Gaïa

Voir Sitaré et les affranchis romains.

Gail

Voir Sitaré et les affranchis romains.

Galazia (La)

Jésus harangue la foule de riches malades qui se presse aux thermes d’Emmaüs de Tibériade. Il conclue : «Pour louer le vrai Dieu, et faire qu’il soit connu et loué par vous, je dis à tous ceux qui sont rassemblés qu’ils auront par moi la santé qu’ils demandent aux eaux thermales». Jésus les exhorte à la tempérance, la générosité, l’humilité et demande préalablement l’aumône pour les pauvres. Elle est collectée puis redistribuée. Certains bijoux, non négociables, sont rendus à leurs propriétaires. La guérison collective a lieu1.

Le lendemain, Jésus prêche, non loin de là. Soudain il s’écrie : «Qui m’a appelé pour son âme et son corps ?». La foule s’étonne mais une femme, manifestement étrangère et de mœurs légères, se précipite aux pieds de Jésus : «Je suis une courtisane et une infanticide. Le vice m’avait rendue malade. Hier j’étais à Emmaüs. Je t’ai donné un bijou. Tu me l’as rendu et un de tes regards est descendu dans mon cœur. Je t’ai suivi. Tu as parlé. J’ai en moi tes paroles. J’ai pensé : « Guéris mon âme et après, si tu le veux, mon corps ». Seigneur, mon corps est guéri… et mon âme ?

– Ton âme est guérie à cause de ton repentir» dit Jésus.

La femme se relève brusquement. Son voile tombe. On la reconnaît : c’est Galazia, la courtisane. Injures et gravier pleuvent aussitôt sur la Galazia. Jésus l’emmène pour la protéger. Certains crient : «Anathème ! Faux Messie ! Protecteur des prostituées ! Qui les protège les approuve. Bien plus ! Il les approuve parce qu’il en jouit2».

*

Le surnom de Galazia, Galatie en français, renvoie à la région d’Asie mineure évangélisée par Paul lors de son second voyage missionnaire. La femme en était probablement originaire.

(1) Tome 6, chapitre 154 /vo 462.1/7 – (2) Ib°, chapitre 157

Gamala, le vigneron, et sa parenté

En route vers le mont Carmel, Jésus et le groupe des disciples traversent la plaine de Saron. Ils croisent un groupe de vignerons. Ce sont des disciples du Baptiste*, récemment assassiné par Hérode Antipas*. Ils cherchent maintenant le Messie et interrogent les disciples : est-ce vrai ce qu’on dit de lui ?

Les disciples désignent Jésus assis plus loin. Les vignerons sont pétrifiés. Pierre*, en plaisantant, interpelle Jésus : qu’il fasse un miracle pour «leur rendre le mouvement et la parole».

Jésus commence à manger la grappe qu’on lui offre : «O Dieu Très Haut ! Il mange comme nous !» s’exclame Gamala. La réplique fait sourire Maria Valtorta comme Jésus.

Gamala emmène le groupe apostolique dans leur ferme. Ils sont sept frères avec femmes et enfants sans compter leurs parents âgés. Tous arrivent après une toilette sommaire.

On présente le vieux père aveugle à Jésus. Il confie : sa cécité vient de Dieu après tant de bien donné dans sa longue vie. Il a conservé «l’ancienne foi» et il s’inquiète du jeune homme qu’il ne connaît pas : il ne doit pas être «comme ces jeunes de maintenant qui sont tous aveugles parce qu’ils sont sans religion1».

Jésus se fait reconnaître et le guérit. Il enseigne les disciples sur la foi.

Gamala et ses frères se retrouvent plus tard dans la foule joyeuse des rameaux2.

(1) Tome 4, chapitre 119 /vo 256.1/8 – (2) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.14

Gamaliel, le grand Rabbi

Est le «docteur de la loi vénéré de tout le peuple», cité par les Actes des apôtres1. Il est le petit-fils d’Hillel* lui-même figure éminente du judaïsme de cette époque. Gamaliel a hérité de l’ouverture d’esprit de son grand-père, fondateur de l’école rabbinique pharisienne la plus libérale. Siméon*, le fils de Gamaliel, siège aussi au Sanhédrin. Il n’a pas cependant le charisme de ses ascendants.

Parmi les disciples de Gamaliel qui finissent par suivre le Christ, on trouve Étienne*, le futur martyr, Hermas*, Saül*, le futur apôtre Paul2, Joseph* dit Barnabé son compagnon et Philippe de Canata*, le jeune homme riche de l’Évangile3.

