Daniel, d’Alexandroscène, et ses frères

Sont des commerçants prospères de cette ville de garnison du sud Liban. Ils sont les fils d’un prosélyte, Alphée, et d’une grecque, Myrtica*. Daniel, Philippe et Élie, accueillent Jésus et quelques disciples qui leur apportent des nouvelles d’Hermione*, leur sœur. Elle est mariée à Dosithée un serviteur des propriétés de Lazare* à Antioche de Syrie.

Les trois frères se confient : ils sont méprisés par les judéens comme sang-mêlés : «Les galiléens valent mieux que les judéens. Il y a trop de moisissure chez eux. Ils ne nous pardonnent pas d’avoir un sang qui n’est pas pur. Ils feraient mieux d’avoir, eux, l’âme pure1».

Daniel et ses frères invitent la foule cosmopolite à écouter Jésus : il parle des ouvriers de la onzième heure2. Cela dégénère entre partisans et adversaires. Jésus est chassé et les frères menacés3.

*

Alexandroscène est une ville antique mentionnée dans de rares documents anciens, et connue actuellement de quelques spécialistes. La précision des descriptifs de Maria Valtorta est étonnante. Certains éléments, qu’elle mentionne, n’ont été mis à jour que récemment4.

(1) Tome 5, chapitre 16 /vo 326.1/6 – (2) Cf. Matthieu 20, 1-16 – (3) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.1/16 – (4) Jean-François Lavère, L’énigme Maria Valtorta, RSI 2012

Daniel, berger de Bethléem

Un des 12 bergers de la Nativité*.

Il assiste au chœur des anges chantant la naissance du Sauveur selon Luc 2,9-12, puis à la rencontre, dans la grotte, avec la Vierge Marie et Jésus couché dans une mangeoire1.

Après le massacre des enfants, ordonné par Hérode2, les Bethléemites chassent les bergers : ils sont responsables du malheur !

Daniel et Benjamin* trouvent à s’embaucher comme bergers au loin, sur les monts du Liban. C’est là que Jésus les retrouve, trente ans plus tard. Daniel est un homme d’âge mûr, grisonnant et robuste3.

Des montagnes du Liban, il prêche Jésus et lui envoie à Corozaïn, où il se trouve, une bergère et sa fille malade. Il emploie pour cela une formulation qui trahit son affection : «Notre Enfant guérit tout mal. Va trouver le Messie4».

Libérés de leur contrat, les bergers du Liban s’agrègent au groupe des soixante-douze disciples*5 qui sillonent la Palestine après avoir été envoyé deux par deux6.

Daniel et les bergers survivants de la Nativité se retrouvent à Jérusalem pour la dernière Pâque. Ils sont au pied de la croix7.

Spontanément, ils croient aux rumeurs parlant de la Résurrection, ce qui leur vaut l’apparition de Jésus, avant celle aux dix apôtres, selon Maria Valtorta8.

(1) Cf. Luc 15-18 – (2) Cf. Matthieu 2,16 – (3) Tome 2, chapitre 69 /vo 103.5 – (4) Tome 3, chapitre 41 /vo 181.2 – (5) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.7 – (6) Cf. Luc 10,1 – (7) Cf. Luc 23,49 – (8) Tome 10, chapitre 10 /vo 624.1

Daniel de Béteron

Agrégé au groupe des soixante-douze disciples.

Cultivateur de Beteron. Il se démarque publiquement de son beau-frère, Elchias*, le synhédriste fortement opposé à Jésus : «Je sais que vous êtes les sages et moi, un simple cultivateur, devenu indignement ton parent. Je ne me suis préoccupé de connaître l’Écriture et les Prophètes que pour avoir du réconfort dans ma vie. Avec la simplicité de quelqu’un qui n’est pas savant, je reconnais dans le Rabbi le Messie, précédé de son Précurseur qui nous l’a indiqué… Jean, tu ne peux le nier, était possédé par l’Esprit de Dieu1».

Il marque sa sympathie en faisant parvenir, par l’entremise de Judas, des arbres fruitiers au vieux Jean de Nobé*, qui accueille dans cette bourgade proche de Jérusalem, la troupe apostolique chassée de la ville2.

Jésus ressuscité lui apparaît au jour de Pâque. Daniel apostrophe Elchias : «Je m’éloigne de toi. J’ai vu – bienveillant pour moi, terrible pour vous – Celui que vous voulez me faire croire mort. Je m’en vais. Plus que l’argent et n’importe quelle richesse, je protège mon âme. Adieu, maudit ! Et, si tu peux, fais en sorte de mériter le pardon de Dieu3».

Il rejoint les 500 sur le Mont Thabor4. Jésus l’inclut dans le groupe ultime des soixante-douze disciples* : «Et toi, Daniel, vraiment sorti de la fosse, non pas aux lions mais aux chacals, viens, unis-toi à ceux-ci5».

