Jacob, d’Arbéla

Voir Philippe le diacre.

Jacob, et les bergers du Liban

C’est le jour de Pâques. Sur le Grand Hermon (sud Liban), un groupe de bergers se remémore Jésus qui vient d’être tué à Jérusalem. Quelques-uns y étaient, mais ils se sont enfuis pour que son sang ne retombe pas sur eux. Certains d’entre eux, comme Jacques, Jacob, Melchias, Saül ou Thomas, ne le connaîtront jamais. Jésus survient comme un voyageur. Il les enseigne : pour s’unir à Jésus, il faut suivre son enseignement. Le Christ les bénit et disparaît dans une lumière éblouissante1.

(1) Tome 10, chapitre 18, § 17 /vo 632.29

Jacob, de Bethléem de Galilée

Est un puissant personnage de ce village. Il assassine le riche Joël, mari de sa maîtresse et accuse de ce crime le jeune Abel*. Jésus le frappe de la lèpre avec ses deux complices : Aser* et le serviteur de Joël. Ils doivent s’exiler dans des grottes1.

Plus tard, le jeune Abel, vient voir Jacob pour tenter de le convertir : «C’est un démon, dit-il à Jésus. Il est le principal coupable. Déjà adultère, il est devenu homicide. De sa bouche sortent haine et blasphème, de son cœur haine et cruauté. Mais je ne désespère pas de le sauver. Je retournerai le voir autant qu’il faudra, avec des secours et de l’amour. S’il peut arriver à m’aimer, il m’écoutera; s’il m’écoute, il finira par croire en Toi. C’est ce que je veux2». Maria Valtorta ne dit rien sur l’issue de l’apostolat de ce disciple. Mais Abel, devenu Ananias, sera chargé plus tard d’accueillir Saül à Damas.

(1) Tome 4, chapitre 111 /vo 248.5/14 – (2) Tome 7, chapitre 170 /vo 475.5/6

Jacob, de Dora

Voir Jacques, de Dora et sa femme.

Jacob, de Giscala

Voir Anne, la belle-mère de Giscala.

Jacob, de Jafia

Voir Éléazar et les bûcherons de Jafia.

Jacob, le luxurieux et sa femme

Il attrape une maladie sexuellement transmissible lors d’un séjour à Joppé. Les pustules le gagnent. Il se prépare à rejoindre Hinnom, la vallée des lépreux. Sa femme vient supplier Jésus : il est père de cinq enfants. Elle l’entraîne jusqu’à sa maison. De la terrasse, l’homme supplie Jésus de le guérir : «Il est trop horrible de mourir ainsi». Jésus l’exauce «à cause des cinq innocents» et le met en garde pour le pardon à venir de ses fautes. Pierre* est surpris de voir Jésus agir de cette façon inhabituelle. Il explique : «Cet homme sera un de mes ennemis et cette faute à venir aggravera son cas1».

Lors de l’arrestation de Jésus, Jacob lui jette une pierre à la tête. Sa femme lui crie : «Lâche ! Si tu es vivant, c’est grâce à Lui, homme répugnant, plein de pourriture. Souviens-t’ en !». Jacob la renverse et la frappe2. Sous la violence, son crâne éclate contre le mur3.

(1) Tome 5, chapitre 64 /vo 374.7/10 – (2) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (3) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9

Jacob, de Méron

Est veuf depuis six ans, de Lia. Ses champs ont été dévastés par la grêle : il n’a plus rien1. Il offre cependant du pain à Jésus : il venait de l’entendre prêcher chez Anne de Méron*2. Pour ce geste, Jésus bénit ses champs. Ses récoltes sont abondantes.

L’année suivante, cet homme «vieillot et gras» chasse Marie* et Matthias*, deux jeunes orphelins affamés. Pour les nourrir, Jésus fait mûrir subitement le pommier de Jacob et maudit ses récoltes3. «Un chien aurait eu pitié de ces orphelins» commente-t-il. Plus tard, Jacob fait appeler Jésus qui envoie ses disciples. Jacob ne s’est pas converti, il a seulement peur de la mort et de la famine. Par compassion, les apôtres labourent le champ maudit et tentent de guérir Jacob, mais en vain : «Il prétend obtenir tout ce qu’il veut en posant des conditions et en donnant des ordres même à Dieu» rapportent-ils4.

Frappé par la disette, Jacob, vient enfin demander pardon à Jésus. Jésus conditionne le pardon à sa conduite future : «Tu l’obtiendras ou tu ne l’obtiendras pas selon ta conduite dans le temps qui te reste à vivre. Le pauvre est toujours sacré, mais plus sacrés que tous, sont l’orphelin et la veuve5».

(1) Tome 2, chapitre 77 /vo 110.5/7 – (2) Ib°, chapitre 75 /vo 108.2 – (3) Tome 4, chapitre 162 /vo 298.2/6 – (4) Tome 5, chapitre 26 /vo 338.1 – (5) Tome 7, chapitre 160 /vo 467.7-10

Jacob, le notable de Nazareth

Voir Benjamin et les notables de Nazareth.

Jacob, fils deTitus

Voir Tito le maréchal-ferrant.

Jacob, scribe du Temple

Voir Azraël et Jacob, scribes du Temple.

Jacques, d’Alexandroscène

S’est ruiné pour soigner Jeanne, sa fille atteinte d’une maladie osseuse. Il a vendu sa maison. Il raconte à sa femme «tout ce qui est arrivé en Galilée et en Judée par la puissance de Jésus». Elle espère et part à sa recherche. Elle le trouve en Phénicie. Jésus guérit la petite Jeanne, intransportable, restée au pays1.

(1) Tome 5, chapitre 19 /vo 331.10

Jacques, berger du Liban

Voir Jacob, et les bergers du Liban.

Jacques, de Capharnaüm

Promet d’être bon pour gagner «le miel du Paradis» décrit par Jésus1.

Chaque shabbat, il apporte à Jésus une bourse pour les pauvres, don anonyme de Lévi (Matthieu)*2. Le collecteur d’impôts, devenu apôtre, ne lui donne plus les subsides habituels : il décide de suivre son exemple en donnant à Jésus les piécettes dont on le récompense. Ce don pour les pauvres contribuera à la guérison de son grand-père, pense-t-il3. Comme beaucoup d’enfants de Capharnaüm, son amour pour Jésus résiste à l’hostilité grandissante envers le Messie4.

(1) Tome 2, chapitre 10 /vo 49.4 – (2) Tome 2, chapitre 23 /vo 60.7 – Cf. Marc 2,14 – (3) Tome 4, chapitre 93 /vo 232.3 – (4) Tome 5, chapitre 45 /vo 355.2

Jacques, de Dora, et sa femme

Viennent, pendant tout un mois, prier au Temple. Ils veulent obtenir que leur gendre Jacob n’envoie pas le libelle de divorce à leur fille Marie : Elle en mourrait de chagrin. Jésus, qu’ils ne connaissent pas, les incite à prier encore trois jours et à espérer : le libelle a été envoyé, mais Dieu peut l’arrêter en route. Ils ont confiance dans cette prédiction et s’exécutent.

Pour illustrer le pouvoir d’une prière constante dont Jacques et sa femme ont fait preuve, Jésus dit aux disciples, la parabole du juge inique2.

(1) Tome 7, chapitre 202 /vo 505.3/6 – (2) Cf. Luc 18,01-08

Jacques le majeur, fils de Zébédée

Est natif de Bethsaïda : il a plusieurs frères, dont l’apôtre Jean* et plusieurs sœurs. Il est pêcheur sur le lac de Tibériade comme son frère et son père, à qui il ressemble physiquement1.

Jacques et Jean sont les premiers disciples de Jésus : Jacques assiste avec Jean et André* au Baptême de Jésus2. Ils le retrouvent plus tard3. Jean l’interroge : «Maître où demeures-tu ?» et le suivent4. Jacques y gagne l’appellation de « majeur » pour le distinguer de son homonyme, appelé « le mineur » (voir ci-dessous), disciple plus tardif.

Jean et lui viennent s’établir à Capharnaüm pour faciliter les déplacements fréquents nécessités par l’apostolat. Ils y rejoignent Pierre* qu’ils connaissent «depuis l’enfance5».

Jacques est un tempérament fougueux et impulsif6. Lui et son frère héritent du surnom de «fils du tonnerre» (Boanerguès) de la part de Jésus : excédés, ils ont voulu régler leur compte à Judas* et à tous les opposants de Jésus7. De même, chassés d’un village samaritain, ils proposent de faire descendre le feu du ciel sur le village rebelle8.

Avec son frère Jean et Pierre, Jacques assiste à la résurrection de Myriam*, la fille de Jaïre*9 à la Transfiguration10 et à l’agonie du Gethsémani11. Lorsque les apôtres cherchent à sauver Jésus banni par le Sanhédrin12, Jacques propose d’aller voir le Grand-Prêtre Anna*. La famille de Zébédée* a, en effet, des relations d’affaires avec lui. Ils y renoncent, mais Jean, au moment de la Passion, peut s’introduire dans le Temple13. Jacques s’est enfui14. C’est le premier apôtre martyr, victime des persécutions naissantes15.

Recoupements historiques

Saint Jacques le majeur est fêté le 25 juillet.

Selon des sources apocryphes16, il aurait évangélisé l’Espagne. La Vierge Marie lui aurait porté miraculeusement secours à Saragosse17 (Cesaraugusta) où elle aurait laissé une icône et un pilier fondant la Basilique de N.D. del Pilar18. Elle l’aurait revu à Éphèse lors de son retour à Jérusalem pour y subir le martyre19. Selon Actes 12,2, Jacques fut le premier apôtre martyr lors de la persécution d’Hérode Agrippa 1er en 41-44. Ce roi était le frère d’Hérodiade*, et compagnon de Caligula l’empereur fou. Hérode Agrippa, dernier roi des juifs, mourut dévoré de vers.

Selon Jacques de Voragine, citant le théologien Jean Beleth20 (XIIème siècle), le corps du martyr fut transporté par ses disciples à Liberum Donum (ou Iria Flavia) en Espagne. Cette ville devint Santiago de Compostelle (campus stellae = champ d’étoiles) lorsqu’une apparition d’étoile désigna à l’ermite Pelayo, en 813, le lieu où étaient enfouies les reliques de l’apôtre21. Une partie de ses reliques, reconnues par Léon XIII en 1884, sont conservées à Compostelle.

(1) Tome 2, chapitre 27 /vo 64.1/4 – (2) Ib°, chapitre 3 /vo 45.1/5 – (3) Ib°, chapitre 7 /vo 47.2 – (4) Cf. Jean 1,35-39 – (5) Ib°, chapitre 23 /vo 60.1/7 – (6) Tome 10, chapitre 28 – (7) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.1/9 – Cf. Marc 3,17 – (8) Tome 8, chapitre 36 /vo 575.1/19 – Cf. Luc 9,51-56 – (9) Tome 4, chapitre 91 /vo 230.1/7 – (10) Tome 5, chapitre 37 /vo 349.1/15 – (11) Tome 9, chapitre 21 /vo 602.7 – (12) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.1/23 – (13) Cf. Jean 18,15 – (14) Tome 10, chapitre 7 – (15) Tome 10, chapitre 33 /vo 10.647 – Cf. Actes 12,2 – (16) Actes de saint Jacques, Passion de Jacques le majeur, … – (17) Marie d’Agréda, La Cité mystique de Dieu – Livre 7, Chapitre 16 et 17 – (18) Anne-Catherine Emmerich, Visions, Tome 3, Chapitre 9 – (19) Marie d’Agréda, La Cité mystique de Dieu – Livre 8, Chapitre 1; Anne-Catherine Emmerich, Visions, Tome 3, Chapitre 9 – (20) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Tome 2, Jacques le Majeur – (21) Martyrologue de Florus de Lyon (IXème siècle)

Jacques le mineur, fils d’Alphée

Ce cousin de Jésus est galiléen par sa mère, Marie*, fille de Cléophas et judéen par son père, Alphée*, fils de Jacob. Il est de descendance royale, comme Jésus1.

D’un caractère doux2, voire ascétique3, Jacques contraste avec le caractère dominateur de son frère Jude*. Sa tendance contemplative, son attitude «patiente et secrète» rappellent son oncle Joseph* à qui il ressemble aussi physiquement4. Jacques est très proche de Jésus : ils sont sensiblement du même âge. Dans leur enfance, ils ont partagés les mêmes enseignements de la Vierge Marie5. En l’accueillant comme apôtre, Jésus le présente ainsi : «Mon parfait ami d’enfance, celui qui fut mon frère pendant notre jeunesse6».

C’est le 11ème et avant-dernier apôtre à rejoindre Jésus. Il est dit, pour cela «le mineur» par opposition à son homonyme, Jacques* de Zébédée, «le Majeur», l’un des premiers à suivre Jésus. Cet engagement tardif est dû à son souci de convaincre sa famille hostile à Jésus. Joseph*, son frère aîné, est obtus et rigide. Simon*, le second est versatile. Son père Alphée, fulmine contre Jésus («c’est un fou !» dit-il). Seuls sa mère Marie, fille de Cléophas et son frère Jude* se montrent favorables à Jésus. La première, devenue veuve, suit Jésus jusqu’au pied de la croix, le second est déjà disciple. Jacques reste, tant qu’il le peut, auprès de son père mourant avant d’être mis en demeure de choisir entre sa famille et Jésus7. Il choisit Jésus. Son père meurt peu après.

Sa douceur n’est pas exempte de courage : malgré son manque d’assurance, il est le premier des apôtres à prêcher le Messie8. Lors d’un entretien individuel sur le Carmel, Jésus lui révèle l’avenir et lui confie la future Église d’Israël9. En descendant du mont Carmel, Jacques réalise son premier miracle en guérissant, au nom de Jésus, le jeune enfant d’un bûcheron*10.

Jacques est présent aux principaux évènements, mais pas à la crucifixion durant laquelle il s’enfuit11.

Il devient le premier évêque de Jérusalem, l’un des tous premiers personnages de l’Église naissante12. Il craint de ne pas savoir s’acquitter de cette tâche. Jésus lui apparaît pour le réconforter selon 1 Corinthiens 15,713.

Avec d’autres, il recueille le corps d’Étienne*. Malgré la persécution naissante et les conseils de prudence, il reste à Jérusalem14.

Recoupements historiques

Jacques d’Alphée est fêté le 3 mai avec Philippe l’apôtre*.

Le théologien Jean Beleth (v.1135-1182), affirme que son père Alphée était bien le frère de saint Joseph15, mais pour Jacques de Voragine, ce frère était Cléophas16. Pour Maria Valtorta, ce Cléophas est le grand-père maternel de Jacques.

Jacques est connu aussi comme «Jacques le Juste» en raison de sa réputation de sainteté comme évêque de Jérusalem pendant plus de trente ans.

