’honore davantage7».

C’est donc tout naturellement qu’elle tente d’influencer son mari au moment du procès de Jésus comme le rapporte Matthieu 27,19, mais la lâcheté de Ponce Pilate précipite la séparation du couple. «Claudia est repartie de Jérusalem deux jours après le sabbat et, dit-on, indignée, effrayée même de rester près de son mari… Claudia sépare sa responsabilité de celle de son mari. Car elle lui avait dit de ne pas poursuivre le Juste, car il valait mieux être persécuté par les hommes que par le Très-Haut dont le Maître était le Messie8».

Elle se retire, sous la garde du centurion Longin*, celui du Calvaire, dans la garnison romaine de Césarée Maritime avec le noyau des romaines réuni par une même admiration, voire une foi en Jésus.

Recoupements historiques

Si son nom vient de la gens Claudia, à laquelle elle appartient, son surnom (proculus) signifie «née en l’absence de son père». Elle est en effet la fille illégitime de Julie, seconde épouse de l’empereur Tibère, et donc petite-fille de l’empereur Auguste.

L’évangile apocryphe de Nicodème (Les actes de Pilate) comme Anne-Catherine Emmerich confirment le nom de Claudia Procula pour la femme de Ponce Pilate. Selon Maurice Laurentin, son portrait, dans une intaille de Jaspe rouge, serait conservé au Cabinet des médailles de Paris9.

On conjecture sur le père naturel de Claudia, mais en remontant une trentaine d’année en arrière, selon les indications de Maria Valtorta, on trouve sa mère Julia condamnée à l’exil par son père Auguste en -2 juste après avoir été la maîtresse du consul Julius Antonius, dernier fils vivant de Marc Antoine10. Pour ce motif, Julius fut tué11. Cela expliquerait tout à la fois l’éloignement de Claudia Procula et la protection dont elle bénéficie. La loi Oppia interdisait en effet aux proconsuls d’emmener leur femme dans les provinces qu’ils gouvernaient. Si Pilate avait sa femme à Jérusalem, comme le confirme Matthieu 27,19, cela prouve qu’ils avaient des soutiens en haut lieu puisque, à cette époque, seules les femmes de haut rang accompagnaient leurs maris en mission12.

Claudia avait été élevée par Tibère selon Macrobe, chroniqueur au Vème siècle, de la Rome impériale13. Aux archives du Diocèse de Narbonne, une correspondance de Claudia Procula à Fluvia Hersila confirmerait cette affirmation : «Je ne te parlerai pas de mes premières années passée à Narbonne sous l’égide de mon père (en –10, Tibère est en Gaule et Narbonne est capitale de la province romaine) et sous la garde de ton amitié. Tu sais que, ma seizième année accomplie, je fus unie à Pontius, romain d’une famille noble et antique…».

Quant à l’adhésion de Claudia Procula à la foi chrétienne elle est attestée, dès le IIème siècle par Origène14. Elle est d’ailleurs honorée comme sainte par l’Église grecque le 27 octobre, et par l’Église copte le 25 juin.

Qu’est-elle devenue ?

Certains auteurs, comme François de Bivar15, pensent que ce pourrait être d’elle dont parle saint Paul dans son épître à Timothée16, en nommant les personnes chrétiennes les plus importantes de Rome: «Eubule, Pudens, Lin et Claudia».

D’autres, comme Jean Aulagnier17, postulent qu’elle a suivi son mari dans son exil en Gaule. Cette protection serait à l’origine de l’immigration de la puissante famille de Lazare touchée par les premières persécutions d’Hérode-Agrippa 1er en 44, selon une tradition fortement enracinée en Provence.

Enfin, en 1929, Carrington Smith, pense avoir découvert son tombeau au Liban, à Achrafiyé, près de Beyrouth. Mais les deux bracelets d’or gravés au nom de Claudia Procula qu’on a découvert, peuvent appartenir aux deux autres Claudia Procla que l’histoire connaît à la fin du 2e siècle, date estimée du sarcophage selon le RP René Mouterde18.

(1) Tome 5, chapitre 61 /vo 371.1/10 – (2) Cf. Luc 8,3 – (3) Tome 5, chapitre 61 /vo 371.1/10 – (4) Tome 6, chapitre 89 /vo 400.1/7 – (5) Tome 8, chapitre 24 /vo 563.5/7 – (6) Tome 8, chapitre 10 /vo 549.2 – (7) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.12-15 – (8) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9 – (9) Roman de Ponce Pilate, Paris 1926 – (10) Velleius Paterculus, II, 100 – (11) Tacite, Annales IV,44 – (12) Tacite Annales L 3 33-34 – (13) Macrobe, Saturnales(14) Homélies – Matthieu 10,25 – (15) Commentaires de la Chronique de Dexter – 1637 – (16) Cf. 2 Timothée 4, 21 – (17) Le premier siècle chrétien – 1989 – (18) Sarcophages de plomb trouvés en Syrie – 1929

Cléante

C’est un grec, marchand de fromages de Bethphagé, village proche de Jérusalem. Il sert d’intermédiaire dans des situations délicates. Jésus lui remet une lettre que Zénon*, un autre grec d’Antioche de Syrie, portera à Sintica, une esclave en fuite qui s’y est réfugiée1.