(1) Tome 6, chapitre 103 /vo 414.1/11 – (2) Tome 7, chapitre 226 /vo 529.1/8 – (3) Tome 10, chapitre 18, § 20 /vo 632.29 – (4) Cf. 1Corinthiens 15,6 – (5) Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18

Daniel et Tobie du Jourdain

Un possédé terrorise les abords du Jourdain. Daniel et Tobie se sont emparés courageusement de lui, l’ont lié et ramené chez lui. Le possédé s’échappe et les attend, caché dans les roseaux et la boue du fleuve. Quand Daniel et Tobie montent dans leur barque, le possédé soulève l’embarcation avec une force démoniaque et la retourne : le chargement est perdu, la quille et les rames brisées.

Jésus affronte le possédé. Le démon se nomme : c’est Belzébuth lui-même. Il n’obtempère pas immédiatement aux commandements répétés de Jésus, mais fini par céder : «Je sors, mais je me vengerai. Tu me chasses, mais tu as un démon à ton côté et j’entrerai en lui pour le posséder, en l’assaillant de tout mon pouvoir. Ce ne sera pas ton commandement qui l’arrachera à moi. En tout temps, en tout lieu, je m’engendre des fils, moi, l’auteur du Mal. Et comme Dieu s’est engendré de Lui-même, moi, je m’engendre de moi-même. Je me conçois dans le cœur de l’homme, et lui m’enfante, il enfante un nouveau Satan qui est lui-même, et j’en jubile, je jubile d’avoir une pareille descendance !1».

(1) Tome 6, chapitre 111 /vo 420.1/12

Daniel de Naïm

Le ressuscité de Luc 7, 11-16.

Jésus rencontre le cortège funèbre du jeune homme, mort depuis un jour et demi. Tout le monde s’émeut de voir une veuve, perdre son fils unique. Sa mère a blanchie en quelques heures.

Jésus arrête le convoi et ressuscite Daniel. Il se dresse aussitôt et appelle sa mère «avec la voix balbutiante et effrayée d’un enfant terrorisé1». Elle doit lui réapprendre des gestes courants2.

L’épouse de Daniel doit être soignée : le chagrin et la joie successives l’ont amené au bord de la folie.

Ultérieurement, scribes et pharisiens assaillent de questions le jeune Daniel3 : Qu’a-t-il éprouvé en revenant à la vie ? «Rien. Je me suis trouvé vivant et sain comme si je m’étais éveillé d’un long et lourd sommeil».

Se souvient-il de sa mort ? «Je me souvenais que j’avais été très malade, jusqu’à l’agonie. C’est tout».

Qu’a-t-il vu dans l’intervalle entre la vie et la mort ? «Rien. Il n’y a rien. Un trou noir, un espace vide dans ma vie… Rien».

Les pharisiens insistent : «Es-tu sûr d’avoir été mort ?»

Les gens de Naïm bondissent : «S’il était mort ? Et que voulez-vous de plus ? Quand nous l’avons mis sur la civière, il commençait déjà à sentir mauvais. Et puis ! Avec tous les baumes et toutes les bandelettes un géant même en serait mort».

Au soir du vendredi saint, le souvenir des trois ressuscités de Jésus : Lazare*, Myriam*, fille de Jaïre et Daniel, aide la Vierge Marie*, à garder l’espoir en la Résurrection de son fils4.

Recoupements historiques

Une tradition, reprise par Caesar Baronius et saint Pierre Canisius au XVIème siècle, le nomme Materne et le met dans la liste des soixante-douze disciples. Dès l’an 42 (48 selon d’autres sources), Pierre l’envoie évangéliser le nord de la Gaule et de la Rhénanie, avec deux compagnons : Euchaire et Valère5.

Son surnom, Maternus (maternel) pourrait signifier qu’il dû sa résurrection à sa mère dont le chagrin émut tant Jésus.

Saint Materne, disciple du Ier siècle ne saurait être confondu avec Materne de Lombardie, qui vécut lui au IIIème siècle.

(1) Tome 3, chapitre 50 /vo 189.1/5 – (2) Tome 9, chapitre 32 /vo 612.1 – (3) Tome 4, chapitre 166 /vo 300.1/9 – (4) Tome 9, chapitre 32 /vo 612.1 – (5) Témoignages d’Orose et de Socrate au 5e siècle, et Saints et Saintes de Belgique au premier Millénaire de Jean Hamblenne

Daniel, de Sidon

Voir l’aveugle de Sidon.

David, de Doco

Voir Jérusa la cancéreuse.

David et les enfants de Capharnaüm

Ce jeune enfant console Jésus attristé par les défections de disciples, après son discours sur le Pain de Vie1. Avec ses mots d’enfant, il affirme qu’il l’aime bien, «et aussi sa petite sœur et Jacques* et Tobit, et Jeanne et Marie et Michée et tous, tous les enfants de Capharnaüm».

Il se jette au cou de Jésus en lui disant : «Ne pleure plus sinon je pleurerai moi aussi2».

(1) Cf. Jean 6,66 – (2) Tome 5, chapitre 45 /vo 355.1/3

Décurion de la crucifixion

Sans doute le centurion Corneille des Actes des apôtres

C’est lui, et non un centurion, qui prononce au pied de la croix, la phrase «Vraiment cet homme était Fils de Dieu1».