Sous la foi d’Hégésippe17, un personnage de la génération après les apôtres, Eusèbe de Césarée puis saint Jérôme le disent Naziréen (consacré à Dieu) dès sa naissance : «Il a toujours conservé sa virginité et sa pureté entière. Ses prostrations à terre dans la prière étaient si fréquentes que la peau de ses genoux s’était endurcie comme celle du chameau18».

Jacques était une des «colonnes de l’Église» naissante. Saint Paul le nomme même avant Pierre19. C’est l’auteur présumé de la première des sept épîtres catholiques20. Un apocryphe du IIème siècle, le Protévangile de Jacques, lui est attribué.

Saint Jérôme et saint Épiphane confirment qu’il fut évêque de Jérusalem, à la demande expresse de Jésus21.

Jacques fut lapidé en 62 sur l’ordre d’Ananias II, grand-prêtre en exercice, avec plusieurs de ses compagnons. Selon Flavius Josèphe, il fut précipité du haut de la terrasse du Temple dans la vallée du Cédron où un foulon l’acheva à coup de bâton22. Selon Hégésippe, ses dernières paroles furent celles du pardon. Il fut enterré près du Temple, sur le lieu même de son martyre23. Une partie de ses reliques repose à Rome24 avec celles de saint Philippe, mais de nombreuses églises se prévalent de fragments de ses reliques25.

(1) Tome 2, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (2) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11 – (3) Tome 10, chapitre 24 /vo 639.1/6 – (4) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11 – (5) Tome 1, chapitre 64 /vo 38.1/8 – (6) Tome 2, chapitre 60 /vo 95.1/6 – (7) Ib° – (8) Tome 2, chapitre 97 /vo 130.1/7 – (9) Tome 4, chapitre 121 /vo 258.1/9 – (10) Tome 4, chapitre 122 /vo 259.1/11 – (11) Tome 10, chapitre 7 – (12) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19 – (13) Tome 10, chapitre 27 /vo 638 – (14) Tome 10, chapitre 32 /vo 10.646 – (15) Jean Beleth, Summa de ecclesiasticis officiis, chapitre 124 – (16) Jacques de Voragine, La légende dorée, Saint Jacques, apôtre (le mineur) – (17) Cinquième livre de ses Mémoires, selon Eusèbe de Césérée. Œuvre aujourd’hui perdue- (18) Eusèbe de Césarée Histoire ecclésiastique, Livre 2, chapitre 23 – (19) Cf. Galates 2, 9 – (20) Benoît XVI, catéchèse du 28 juin 2006 – (21) St Jérôme, in Gal. p 164, et St Epiphane 78, c.7 (rapporté par Maistre, Histoire de St Jacques le mineur 1870, p 395) – (22) Flavius Josèphe Antiquités juives (20, 201sq) – (23) Eusèbe de Césarée Histoire ecclésiastique, Livre 2, chapitre 23 – (24) Dans la crypte de la basilique des Saints-Apôtre – (25) Notamment : Cathédrale Saint-Sernin de Toulouse, Monastère de Saint-Zoïle de Compostelle, Église des Jésuites d’Anvers, Saint-Etienne de Forli, Cathédrale de Langres, Saint-Corneille de Compiègne…

Jacques, de la plaine de Saron

Voir Gamala

Jahel (Yaël), de Capharnaüm

Est un des nombreux bambins de Capharnaüm qui se pressent affectueusement autour de Jésus1.

(1) Tome 5, chapitre 36 /vo 348.1

Jaïa, de Pella

Est un jeune aveugle qui mendie aux portes de Pella. Sa mère est aveugle, comme lui. Il se fait détrousser par Hélios*, un mendiant violent. Personne n’ose protester.

Il a foi en Jésus le Galiléen et s’apprête à suivre des pèlerins jusqu’à Jérusalem dans l’espoir d’être guéri par Jésus. Ces pélerins sont les apôtres de passage. Jésus se fait reconnaître et le guérit1. Il lui fait porter un bouquet de fleurs à sa mère : elle est guérie à son tour. Jaïa et sa mère sont pris comme serviteurs par une femme généreuse.

Ils sont dans la foule du dimanche des rameaux2. Jaïa bénéficie de l’apparition de Jésus ressuscité au jour de Pâques3.

(1) Tome 5, chapitre 48 /vo 358.1/5 – (2) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.13 – (3) Tome 10, chapitre 18, § 8 /vo 632.29

Jaïre, chef de la synagogue de Capharnaüm

Ne paye pas de mine : il est de petite taille, gras et vieillot, la cinquantaine1. Mais c’est un disciple courageux. Au tout début de la vie publique de Jésus, la guérison d’Aggée* le possédé a lieu dans sa synagogue2.

Il supplie Jésus pour Miryam* sa fille mourante. Jésus la ressuscite : «Talitha, koumi !» (Fillette, je te le dis, lève-toi !)3. Celle-ci devient une des vierges consacrées. On ne connaît pas l’épouse de Jaïre, avec qui il demeure derrière la synagogue4.

Il affronte l’hostilité ambiante envers Jésus, notamment à l’occasion du discours du Pain de Vie prononcé dans sa synagogue5. Il est présent dans la foule des rameaux6.

Recoupements historiques

Les fouilles archéologiques récentes ont apporté la preuve historique de l’existence d’une synagogue à Capharnaüm du temps de Jésus, mais nous n’avons pas trouvé de traces historiques de Jaïre en dehors des Évangiles.

(1) Tome 2, chapitre 22 /vo 59.3 – (2) Ib° – (3) Tome 4, chapitre 91 /vo 230.1/7 – Cf. Marc 5,35-43; Luc 8, 49-56 – (4) Tome 6, chapitre 139 /vo 447.1/8 – (5) Tome 5, chapitre 44 /vo – Cf. Jean 6,22-71 – (6) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.13

Janoé, d’Éphraïm

Voir Ada.

Jean-Baptiste

Est un judéen d’Hébron, cousin de Jésus : Élisabeth* et Marie*, leurs mères, sont parentes. Sa naissance1 est annoncée par l’ange Gabriel à Zacharie*. À cause de son manque de foi, il devient muet jusqu’à la circoncision du Baptiste2.

À l’annonce du massacre des innocents perpétré par Hérode le Grand*, ses parents, craignant de nouvelles atrocités, cachent Jean3.

À l’âge de treize ans, à peine devenu « fils de la Loi » (Bar-Mitsva), il se retire dans les cavernes des montagnes en face du désert4. «Là, il grandit, s’entretenant avec Dieu. Élise et Zacharie sont morts et lui n’est pas venu. Dieu pour lui était Père et mère5». Jean fait distribuer, par son serviteur Joël*, les revenus de la propriété d’Hébron aux pauvres.

Il n’avait jamais vu Jésus avant leur première rencontre à Béthanie du Jourdain, pour le baptême de Jésus6. Maria Valtorta décrit son aspect hirsute. C’est un orateur impétueux et sévère dans sa parole, comme dans ses gestes.

Il est arrêté une première fois par Hérode Antipas*. Sa propriété est confisquée, le serviteur, chassé et le tombeau de ses parents, rasé7. Deux bergers disciples du Baptiste, Jean* et Matthias*, soudoient un officier jaloux avec un forte somme obtenue notamment par la vente des bijoux d’Aglaé*. L’officier enivre son rival et ouvre la prison. En répression, le gardien négligent est décapité à la place de l’évadé8. Le Baptiste se retire dans la grotte d’Énon (Aennon), hors de la juridiction d’Hérode Antipas*. Jésus vient le visiter et lui annonce sa fin prochaine9.

Il est arrêté pour la deuxième fois, juste avant Pâque. Le traquenard a été monté par des pharisiens de Galilée : Éli*, Joachim* et Simon*10. Un de ses disciples s’est servi du nom de Jésus pour attirer le Baptiste hors de son refuge11. Enfermé dans la forteresse de Machéronte, il envoie ceux de ses disciples qui doutent, demander à Jésus : «Es-tu le messie ?12». Puis il meurt dans les conditions que l’on connaît13 laissant à Jésus de nombreux disciples : les apôtres Jean*, Jacques* et André*, le passeur Salomon*, les bergers de la Nativité Jean, Siméon* et Matthias et aussi Manaën* le frère de lait d’Hérode Antipas, etc.

Matthias, le futur apôtre, rapporte un extrait de son enseignement, principalement centré sur l’ascétisme : les sens, les organes et l’intelligence doivent servir l’esprit et non le dominer ou le troubler14.

Né six mois avant Jésus, Jean Baptiste meurt, vingt mois avant lui, à l’âge de 32 ans et 2 mois.

Recoupements historiques

Jean Baptiste est fêté le 24 juin date supposée de sa naissance.

Un manuscrit de Qûmran indique que sa naissance fut annoncée à Zacharie fin septembre15. Elle eut donc lieu neuf mois plus tard, vers la fin juin, et celle de Jésus, six mois plus tard, en décembre.

L’épisode de la décollation de Jean-Baptiste, après la danse de Salomé, est mentionné par Matthieu et Marc16. Luc et Jean évoquent seulement sa mort. Selon Flavius Josèphe le prophète fut décapité aux alentours du mois de mars 29, dans la citadelle de Machaerous (Machéronte), près de la Mer morte.

En 36, la défaite d’Hérode Antipas par les troupes d’Arétas IV serait, pour l’opinion de l’époque, un châtiment de Dieu pour le meurtre du prophète17.

Certains ont contesté l’authenticité de ce passage : ce serait une interpolation chrétienne. Mais l’historien juif Simon Dubnow (1860-1941) croit, au contraire, que ces lignes sont de la main de Flavius Josèphe18.

(1) Tome 1, chapitre 36 /vo 23.8 – (2) Ib°, chapitre 38 /vo 24.1/5 – (3) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.8 – (4) Cf. Luc 1,80 – (5) Tome 2, chapitre 41 /vo 77.5/6 – (6) Ib°, chapitre 3 /vo 45.1/5 – (7) Ib°, chapitre 41 /vo 77.5/6 – (8) Ib°, chapitre 69 /vo 103.1 – (9) Tome 3, chapitre 8 /vo 148.1/3 – (10) Ib°, chapitre 42 /vo 182.1 – (11) Ib°, chapitre 40 /vo 180.7 – (12) Tome 4, chapitre 129 /vo 266.3 – Cf. Matthieu 11,1-27; Luc 7,18-35 – (13) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.3/8 – (14) Tome 7, chapitre 235 /vo 538.8 – (15) Manuscrit 4 Q 321 – (16) Matthieu 14, 1-12 ; Marc 6, 14-29 – (17) Flavius Josèphe, Antiquités juives, XVIII, 116-119 – (18) Simon Dubnow, Histoire du Peuple Juif.

Jean, berger de la Nativité

Est devenu berger au Liban après avoir été chassé par les habitants de Bethléem : ils attribuaient aux bergers de la Nativité*1, la responsabilité du massacre d’Hérode le Grand*2.

Avec Siméon* et Matthias*, bergers comme lui, Jean devient disciple du Baptiste*3. Par l’entremise de Manaën*, il sert aux cuisines du château de Machéronte où le Baptiste a été enfermé une première fois. À ce titre, il fait partie des émissaires qui négocient l’évasion du Baptiste4.

Lors de leur ultime rencontre dans la grotte d’Enon, le Baptiste recommande ces trois disciples à Jésus5. Les bergers ne quitteront pas le prophète tout de suite.

Après la seconde capture du Baptiste, ils viennent annoncer sa mort à Jésus et son déroulement. Ils ont recueilli son corps et l’ont enterré6. Libres désormais, ils rejoignent le Christ et leurs anciens compagnons bergers de la Nativité. Ils sont présents à la Crucifixion7 et bénéficient de l’apparition de Jésus ressuscité au jour de Pâques8.

(1) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (2) Tome 2, chapitre 69 /vo 103.3 – Cf. Matthieu 2,16 – (3) Tome 2, chapitre 39 /vo 75.4 – (4) Ib°, chapitre 46 /vo 82.5 – (5) Tome 3, chapitre 8 /vo 148.2 – (6) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.3/8 – Cf. Matthieu 14,12 – (7) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – Cf. – (8) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5

Jean, de Bétaven et les bandes séditieuses

Après la résurrection de Lazare*1, une délégation du Sanhédrin* vient demander l’intervention de Ponce Pilate* : s’il n’y met pas bon ordre, l’enthousiasme populaire pour l’évènement peut être une menace pour le pouvoir de Rome.

Le procurateur se moque de leur grandiloquence. Il leur fait durement sentir la puissance de Rome et leur soumission : «Vous criez devant les impôts romains, mais que vous a coûté Melchias de Galaad, Jonas de Scythopolis, Philippe de Soco, Jean de Bétaven (Bet-Awen), Joseph de Ramaot, et tous les autres qui vont bientôt être pris ?2». En effet, des bandes séditieuses détroussent les caravanes. Les légionnaires romains les pourchassent dans les montagnes de Judée. La vaste opération de police aboutira : parmi les arrestations, on compte Barabbas* le brigand et Dismas* le bon larron.

(1) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.4/22 – (2) Tome 8, chapitre 10 /vo 549.14

Jean, d’Emmaüs de la plaine

En jouant avec sa sœur, Jean a été renversé par un char d’hérodien. Il est paralysé et souffre beaucoup. Sa mère le transporte, sur une planche, jusqu’à la « Belle-Eau » où Jésus débute la vie commune avec ses apôtres. Jésus le prend dans ses bras : l’enfant s’y abandonne avec confiance. À la fin de son enseignement, il démontre la foi des tout-petits en interrogeant l’enfant. Sur sa promesse de guérison, le petit Jean saute au cou de Jésus sans se rendre compte qu’il est guéri1.

(1) Tome 2, chapitre 92 / vo 125.5

Jean, d’Endor

Est un ancien galérien. Prosélyte d’origine chypriote (Cintium), il perd un œil en tuant l’amant romain de sa femme. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité dans les mines de plomb et les carrières de marbres d’Anatolie (Turquie). Au bout de vingt ans, il réussit à s’enfuir. Il trouve refuge à Endor où il vit seul en élevant des poulets pour les romains. Il montre à Jésus la grotte de la nécromancienne consultée par le roi Saül. Judas*, fasciné par l’occultisme, veut la voir1.

Au contact de Jésus, sa sauvagerie disparaît. Il redécouvre l’amour et confesse : «J’ai compris qu’il y a encore un peu d’humanité dans mon cœur. Je ne suis pas un fauve. Je puis encore aimer et être aimé, pardonner et être pardonné». Il quitte le nom ironique de Felix (heureux en latin) pour celui de Jean (Dieu a fait grâce) que lui donne Jésus2.

Ce disciple, à la soixantaine passée et borgne, suit Jésus n’emmenant que quelques livres et un peu d’argent. Il se sert de ce pécule pour offrir un festin aux paysans affamés du pharisien Doras*3.

Son passé le prédispose aux œuvres de miséricorde. Jésus le charge de soigner les «infirmités physiques et morales», mais il doute d’être pardonné. Pour l’en convaincre, Jésus dit la parabole du fils prodigue4. Très cultivé, il note les discours de Jésus qu’il confie à Margziam*, le jeune disciple prodige5.