Joseph d’Arimathie y vient secrètement avertir Jésus de sa condamnation par le Sanhédrin2.

C’est de chez lui enfin qu’on apporte l’ânon sur lequel Jésus entrera à Jérusalem le dimanche des rameaux selon Matthieu 21,2; Luc 19,30 et Marc 11,23.

(1) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.11 – (2) Tome 8, chapitre 11 /vo 550.8 – (3) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.14

Cléophas, d’Emmaüs

Chef de la synagogue d’Emmaüs de la montagne1, il est père de deux fils dont l’un s’appelle comme lui Cléophas. C’est ce fils, et non lui, le disciple d’Emmaüs de Luc 24,18.

Le père, avec plusieurs habitants du village, vient trouver Jésus à la Belle-Eau une retraite où Jésus débute la vie commune avec ses disciples2.

Il reçoit ensuite Jésus chez lui3. À cette occasion, il invite des notables du village : Hermas* et Simon*, beau-père de son fils. Ce Simon est l’autre pèlerin d’Emmaüs.

Cléophas intercède auprès de Jésus en faveur de Joseph*, un enfant du pays, condamné pour avoir commis par inadvertance un inceste avec une parente éloignée. Jésus le prend à sa suite.

Cléophas meurt «dans la joie d’avoir connu le Messie4»

Recoupements historiques

Saint Jérôme identifie Emmaüs à l’antique Nicopolis, l’actuelle Imwas, à 30 kms de Jérusalem5. Maria Valtorta l’identifie, au contraire, à l’actuelle Ammous, à 6 kms de Jérusalem. Cette dernière hypothèse (que des fouilles en 2001 tendent à confirmer) est plus conforme aux textes de l’Évangile6 : Les disciples d’Emmaüs, au soir tombant, reviennent à Jérusalem et trouvent les apôtres réunis pour le repas. Dans l’hypothèse retenue par Saint Jérôme, il aurait fallu 6 à 7 heures de marche pour le trajet, contre 1,5 heure pour celle de Maria Valtorta.

(1) Il y a trois Emmaüs en Palestine: Emmaüs de la Plaine, de la Montagne et de Tibériade – (2) Tome 2, chapitre 93 /vo 126.1/5 – (3) Tome 2, chapitre 107 /vo 140.1/5 – (4) Tome 10, chapitre 11 /vo 625.1 – (5) Épître 28, « de Locis Hebraicis » – (6) Cf. Marc 16,12-13 et Luc 24,13-35

Cléophas, fils de Cléophas

Un des pèlerins d’Emmaüs.

Il est fils du précédent. Marié, il a 35/40 ans environ. Avant de suivre Jésus, il a été disciple du Baptiste.

Il possède pour tout bien des vignes. Sa façon d’en parler aux autres disciples forme une magnifique parabole sur le travail des âmes que Jésus relève1.

Le dimanche de Pâque, il chemine avec son beau-père, Simon*, pour rejoindre Emmaüs de la montagne quand Jésus leur apparaît selon Luc 24,13-352.

Recoupements historiques

Saint Cléophas d’Emmaüs est fêté par l’Eglise le 25 septembre.

Théodosius (VIème siècle) dans son Guide de Terre Sainte, et Adon de Vienne (vers 860) dans son Martyrologue, rapportent que Cléophas fut massacré dans la maison même où il avait reçu Jésus à sa table. Ceci aurait eu lieu au temps des premières persécutions contre les chrétiens (soit vers 44)3.

Selon Anne-Catherine Emmerich (XIXème siècle) Cléophas était marié. Sa femme se réunit plus tard aux femmes de la communauté chrétienne4.

(1) Tome 6, chapitre 119 /vo 428.1/6 – (2) Tome 10, chapitre 11 /vo 625.1 – (3) Voir Les témoins du Christ: histoire de chacun des soixante-douze disciples de J. C. – Stéphane Maistre 1868, page 409-413 – (4) Vie de Notre Seigneur Jésus-Christ, vol 1, chap. 1, 11/7/1819

Collascebona, le synhédiste

Il appartient à la classe des gros propriétaires du Sanhédrin. Cette classe, dite des «Anciens», ne doit pas abuser. Collascebona doit être jeune comme ceux qu’il fréquente : Archélaüs*, Éléazar*, fils du Grand Prêtre Anna* et Doras* le jeune.

Lorsque Jésus se retire avec ses apôtres, à la Belle-Eau, il se joint à une délégation du Sanhédrin qui admoneste Jésus au prétexte qu’il tolère à proximité la présence d’Aglaé*, une «prostituée»1. Cette présence sera une accusation à charge lors du procès de Jésus2.

Callascebona entre dans le complot contre Jésus : on le retrouve dans la maison de campagne de Caïphe, où le plan s’élabore avec la complicité de Judas3.