Il rencontre Jésus à Bétéron. Camille*, l’un de ses soldats, se brise la jambe. Il ne peut ni le laisser aux habitants hostiles, ni le transporter. Il va chercher Jésus qu’il connaît de réputation : lui ne rejette pas les romains pour qui il a déjà fait des miracles.

En chemin le romain interroge : «On dit que tu es Dieu. Est-ce vrai ?». Il regarde Jésus par dessous l’ombre de son casque et semble presque effrayé.

«Je le suis.

– Par Jupiter ! Il est donc vrai que les dieux descendent pour converser avec les hommes ? Avoir fait le tour du monde derrière les enseignes, et venir ici, déjà vieux, pour trouver un dieu!

« Le Dieu Unique. Pas un dieu » corrige Jésus2.

En le quittant, Jésus lui prédit qu’ils se retrouveront «sur un autre mont» et confie à Maria Valtorta «qu’à partir de cette rencontre il (le décurion) commença sa marche assurée vers la Lumière3».

Il est de faction sur le Golgotha. Jésus est mort. Gamaliel* le Docteur d’Israël, comprenant la vraie nature de Jésus, se précipite au pied de la croix pour confesser son aveuglement.

Le décurion le rudoie de sa lance et dit : «Lève-toi et tais-toi. Inutile ! Il fallait y penser avant. Il est mort. Et moi, païen, je te le dis : Celui que vous avez crucifié était réellement le Fils de Dieu !4».

Cette lance est peut-être celle que saisit Longin*, le centurion du calvaire, pour transpercer le cœur de Jésus5.

Longin et le décurion, se présentent à Marie au jour de Pâques : Une commune impulsion les a réunis. Ils veulent être instruits car ils savent peu de choses de Jésus «sauf qu’il était le Saint de Dieu et qu’ils ne veulent plus appartenir à l’Erreur».

Le décurion témoigne : une voix intérieure lui a dit : «Si tu me crois Saint, crois en Moi»6.

Recoupements historiques

L’abbé Maistre et Mgr Gaume, sur la base d’une tradition ancienne rapportée par Flavius Dexter, attribuent au centurion de Césarée7, qu’ils nomment Oppius Caius Cornelius, la parole évangélique : «Celui-ci était le fils de Dieu»8. Dans cette hypothèse, le décurion anonyme de Maria Valtorta serait le futur centurion Corneille de Césarée, baptisé par Pierre.

(1) Cf. Matthieu 27, 54; Marc 15, 39 – (2) Tome 7, chapitre 211 /vo 514.2/9 – (3) Ib°, chapitre 212 /vo 515.1/6 – (4) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (5) cf. Jean 19,34 – (6) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5 – (7) Cf. Actes 10 – (8) Maistre, Les Hommes illustres de la primitive Église 1874 Tome 1 page 241-255 et Mgr Gaume Biographies évangéliques tome 1 pages 566-582

Démété, le marin crétois

Quelques apôtres conduisent secrètement deux disciples à Antioche de Syrie, dans les propriétés de Lazare*. Il s’agit de Sintica*, une esclave grecque en fuite et de Jean d’Endor*, un galérien évadé. Judas* les a dénoncés au Sanhédrin*.

Au large de Béritus (Beyrouth), une violente tempête arrache le mât qui fracasse la tête de Démété. Pierre* constate : «Il a la tête ouverte comme une grenade mûre». Il le confie à Sintica : elle a déjà soigné des blessés. Sintica s’exécute et lave abondamment la tête ouverte du blessé déjà pris par la terreur de la mort.

«Du calme! Allons! Maintenant tu vas guérir» lui dit maternellement Sintica. L’homme esquisse un sourire quand il entend parler sa langue maternelle. Il cherche la main de la grecque…

Quand la blessure saigne moins, Sintica, décide d’appliquer un onguent contre les douleurs préparé par la Vierge Marie avant leur départ. Elle incite les apôtres à prier. Ils s’exécutent : La tempête s’apaise et Démété est guéri1.

Arrivé à destination, le capitaine constate la guérison : même l’os de la fracture est ressoudé. Il exprime sa joie : «Tu es aimé par Vénus marine ! Qu’Éros te soit donc propice, maintenant que nous descendons à terre, et qu’il t’aide à perdre le souvenir du malheur et la terreur de Thanatos qui t’étreignait déjà»2.

Plus tard, Jésus commente : «Jean (fils de Zébédée) et Sintica ont calmé la mer et guéri l’homme non par les paroles, non par l’onguent, mais par la foi avec laquelle ils ont mis en œuvre le Nom de Marie et l’onguent qu’elle avait fait. Cela est arrivé aussi parce qu’autour de leur foi, il y avait la vôtre et votre charité»3.

Recoupements historiques

Tout au long de l’Évangile, Jésus attribue les miracles à la foi des malades guéris4.