Judas* dénonce au Temple la présence de ce forçat évadé devenu disciple de Jésus. Jean doit s’enfuir à Antioche de Syrie (Antigonéa) dans une maison que possède Lazare*6. Avec Sintica*, esclave en fuite réfugiée comme lui, il y jette les bases d’une communauté chrétienne. Il convertit Nicolaï* le prosélyte, futur diacre.

Épuisé, le cœur déchiré d’être éloigné de Jésus, il meurt rapidement. Il reçoit en esprit la visite de Jésus7. Jésus ressuscité apparait à Sintica le jour de Pâques : il confirme la félicité de Jean d’Endor8.

*

Jean d’Endor n’a pas laissé de traces historiques, mais les mines de plomb et des carrières de marbre d’Anatolie, où il fut déporté, sont parfaitement attestées.

(1) Cf. 1Samuel 28,7-10 – (2) Tome 3, chapitre 49 /vo 188.1/8 – (3) Ib°, chapitre 52 /vo 191.1/9 – (4) Ib°, chapitre 66 /vo 205.1/8 – Cf. Luc 15,11-32 – (5) Tome 4, chapitre 113 /vo 250.3/11 – (6) Ib°, chapitre 178 /vo 312.1/14 – (7) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.10/22 – (8) Tome 10, chapitre 18, § 14 /vo 632.29

Jean, d’Éphèse

Est chef de la synagogue de cette ville. Il est né vingt jours avant Jésus à Bethléem. À la suite du brusque décès de son mari, sa mère, Noémi*, est incapable d’allaiter Jean. C’est la Vierge Marie qui prend le relais de la mère.

À l’occasion de la 3ème Pâque, il retrouve Jésus qui le guérit de sa cécité naissante1. Il décide de suivre Jésus et se joint au groupe des soixante-douze disciples désagrégé par les défections suivant le discours sur le Pain de Vie2. Il s’extasie devant la beauté du Temple mais Jésus en annonce la destruction3. À l’Ascension, Jésus l’appelle près de lui4.

Recoupements historiques

Selon Papias d’Hiérapolis, cité par Eusèbe de Césarée, il y avait un prêtre Jean parmi les disciples du Seigneur. Eusèbe de Césarée le suppose auteur de l’Apocalypse5.

Paul séjourne plusieurs fois à Éphèse et prêche à la synagogue. Il y trouve une communauté florissante6. Selon Benoît XVI «Il existait, à Ephèse, une sorte d’école johannique … où un certain « prêtre Jean » était l’autorité déterminante». Benoît XVI, y voit l’auteur de la 2ème et 3ème lettre de Jean. Il aurait connu Jésus7. Ce «prêtre Jean» aurait perpétué l’héritage de l’apôtre après la mort de celui-ci. L’évangéliste serait mort en 101. S’il s’agit de Jean d’Éphèse, il aurait 105 ans dans ce cas.

L’œuvre de Maria Valtorta comporte aussi un «Jean, prêtre du Temple» (voir ci-après).

(1) Tome 5, chapitres 54 et 55 /vo 364 et 365.8/10 – (2) Cf. Jean 6,66 – (3) Tome 9, chapitre 15 /vo 596.23 – Cf. Matthieu 24,1-2; Luc 21,5-6 – (4) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19 – (5) Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, III, 39, § 4 et 5 – (6) Actes chapitres 18 et 19 – (7) Benoît XVI, Jésus de Nazareth, page 252

Jean, de Gaas et sa femme Anne

Est un synhédriste riche et puissant : il possède toute la «vallée de Gahas». Il est lié d’amitié avec Joseph d’Arimathie* dont les propriétés sont toutes proches. Celui-ci offre un banquet en l’honneur de Jésus à quelques synhédristes. Les réactions sont variées. Jean défend Jésus contre Félix* qui juge sa doctrine trop laxiste1.

Taraudé par le « démon de midi », il en vient à imaginer les mêmes penchants chez sa femme Anne. Celle-ci ne supporte plus sa jalousie maladive et va demander le divorce. Désorienté, Jean se précipite, en plein shabbat, chez son voisin Joseph, le témoin de son mariage (paranymphe). Jésus, présent, incite le mari à l’humilité. S’il est sincère, il sera pardonné. Il a trois mois de sursis pour se reprendre2. C’est ce qu’il fait. Quelques mois plus tard, il annonce joyeusement la future naissance d’Emmanuel3.

Dans sa démarche de conversion, Jean se fourvoie d’abord dans le complot tramé par Chouza* pour faire couronner Jésus roi à la place d’Hérode Antipas*. Éléazar ben Boethos*, un autre synhédriste, sympathisant de Jésus lui aussi, l’accompagne. Jean est pompeusement présenté comme «l’Antipa d’Antipatride, favori d’Hérode le Grand4». Ce surnom d’Antipa(s) ne le désigne pas comme opposé à son père, mais au contraire comme son égal. Antipatris ou Antipatride5 est une ville fondée en 9 av. J.C. par Hérode le Grand*. Jean devait être jeune à l’époque car Maria Valtorta le présente comme un homme mûr, trente ans après la mort du roi.

Avec Éléazar et quelques autres synhédristes, Jean prend de plus en plus ses distances avec le Sanhédrin6. Ainsi, lors de l’interrogatoire de Sidonia*, l’aveugle-né7, il prend publiquement partie pour Jésus8. Il vient aux funérailles de Lazare* avec le petit groupe des synhédristes sympathisants de Jésus9. Éléazar et lui, préviennent Jésus, revenu d’Éphraïm10, que le Sanhédrin n’a pas désarmé contre lui11.

Jean refuse publiquement la convocation au procès de Jésus, marquant ainsi sa désapprobation12.

Recoupements historiques

La vallée de Gaach, dans les monts d’Ephraïm, est proche de Timnath-Serah (Kefr Haris), région qui échut à Josué lui-même lors du partage de la Terre Promise. Il y fut enterré13.

Les frères Lemann14 cite un «Jean, fils de Jean» de la chambre des Anciens. Selon Flavius Josèphe, en 44, Jean fils de Jean fut envoyé comme député, avec Cornélius*, Tryphon* et Dorothée*, auprès de l’empereur Claude dans le but d’obtenir la garde des symboles du peuple juif : les habits du Grand Prêtre et la couronne royale15. C’est à ce personnage qu’il faut rattacher Jean de Gaas : le surnom «d’Antipa» que note Maria Valtorta, équivaut à une homonymie avec son père : à l’identique, Hérode Antipas se comprend «Hérode fils d’Hérode (le Grand)».

(1) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.2/9 – (2) Tome 6, chapitre 98 /vo 409.1/7 – (3) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.22 – (4) Tome 6, chapitre 155 /vo 463.10 et Tome 7, chapitre 156 /vo 464.2/21 – (5) Aujourd’hui Afek de la plaine – (6) Tome 5, chapitre 68 /vo 378.1/7 – (7) Cf. Jean 9, 1-34 – (8) Tome 7, chapitre 207 /vo 510.10 – (9) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.1/11 – (10) Cf. Jean 11,54, en mars 30 – (11) Tome 8, chapitre 46 /vo 585.1/7 – (12) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (13) Josué 19,50 et Juges 2,9 – (14) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ – 1877 – (15) Flavius Josèphe, Antiquités juives – Livre XX, 1, 13

Jean, d’Hippo

Est lépreux depuis quinze ans. Il était riche. Lui, et toute sa maison, ont contracté la maladie en soignant des pèlerins lépreux. Il voit mourir ses trois enfants, puis sa femme Anne. Il continue cependant d’annoncer Dieu et on vient des environs pour l’entendre. Lorsqu’il apprend l’expulsion des démons dans le troupeau de porcs, tout près de son village1, il se met à prêcher la foi en Jésus. Grâce à lui, la population d’Hippo salue Jésus comme Messie et Saint d’Israël, dès son arrivée.

Jésus rencontre Jean le lépreux : un vieillard digne, d’aspect ascétique dont tout le monde loue la bonté et la sainteté. Il confesse publiquement que Jésus est «le Fils du Dieu vivant, Fils du Père, Verbe Incarné et Dieu comme le Père». Jésus le guérit2. Jean veut le suivre, mais Jésus lui demande de rester dans sa région pour l’évangéliser3.

(1) Tome 3, chapitre 47 – Cf. Matthieu 8,28-34 – Marc 5,1-20 – Luc 8,26-39 – (2) Tome 6, chapitre 142 /vo 450.1/10 – (3) Ib°, chapitre 144 /vo 452.1/11

Jean, de Nobé

Est le patriarche, pauvre et boiteux, d’une bourgade isolée, mais toute proche de Jérusalem. Il vient de perdre Lia, sa femme, et sa fille est au loin. Sa maison est un refuge pour Jésus pourchassé par le Sanhédrin. Béthanie est surveillée et les maisons amies sont rares.

Quand il accueille Jésus, il lui rappelle sa présentation au Temple : jeune, il y avait assisté. Aujourd’hui, il reprend à son compte la demande du vieillard Siméon* : «Laisse, Seigneur, ton serviteur s’en aller en paix, puisque mes yeux ont connu ton Christ !1».

Pour le dimanche de la Résurrection, Jésus lui fait envoyer un agneau par un berger de Césarée de Philippe*2. Jean voit dans ce geste la certitude que Jésus est ressuscité. Il lui apparaît effectivement et demande à Jean s’il veut toujours mourir. Il répond : «Ce serait beau de sortir du monde, mais je renonce à la paix du Ciel pour dire aux incrédules : Moi, je l’ai vu !3»

(1) Tome 7, chapitre 184 /vo 489.1/8 – Cf. Luc 2,28-32 – (2) Tome 8, chapitre 37 /vo 576.2 – (3) Tome 10, chapitre 18, § 5 /vo 632.29

Jean, prêtre du Temple

Est devenu lépreux. Il est reclus dans la vallée de la Géhenne (Ben Himmon) près de Jérusalem. L’apôtre Simon le zélote* ancien lépreux, y emmène Jésus. Jean, au nom de tous les lépreux, confesse la foi dans le Messie : ils sont tous guéris. Jean veut suivre Jésus. Il reçoit une mission : l’annoncer à Jérusalem1. Il ne tarde pas à être privé de sa charge au Temple2. Qu’importe, son apostolat a été fructueux : il amène à Jésus Jonathas*, son maître, Zacharie*, un lévite et Matân*, prêtre comme lui3.

En raison de son statut passé de prêtre du Temple, Jésus ne le compte pas parmi les soixante-douze disciples envoyés en mission «deux par deux», mais il en a toutes les qualités4. Il le prouve en demeurant fidèle après le schisme qui suit le discours sur le « Pain de Vie »5. Son évangélisation s’étend sur les villages alentours : c’est le cas de Nobé où Jésus trouve un refuge dans une période difficile6.

Recoupements historiques

Les œuvres de Papias d’Hiérapolis (Turquie), aujourd’hui disparues, sont rapportées par Irénée de Lyon ou Eusèbe de Césarée. Papias aurait été disciple de l’apôtre Jean. Selon son témoignage, il y avait un prêtre Jean, différent de l’apôtre, parmi les disciples du Seigneur : s’agit-il du prêtre Jean décrit ici ou de Jean d’Éphèse* cité plus haut ? À le lire, Eusèbe de Césarée penche pour un personnage d’Éphèse7.

Maria Valtorta attribue un âge mûr à l’ancien lépreux. Si Jean le prêtre était le «presbytre Jean» de Papias, il serait mort à plus de 120 ans!

(1) Tome 3, chapitre 60 /vo 199.5/6 – (2) Tome 4, chapitre 139 /vo 275.1/19 – (3) Ib°, chapitre 145 /vo 281.1/16 – (4) Ib°, chapitre 142 – Cf. Matthieu 18,18-35; 9,37-38; Luc 10,1-2 – (5) Tome 5, chapitre 44 /vo 354.1/16 – Cf. Jean 6,66 – (6) Tome 7, chapitre 183 /vo 488.5 – (7) Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, III, 39 § 4 et 5

Jean, le scribe de la plaine de Génésareth

Écoute Jésus lors du sermon sur la montagne. Il en est touché et décide de nourrir la foule qui redescend, pour le shabbat, à Capharnaüm1. Lors de cette descente, Jésus guérit le lépreux de Matthieu 8,1-4. C’est le serviteur du scribe Jean: il le nourrissait en secret2.

Le scribe décide de suivre Jésus. Comme le précédent, il n’est pas envoyé en mission avec les soixante-douze en raison de son statut de scribe3.

Il interroge Jésus : doit-il se défaire de ses richesses ? Non, répond Jésus. Dieu t’a donné des biens. Sers-t-en pour la justice et la charité. À cette condition, les richesses seront une aide et non un obstacle4.

Il se retire cependant après le discours sur le Pain de Vie5 mais s’implique dans le complot de Chouza* pour faire couronner Jésus6. Cette attitude, apparemment contradictoire, est explicitée aux funérailles de Lazare : des badauds commentent sa présence dans le défilé des notables, aux côtés de personnalités favorables à Jésus : «C’est vraiment un juste, dit l’un d’eux.

– Il est corseté par les scrupules et les règles, mais il n’est pas mauvais» commente un second7.

(1) Tome 3, chapitre 34 /vo 174 – (2) Ib°, chapitre 35 /vo 175.4/5 – (3) Cf. ci-dessus, note n° 4 – (4) Tome 4, chapitre 140 /vo276.1/13 – (5) Cf. ci-dessus, note n° 5 – Cf. Jean 6,66 – (6) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.2/21 – (7) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.3/22

Jean, le scribe de Tarichée

Poursuit Jésus pour faire guérir son fils, condamné par les médecins. Ce qui est fait. Mais ses intentions ne sont pas dénuées d’arrière-pensées : il questionne Jésus sur la haine qui le poursuit afin de rapporter ses réponses au Temple et à Rome. Jésus le démasque : il ne lui a pas tendu de pièges en guérissant son fils, pourquoi le fait-il maintenant ? «Je vois que réellement tu vois les cœurs des hommes» confesse Jean1. Jésus lui pardonne et l’incite à résister, à l’avenir, aux pressions que le monde exerce sur lui.

Jean suit désormais Jésus et assiste à la première multiplication des pains où il distribue les paniers miraculeux2. À la différence de son homonyme ci-dessus, il demeure fidèle à Jésus lors de la grande dispersion suivant le discours sur le « Pain de Vie »3. Il se fourvoie cependant, comme son homonyme, dans le complot que Chouza* fomente pour couronner Jésus4.

On les retrouve tous les deux dans le défilé des notables à la résurrection de Lazare5. Ils sont mentionnés parmi les personnes favorables à Jésus.

Jésus l’avait averti : «Tu es sincère, et pour cela tu mérites de comprendre Dieu qui n’est jamais mensonge. Mais tes convictions ne sont pas encore mortes. Elles repoussent comme du chiendent. Veilles à cela ou tu seras de nouveau envahi6».