Maria Valtorta décrit Gamaliel : «grand, noble d’aspect, beau, aux traits fortement sémitiques. Il a le front haut et des yeux très noirs, intelligents, pénétrants et sévères4». Il est souvent vêtu de blanc et réside habituellement à Gamala de Judée5.

Hillel et Gamaliel font partie des docteurs qui écoutent le jeune Jésus au Temple6. À cette occasion Jésus lui prédit un signe que Gamaliel attendra désormais : «au son de ma voix, les pierres du Temple trembleront… 7». Retrouvant Jésus adulte et ne faisant pas le lien avec l’enfant qui l’avait fasciné, il demeure sceptique, mais sans hostilité : «Jésus, Je suis pour Toi un ami. Je ne te crois pas inférieur, mais plus grand que moi» lui avoue-t-il8.

Gamaliel est un Pharisien du cœur dit de lui Jésus : «Docteur jusqu’à la moelle des os, mais honnête et juste9». À l’occasion, il informe indirectement Jésus sur les complots tramés contre Lui. Esprit droit, il est scandalisé lorsqu’au procès pour viol d’Eléazar le fils d’Anna*, celui-ci est disculpé alors que son accusateur, parent de la victime, est condamné : «Que vienne vite le nouveau Samson pour faire périr les philistins corrompus» dit-il en se couvrant le visage et en sortant de la salle10.

Son indépendance d’esprit se manifeste lors de la séance houleuse du Sanhédrin qui suit la résurrection de Lazare* : «Moi-même je le reconnais pour le plus grand Rabbi d’Israël. Je m’honore d’être détrôné par Lui» déclare-il publiquement11. La polémique se poursuivant, Gamaliel reconnaît même, un bref instant, la divinité de Jésus : «Il est Celui qui est» puis avoue : «Tant qu’a duré la lumière du Très-Haut, je l’ai vu tel», car son esprit s’obscurcit à nouveau sans partager la haine du Sanhédrin12. Plus tard, au procès de Jésus, il quitte la salle, scandalisé : «Il n’est pas permis de procéder comme nous procédons, et j’en ferai une accusation publique13».

Il ne se convertit cependant qu’au pied de la Croix lorsque le dernier cri de Jésus coïncide avec le tremblement de terre : Cela réalise la prédiction faite à Gamaliel par le jeune Jésus14. Bouleversé, Gamaliel se terre dans sa maison et remet en cause tous les fondements de sa science15. Il fréquente la maison de Nicodème* «cherchant avec angoisse, vérité, lumière, pardon, et vie16».

Lors du procès d’Étienne*, il répond à Saül* fanatisé qui lui demande s’il n’est pas devenu disciple de ce « malfaiteur » : «Je ne le suis pas encore. Mais s’il est ce qu’il disait – et en vérité bien des faits tendent à le prouver – je prie Dieu de le devenir17». Ce n’est pourtant qu’une dizaine d’années plus tard que, devenu aveugle, il va trouver Jean* et la Vierge Marie* à Gethsémani pour recevoir définitivement, selon ses propres paroles, «non la vue des yeux, mais celle de l’esprit18».

Recoupements historiques

Saint Gamaliel est fêté le 3 août par l’Église catholique.

Selon le Talmud, il aurait épousé la fille d’un prêtre, Simon ben Nathanaël de qui il aurait eu deux fils : Siméon et Abibas19. Il devint président du Sanhédrin (Nassi) à la mort de Schammaï.

Les Actes des apôtres rapportent son intervention en faveur de Pierre* et de Jean lors de leur procès20. Selon Clément I21 il resta au Sanhédrin pour aider les premiers chrétiens : il s’était converti en secret avec son fils Simon. Selon St Jean Chrysostome, il se serait converti avant St Paul22. Selon Photius, il aurait été baptisé par St Pierre et St Jean, ainsi que son fils Abibas et Nicodème23.

Il serait mort en 5224.

Le Talmud dit de lui : «C’est la gloire de la Torah qui disparaît avec le rabbin Gamaliel25».

On lui attribue un apocryphe, l’évangile de Gamaliel, un texte copte du Vème siècle inspiré d’un autre apocryphe, Les actes de Pilate.

Selon une vision qu’aurait eue le prêtre Lucien en 41526, Gamaliel aurait fait ensevelir Étienne dans un tombeau où lui-même voulait être enterré avec sa famille, près de Kaphar Gamala27.