(1) Tome 5, chapitre 8 /vo 320.1/7 – (2) Tome 5, chapitre 9 /vo 321.1/6 – (3) Tome 5, chapitre 13 /vo 325.9 – (4) cf. Matthieu 6,30 – 8,10 – 8,13 – 8,26 – 9,22 – 9,29 – 15,28 – 21,22 etc.

Démétès l’usurier

C’est un sinistre personnage qui vient frapper à la porte de Zachée* à Jéricho pour «un de ces infâmes marchés» dont est coutumier cet usurier grec plutôt âgé. Ses pratiques ont conduit des personnes à l’esclavage pour dettes «après qu’il ait pris par l’usure tout leur avoir».

Ce soir-là, Zachée n’a pas l’argent nécessaire aux trafics : il en a donné une partie à Jésus et réserve l’autre pour le remboursement des sommes extorquées1.

Il confie à Démétès : «Je n’ai pas d’argent, mais je possède ce qui vaut plus que tous les trésors». Il lui raconte sa conversion, les paroles de Jésus, la paix retrouvée… Au petit matin Démétès s’écrie : «Mercure a perdu un de ses fidèles et les satyres, un compagnon. Prends cet argent : il n’y en avait pas assez pour le crime, mais assez pour donner du pain à un mendiant, et prends-moi avec toi. Je veux connaître un parfum après tant de puanteurs»2.

Il rejoint le groupe de quinze marginaux réunis autour de Zachée : anciens voleurs ou proxénètes y sont en quête d’une nouvelle vie. Tous rencontrent Jésus qui développe, à leur demande, l’enseignement sur l’âme. Il dément la réincarnation prônée par l’école pythagoricienne à laquelle beaucoup se réfèrent.

«C’est une théorie erronée. Les âmes, une fois passé leur séjour sur la Terre, ne reviennent plus jamais dans aucun corps». Il confie cet enseignement spécialement à Démétès : avant de sombrer dans l’usure, il avait cultivé la hauteur de pensée.

« Tu es vraiment un voyant, Maître. Non, je n’ai pas été seulement un changeur… Cela a même été le dernier degré de ma descente…»3.

*

Selon le Deutéronome, 15,12-17, l’esclavage pour dettes, dont Démétès est la cause, ne pouvait théoriquement excéder six ans. L’indigence, cependant, ouvrait la voie à de nombreux systèmes d’exploitation, le cas de Jonas* dans l’œuvre de Maria Valtorta en est l’illustration.

La métempsycose prônée par Pythagore, enseignait la transmigration des âmes, mais pas nécessairement leur rétribution. «Ce qui a été, renaît»4.

(1) Cf. Luc 19, 8 – (2) Tome 7, chapitre 221 /vo 524.1/11 – (3) Ib° – (4) Porphyre, Vie de Pythagore, § 19

Démétrius le possédé

C’est l’un des deux possédés de Gamala évoqués par Matthieu 8, 28-34. L’autre est Marc*, fils de Gosia. Ils surgissent complètement nus en gesticulant devant la troupe apostolique.

En face de Jésus, Démétrius reste muet. Il se jette à plat ventre, pleure puis reste hébété à jouer avec des cailloux. Jésus interpelle l’autre possédé. Suit le dialogue rapporté par les Évangiles et la noyade du troupeau de porcs affolés par les démons.

Démétrius s’éveille de son inertie. Il se croit encore à Sidon, située à 100 kms de là. Il ne se souvient de rien1.

*

Maria Valtorta situe la scène entre Hippos, une ville de la Décapole, riveraine du lac de Tibériade et Gamala, ville forteresse «indépendante» rattachée à la Tétrarchie. La localisation diffère de Gadara (Matthieu 8,28) ou de Gérasa (Marc 5,1), toutes deux en Décapole, mais éloignées du lac de Tibériade.

À l’époque gréco-romaine, l’élevage de porcs était courant en Décapole2.

(1) Tome 3, chapitre 47 /vo 186.1/8 – (2) P. J. É. Darras Histoire générale de l’Église – Paris 1864 – Tome IV –Chapitre VII, page 549)

Démon

Voir Satan.

Diable

Voir Satan.

Dina, de Doco

Voir Jérusa la cancéreuse.

Dina d’Ascalon

Est une pauvre fillette d’Ascalon, port philistin. Son père est mort en mer en faisant du cabotage entre Gaza et Alexandrie.

Elle est chétive car elle doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille : sa mère est malade et ses frères, dont Tolmé, sont biens jeunes. La mère d’Alexandre*, qui tient une fabrique de tapis à Ascalon, lui donne de la nourriture en souvenir du père de Dina mort en convoyant leurs tapis.

Dina pleure quand Jésus la rencontre. Bien que philistine, elle croit au Messie d’Israël et espère en son pouvoir de guérir sa mère. Jésus l’exauce1. Plus tard, il fait porter une bourse par les apôtres : «Vous direz à la fillette : « Cela, c’est Dieu qui te l’envoie parce que tu as su croire. C’est pour toi, la maman et les petits frères ». Rien de plus. Et revenez tout de suite»2.