(1) Tome 4, chapitre 135/vo 272.2/5 – (2) Ib°, chapitre 136 /vo 273.1/8 – Cf. Matthieu 14,15-23; Marc 6,35-46; Luc 9,12-17; Jean 6,3-13 – (3) Tome 5, chapitre 44 /vo 354.1/16 – Cf. Jean 6,66 – Cf. Jean 6,66 – (4) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.2/21 – (5) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.3/22 – (6) Tome 4, chapitre 135/vo 272.2/5

Jean, de Sephet

Voir Marie et Jean de Séphet.

Jean, de Tito

Voir Tito le Maréchal-ferrant.

Jean, de Zébédée, l’évangéliste

Est le premier disciple de Jésus. Il a 20 ans environ au moment de sa rencontre avec lui au bord du Jourdain. Il a assisté à son Baptême avec son frère Jacques le majeur* et André*. Au retour de Jésus du désert, où il a passé quarante jours, il l’interpelle : «Maître, où demeures-tu ?» et le suit1.

Galiléen de Bethsaïda, au bord du lac de Tibériade, Jean est le fils de Zébédée*, patron-pêcheur, et de Marie Salomé*. Sa famille est nombreuse : il a plusieurs frères et sœurs. Une partie de sa parenté habite à Jérusalem2. Zébédée, le père de Jean, exporte le poisson séché du lac3. À ce titre sa famille entretient des relations d’affaires avec Caïphe* et Anne*, les grands prêtres : Jean les connaît en personne:

Le Baptiste*, dont il est disciple, dit de lui : «Je suis le premier et lui le dernier. Puis ce sera lui le premier et moi le dernier». Les autres disciples avouent ne pas comprendre la prédiction4. Mais Nathanaël (Barthélemy)* explicite plus tard les dons de l’apôtre : «Tu fais, par instinct spirituel, ce que j’accomplis péniblement par réflexion mentale. Mais tu arriveras plus vite au terme, car tu sais plutôt aimer que penser. C’est l’amour qui te transporte et te transforme5».

Dans une dictée à Maria Valtorta, Jésus fait de Jean son confident pour les faits les plus graves de sa vie6. «Par la pureté de sa vie, Jean possède la paix en lui. Je l’ai aimé à cause de cette pureté. C’est à elle que j’ai confié mes enseignements, mes secrets. Jean est l’être qui m’était la plus cher7».

Sa jeunesse accentue sa pureté, sa douceur et sa franchise. «C’est un ange» dit de lui la Vierge Marie8. Physiquement il a «le visage rose et imberbe d’un homme à peine formé», ses yeux sont bleu foncé et ses cheveux blonds châtain. Il les porte longs à la mode galiléenne9. Jésus le dépassant «de la tête et du cou», il devait mesurer 1,55 m ou un peu moins10. Maria Valtorta note «son sourire d’enfant doux et franc, son œil limpide et rieur, sa voix joyeuse11».

Après son élection comme apôtre, c’est l’un des tous premiers à faire une prédication à la demande de Jésus12. Il y développe le thème de l’Amour révélé en Jésus. C’est aussi le premier disciple à faire un miracle au nom de Jésus par l’onction et la prière13. «Le premier de mes apôtres, ce fut Jean, dit Jésus à Maria Valtorta. Le premier à me reconnaître. Le premier à m’adresser la parole, le premier à me suivre, le premier à m’annoncer14».

Sa vocation, c’est l’amour : «Je dirai au Père de faire de moi quelqu’un qui sait seulement aimer, confie-t-il à Jésus. Je ne veux plus que cela». Il offre tout le reste pour la conversion de Judas*15.

Avec Pierre* et son frère Jacques, Jean assiste à la résurrection de Myriam*, la fille de Jaïre*16, à la Transfiguration17 et à l’agonie du Gethsémani18. Avec Pierre, il pénètre dans la cour du Grand Prêtre lors du procès de Jésus, mais il le seul apôtre à le suivre jusqu’au pied de la Croix19. Avec Pierre, il court au tombeau vide «et il crut20».

Jean est aussi un impétueux. En voulant régler son compte à Judas et à tous les opposants de Jésus, lui et son frère gagnent le surnom de «Fils du tonnerre» (Boanerguès)21. Il prouve de nouveau son impétuosité lorsque, chassé d’un village samaritain, il propose avec son frère de faire descendre le feu du ciel sur le village rebelle22. Lors de la Passion, de retour du tombeau, il croise Elchias le synhédriste*, qui profère des injures à l’encontre de Marie. Jean lui saute à la gorge, et le terrasse : «Demande-lui pardon ou bien je t’étrangle, démon !23».

Dans un entretien testamentaire, Jésus lui confère la mission de le continuer par l’Évangile : «L’amour pour ton Jésus se fera parole. Beaucoup, même parmi ceux qui ne seront pas de mon Église, qui ne seront d’aucune église, mais qui chercheront une lumière et un réconfort, viendront à toi et me trouveront24».

C’est à lui que Jésus mourant confie la Vierge Marie25. Il se retire avec elle dans la maison de Gethsémani. Il est l’assesseur de Pierre dans la première communauté chrétienne26.

Il assiste à la «dormition» de Marie (sa mort)27 suivie de son «Assomption28».

Jean est le témoin privilégié des grands évènements de la vie publique de Jésus et de certains épisodes qu’il est seul à rapporter dans son Évangile, comme par exemple la tentative de faire élire Jésus roi.

Recoupements historiques

Jean est fêté le 27 décembre. Il est surnommé «l’Aigle de Patmos».

Dernier survivant des apôtres, il fut arrêté à Ephèse en 95 et conduit enchaîné à Rome, sur ordre de l’empereur Domitien. Condamné à être plongé dans un chaudron d’huile (ou d’eau) bouillante, il en réchappe miraculeusement. Il est exilé à Patmos29.

D’après Irénée de Lyon, il y écrivit l’Apocalypse, puis retourna à Ephèse où il mourut, fort âgé, sous l’empereur Trajan (vers 101-104). Selon l’Abbé Migne, il avait 94 ans. Il serait donc né vers l’an 7 et aurait bien 20 ans au début de la vie publique de Jésus30.

Jean l’évangéliste est l’auteur du 4ème évangile et d’une lettre. La paternité de l’Apocalypse et des deux autres lettres lui ont été contestée par certains exégètes au profit de Jean le Presbytre. Benoît XVI dans son livre Jésus de Nazareth évoque ce débat sans le réfuter catégoriquement. La majorité des exégètes lui attribue cependant la totalité des œuvres, mais tout un groupe le considère comme l’inspirateur ou le premier rédacteur de l’Apocalypse.

Les circonstances de sa mort font aussi débat : Saint Hyppolite, théologien du IIIème siècle, pensait qu’il avait été enlevé tel Enoch et Élie31. Il se basait sur ce verset : «Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple (Jean) ne mourrait pas32».

Irénée de Lyon (IIème siècle), le donne mort de mort naturelle. Le Ménologe grec avance la date de cette mort aux calendes d’octobre33.

D’autres, comme saint Grégoire de Nysse (IVème siècle) et saint Jean Chrysostome (Idem), le pensent martyr. Ils se fondent notamment sur la promesse faite aux deux fils de Zébédée qu’ils boiraient à la coupe que Jésus allait lui-même boire34. Dans l’œuvre de Maria Valtorta, Jésus insiste sur la traduction de cette phrase35. Presque toutes les bibles françaises (Osty, TOB, Segond, Martin…) indiquent «boire la coupe». Mais de nombreux auteurs commentent effectivement le texte en écrivant «à la coupe». Maria Valtorta opte pour cette dernière hypothèse : Jésus prédit que tous les apôtres subiront le martyre, sauf un seul : c’est Judas qui se pendra36. Jean peut donc avoir subi le martyre sans en mourir directement.

Eusèbe de Césarée signale qu’il y avait deux tombeaux honorés à Éphèse : celui de Jean l’apôtre et celui de Jean le Presbytre37. La Basilique Saint-Jean d’Éphèse abrite encore aujourd’hui le tombeau de «Jean le théologien» (l’évangéliste).

(1) Tome 2, chapitre 7 /vo 47.1 – Cf. Jean 1,35-39 – (2) Tome 1, chapitre 40 /vo 25.1 – (3) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11 – (4) Tome 2, chapitre 45 /vo 81.1/7 – (5) Tome 7, chapitre 196 /vo 500.1/5 – (6) Ib°, chapitre 157 /vo 464.14/21 – (7) Tome 2, chapitre 8 /vo 47 – Cf. Jean 13,23 – (8) Tome 2, chapitre 66 /vo 101.1/3 – (9) Ib°, chapitre 10 /vo 49.1/8 – (10) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.1/22 – (11) Tome 8, chapitre 14 /vo 553.1/7 – (12) Tome 3, chapitre 26 /vo 166.1/12 – (13) Tome 4, chapitre 122 /vo 259.11 – (14) Tome 2, chapitre 11 /vo 49 – (15) Tome 5, chapitre 46 /vo 356.1/7 – (16) Tome 4, chapitre 91 /vo 230.1/7 – (17) Tome 5, chapitre 37 /vo 349.1/15 – (18) Tome 9, chapitre 21 /vo 602.7 – (19) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (20) Cf. Jean 20,8 – (21) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.1/9 – Cf. Marc 3,17 – (22) Tome 8, chapitre 36 /vo 575.1/19 – Cf. Luc 9,51-56 – (23) Tome 9, chapitre 31 /vo 611.1/15 – (24) Tome 7, chapitre 205 /vo 508.1/7 – (25) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (26) Cf. Actes 3,1et suivants; Galates 2,9 – (27) Tome 10, chapitre 35 /vo 649.1 – (28) Tome 10, chapitre 36 /vo 650 – (29) Tertullien, Traité contre les hérétiques, 36 – Jérôme de Stridon, Matthieu, XX, a3; Contre Jovinien, I, 26 – Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 5 – (30) Abbé Migne, Dictionnaire Hagiographique, 1850 – (31) Saint Hyppolitte De consummatione mundi(32) Cf. Jean 21,23 – (33) Léon Morery Grand dictionnaire historique,1692, volume 3, page 208 – (34) Cf. Matthieu 20,22-23; Marc 10,39 – (35) Tome 8, chapitre 38, pages 341 et 342 /vo 577.1/11 – (36) Tome 5, chapitre 35 /vo 347.5/6 – (37) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, §39, 4-6

Jeanne, d’Aféca

Voir Sara d’Aféca.

Jeanne, d’Alexandroscène

Voir Jacques d’Alexandroscène.

Jeanne, de Capharnaüm

Voir Adina et les femmes de Capharnaüm

Jeanne, femme de Chouza

Est une princesse royale1, descendante des «preux de David» qui rallièrent le roi en lutte contre Saül2 et des Assidéens ralliés aux Macchabées lors de la lutte d’indépendance3.

Jeanne est née à Béther (Beitar), en Judée. Elle y possède le château de sa naissance. Sur plusieurs collines, il est entouré de grandes roseraies qui servent à faire du parfum4. Des centaines d’employés y travaillent sous les directives de Jeanne. Devenue orpheline très jeune, Jeanne a trouvé auprès de sa nourrice Esther*, l’affection qui lui manquait. Devenue femme de Chouza*, intendant d’Hérode Antipas*, elle perd son premier-né et contracte une phtisie (tuberculose pulmonaire). Aux derniers extrêmes, elle est guérie par Jésus. Jonathas*, un des bergers de la Nativité, devenu intendant de cette riche famille, en témoigne. Sa guérison est un témoignage pour la Cour d’Hérode. Cela incite « l’officier royal » à venir trouver Jésus pour son fils mourant5.

Jeanne est douce et timide. C’est une très belle femme, plus grande que son mari. Selon Maria Valtorta, «elle ressemble à un palmier élancé et flexible qu’achève une tête gracieuse aux yeux profonds, noirs et très doux. Sa chevelure touffue, couleur de jais, est soigneusement peignée6».

À la suite de sa guérison Jeanne consacre sa vie à Jésus : «Fais ce que tu veux, Seigneur. Je t’abandonne tout : mon passé, mon présent, mon avenir. Je te dois tout et te remets tout. Donne à ta servante ce que tu sais être le meilleur7». Elle devient une des femmes-disciples avec Esther sa nourrice. Elle fait partie de quelques voyages apostoliques, mais apporte surtout le soutien de sa fortune et de sa position sociale8. Sa maison à Tibériade sert souvent d’havre de repos au groupe apostolique à l’issue des voyages en Galilée.

Au retour de l’un d’eux, Jésus lui confie deux jeunes orphelins : Marie* et Matthias*. Ils avaient été chassés successivement par Ismaël ben Phabi* et Jacob de Méron*9. Jeanne et Chouza les adoptent.

Lors de la 3ème Pâque, dans son palais de Jérusalem, elle donne aux pauvres de la ville un banquet commandé par Jésus. La princesse Salomé*, venue du palais tout proche d’Hérode Antipas*, y fait une irruption provocante. Elle est chassée par Chouza10.

Grande amie des patriciennes romaines, elle les présente à Jésus. Elle s’entremet quand Judas* inquiète les romaines en laissant croire que Jésus veut restaurer le royaume d’Israël11. Ce noyau de femmes croyantes de la haute-société romaine, s’agrège autour d’elle12. Ses deux frères, Éliel* et Elcana*, aristocrates judéens, finissent aussi par suivre Jésus13.

Jeanne est présente au Calvaire. Elle donne au centurion Longin* une bourse et une amphore de boisson anesthésiante, puis rejoint les autres femmes disciples*14. Sous l’effet conjugué de la fatigue et de l’émotion, elle est victime d’un malaise15. Les bergers* la raccompagne dans son palais en fendant la foule hostile. De ce fait, ces disciples ne peuvent être présents au dernier cri et à la mise au tombeau16.

Au matin de Pâques, les saintes femmes, en route pour le tombeau, se séparent en petits groupes. Marie d’Alphée* et Marthe* passent chercher Jeanne. Cette dispersion explique, selon Maria Valtorta, une partie du chassé-croisé que nous rapportent les Évangiles17. Jésus lui apparaît quelques temps plus tard, mais pas au tombeau. Jeanne lui confie son chagrin : son mari a toujours eut une attitude ambigüe par rapport à Jésus. Elle en a souffert18. Maintenant, Chouza craint pour sa position sociale et lui interdit de vénérer la mémoire du Sauveur. Il a aussi renvoyé Jonathas son intendant19. Jésus la console et lui demande de se réfugier auprès de la Vierge Marie. Ce qu’elle fait. Marie promet à Jeanne de l’aider dans la conversion de Chouza.

Jésus la donne en exemple lorsqu’il apparaît en fin de journée aux apôtres : «La faible épouse de Chouza ? En réalité, elle vous surpasse tous ! C’est la première martyre de ma foi». Il fait sans doute allusion à l’épreuve qu’elle vit dans son couple et dans sa position sociale20.