Recoupements historiques

Calba Sheboua, que Maria Valtorta retranscrit phonétiquement, est connu du Talmud. Il était l’un des trois riches de Jérusalem. Le Talmud dit de lui «Quiconque entrait dans sa maison affamé comme un chien en sortait rassasié4». Cette formule fait référence à l’étymologie de son nom qui, en hébreu, signifie «chien rassasié».

(1) Tome 2, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (2) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (3) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (4) Mgrs A. et J. Lemann – « Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ » – 1877

Colombe (Saraï), d’Engaddi

Voir Abraham d’Engaddi.

Cornélie, d’Antigonéa

Voir Solon et Priscille, d’Antigonéa.

Cornélius, de la plaine de Saron

Voir Lévi, fils de Cornélius.

Cornélius, le synhédriste

C’est un ami de Joseph d’Arimathie*, lui-même synhédriste. Il est présent au banquet que celui-ci offre en l’honneur de Jésus, au début de sa vie publique1. Malheureusement cette initiative de Joseph tourne court : Cornelius rejoint le clan hostile à Jésus.

Lors d’une admonestation publique, Jésus L’avertit : «Et toi, Cornélius, sache qu’il est dit : « Celui qui aura maudit son père et sa mère qu’il soit puni de mort » (Lévitique 20,9), et la mort ce n’est pas seulement celle que donne le bourreau. Une plus grande attend ceux qui pèchent contre leurs parents, une mort éternelle, redoutable2»

Cornélius, persévère. Il participe au complot orchestré par Caïphe*3 et figure dans le groupe hostile des synhédristes témoins de la résurrection de Lazare4.

Quand Judas prévient secrètement un groupe de synhédristes du lieu où l’on pourra arrêter Jésus, Cornélius est là avec les plus virulents : Éléazar* fils d’Anna, Elchias*, Simon*, Doras*, Sadoc*, Nahoum* et d’autres5.

Recoupements historiques

Cornélius, fils de Céron, fut un des quatre émissaires, avec Jean*, Dorothée* et Tryphon*, envoyés comme députés auprès de l’empereur Claude par les Juifs de Jérusalem, en 44, sous le gouverneur Cuspius Fadus. Ils obtinrent la garde des habits du Grand Prêtre6.

Pour Mgrs A. et J. Lemann7, comme pour Johann Sepp8, ces émissaires appartenaient au Sanhédrin.

(1) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.3/9 – (2) Tome 5, chapitre 63 /vo 373.5 – (3) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (4) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.4/20 – (5) Tome 9, chapitre 17 /vo 598.4 – (6) Flavius Josèphe, Antiquités juives, XX, I, 1, 2 – (7) Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ – 1877 – (8) La vie de N.-S. Jésus-Christ, 1861 Tome II, page 328

Cornélius, de Tibériade

Voir Lucius et les désœuvrés.

Crispus, de Tibériade

Marie de Magdala*, récemment convertie, suit Jésus dans les rues de Tibériade. Soudain on la reconnaît : grecs et romains se moquent d’elle.

Seul Crispus, vieux compagnon de festin de Marie Magdeleine, prend sa défense : «Respectez cette femme. Elle est libre de faire ce qu’elle veut. Moi, je la défends».

Il ne se préoccupe pas des railleries qui l’accablent et se met à marcher derrière Marie Magdeleine qui rejoint Jésus.

«Maître! Crie le romain corpulent et âgé, Je désirais t’entendre parler. Je suis à moitié philosophe, à moitié jouisseur, mais tu pourrais, Toi, peut-être faire de moi un homme honnête».

Jésus poursuit sa route sans lui répondre. L’homme insiste : «J’ai cherché la vérité dans la science. J’ai trouvé la corruption. Dans les doctrines, même les meilleures, il y a toujours quelque chose qui n’est pas bon. Je me suis avili jusqu’à en avoir la nausée et devenir un homme nauséabond sans autre avenir que l’heure où je vis».

Il finit par obtenir gain de cause. Jésus l’enseigne sur la recherche de la Vérité et l’accueil de ceux qui la cherchent : «Il n’y a de doctrine sans défaut que celle de Dieu. Comment l’homme peut-il donner des réponses à ses pourquoi, s’il n’a pas Dieu pour lui répondre ?».

En l’écoutant, Crispus décide d’abandonner la vie mondaine et de se retirer dans sa propriété de Lucanie (golfe de Trente, au sud de l’Italie).

«Avec ce que tu m’as donné, j’ai de quoi reconstruire ma pensée. Prie ton Dieu pour le vieux Crispus, ton unique auditeur de Tibériade. Prie pour qu’avant l’étreinte de Libitina (déesse de la mort) je puisse t’entendre de nouveau, te comprendre mieux et comprendre mieux la Vérité. Salut, Maître».

Il salue à la romaine et dit, en passant devant Marie de Magdala: «Merci, Marie, ce fut un bien que je te connaisse. À ton vieux compagnon de festins tu as donné le trésor qu’il cherchait. Si j’arrive où tu es déjà, c’est à toi que je le devrai. Adieu1»

(1) Tome 4, chapitre 105 /vo 242.6/11