(1) Tome 3, chapitre 80 /vo 218.5 – (2) Tome 3, chapitre 81 /vo 219.7

Dina d’Éphraïm

C’est une samaritaine du village où Jésus s’est réfugié après sa condamnation par le Sanhédrin1.

Elle lui offre des rayons de miel. Sa récolte a été abondante et elle demande à Jésus de bénir ses ruches. L’apôtre Jean arrive. Il tient dans ses bras Anna, le fils de Dina qui suce un rayon de miel. Il en est barbouillé et le vêtement de Jean en est tâché. Mais cela fait rire Jean comme Jésus2.

Dina a toutes raisons d’être reconnaissante envers Jésus : c’est probablement elle qu’il a guérie deux ans auparavant d’une jaunisse ou de la malaria, lorsqu’il était à la Belle-Eau, situé à 10 kms de là. Jésus y avait trouvé un premier refuge3.

(1) Cf. Jean 11,54 – (2) Tome 8, chapitre 26 /vo 565.12-13 – (3) Tome 2, chapitre 87 /vo 120.1

Dina, de Nazareth

Voir Mathathias et Sara, de Nazareth.

Diomède, l’astrologue

Claudia Procula et quelques romaines, discutent de Jésus dont l’enseignement les fascine. Elles cherchent l’écho du Messie dans la littérature latine : «Personne ne t’a pressenti aussi justement que notre Virgile» disent elles en conclusion à Jésus.

Diomède, l’astrologue «cher à Claudia» avait abondé en ce sens : les temps sont proches et les astres parlent par leurs conjonctions, disait-il. Il s’appuyait sur les trois Sages des trois pays d’Orient, venus adorer Jésus enfant, en provoquant le massacre qui horrifia Rome. Mais il n’a pas entièrement convaincu les romaines : personne depuis Virgile n’a évoqué le Messie. Elles expriment leur doute à Jésus. Il éclaire pour elles la part prophétique et les limites du poète1.

*

Virgile, dans sa VIème bucolique (églogue), décrit l’avènement d’un messie : «Il s’avance enfin, le dernier âge prédit par la Sibylle : je vois éclore un grand ordre de siècles renaissants. Déjà la vierge Astrée revient sur la terre, et avec elle le règne de Saturne ; déjà descend des cieux une nouvelle race de mortels. Souris, chaste Lucine, à cet enfant naissant ; avec lui d’abord cessera l’âge de fer, et à la face du monde entier s’élèvera l’âge d’or». D’autres ouvrages, comme Le messianisme de Virgile de H. Jeanmaire (1930) ont étudiés diversement ce rapprochement avec le Messie.

Un mausolée de Pompéi indique : «Marcus Diomèdes, affranchi de Julia». S’agit-il de Julia, fille d’Auguste et mère de Claudia Procula ? Cela expliquerait la présence de cet affranchi grec et l’estime que lui porte Claudia. Le fils de Diomède aurait honoré plus tard, à Pompéi, la mémoire de ce père fondateur de la fortune familiale.

Enfin faut-il voir dans les propos de Diomède une allusion à la conjonction rare de Saturne et Jupiter qui se produisit lors de la naissance de Jésus et qu’observèrent les astrologues ?

(1) Tome 6, chapitre 117 /vo 426.6

Diomède, l’usurier de Jéricho

Il se fait appeler Isaac pour paraître respectable, mais il en est loin : «C’est un rusé levantin, batteur d’or, usurier, brocanteur, entremetteur, un voleur sûrement, homicide peut-être poursuivi par Rome» dit de lui Judas* qui a eu recours à ses services.

C’est lui qui va marchander la vente des bijoux qu’Aglaé* repentie a donné à Jésus. Judas conduit une magistrale séance de marchandage. L’apôtre Jean*, qui l’accompagne, est choqué des procédés employés1.

Les 10,5 talents que rapportent la vente représentent plusieurs années de travail d’un journalier. L’argent servira à soudoyer le gardien du Baptiste*. Évasion sans lendemain : le Baptiste est repris et le gardien tué en représailles.

Que devient Diomède dont il dit de lui-même qu’il est «une vieille crapule, un malheur du monde ?».

Il avoue : «Je pourrais encore changer car ce n’est que dans mes vielles années que je suis devenu ce que je suis».

Simon le zélote commente : «C’est un voleur, un dégoûtant, en tout ce qu’il y a de plus dégoûtant comme trafic. Mais on trouve en lui la philosophie des grands Grecs. Il connaît l’homme…»

Zachée*, le percepteur de la ville, après sa conversion, réunit en communauté quinze réprouvés en quête d’une nouvelle vie : usurier, proxénète, voleur … Diomède n’est pas mentionné, mais rien ne l’exclut.

(1) Tome 2, chapitre 46 /vo 82/2.5

Dismas, le bon larron

Jésus le rencontre une première fois près de Modin où une bande de voleurs s’apprête à détrousser des voyageurs. Ils sont tapis dans les fourrés. Jésus les interpelle : «Il n’est jamais trop tard pour se repentir. Changez, tant qu’il en est temps, le verdict du ciel1».