Recoupements historiques

Sainte Jeanne, femme de Chouza est fêtée le 24 mai par l’Église catholique et le 27 juin par les orthodoxes. Elle est surnommée «la myrophore» ou porteuse de parfum en rapport avec l’embaumement du Christ. L’histoire et les traditions, ne contiennent aucun renseignement sur elle, hormis ceux rapportés par Luc21. C’est pourtant un personnage nominativement cité dans l’Évangile. Elle apparaît plus de cinquante fois dans l’œuvre de Maria Valtorta.

Un siècle après ces évènements, Bar Kokhba, en révolte contre Rome, se retranche à Béther (Bétar). Le château de Jeanne est devenu une forteresse. L’échec de la révolte donne lieu à un bain de sang : 580.000 juifs sont massacrés22.

(1) Tome 2, chapitre 74 /vo 107.1 – Tome 8, chapitre 23 /vo 562.2 – (2) Cf. 1Chroniques 12, 8-15 – (3) Cf. 1Maccabées 2,42 – (4) Tome 3, chapitre 86 /vo 224.5/6 – (5) Cf. Jean 4, 46-53 – Tome 3, chapitre 11 /vo 151.1 – (6) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (7) Tome 2, chapitre 68 /vo 102.4 – Cf. Luc 8,2-3 – (8) Cf. Luc 8,1-3 – (9) Tome 5, chapitre 23 /vo 335.6/17 – (10) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.1/25 – (11) Tome 6, chapitre 89 /vo 400.1/7 – (12) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (13) Ib°, chapitre 41 /vo 580 – (14) Tome 9, chapitre 28 /vo 608.12/18 – (15) Ib°, chapitre 29 /vo 609.2 – (16) Ib°, chapitre 34 /vo 614.4 – (17) Tome 10, chapitre 5 /vo 619.1 – (18) Tome 4, chapitre 145 /vo 281.1/16 – (19) Tome 10, chapitre 8 – (20) Ib°, chapitre 13 – (21) Cf. Luc 8,2-3 et 24,10 – (22) Dion Cassius, Histoire romaine, Livre 69

Jeanne, de Nazareth et ses petits-enfants

Jeanne est veuve et démunie. Elle habite sur la route qui va de Nazareth à Cana. Elle a en charge de nombreux petits-enfants devenus orphelins, dont Rachel et Tobie.

Rachel tombe malade : elle travaillait aux champs à la place de son père. Jésus est prévenu de la situation par Suzanne*, la jeune épouse de Cana. Il se rend chez Jeanne en compagnie de Margziam*, le jeune disciple prodige.

Ils secourent la famille grâce aux dons de Jeanne de Chouza*. Margziam s’engage à se priver de fouaces au miel, pendant tout un mois, pour la guérison de la jeune Rachel. C’est pourtant la fête des Lumières, l’équivalent de notre temps de Noël1. Il tient bon. Rachel est guérie2. Les terres de la veuve, ensemencées par les apôtres Jacques le mineur* et Jude Thaddée*, donnent une récolte abondante malgré la grêle qui s’est abattue sur la région3.

(1) Tome 4, chapitre 175 /vo 309.1/4 – (2) Tome 4, chapitre 177 /vo 311.4 – (3) Tome 5, chapitre 24 /vo 336.5

Jeanne et Tobie, de Capharnaüm

Sont de jeunes enfants. Ils se disputent à propos de figues. Jésus cueille les fruits convoités et les leur donne, mais ils doivent faire la paix tout de suite1.

Plus tard, les deux enfants tirent sur la tunique de Jésus pour attirer son attention : «Aujourd’hui nous avons été bons, sais-tu ? Nous n’avons jamais pleuré. Nous ne nous sommes jamais taquinés par amour pour Toi2». Les deux enfants réclament un baiser en récompense.

Ces enfants et d’autres, sont le réconfort de Jésus3.

(1) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.1 – (2) Tome 4, chapitre 93 /vo 232.3 – (3) Tome 5, chapitre 45 /vo 355.2

Jérusa (Yerusha), la cancéreuse

Habite Doco, un village de la vallée du Jourdain. Son mari Giosa* (Josias) est parti au loin pour travailler. Trois maternités successives de jumeaux l’ont épuisée. Elle a contracté un cancer du sein : elle est squelettique et dévorée par la douleur. Marianne, sa belle-mère, a fait appeler Jésus sur les conseils d’Isaac*, un disciple. Jérusa ne conçoit aucune acrimonie à l’encontre de son mari ou de ses maternités. Elle s’inquiète seulement du destin de ses enfants après sa mort.

Jésus la guérit. Elle appelle aussitôt ses sept enfants pour les embrasser : Dina, Osia, Anne, Seba, Melchi, David, Jude. La première a une dizaine d’années, le dernier marche à peine. Jésus demande à la belle-mère de ne pas ébruiter le miracle : l’hostilité à son encontre règne dans cette région proche du gué du Jourdain.

Il envoie Judas* faire d’abondantes provisions pour la famille. Judas se propose d’ajouter l’argent de sa cassette personnelle à la bourse collective des apôtres1.

(1) Tome 2, chapitre 101 /vo 134.3/4

Jésaï, de Jutta

Voir Joachim et Sara, de Jutta.

Jésaï-Tobie

Voir Dorca, veuve de Tobie.

Jésus

Le Messie.

Est présent tout au long des sept cent chapitres de l’œuvre.

Son aspect

Jésus est grand. Il a de longues mains. Il dépasse d’une tête sa mère; et «de la tête et du cou» son disciple préféré : Jean*. Il devait donc mesurer 1,80 m environ. Dans la troupe apostolique, seul Judas* a une taille équivalente. Jésus a «de longs cheveux peignés, blond roux. Le teint blanc ivoire, les yeux bleu foncé, le vêtement simple, mais majestueux». Judéens et galiléens différent sur la coiffure : cheveux longs pour les galiléens, cheveux courts pour les judéens.

Les détails sur l’apparence de Jésus abondent tout au long de l’œuvre, mais il est plus longuement décrit au Tome 41 :

– Jésus n’est jamais renfrogné, mais toujours parfaitement digne.

– Il n’a ni gaité excessive, ni allure morose. Il lui arrive de partir d’un éclat de rire franc, mais reprend tout de suite sa sérénité. Son sourire est inimitable.

– Tristesse et fatigue n’effacent pas sa paix intérieure, même au moment de la Passion.

– Qu’il parle ou qu’il se meuve, il ne fait jamais rien à la hâte.

– Sa voix est entre ténor et baryton. Ses accents varient selon la situation.

Marchant et prêchant le jour, priant la nuit, Jésus ne semble atteint ni par la faim, ni par la soif, ni par la chaleur ni par le froid2.

Selon la description qu’en fait Maria Valtorta, le portrait reconstitué en 1978, par des spécialistes de la NASA, à partir du linceul de Turin, peut être considéré comme la photographie approchante de Jésus.

Le dernier volume de l’œuvre décrit Jésus ressuscité, plus particulièrement le chapitre 163. Jésus n’a changé ni visage, ni de voix, ni de corps : il projette l’ombre derrière lui. Il intercepte la lumière du couchant, mais Maria Valtorta lui trouve quelque chose de différent qu’elle tente de décrire : La majesté nouvelle et constante de Jésus, la frappe. Le Christ Ressuscité lui semble plus grand et plus robuste, délivré de tout poids, sûr de Lui, victorieux, majestueux, divin. «Même quand il révélait sa puissance aux moments saillants de son magistère ou lors des miracles, il n’était pas tel qu’il est maintenant … Il ne rayonne pas de lumière comme dans la transfiguration ou les premières apparitions après la résurrection, et pourtant il semble lumineux. C’est vraiment le Corps de Dieu avec la beauté des corps glorifiés. Il attire et effraie tout à la fois4»

Si les visions de Maria Valtorta décrivent Jésus tel qu’il était il y a deux mille ans, les catéchèses (ou dictées) le décrivent tel qu’il apparaît en 1943 : «Jésus porte son vêtement ordinaire de laine blanche, tirant sur l’ivoire. Différent, par sa pesanteur et sa teinte, du vêtement éclatant et immatériel, si blanc qu’on le dirait fait de fils de lumière, qui le couvre dans le Ciel aujourd’hui5».

Origines de Jésus

Jésus est de souche judéenne et de lignée royale, non seulement par son père nourricier Joseph*, mais aussi par sa mère de laquelle il prend chair. Il l’atteste en dévoilant son identité à un fonctionnaire du Temple : «Jésus, (fils) de Joseph de Nazareth, (fils) de Jacob de la race de David, et de Marie, (fille) de Joachim de la race de David, et d’Anne d’Aaron. Marie, la Vierge dont le mariage a été célébré au Temple par le Grand Prêtre, selon la Loi d’Israël, parce qu’elle était orpheline6».

Anne et Joachim, les parents de la Vierge Marie, furent chassés «de la terre de David par la persécution politique et dépossédés au-delà de tout7». La famille de Joseph subit le même sort : selon Jude*, son neveu, «ils furent chassés par des possédants judéens et perdirent ainsi une grande partie de leur fortune8». L’Édit de recensement ramène Joseph et Marie à Bethléem, la cité de David leur ancêtre. Joseph en est natif, mais pas Marie.

Jésus y naît un 25 Kisleu9, ce qui peut se traduire littéralement par «25 décembre». Mais dans le calendrier juif des jubilés, cette date varie du début décembre au début janvier. Jean Aulagnier, en se fondant sur les travaux de datation d’Annie Jaubert, situe la naissance de Jésus dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 décembre de l’an -510 Mais Maria Valtorta ne précise pas cette correspondance de date.

Dans une conversation, Jésus confie à Pierre : «Je suis l’Encénie Éternelle. Sais-tu que je suis né justement le 25 du mois de Casleu (Kisleu)?11». L’Encénie, ou dédicace, perpétuait le souvenir de la rénovation du Temple par Judas Maccabée après la profanation d’Antiochus Épiphane. Cette fête de la Purification ou des Lumières est toujours célébrée sous le nom d’Hanoukka. C’est donc ce symbole fort qui marque la naissance de Jésus, rénovateur du Temple profané.

D’innombrables indices de l’œuvre, étayent la datation. Par exemple : Jésus est âgé de 30 ans au début de sa vie publique12. Cela correspond à l’année 27 de notre ère si l’on se réfère à la réponse des juifs : «On a mis quarante-six ans pour bâtir ce Temple13» : en effet la construction du Temple a été entreprise par Hérode le Grand en la 18e année de son règne, soit exactement 46 ans avant l’an 2714. Un autre indice de datation est fourni par Gamaliel*15 : lors de la profession de foi de Jésus (Bar-mitsva) dans sa treizième année, l’année comportait 13 mois. Ce mois supplémentaire (WéAdar) était destiné à réajuster périodiquement le calendrier luni-solaire juif sur le cours du soleil.

C’est à l’occasion de sa réception comme fils de la Loi, que Jésus soutient une discussion avec les docteurs du Temple et provoque l’angoisse de ses parents qui, pendant trois jours, ne savent plus où il est. Maria Valtorta nous fait assister aux échanges de questions et de réponses lors de l’examen de majorité16 puis lors de la discussion avec les docteurs : Hillel*, le libéral et Sciammaï*, le rigoriste17.

Après le décès de Joseph, son père nourricier, un an et demi avant le début de la Vie Publique18, Jésus lui succède comme charpentier : «Je travaillais jusqu’à quatorze heures par jour sans éprouver de souffrance» confie-t-il19. Par la suite, il exerce épisodiquement ce métier pour réparer la charrue du vieux Jacob*20, pour sauver une veuve de la faillite21 ou pour réparer des meubles à Nazareth22.

Vie publique

Décembre 26 : À son trentième anniversaire, Jésus quitte Nazareth. Il y laisse sa mère23. Il descend au Jourdain où il est baptisé par Jean, son cousin24. Puis se retire dans le désert de Judée. Au terme de quarante jours25. Satan vient le tenter selon l’Évangile26.

Dans une dictée27, Jésus distingue, par un trait dominant, chacune des trois années de la vie publique :

– La première est dominée par « Le Maître »,

– La seconde par « Le Sauveur »,

– La troisième, par « Le Rédempteur ».

L’année, selon le calendrier liturgique juif s’étend, d’avril (Nisan) à mars (Adar).

Début mars 27 : À son retour du désert de Judée, Jésus appelle ses premiers disciples : Jean* et Jacques*, les fils de Zébédée28 puis André* qui avait assisté au Baptême de Jésus avec eux. Ils sont rejoints successivement par Pierre* (Simon), Philippe* et Nathanaël* (Barthélemy). Ces premiers disciples accompagnent Jésus aux noces de Cana29.

Avril 27 : Jésus chasse les marchands du Temple30. Impressionné par la scène, Judas* veut le suivre, mais Jésus l’invite à un discernement préalable. Par contre il prend immédiatement à sa suite Thomas* et Simon le zélote*. Jésus part à la recherche des bergers de la Nativité*. Les survivants constituent le noyau des premiers disciples.

Août 27 : Jésus appelle le douzième et dernier apôtre : Matthieu*, le percepteur d’impôts de Capharnaüm31.

Décembre 27 : Jésus inaugure la vie commune avec ses apôtres selon Jean 3,22 à la « Belle-Eau », une propriété de Lazare de Béthanie aux confins de la Samarie32. Au cours d’enseignements quotidiens, il détaille chaque point du Décalogue, en marge de l’Évangile33.

Février 28 : Pour finir cette première année, Jésus se retire avec ses apôtres dans la montagne d’Arbèle, derrière Tibériade. Au terme de huit jours de jeûne et de prière, il fait l’appel définitif des apôtres*34. En prélude à la deuxième année de vie publique, celle du Sauveur, Jésus prononce, sur plusieurs jours, l’important « Sermon sur la montagne » qui expose ses enseignements fondamentaux35. Il le complète par les paraboles marquantes du semeur36, du bon grain et ivraie37, du fils prodigue38, etc.

Mars/avril 28 : La tempête apaisée39 et les démons chassés dans le troupeau de porcs40 frappent les esprits. Ils sont suivis d’autres comme la résurrection de Daniel*, le fils d’une veuve de Naïm41. Entre temps, à Gethsémani, Jésus a enseigné le « Notre Père » aux onze disciples : Judas s’est esquivé42.

Mai/juin 28 : Jésus ressuscite Myriam*, la fille de Jaïre*43. Marie de Magdala* est touchée par la parabole de la brebis perdue dite pour elle44. Elle se précipite chez Simon le pharisien* et tombe en pleurs aux pieds de Jésus. Elle quitte alors sa vie dissolue pour suivre Jésus45. Jean-Baptiste* est décapité à Machéronte sur l’instigation d’Hérodiade*46. Ses derniers disciples rejoignent Jésus.

Juillet/août 28 : Jésus envoie pour la première fois, les apôtres en mission47. Ils participent à la première multiplication des pains48 et assistent à la marche sur les eaux49. Les soixante-douze disciples* sont, à leur tour, envoyés en mission «deux par deux50».