(1) Cf. Actes 5, 34-39 et 22,3 – (2) Cf. Actes 22 ,3 – (3) Cf. Marc 10, 17-22 – (4) Tome 10, chapitre 30 /vo 645.2 – (5) Tome 8, chapitre 31 /vo570.5 – (6) Cf. Luc 2, 45-47 – (7) Tome 1, chapitre 68 /vo 41.3/7 – (8) Tome 3, chapitre 20 /vo 160.1/6 – (9) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.3/9 – (10) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.10 – (11) Cf. Jean 11,47-53 – (12) Tome 8, chapitre 10 /vo 549.4/15 – (13) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (14) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (15) Tome 10, chapitre 18, § 11 /vo 632.29 – (16) Ib°, chapitre 29 /vo 644.1/9 – (17) Ib°, chapitre 30 /vo 645.1/12 – (18) Ib°, chapitre 33 /vo 10.647 – (19) Tosef., ‘Ab. Zarah, iii. 10 – (20) Cf. Actes 5,35-39 – (21) Recognitiones 1, 65 – (22) Homélie IV sur les Actes des apôtres(23) Photius citant Eustratios – (24) Talmud et Mgrs A. et J. Lemann « Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ » (1877) – (25) Soṭah 15, 18 – (26) sources Encyclopedia Catholica et Encyclopedia Judaïca(27) Selon A. STRUS, Kefar Gamala serait identifié à Beit Jimal à 26 km au sud-ouest de Jérusalem « Beit-Gemal può essere il luogo di sepoltura di Santo Stefano? », Revue Salesianum 1992. Selon la Jexish Virtual Library, Kefar Gamala serait identifié à Jammāla, un lieu-dit à 11 km à l’ouest de Ramallah, au nord de Jérusalem.

Gardien du Cénacle

C’est le «un tel» de Matthieu 26,18. L’homme «qui porte une cruche d’eau» selon Marc 14,14 et Luc 22,10.

Maria Valtorta ne le nomme pas, mais apporte des détails sur les lieux : Le puits est celui d’En Rogel, au sud de Jérusalem, connu pour l’excellence de son eau. Pierre* et Jean* le rencontre près de la porte du fumier : itinéraire normal pour aller de là au Cénacle.

Le Cénacle est, selon Maria Valtorta, l’une des propriétés de Lazare de Béthanie*. Elle décrit précisément sa disposition pour la dernière Cène ainsi que la place des treize participants2.

(1) Tome 9, chapitre 17 /vo 598.2 – (2) Ib°, chapitre 18 /vo 599.1 et chapitre 19

Gardien des Jardins du roi

Jésus apostrophe les gens du Temple : ils le chercheront mais ne le trouveront pas1. L’hostilité grandit et les refuges deviennent difficiles à Jérusalem. Matthias*, le futur apôtre, lui propose un abri dans les anciens jardins de Salomon près du puits d’En Rogel. Le jardinier est reconnaissant à Jésus de l’avoir guéri.

Jésus est surpris : il ne s’en souvient pas. C’était lors d’une guérison collective à la Pâque précédente. Le jardinier, devenu boiteux, était réduit à la mendicité2. À la suite de sa guérison, Manaën* lui obtient cet emploi au service d’Hérode Antipas*, son frère de lait3.

Le mercredi saint, Jésus vient une dernière fois s’y reposer. Le jardinier insiste pour qu’il emporte le panier de nourriture qu’il lui a préparé4.

*

Ces jardins du roi Salomon sont évoqués dans la Bible5. Maria Valtorta les situent avec précision. Ils font, de nos jours, l’objet d’un projet d’aménagement en site archéologique.

(1) Cf. Jean 7, 31-36 – (2) Tome 7, chapitre 183 /vo 488.5-6 – (3) Cf. Actes 13,2 – (4) Tome 9, chapitre 15 /vo 596.24 – (5) Isaïe 65,3 et 66,17 – Néhémie 3,15

Gaspard, le « roi » mage

Voir Mages (Les).

Geteo, d’Ascalon

Ancien paysan devenu serviteur du vieil Ananias* d’Ascalon. Il accourt au passage de Jésus1.

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Geteos est un nom désignant les habitants de Get (Gat), une des grandes cités des Philistins2. La présence d’un Geteos à Ascalon est crédible.