Un an plus tard, les apôtres effectuent une retraite dans la vallée du Carit après la 3ème Pâque. Les voleurs leur fournissent un agneau à l’instar du prophète Élie ravitaillé par les corbeaux dans cette vallée2. Dans ce geste des voleurs, se mêlent charité et crainte d’être dénoncés. Jésus accepte l’agneau, fruit probable d’un méfait, mais n’en mange pas3.

La grâce fait son chemin et Jésus prédit : «À l’heure très amère, l’amour de celui qui n’a pas voulu haïr l’Innocent sera mon réconfort, ma lumière dans les ténèbres4». Dismas est arrêté. Il croupit dans les prisons avant d’être crucifié sept mois plus tard.

Sur le Golgotha, la présence de Marie l’émeut. Il regrette d’avoir fait mourir de chagrin sa mère.

Jésus parle pour la première fois : «Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent ce qu’ils font !». Cette prière vainc toute crainte chez Dismas. Il ose regarder le Christ et dit : «Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. Pour moi, il est juste que je souffre ici. Mais donne-moi miséricorde et paix au-delà de la vie. Une fois je t’ai entendu parler et, dans ma folie, j’ai repoussé ta parole. Maintenant je m’en repens. De mes péchés, je me repens devant Toi, Fils du Très-Haut. Je crois que tu viens de Dieu. Je crois en ton pouvoir. Je crois en ta miséricorde. Christ, pardonne-moi au nom de ta Mère et de ton Père très Saint5».

Il reçoit la promesse : «Moi, je te le dis : aujourd’hui tu seras avec Moi au Paradis».

Dismas se calme. Ne sachant plus les prières apprises dans son enfance, il répète sans cesse : «Jésus Nazaréen, roi des juifs, aie pitié de Moi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, j’espère en Toi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, je crois à ta Divinité».

Il est achevé à coup de massue et meurt en prononçant, une dernière fois, le nom de Jésus.

Recoupements historiques

L’Église fête saint Dismas le 25 mars. Ce nom est mentionné dans Les Actes de Pilate, un apocryphe du IVème siècle et il est repris au XIIIème siècle par Jacques de Voragine dans la Légende dorée.

L’évangile de l’enfance, un apocryphe arabe du VIIème siècle, le nomme Titus. Déjà voleur, il empêche la sainte famille en fuite vers l’Egypte, d’être détroussée. Mgr Gaume n’écarte pas cette hypothèse6.

Modin, près de laquelle Jésus rencontre Dismas, est à 10 km d’Emmaüs de la Plaine (Latrun). La tradition la donne comme séjour de Dismas. Les ruines d’une église «du bon larron» y existaient encore au XVIIème siècle7.

(1) Tome 3, chapitre 85 /vo 223.4 – (2) Cf. 1 Rois 17,4 – (3) Tome 5, chapitre 70 /vo 380.3 – (4) Tome 7, chapitre 221 /vo 524.6 – (5) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (6) Histoire du bon larron – 1893 – (7) Quaresmus – 1626

Doras, le maître cruel

Selon Maria Valtorta, c’est à lui que Jésus lance l’accusation de Matthieu 23,27 : «Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis, qui au dehors paraissent beaux, mais au dedans sont remplis d’ossements de morts et de toute immondice». Mais ce n’est pas celui de Luc 11,44 à l’adresse d’un autre synhédriste virulent : Elchias*.

Qu’a-t-il fait pour mériter un tel jugement ? C’est un membre influent du Sanhédrin, en relation personnelle avec le Grand-Prêtre Anna*, son parent. Gros propriétaire terrien «Il possède les terres les plus riches d’Israël… mais elles sont engraissées par le sang et les larmes de ses serviteurs1».

L’un d’elles se situe dans la plaine d’Esdrelon. Elle est administrée par Jonas*, un des bergers de la Nativité. Doras l’a réduit à une quasi-servitude par des emprunts malheureux et usuraires.

Doras est un «chacal railleur, cruel et néfaste» selon Lazare*2. Maria Valtorta n’en fait pas un portrait plus aimable : «Un vieux au profil dur de vieux rapace… au regard ironique… à la bouche de serpent avec un sourire faux»3.

Jésus bénit cependant ses terres pour éviter de lourdes fatigues aux paysans4. Les récoltes sont abondantes et Jonas est battu pour n’avoir pas eu ce résultat les années précédentes.

Jésus envoie Lazare négocier le rachat de Jonas. Doras double la somme due et exige l’achèvement des moissons.

C’est un moribond que vient chercher Jésus dans sa fastueuse propriété. Doras veut négocier de nouvelles bénédictions sur ses champs : il obtient des malédictions. Il marchande jusqu’au grabat qui emporte le mourant. L’entrevue est terrible. Jésus ponctue ses dénégations : Menteur ! Parjure ! Assassin !

Doras court vers le Baptiste pour se faire lever l’anathème. Ses terres sont «creusées par des armées de taupes, de vers et de courtilières qui vident les graines et rongent les racines des arbres fruitiers et des vignes».