Décembre 28 : Quelques apôtres conduisent secrètement, à Antioche de Syrie, deux disciples dénoncés par Judas comme proscrits : Sintica* et Jean d’Endor*. Ils trouvent refuge dans les propriétés de Lazare de Béthanie*. C’est le noyau de la future communauté chrétienne de cette métropole51.

Janvier/février 29 : Les voyages apostoliques se multiplient : Jésus en syro Phénicie guérit la fille de la cananéenne*52. À Césarée de Philippe, il confirme Pierre dans la primauté53. Avec Jean et son frère Jacques, ils sont affermis par la Transfiguration sur le mont Thabor54. Judas, de plus en plus mal à l’aise dans le groupe apostolique, conspire pour l’instauration d’un pouvoir temporel dont il profiterait. La seconde multiplication des pains55 est suivie du discours sur le Pain de Vie : il provoque le départ d’un grand nombre de disciples56.

La troisième année, celle du « Rédempteur », voit les positions du Sanhédrin se radicaliser. Jésus entreprend de visiter les lieux déjà évangélisés pour affermir la foi après son « départ » qu’il annonce ouvertement. Il élargit les voyages apostoliques à la Transjordanie et à la Décapole. Les femmes disciples* le suivent.

Septembre/Décembre 29 : À la fête des tentes, Jésus dévoile, dans une série de discours, sa vraie nature. Les autorités du Temple cherchent à l’arrêter57. Ces confrontations reprennent à la fête de la Dédicace58.

Janvier 30 : L’hostilité atteint son paroxysme avec la résurrection de Lazare, mort depuis quatre jours. Elle a lieu devant le Tout-Jérusalem59. Apôtres et disciples sont convaincus que ce miracle va confondre les adversaires de Jésus. C’est le contraire qui se produit : un décret de mort s’abat sur Jésus. Il s’exile à Éphraïm en Samarie60.

Mars Avril 30 : Après deux mois environ d’exil, Jésus reprend le chemin vers Jérusalem. L’onction que Marie de Magdala verse à Béthanie sur les pieds de Jésus, prophétise la Semaine Sainte et son dénouement61. Elle commence par l’entrée triomphale à Jérusalem62. Quatre jours plus tard c’est la dernière Cène63, l’insatanisation finale de Judas64, l’agonie et la sueur de sang de Jésus à Gethsémani, l’arrestation nocturne65, le reniement, les différents jugements66, la flagellation, la voie douloureuse67, la crucifixion68. Jésus meurt dans un grand cri : c’est le début étouffé du mot «Maman !69».

Les apôtres s’enfuient. Judas se pend. Seul Jean demeure au pied de la croix avec les saintes femmes et quelques disciples. Jérusalem est terrorisée par le tremblement de terre et les ténèbres. Les femmes disciples s’enferment attendant la fin du sabbat pour embaumer le corps. Le centurion Longin* apporte à Marie des reliques de la Passion. Quelques apôtres commencent à revenir, honteux70. Aux premières lueurs du dimanche un deuxième tremblement de terre se fait ressentir : c’est la Résurrection71. La première apparition de Jésus est pour sa mère72, puis pour Marie de Magdala selon l’Évangile73. Jésus apparaît à de nombreuses personnes, dont Cléophas* et Simon d’Emmaüs*74. Il apparaît en dernier lieu aux dix apôtres75, puis aux onze76.

Jésus ressuscité se manifeste sur les rives du lac selon l’Évangile77 puis à cinq cent disciples sur le Thabor78. L’Ascension à lieu à Gethsémani en venant de Béthanie79.

Recoupements historiques

L’historicité de Jésus a été largement étudiée et débattue. Il est superflu d’y revenir. Quelques éléments méritent cependant d’être soulignés : Maria Valtorta confirme l’existence du voile de la Sainte Face, et son recueil par Nike* (Véronique).

Elle confirme de même le recueil des saintes reliques de la Passion, et particulièrement l’existence du linceul miraculeux. Celui de Turin est sujet à controverses au gré des expertises. En 1988, l’une d’elles a semblé statuer définitivement contre son authenticité. Récemment, en 2005, il a été démontré qu’il n’en était rien.

Pour tous les détails inédits sur Jésus contenus dans l’œuvre, nous renvoyons au commentaire du catéchisme de l’Église catholique80 : «Toute la vie du Christ est mystère. Beaucoup de choses qui intéressent la curiosité humaine au sujet de Jésus ne figurent pas dans les Évangiles. Presque rien n’est dit sur sa vie cachée à Nazareth, et une grande part de sa vie publique n’est pas relatée81. Ce qui a été écrit dans les Évangiles, l’a été « pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom82».

(1) Tome 4, chapitre 106 /vo 243.3/10 – (2) Tome 8, chapitre 40 /vo 579.1/10 – (3) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9 – (4) Ib° – (5) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (6) Tome 2, chapitre 31 /vo 68.6 – (7) Tome 1, chapitre 15 /vo 9.1/5 – (8) Tome 6, chapitre 93 /vo 404.4 – (9) Tome 1, Chapitre 47 /vo 29.3 – (10) Avec Jésus au jour le jour, Résiac, 1994, Page 36 – (11) Tome 2, chapitre 99 /vo 132.6 – (12) Tome 2, Chapitre 32 /vo 69.1/6 – (13) Cf. Jean 2,20 – (14) Flavius Josèphe, Antiquités judaïques XV, XI,1 (15) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.2/9 – (16) Tome 1, chapitre 67 /vo 40.1/7 – (17) Tome 1, chapitre 68 /vo 41.3 – (18) Tome 1, Chapitre 70 /vo 42.1/10 – (19) Tome 4, chapitre 172 /vo 306.1/4 – (20) Tome 2 chapitre 77 /vo 110.6 – (21) Tome 4, chapitre 130 /vo 267.1 – (22) Tome 6, chapitre 126 /vo 434.1/7 – (23) Tome 2, Chapitre 1 /vo 44.1/6 – (24) Tome 2, Chapitre 3 /vo 45.1/5 – (25) Tome 2, Chapitre 5 /vo 46.1/15 – (26) Cf. Matthieu 4,1-10, Marc 1,12-13 et Luc 4,1-13 – (27) Tome 3, au Chapitre 2 /vo 142.1/4 – (28) Tome 2, Chapitre 7 /vo 47.1/10 – (29) Tome 2, Chapitre 14 /vo 52.1/9 – (30) Ib° Tome 16 /vo 53.1/7 – (31) Ib°, chapitre 52 /vo 87.1/4 – (32) Ib°, Chapitre 85 /vo 118.3/7 – (33) Ib°, du chapitre 88 /vo 121.1/10 au chapitre 99 /vo 132.1/8 – (34) Tome 3, Chapitre 25 /vo 165.1/11 – (35) Cf. Matthieu de 5,1 à 7,29 – Ces enseignements sont repris dans le Tome 3, du chapitre 29 /vo 163.1 au chapitre 34 /vo 174.1/22 inclus – (36) Tome 3, chapitre 39 /vo 179.1 – (37) Ib°, chapitre 41 /vo 181.2 – (38) Ib°, chapitre 66 /vo 205.1/8 – (39) Ib°, Chapitre 45 /vo 185.1/6 – (40) Ib°, chapitre 47 /vo 186.2/8 – (41) Ib°, Chapitre 50 /vo 189.1/5 – (42) Ib°, chapitre 64 /vo 203.1/13 – (43) Tome 4, chapitre 91 /vo 230.1.7 – (44) Ib°, Chapitre 94 /vo 233.1/5 – (45) Ib°, Chapitre 97 /vo 236.1/4 – (46) Ib°, Chapitre 133 /vo 270.1/8 – (47) Ib°, Chapitre 128 /vo 265.1/14 – (48) Ib°, Chapitre 136 /vo 273.1/8 – (49) Ib°, Chapitre 137 /vo 274.1/9 – (50) Ib°, Chapitre 142 /vo 278.1/6 – (51) Cf. Actes 11,26 – Tome 5, chapitres 2 /vo 314.1/9 à 13 /vo 325.1/9 – (52) Ib°, chapitre 19 /vo 331.1/14 – (53) Ib°, Chapitre 31 /vo 343.1/7 – (54) Ib°, Chapitre 37 /vo 349.1/15 – (55) Ib°, Chapitre 42 /vo 353.1/5 – (56) Ib°, Chapitre 44 /vo 354.1/16 – Cf. Jean 6,22-71 – (57) Tome 7, Chapitres 181 /vo 486.1/9 à 189 /vo 494.1/4 – Cf. Jean de 7,14 à 8,11 – (58) Ib°, Chapitres 203 /vo 506.1/5 et 204 /vo 507.1/12 – Cf. Jean 8,12-59 – (59) Tome 8, Chapitre 8 /vo 548.1/22 – (60) Ib°, Chapitre 11 /vo 550.1/12 – (61) Ib°, Chapitre 47 /vo 586.1/17 – (62) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.1/22 – (63) Ib°, Chapitre 19 /vo 600.1/42 – (64) Ib°, Chapitre 24 /vo 605.1/13 – (65) Ib°, Chapitre 21 /vo 602.7 – (66) Ib°, Chapitre 22 /vo 604.8/12 – (67) Ib°, Chapitre 28 /vo 608.16 – (68) Ib°, Chapitre 29 – (69) Ib°, Chapitre 29 /vo 609.2 – (70) Ib°, Chapitre 34 /vo 614.5-11 – (71) Tome 10, chapitre 3 /vo 617 – (72) Ib° – (73) Ib°, Chapitre 5 /vo 619.1 – Cf. Jean 20,14-17 – (74) Tome 10, chapitre 11 /vo 625.2 – (75) Ib°, Chapitre 13 /vo 627.2 – (76) Ib°, chapitre 15 /vo 629.1/13 – (77) Ib°, chapitre 19 /vo 633.1 – (78) Ib°, chapitre 20 /vo 634.1 – Cf. 1Corinthiens 15,6 – (79) Ib°, chapitre 23 /vo 638.1 – (80) Catéchisme de l’Eglise catholique, 1992, § 514 – (81) cf. Jean 20, 30 – (82) Ib°, verset 31

Joachim, de Béthanie

Croit naïvement aux racontars que le Sanhédrin colporte sur Jésus : il déclencherait une révolte pour prendre le pouvoir. Un habitant lui conseille de ne pas croire ce que disent de faux disciples1.

(1) Tome 8, chapitre 1 /vo 541.1/4

Joachim et Marie, de Bozra

Habitent l’Auranitide dans la Tétrarchie de Philippe*. Marie est devenue lépreuse en soignant un mendiant qui n’avait pas déclaré sa maladie. Joachim lui construit un enclos au fond de sa propriété et lui apporte sa nourriture chaque soir. Au risque de la lapidation, les serviteurs, amènent Marie secrètement à Jésus qui la guérit1. Le couple devient disciple de Jésus2.

Plus tard, Joachim se fourvoie dans le complot perpétré par Chouza pour le couronnement de Jésus3 mais il se reprend. La présence de Joachim dans le complot des notables atteste sa position sociale importante.

À la veille du départ ultime pour Jérusalem, Jésus conseille à Judas de se retirer chez ce couple, loin de sa tentation. Judas n’obtempère pas4.

Jésus ressuscité apparaît à Marie et Joachim. Il les envoie annoncer sa résurrection à ceux de Bozra5. Joachim se retrouve avec les cinq-cents disciples sur le Thabor6.

(1) Tome 4, chapitre 157 /vo 293.1 – (2) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.1/25 – (3) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.2/21 – (4) Tome 8, chapitre 36 /vo 575.1/19 – (5) Tome 10, chapitre 18, § 12 /vo 632.29 – (6) Ib°, chapitre 20 /vo 634.1/18 – Cf. 1Corinthiens 15,6

Joachim, de Capharnaüm

Est un synhédriste. Avec Simon*, Urie* et Éli*, il fait partie d’un groupe de pharisiens hostiles à Jésus. Ils viennent faire un scandale dans la maison de Matthieu*, nouveau converti1. Le groupe des pharisiens dénonce au Sanhédrin l’attitude scandaleuse de Jésus2 ce qui aboutit, une première fois, à son expulsion du Temple et de Jérusalem3.

Joachim retrouve Jésus au banquet offert par Éli le pharisien en remerciement de la guérison de son petit-fils, mordu par un serpent venimeux. Joachim ne songe qu’à récriminer contre l’occupant romain qui surveille trop les à-côtés des transactions4.

Éli et Joachim sont probablement instigateurs du complot qui conduit à l’arrestation du Baptiste : ils y sont présents5. Avec Urie, il tente de piéger Jésus à la synagogue de Capharnaüm : ils lui présentent un homme à la main paralysée pour qu’il le guérisse, un shabbat, à la vue de tous, mais Jésus les confond6.

Le groupe des pharisiens hostiles ne désarme pas : il accuse Jésus de guérir par le pouvoir de Belzébuth. Jésus avertit : un seul péché ne sera pas pardonné, celui contre l’Esprit7. Joachim vient aux funérailles de Lazare*. Il se réjouit de l’absence de miracle8.

(1) Cf. Matthieu 9,9-12; Marc 2,13-17 – Tome 2, chapitre 62 /vo 97.5/7c– (2) Tome 2, chapitre 80 /vo 113.3 – (3) Ib°, chapitre 82 /vo 115.4 – (4) Tome 3, chapitre 23 /vo 163.1 – (5) Ib°, chapitre 42 /vo 182.1 – (6) Cf. Marc 3,1-6 – Luc 6,6-11 – Tome 4, chapitre 126 /vo 263.1/4 – (7) Ib°, chapitre 132 /vo 269.3/10 – Cf. Matthieu 12,22-50; Marc 3,22-35; Luc 11,14-26 et 29-32 – (8) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11

Joachim, de Gabaon, et sa femme

Ont un enfant muet que Jésus guérit par un baiser sur la bouche.

La mère confie : l’enfant était destiné à être lévite. S’ils ont demandé la guérison c’est dans ce but. Jésus lui répond : «Le Très-Haut a accueilli ton désir. Applique-toi à éduquer ton fils pour qu’il soit parfait dans le service du Seigneur». Elle craint de ne pas savoir s’acquitter de cette responsabilité. Jésus lui conseille : «Fais en sorte qu’il aime le Seigneur Dieu avec tout lui-même, et spontanément fleurira en son cœur la louange parfaite1».

(1) Tome 7, chapitre 213 /vo 516.1/5

Joachim, le grand-père maternel de Jésus

Est un judéen de la lignée de David. Il épouse Anne*, de la lignée d’Aaron (le frère de Moïse). Ils sont chassés de Judée par la persécution politique qui les appauvrit gravement. Maladies, calamités et prédateurs finissent de les ruiner1. Leur pauvreté n’empêche pas leur générosité : Tant que cela lui fut possible, Joachim ne garde que la moitié des récoltes et donne le reste aux pauvres. «Chose dont les anciens de Nazareth se souviennent2».