(1) Tome 3, chapitre 80 /vo 218.4/5 – (2) Cf. Josué 13, 3 ; 2 Samuel. 6,10

Gioab, le lépreux

Voir Adina la lépreuse.

Giocana ben Zacchaï, le scribe

Possède, en Galilée, des propriétés voisines de celles de Doras*, son parent, synhédriste comme lui. Après le décès dramatique de Doras, il rachète à son fils les terres maudites par Jésus et hérite ainsi de ses paysans1. Il se montre plus humain envers eux : il les autorise notamment à pratiquer le culte. En raison de cette attitude Jésus bénit ses terres2. Mais l’attitude de ce vieil homme, petit et replet, exploiteur volontiers sans pitié, n’est pas dictée par des sentiments favorables à Jésus. Elle provient de la crainte qu’inspirent les ravages de la malédiction arrivés à son voisin3.

Quand Giocana croise Jésus au Temple, il le regarde avec curiosité, mais sa neutralité craintive se change progressivement en hostilité4. D’abord sur le coup des reproches d’exploiteur5 puis à la suite de l’altercation qui l’oppose à Jésus : Giocana le blâme d’avoir ramassé un nid tombé le jour du sabbat6. Jésus l’avertit sévèrement : aujourd’hui, il n’a pas pitié d’une fauvette et de ses petits, demain il n’aura pas pitié d’une mère et de son fils.

Recoupements historiques

Maria Valtorta orthographie son nom phonétiquement, mais il s’agit de Yokhanan ben Zakkaï. La relative modération qu’elle lui prête est conforme à l’histoire. Il était en effet un représentant des pharisiens modérés, ayant reçu la Torah de Hillel*. Il soutint de nombreuses controverses contre les Sadducéens.

Après le siège de Jérusalem, d’où il s’échappe, il devient courtisan de Titus et obtient des romains la permission d’ouvrir une école (beth midrach) à Jamnia, près de Jaffa. On sait de lui qu’il passa une partie de sa vie en Galilée.

Le Talmud lui prête une longévité extraordinaire : 120 ans. Il meurt entre +70 et +80 en prononçant cette phrase : «Je ne sais pas vers où je vais7».

(1) Tome 4, chapitre 123 /vo 260.2/3 – (2) Tome 3, chapitre 51 /vo 190.1/3 – (3) Tome 4, chapitre 124 /vo 261.1-6 – (4) Ib°, chapitre 145 /vo 281.1/16 – (5) Tome 5, chapitre 63 /vo 373.5 – (6) Tome 6, chapitre 121 /vo 430.1/5 – (7) Notice de L’Encyclopedia Judaica

Giocana, le sadducéen

Maria Valtorta nous apprend peu de chose sur ce sadducéen : c’est une des relations de Judas*1. Un rapace qui «offre des sacrifices avec le bien des pauvres2». Il se retrouve avec son homonyme aux funérailles de Lazare3.

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Les sadducéens refusent l’interprétation de l’Écriture ce qui les amène à nier l’immortalité de l’âme, non mentionnée explicitement dans l’Écriture. Ils étendirent leur emprise sur l’ensemble du corps sacerdotal et sur les riches de la société4 conformément aux écrits de Maria Valtorta.

(1) Tome 2, Chapitre 38 /vo 74.3 – (2) Tome 5, chapitre 63 /vo 373.5 – (3) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (4) Jacob Neusner, Le judaïsme à l’aube du christianisme, Paris 1986, p.42

Giosia (Josias), de Doco

Voir Jérusa, la cancéreuse.

Grand-Père de Margziam

Est un paysan de Doras*. Sa fille et son gendre meurent dans un éboulement, laissant un orphelin : Jabé. Craignant la dureté de son maître, il cache son petit-fils dans les bois et le ravitaille à la nuit tombée. Il a opportunément l’occasion de confier Jabé à Jésus1. Pierre l’adopte sous le nom de Margziam*.

Après la mort dramatique de Doras, le maître cruel, il passe au service de Giocana*, un autre synhédriste. Pouvant enfin se rendre à Jérusalem pour la Pâque, il a la joie d’y retrouver son petit-fils grandi en âge, en force et en sagesse2. Il meurt en paix, peu de temps après, dans les bras de Jésus. Margziam est présent : il thésaurisait pour racheter son grand-père du servage3.

(1) Tome 3, chapitre 52 /vo191.1/9 – (2) Tome 5, chapitre 65 /vo 375.1/9 – (3) Tome 6, chapitre 135 /vo 443.1/7