Le Baptiste le renvoie à Jésus alors réfugié à la Belle-Eau où il commence sa vie commune avec les apôtres. «S’il me guérit et m’enlève l’anathème des terres, je deviendrai pour Lui un ami. Mais autrement… malheur à Lui !» Menace Doras.

Jésus est en train d’enseigner le Décalogue : «Tu ne tueras pas». Brusquement son discours se durcit : «Le maître qui frappe un esclave, en évitant par ruse qu’il ne lui meure entre les mains, est doublement coupable. Il est éternellement maudit celui qui lui inflige un traitement qu’il n’appliquerait pas à son bœuf». La foule s’interroge : à qui s’adresse cette brusque diatribe ?

«Trop nombreux sont les Caïns qui tuent les Abels, poursuit Jésus. Et que croyez-vous, tombeaux immondes dont l’extérieur est blanchi et recouvert des paroles de la Loi et à l’intérieur desquels Satan est devenu roi ? Profanateurs du miracle. Profanateurs de l’homme, tueurs, sacrilèges ! Dehors ! Éloignez-vous de ma présence !». Doras sortant de la foule, se manifeste : «C’est à moi que tu parles ? Je sors. Mais bientôt nous ferons les comptes.

– Bientôt ? répond Jésus. Non, tout de suite» et Doras meurt sur le champ5.

Plus tard Pierre* interroge Jésus : «Il est mort par ta volonté ?

– Non, mais le Père est entré en Moi, lui répond Jésus… C’est un mystère que tu ne peux comprendre. Sache seulement qu’il n’est pas permis de s’attaquer à Dieu. Lui se venge par Lui-même».

Les circonstances dramatiques de cette mort sèment peur et ressentiment chez les pharisiens6. Son fils Doras* reprend à son compte la haine implacable que son père vouait à Jésus.

Recoupements historiques

Doras est un des membres influents du parti des Zélotes. Il est mentionné par Flavius Josèphe, et son nom est resté proverbial dans la littérature rabbinique comme celui d’un vorace mangeur7. Détail qui n’échappe pas à Maria Valtorta : elle décrit son amour jaloux des poires d’une grosseur inhabituelle qu’il était seul à cultiver.

(1) Tome 2, chapitre 69 /vo 103.4 – (2) Tome 2, chapitre 70 /vo 104.6 – (3) Tome 2, chapitre 76 /vo 109.1/9 – (4) Tome 2, chapitre 54 /vo 89.1/8 – (5) Tome 2, chapitre 93 /vo 126.9 – (6) Tome 2, chapitre 100 /vo 133.5 – (7) source Encyclopedia judaïca

Doras, fils de Doras

Fils du précédent, et synhédriste comme lui, il en hérite les terres, notamment celles de la plaine d’Esdrelon, frappées de malédiction par suite des fautes de son père1. Le résultat est effrayant. Simon le Zélote* s’exclame : «Il a la main lourde, le Dieu du Sinaï». Doras est contraint de vendre ces terres à Giocana*, son voisin et parent2.

Doras voue une haine implacable à Jésus3. Au moment de la trahison de Judas, il s’exclame : «Chanania* a la satisfaction de voir ce jour. Mon père y rêva, mais ne l’eut pas. Je porterai dans mon cœur son esprit pour qu’il soit présent le jour où on se vengera du Nazaréen et qu’il ait sa joie…»4.

Selon Maria Valtorta ses traits rappellent de plus en plus ceux de son père. Malgré la vengeance que Doras poursuit, Jésus lui reconnaît des qualités de bon époux et de bon père5.

Pendant la Passion, croyant tenir sa vengeance, il blasphème au pied de la croix: « Je te confie au Dieu de Sinaï » disais-tu? Maintenant le Dieu du Sinaï te prépare au feu éternel. Pourquoi n’appelles-tu pas Jonas* pour qu’il te rende un bon service?»6.

Recoupements historiques

Habitant très influent de Jérusalem, il était membre de la chambre des Anciens (gros propriétaires terriens) selon Flavius Josèphe7. Son caractère adulateur et cruel le pousse à faire assassiner, en 52 ou 53, le grand prêtre Jonathan ben Hanna, à la demande du gouverneur romain Felix dont il était devenu le familier8.

*

La découverte d’un sarcophage du Ier siècle à Akeldama, près de Jérusalem, en 1996 mentionne «Eros et Hermione (enfants) de Doras». Cela confirme l’existence de ce nom et peut-être de cette famille dont parle Maria Valtorta»9.

(1) Tome 3, chapitre 51 – (2) Tome 4, chapitre 123 – (3) Ib°, chapitre 145 – (4) Tome 9, chapitre 7 /vo 588.8 – (5) Tome 5, chapitre 55 /vo 365.3 – (6) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (7) Antiquités Juives 20, 6 et 20, 8.5 – (8) Mgrs A. et J. Lemann « Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ » 1877 – N Natan, « The Temple of Salomon » p. 488 – (9) Avni et Greenhut, Jérusalem – Tombe 2, chambre B, loculus II

Dorca, veuve de Tobie

Elle réside dans le château du Tétrarque à Césarée de Philippe. À 17 ans à peine, elle perd son mari Tobie qu’elle aimait beaucoup. Sous le coup de la douleur, elle met au monde un enfant mort-né que Jésus ressuscite1. Il lui donne le double nom symbolique, de Jésaï-Tobie.