À cela s’ajoute l’épreuve de la stérilité, mais elle n’entame en rien l’amour conjugal. Sur le tard, il devient père de la Vierge Marie. À l’instar de la mère du prophète Samuel, Anne, sa femme, avait fait un vœu au Temple : si un enfant naissait, il serait consacré au Seigneur3.

Pour Maria Valtorta, Joachim est un peu moins grand que sa femme. Sa chevelure est toute blanche, ses yeux sont bleu turquoise, les cils châtain clair presque blonds4.

Conformément à leur vœu, Joachim et Anne conduisent au Temple la jeune Marie, âgée de trois ans. Ils ne revoient plus l’enfant avant leur mort5.

Recoupements historiques

Joachim et Anne sont fêtés ensemble le 16 août par l’Église catholique. Dans l’Église orientale, c’est le 9 septembre.

Les parents de la Vierge Marie sont connus par le célèbre Protévangile de Jacques, un apocryphe du IIème siècle. Depuis lors, différentes sources ajoutent les détails suivants :

– Selon le Pseudo Matthieu (VIème siècle), Joachim est bien de la tribu de Juda6 mais sa descendance davidique n’est pas précisée.

– Selon une antique tradition Anne et Joachim étaient originaires de Séphoris, non loin de Nazareth, et non de Judée7.

– Joachim offrait bien la moitié de ses biens aux pauvres, mais il s’agit des offrandes du Temple et non de ses récoltes comme le spécifie Maria Valtorta8.

– George Cedrenus, moine grec du 11e siècle, affirme dans sa chronique que Joachim et Anne moururent lorsque Marie eut 12 ans. Ce que reprend L’Abbé Pradier9.

Selon Marie d’Agreda le décès de Joachim intervient six mois après l’entrée de Marie au Temple10, celui d’Anne survient ultérieurement. Marie y assiste11. Ces dernières précisions sont cohérentes avec la loi de l’héritière orpheline12 qui s’applique au moment du mariage de la Vierge Marie.

(1) Tome 1, chapitre 15 /vo 9.1/5 – (2) Tome 6, chapitre 99 /vo 410.6 – (3) Tome 1, chapitre 13 /vo 8.1/8 – (4) Tome 1, chapitre 2 /vo 2.1-4 – (5) Tome 1, chapitre 15 /vo 9.1/5 – (6) Livre de la naissance de la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et de l’enfance du Sauveur (Pseudo-Matthieu) Chapitre 1 – (7) Victor Guérin, La Terre Sainte, 1884, page 299-300 – (8) Protévangile de Jacques – chapitre 1 – (9) Abbé Pradier, La Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Saint Joachim – (10) Marie d’Agréda, La Cité mystique de Dieu – Livre II, chapitre 16 – (11) Ib°, chapitre 19 – (12) Cf. Nombres 27,8

Joachim, de Maggedo

Est un enfant riche. Il a une parole méprisante pour la pauvreté des habits de Margziam* (Jabé) l’enfant adoptif de Pierre. Pierre en est vexé. Il réprimande Joachim et décide d’habiller de pied en cap son protégé dès la prochaine étape1.

(1) Tome 3, chapitre 53 /vo 192.4/5

Joachim et Sara, de Jutta

Prennent soin d’Isaac*, un des bergers de la Nativité atteint par la maladie et la misère. Sara est déjà mère de trois enfants auxquels, sur l’instigation d’Isaac, elle a donné les noms des membres de la Sainte Famille : Marie, Joseph, Emmanuel. Elle s’apprête à faire circoncire son quatrième. C’est l’occasion, pour Maria Valtorta, de décrire minutieusement son habit de fête1. Les parents demandent à Jésus comment appeler l’enfant : Jesaï recommande-t-il.

Dès lors Sara évangélise sa ville, et la maison d’Isaac devient pour les habitants de Jutta un lieu de prière et de rencontre pour y méditer l’enseignement de Jésus2. Deux ans plus tard un autre enfant va naître : comment l’appeler demandent-ils de nouveau à Jésus : « Jean si c’est un garçon, Anne si c’est une fille» répond Jésus3.

Joachim est présent dans la foule du dimanche des rameaux4. Quelques jours après Pâque, Jésus apparaît aux enfants. Il leur demande de porter sa bénédiction aux habitants de Jutta. La mère, Sara, arrive juste à temps pour le voir disparaître5.

(1) Tome 2, chapitre 40 /vo 76.8 – (2) Tome 3, chapitre 72 /vo 210.6 et Ib°, chapitre 74 /vo 212.1 – (3) Tome 7, chapitre 186 /vo 491.1/9 – (4) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.14 – (5) Tome 10, chapitre 18, § 3 /vo 632.29

Joachim, de Sichem

Apporte des offrandes à Jésus de la part des habitants de cette ville de Samarie : Jésus a réussi à arracher le jeune Ruben* et ses frères de la main des brigands. Ils veulent le remercier. Jésus distribue ces dons aux pauvres1.

(1) Tome 8, chapitre 18 /vo 557.1/9

Joachim, le synhédriste

Avait cessé de fréquenter son ami Lazare* au temps des débordements de sa sœur Marie de Magdala*. Il le retrouve, un peu gêné, lors de la troisième Pâque. Joachim est accompagné de trois autres synhédristes, tous favorables à Jésus : Joseph d’Arimathie*, Nicodème* et Éléazar*1. Dès lors Joachim n’hésite pas à s’afficher dans la cour du Temple aux côtés de Jésus2 et à prendre son parti lors de l’interrogatoire de Sidoine*, l’aveugle-né3. Avec le groupe des synhédristes favorables à Jésus, il est présent aux funérailles de Lazare4.

(1) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.7/11 – (2) Ib°, chapitre 68 /vo 378.1/7 – (3) Tome 7, chapitre 207 /vo 510.10 – Cf. Jean 9,01-34 – (4) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.3/22

Joanna, de Tibériade

Est le portier de Jeanne de Chouza* dans sa propriété de Tibériade1. Jonathas* l’intendant et ancien berger de la Nativité a déjà annoncé Jésus à toute la maisonnée si on en croit l’accueil que lui réserve Joanna : «Répands, Seigneur, ta bénédiction sur nous et sur cette maison. Entre. Oh! Comme Jonathas regrettera de n’être pas ici ! Te voir était son espérance. Entre, entre, et avec Toi tes amis2».

Joanna (Yohannah) est une variante du prénom Jean (Yohanan).

(1) Tome 3, chapitre 27 /vo 167.1 – (2) Tome 2, chapitre 64 /vo 99.2

Joanne, de Kériot

Était fiancée à Judas*. Quelques temps après son départ pour le Temple, Judas informe Joanne, «qui l’a attendu toute sa jeunesse» qu’il renonce à se marier. Il est cependant connu qu’il a déjà envoyé des amis demander à un très riche marchand de Jérusalem la main de sa fille1.

Joanne en meurt de chagrin. Cela provoque la brouille entre deux amies inséparables : Anne*, la mère de Judas et Marie*, la mère de Joanne. Cette dernière en conçoit une langueur mortelle guérie par Jésus. La réconciliation tombe à point nommé : la mère de Judas doit affronter l’opprobre du village. Elle a besoin de soutiens et de réconforts2.

(1) Tome 3, chapitre 76 /vo 214.5 – (2) Tome 10, chapitre 18, § 2 /vo 632.29

Joazar, le synhériste

N’apparaît qu’une seule fois, de façon furtive, aux funérailles de Lazare. Selon les remarques des badauds, cet ancien Grand-Prêtre jouit d’une réputation de bonté1.

Recoupements historiques

Joazar était fils de Simon Boëthus*, un Grand-prêtre qui dût son pontificat, à la beauté de sa fille, Mariamne II, qu’Hérode le Grand* épousa en troisième noces2.

Joazar est ainsi le beau-frère d’Hérodiade* et l’oncle de la princesse Salomé* (la danseuse du festin d’Hérode).

Joazar fut lui-même Grand-prêtre durant six ans de 4 avant JC à l’an 2 et déposé par Quirinius. Selon Flavius Josèphe, Joazar figura au procès de Jésus avec ses deux frères, dont l’un (Eléazar*) était, comme lui, un ancien grand prêtre3.

(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (2) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (3) Flavius Josèphe, Antiquités juives, XV, IX, 3 ; XVII, 3,39, VI, 4 ; XIII, 1 ; XVIII, 26 ; XIX, VI, 2

Joël d’Abia, dit Alamot, le synhédriste

Fait partie de la délégation chargée de juger le cas de Sabéa* la prophétesse : Elle prédit ouvertement que Jésus est le Messie et qu’il triomphera. Au contraire de la majorité de ses confrères, il l’écoute avec l’esprit ouvert et non partisan : «Maître, dit-il à Jésus, nous ne sommes pas tous tes adversaires. Certains de nous sont indécis. Ils ont une volonté sincère de voir ce qui est vrai pour te suivre». Ébranlé par le discours inspiré de la prophétesse, il demande à Jésus de se souvenir de lui quand il sera dans son royaume1.

La résurrection de Lazare* le conforte dans la puissance divine de Jésus2. Lors de la dernière marche de Jésus vers Jérusalem, il se joint à un petit groupe de notables de haute lignée pour approcher secrètement Jésus et l’assurer de leur soutien. Elcana* et Éliel*, les frères de Jeanne de Chouza* et Judas l’assidéen*, font partie de ce groupe3.

Maria Valtorta décrit Joël comme un «avorton» au visage pâle et maigre : «Je suis un homme de faible constitution, dit-il à Jésus. Tu le vois, et tu sais qu’à cause de cela je suis méprisé. Mais si la nature ne m’a pas favorisé, elle n’a pas amputé mon intelligence. Au contraire, en m’enlevant beaucoup de plaisirs, elle a fait de moi un homme sage4».

*

Alamoth désigne une jeune femme vierge, mais aussi une soprano. Dans le psaume 46, c’est une notation musicale indiquant qu’il doit être chanté par une voix de jeune fille. Le sobriquet dont Joël est affublé laisse supposer qu’il avait une voix aiguë et un aspect plutôt efféminé dont on se moquait. Ce qu’évoque le descriptif de Maria Valtorta.

Joël doit descendre d’une des plus anciennes familles d’Israël, la famille d’Abiah5.

(1) Tome 7, chapitre 222 /vo 525.4/19 – (2) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.3/22 – (3) Ib°, chapitre 41 /vo 580.1/10 – (4) Ib°, chapitre 42 /vo 582.1/3 – (5) Cf. 1 Chroniques 24

Joël de Bethléem de Galilée

Voir Serviteur de Joël.

Joël, de Bethsaïda

Est un jeune enfant chétif. C’est pourquoi, il ne veut pas jouer à la guerre. Il prêche pour des jeux pacifiques. C’est pour Jésus, l’occasion de parler aux enfants de la guerre et la haine. Il encourage Joël dans son attitude en citant le prophète dont il porte le nom : « …que le faible dise : Je suis fort !1».

(1) Tome 2, chapitre 12 /vo 50.4 – Cf. Joël 4,10

Joël, d’Esdrelon

Voir Isaïe et les paysans d’Esdrelon.

Joël, d’Hébron

Est le serviteur du Baptiste*. Il l’avait chargé de distribuer aux pauvres tous les revenus de la propriété d’Hébron héritée de Zacharie* et d’Élisabeth*. À chaque entrée d’hiver, Joël portait au Baptiste une peau de mouton. Avec l’arrestation du Baptiste, la maison d’Hébron a été confisquée et le serviteur chassé1.

(1) Tome 2, chapitre 41 /vo 77.5

Jonas, d’Alexandroscène

Se fait rabrouer : il n’a rien à espérer car Jésus ne guérit que les vrais israélites. Son infirmité est une punition : sa mère juive, avait épousé un phénicien. Jésus fend la foule pour venir chercher le bancal effrayé. Il le guérit aux yeux de tous1.

(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.1/10

Jonas, de Babaon

Est un synhédriste présent aux funérailles de Lazare*. On ne sait rien de lui, ni de la localité dont il vient1.

*

Peut-être faut-il lire Gabaon au lieu de Babaon ? La proximité de cette ville lévitique et sacerdotale, à 8 km au nord de Jérusalem, justifierait amplement qu’elle eut possédé un ou deux synhédristes.

(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11

Jonas, de Béthanie

Est un serviteur de confiance de Marthe*. Elle le charge d’annoncer d’urgence à Jésus l’entrée en agonie de Lazare1. Il part à bride abattue mais obtient une fin de non-recevoir de la part de Jésus : «Dis à ta maîtresse de ne pas s’inquiéter : ce n’est pas une maladie mortelle, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle2».

Jonas est un ancien disciple du Baptiste*. Il est quasiment analphabète, mais il fait preuve d’une grande profondeur spirituelle. Jésus donne cet illettré en exemple à Judas* très cultivé et au seuil de la trahison. «C’est déjà beaucoup s’il peut lire quelques mots… Et pourtant… Ses paroles auraient pu être sur mes lèvres sans que ma parole parût sotte3».

(1) Cf. Jean 11,3-4 – (2) Tome 8, chapitre 5 /vo 545.1/4 – Cf. Jean 11,4 – (3) Tome 8, chapitre 43 /vo 582.7/15

Jonas, de Cédès

Voir Sara et Jonas, de Cédès.

Jonas, un disciple

Figure parmi les soixante-douze «envoyés deux par deux», mais on ne sait rien de lui1.

(1) Tome 4, chapitre 144 /vo 280.1/5 – Cf. Luc 10,1

Jonas, d’Esdrelon

Est un des douze bergers de la Nativité*. Après la dispersion provoquée par le massacre des innocents, il devient régisseur de Doras*, un pharisien impitoyable. Il est réduit frauduleusement en esclavage pour dettes, puis tué au travail. Il était battu quand les récoltes étaient mauvaises ou les rendements insuffisants. Il était battu à chaque vols commis par des samaritains tous proches.

Malgré cela Jonas sèmait la bonne parole parmi les paysans d’Esdrelon1. Comme les autres bergers, il le faisaitt à partir de la seule vision béatifique des anges qu’il avait eu à la Nativité.

Quand Jésus le retrouve, il bénit les terres de Doras pour éviter de lourdes fatigues aux paysans2. Les récoltes sont abondantes, mais Jonas est battu parce que les récoltes précédentes ne l’étaient pas. Sa santé décline rapidement. Jésus décide de racheter sa liberté. Doras la négocie à prix d’or. La somme est fournie par Lazare de Béthanie*. Doras finit par livrer un homme grabataire et mourant. Jésus maudit les terres du pharisien et transporte Jonas à Nazareth où il meurt en revivant la vision des anges de la Nativité3. Sa vie inspire la parabole de Lazare et du mauvais riche4.

(1) Tome 3, chapitre 51 /vo 190.1/3 – (2) Tome 2, chapitre 54 /vo 89.1/8 – (3) Ib°, chapitre 76 /vo 109.14 – (4) Cf. Luc 16, 19-31

Jonas et Lévi, d’Enon

Sont des notables. Ils témoignent qu’Alexandre* le furieux a bien reçu l’argent pour libérer Benjamin* : ce qu’il ne fait pas1.