À la Pâque suivante, la 3ème, Dorca vient, en compagnie de l’intendant du Tétrarque Philippe et de sa belle-mère, consacrer son enfant à Jésus. Elle croit bien faire en proclamant le miracle de Jésus au milieu du Temple, mais c’est l’occasion d’une nouvelle attaque des pharisiens emmenés par Jonathas d’Uriel* : Jésus est accusé faussement d’avoir pénétré dans la salle d’accouchement et d’avoir touché un cadavre contre la loi de pureté.

Dorca consacre son fils à Jésus : «Ce fils t’appartient. Je te le consacre. Tu es le Dieu Vivant. Qu’il soit ton serviteur.

– Sais-tu ce que cela veut dire? interroge Jésus. Cela veut dire consacrer ton fils à la souffrance, le perdre comme mère et le retrouver comme martyr au Ciel. Es-tu capable d’être martyre en ton enfant?»2. Dorca acquiesce.

Mère et fils bénéficient de l’apparition de Jésus ressuscité au jour de Pâque3.

*

Dorca est la forme grecque du nom Tabitha qui signifie Gazelle. On s’interroge : quel lien avec la disciple de Joppé que Pierre ressuscite selon Actes 9, 36-42 ? Le texte prend soin de préciser «une croyante nommée Tabitha, ce qui, traduit, se dit Dorcas». Certains exégètes la pensent veuve à la lecture du contexte de la scène. Ceci aurait eu lieu vers l’an 40. Dorcas aurait 27 ans.

Cette sainte est fêtée le 25 octobre.

(1) Tome 5, chapitre 33 /vo 345.1/5 – (2) Tome 5, chapitre 58 /vo 368.5/13 – (3) Tome 10, chapitre 18, § 9 /vo 632.29

Doro l’Ancien

L’ancien indique ici son appartenance à la chambre des gros propriétaires terriens et non son âge. Ce synhédriste n’est aperçu que deux fois : une première fois en compagnie de Tryphon* quand les synhédristes viennent saluer Lazare* malade à Béthanie. Certains, à cette occasion, tendent un piège à Jésus : ils lui présentent un vrai et un faux malade. Démasqué, ce dernier s’enfuit terrifié par la menace : «Menteurs ! Celui-ci n’est pas malade ! Découvrez-le ! Ou il sera réellement mort dans un instant pour l’escroquerie essayée contre Dieu»1.

Une deuxième fois, Doro se trouve à côté de Nathanaël ben Phabi* parmi les synhédristes qui complotent, avec Judas*, la perte de Jésus2.

Recoupements historiques

L’Histoire conserve la trace de Dorothée ben Nathanaël, envoyé comme député auprès de l’empereur Claude par les Juifs de Jérusalem, en 44/45, sous le gouverneur Cuspius Fadus. Il était accompagné de Tryphon ben Theudion, de Cornélius ben Ceron et de Jean fils de Jean. L’empereur en fait mention dans la lettre qu’il expédia à ce gouverneur, et que Josèphe nous a conservée3.

Sa présence aux cotés de Nathanaël ben Phiabi, dans le complot, peut laisser supposer qu’il s’agit du père et de son fils. Dans ce cas, il appartiendrait à l’illustre famille des Phiabi. Des grands prêtres en sont issus.

(1) Tome 5, chapitre 68 /vo 378.3 – (2) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (3) F. Josèphe, Antiquités juives XX, I, 1, 2 – Encyclopedia judaïca 1906

Dosithée, d’Antigonéa

C’est le troisième fils de Ptolmaï*, l’intendant de Lazare à Antioche de Syrie. Celui-ci y a conservé les propriétés héritées de son père, Théophile*, gouverneur local de la Province.

Dosithée a épousé Hermione*, la fille d’un prosélyte et d’une grecque. Cette mésalliance ne fait pas le bonheur de Ptolmaï qui confie aux apôtres : «Mon fils a fait sa connaissance à Alexandroscène de Phénicie quand il y fut pour le commerce et elle lui a plu… Lazare ne s’y est pas opposé. Au contraire, il a dit : « Cela vaut mieux que la débauche ». Ce n’est pas un mal, mais moi, je voulais un sang d’Israël…»1. L’union a cependant donné de beaux enfants : Alphée, Lazare, Myrtica et Hermas.

Le groupe d’apôtres, venu secrètement convoyer deux disciples : Sintica*, esclave en fuite, et Jean d’Endor*, galérien évadé, vont dès leur retour, porter des nouvelles d’Hermione à leurs frères d’Alexandroscène : Philippe*, Élie* et Daniel*. Jésus y prononce la parabole des ouvriers de la onzième heure2.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.8/10 – (2) Cf. Matthieu 20, 1-16