(1) Tome 8, chapitre 35 /vo 574.3/14

Jonas et Marie, du Gethsémani

Sont les gardiens de l’oliveraie de Lazare*. Ils reçoivent souvent le groupe apostolique lors de nombreux séjours à Jérusalem. À ce titre, Jonas est pris à partie par une troupe hostile, lors de la 3ème Pâque. Jésus décide de ne plus loger chez lui, mais d’occuper le jardin de temps en temps1.

Le couple est témoin de l’Ascension qui se passe en partie à Gethsémani. Jésus les remercie de «tout ce qu’ils lui ont donné2».

Après l’Ascension, l’oliveraie est close sur instructions de Lazare. Il propose à la Vierge Marie d’être hébergée dans la maison des gardiens. Pour respecter son besoin de solitude, Jonas et Marie déménagent à Béthanie3. La Vierge Marie demeure à Gethsémani en compagnie de Jean.

Marc*, le fils des gardiens, est probablement l’évangéliste.

Recoupements historiques

Marie est sans doute celle mentionnée par les Actes des apôtres4 : Mère de Marc, sa maison, proche de Jérusalem, servait de lieu de réunion et de prière pour les disciples. Pierre, miraculeusement délivré par l’ange, y trouve refuge. À cette époque Jonas a dû mourir car les Actes ne l’évoquent pas.

(1) Tome 5, chapitre 62 /vo 372.3/6 – (2) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19 – (3) Ib°, chapitre 27 – (4) Cf. Actes 12, 12

Jonas et Sara, de Biram

Sont des paysans du nord de la Galilée. Le berger Anna* conduit le groupe apostolique chassé d’Alexandroscène, chez ces prosélytes. Leur maison sert d’auberge pour les pèlerins qui vont des rivages syro-phéniciens vers l’intérieur. Jonas et Sara connaissent le Messie par leurs dires1. C’est dans cette auberge que Jésus rencontre la cananéenne* de Matthieu 15,21-282.

(1) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.9 – (2) Ib°, chapitre 19 /vo 331.1/4

Jonas de Scythopolis

Voir Jean de Bétaven et les bandes séditieuses.

Jonathas ben Anna, le synhédriste

Est le second fils du Grand-Prêtre Anna*. Il est âgé de quarante ans environ1. La rumeur publique colporte qu’il participe, avec d’autres membres du Grand Conseil, à des festins douteux organisés par une romaine résidant à Béthanie2.

Lors de la maladie mortelle de Lazare*, une délégation du Sanhédrin vient s’assurer qu’il n’y a pas une supercherie. Marie de Magdala* les accueille fermement. Jonathas se fait remettre à sa place et commente : «Le Rabbi t’a chassé plusieurs démons, mais il ne t’a pas adoucie !3».

Recoupements historiques

À l’époque de l’arrestation de Jésus, Jonathas ben Anna était le chef de la police du Temple. En 36, il succède à Caïphe comme Grand-Prêtre, mais son pontificat ne dura qu’un an4. En 52 ou 53 il fut assassiné sur l’ordre du procurateur romain Antoine Felix. Ce fut Doras*, un synhédriste, qui recruta les sicaires5.

(1) Tome 8, chapitre 42 /vo 581.1/8 – (2) Tome 2, chapitre 102 /vo 135.1 – (3) Tome 8, chapitre 2 /vo 542.1/7 – (4) Flavius Josèphe, Antiquités juives, 18, 4, 3 – (5) Mgrs A. et J. Lemann « Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ » 1877

Jonathas ben Uziel, le synhédriste

Interpelle le groupe apostolique qui mange des épis le jour du sabbat. Il se prévaut de son ascendance, celle de Simon le Juste, pour étayer son intransigeance au regard de la Loi. «Le shabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbat» lui répond Jésus1.

Jonathas fait partie des synhédristes hostiles à Jésus2. C’est un maître réputé aux dires de Samuel* le scribe, un de ses disciples. Endoctriné, celui-ci vient pour arrêter Jésus, mais il se convertit3. D’autres suivent4.

Recoupements historiques

Simon le Juste dont descend Jonathas, est une figure marquante du IIIème siècle avant J.C. Il défendit la Loi contre les mœurs grecques.

Selon le Talmud5, Jonathas était considéré comme un des meilleurs élèves d’Hillel* et de Schammaï*, deux grands Docteurs. Il traduisit, notamment, la Torah et les Prophètes en araméen6. Âgé de 60 ans environ au moment de sa rencontre avec Jésus, il mourut dans un âge avancé. Sa tombe, en Haute-Galilée, est l’objet d’un pèlerinage.

(1) Cf. Matthieu 12,1-8; Marc 2,23-28; Luc 6,1-5 – Tome 3, chapitre 79 /vo 217.2/4 – (2) Tome 8, chapitre 6, /vo 546.6/11 – (3) Ib), chapitre 22 /vo 561.6-7 – (4) Tome 9, chapitre 7 /vo 588.8 – (5) Talmud, Nédarim 5-10; Suk. 28a; B B 134a – (6) Targum de Jérusalem ou Targum Jonathan.

Jonathas, de Bethléem

Est un des bergers de la Nativité*1. Il devient régisseur de Chouza*, six ans avant le début de la vie publique. Jonathas est un robuste vieillard, bien portant et bien vêtu, très aimé de son maître2.

Jésus le retrouve dans des circonstances dramatiques : Jeanne*, la femme de Chouza, est phtisique et mourante. Jésus l’appelle à distance, puis la guérit3.

La fonction de Jonathas l’empêche de s’investir dans l’apostolat ou de suivre Jésus comme les autres disciples. Il ne le fait qu’occasionnellement, à la suite de sa maîtresse. Après la Passion, il est rejeté comme elle, par Chouza* préoccupé de sa carrière. Jésus ressuscité lui apparaît, comme aux autres bergers, au jour de Pâques4. Il fait partie des cinq-cents disciples qui le retrouvent au Thabor5.

(1) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (2) Tome 2, chapitre 103 /vo 136.1/11 – (3) Ib°, chapitre 68 /vo 102.3/8 – (4) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5 – (5) Cf. 1Corinthiens 15,6 – Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18

Jonathas, de Jafia

Voir Éléazar et les bûcherons de Jafia.

Jonathas, de Masada

Est un riche hérodien que la bru d’Ananias* s’apprête à épouser. Elle veut rejeter son passé et oublier le «grossier paysan» qu’est son beau-père, quitte à le laisser mourir de faim1.

(1) Tome 6, chapitre 82 /vo 392.4

Jonathas, du Temple

Est un prêtre très âgé. Il a été le maître de Jean le prêtre*, et l’ami de Zacharie*, le père de Jean-Baptiste*. Sous l’incitation du prêtre Jean, lépreux guéri, il devient disciple de Jésus en même temps qu’un jeune lévite : Zacharie*. C’est Jonathas qui remémore à Jésus les galiléens tués, près de l’Autel, par Pilate1.

Il ne tarde pas à mourir2.

(1) Cf. Luc 13,1-2 – Tome 4, chapitre 145 /vo281.11/16 – (2) Tome 7, chapitre 185 /vo 490.9

Joraï, de Sychar

Voir Abel et les croyants de Sychar.

Joseph, fils d’Alphée

Est le plus âgé des cousins de Jésus. Il est marié et père de famille, mais on ne connaît ni le nom de sa femme, ni celui de ses enfants1. C’est le fils du judéen Alphée*, l’oncle de Jésus, et de la galiléenne Marie*, fille de Cléophas. Il est l’aîné de ses trois frères : Simon*, et Jude* et Jacques*, les apôtres2. Il devient chef de la famille après la mort de leur père à qui il ressemble physiquement et moralement : il est autoritaire et obstiné. Comme lui, il est d’abord hostile à Jésus, objet de scandale : «Tu veux te perdre ! Tu es la cause de notre ruine et de la tienne !» lui reproche-t-il.

Il fréquente les pharisiens, qui savent user de sa naïveté. Croyant bien faire, il participe même à un premier complot contre Jésus3. Son parler est lent et hautain4. Il est imbu de son rôle de chef de famille, et de sa descendance royale. Joseph veut absolument conseiller Jésus sur la manière de tisser des alliances avec les puissants pour conquérir le pouvoir5.

Il s’interroge progressivement sur la véritable nature de Jésus : Il demande à Marie de lui expliquer les Écritures «comme toi et ton Fils vous les comprenez». Une tâche ardue pour la Vierge Marie : Joseph croit fermement au règne temporel du Messie, aboutissement logique de sa naissance royale.

Joseph évolue lentement, mais sûrement en évitant les pièges tendus par le Sanhédrin6 Il devient pleinement disciple du Christ, comme tous ses frères, conformément à la promesse faite par Jésus à leur mère7.

Recoupements historiques

L’historicité de Joseph (ou José), l’un des quatre «frères» (cousins) de Jésus est attestée depuis les origines, à commencer par Marc 6,3 et 15,47, et Matthieu 27,56.

(1) Tome 9, chapitre 15 /vo 596.28 – (2) Cf. Matthieu 13,55 – (3) Tome 4, chapitre 127 /vo 264.7/11 – (4) Tome 8, chapitre 23 /vo 562.1/6 – (5) Tome 6, chapitre 152 /vo 460.4/10 – (6) Tome 7, chapitre 173 et 186 /vo 478.1/12 et 491.1/9 – (7) Tome 4, chapitre 116 /vo 253.3

Joseph, d’Aféca

Est le jardinier de la veuve Sara*. Elle le punit d’avoir brisé le rosier que Jésus aimait tant. Elle a été assez sotte pour le laisser y toucher : Jésus doit lui en vouloir. Fait sans importance, dit Jésus. Sara finit par lui avouer la cause réelle de sa sévérité : «C’est mon époux qui me l’avait apporté à son dernier printemps1».

(1) Tome 6, chapitre 148 /vo 456.6/7

Joseph, d’Arimathie

Est membre du Sanhédrin. Il est de la classe des gros propriétaires (les Anciens). Il est ami de Gamaliel* et de Nicodème*. C’est un homme d’âge mûr1 généreux et croyant. Son caractère est affirmé. Son sens de l’amitié est sincère et sans préventions : il continue à fréquenter Lazare* sur qui pèse l’opprobre jetée par l’inconduite notoire de sa sœur, Marie de Magdala*.

Il défend devant le Sanhédrin, la propriété de Simon le zélote* qu’il connaît depuis son enfance2. Simon a été mis à l’écart en raison de sa lèpre avant que Jésus le guérisse.

Joseph rencontre Jésus au Temple quand il en chasse les marchands3. Malgré l’hostilité naissante du Sanhédrin, il n’hésite pas à prendre position en sa faveur. Aux pharisiens de Galilée qui viennent dénoncer Jésus, il répond : «Celui qui fait des miracles, a Dieu avec lui. Qui a Dieu avec lui ne peut être dans le péché : Dieu l’aime». Dans sa propriété d’Arimathie, il convie quelques synhédristes à un banquet offert en l’honneur de Jésus : les réactions sont diverses4.

Jésus envisage de confier l’évangélisation des puissants de Judée à quelques notables : Lazare, Nicodème*, Chouza*, … Cet espoir tourne court devant l’hostilité du Sanhédrin5.

Joseph prend ses distances avec cette assemblée :

– Il parraine le jeune Margziam*, fils adoptif de Pierre* lors de sa réception comme fils de la Loi (Bar-Mitzva)6.

– Il invite le groupe apostolique dans sa maison de Jérusalem, près de la piscine probatique de Bézatha7.

– Lors du procès d’Éléazar* le fils d’Anna, violeur et meurtrier, il défend la justice comme Nicodème et Éléazar*8.

– Le Sanhédrin tend un traquenard poussant Jésus à guérir Sidoine*, l’aveugle-né, un jour de shabbat. Joseph déjoue le complot. Judas* était complice9.

Lors de la séance houleuse du Sanhédrin qui suit la résurrection de Lazare, il avoue clairement sa foi : «Il est Dieu, dit-il en parlant de Jésus. Je n’ai plus aucun doute10». Malgré l’aversion des juifs pour les païens, il prend sous sa protection Martial*, un jeune orphelin romain recueilli par Joseph de Sephoris*11. Par vengeance envers Joseph, le jeune enfant est tué lors de la Passion.

La foi de Joseph ne s’exprime pas qu’au Sanhédrin : il ordonne de distribuer sans compter à des nécessiteux, les fruits de sa moisson d’Arimathie. Abraham*, le régisseur récrimine : il y a trop de quémandeurs. Joseph lui répond par un acte de foi et ordonne de doubler les rations distribuées. Le miracle de la multiplication des gerbes a lieu12.

La Passion marque sa rupture complète avec le Sanhédrin : «À partir de maintenant, dit-il au Grand Prêtre Caïphe*, sache que Joseph l’Ancien est ennemi du Sanhédrin et ami du Christ13».

Avec Nicodème, Joseph va demander à Pilate*, le corps du Crucifié et fournit son tombeau neuf pour ensevelir Jésus14. Afin d’éviter toute profanation, il clôture, après le Résurrection, la pommeraie où était le tombeau. Lazare avait fait de même pour le Gethsémani15. Lors de l’Ascension Jésus l’invite à ses côtés avec quelques autres et leur dit : «Toi, Lazare, mon ami. Toi, Joseph, et toi, Nicodème, vous avez été pleins de pitié pour le Christ quand cela pouvait être un grand danger16».

Recoupements historiques

L’Église fête saint Joseph d’Arimathie le 17 mars.

Selon la légende il aurait apporté en Angleterre, le Saint-Graal (vase qui aurait servi à la Cène et au Calvaire pour recevoir le sang du Christ)17. La tradition le fait aussi venir en Gaule à la suite de la famille de Béthanie18. Il serait honoré à Arles, dès le premier siècle, sous le vocable de Saint Trophime19.

Eusèbe de Césarée et saint Jérôme, identifient le village d’Arimathie avec Rama de Samuel dans la région d’Éphraïm (Ramataïm). C’est la patrie du prophète. Il y est enterré20. C’est aujourd’hui la ville de Rantis.

(1) Tome 7, chapitre 207 /vo 510.1/14 – (2) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.2/9 – (3) Cf. Jean 2,13-21 – Tome 2, chapitre 16 /vo 53.2 – (4) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.2/9 – (5) Tome 2, chapitre 83 /vo 116.4 – (6) Tome 3, chapitre 62 /vo 201.1/7 – (7) Ib° – (8) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.7/11 – (9) Tome 7, chapitre 207 /vo 510.1/14 – (10) Tome 8, chapitre 10 /vo 549.1/15 – (11) Ib°, chapitre 11 /vo 550.8/12 – (12) Tome 6, chapitre 97 /vo 408.1/7 – (13) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.8/12 – (14) Ib°, chapitre 29 au chapitre 31 /vo 609.16/35 à 611.1/15 – (15) Tome 10, chapitre 17 /vo 631.1 – (16) Ib°, chapitre 23 /vo 638.19 – (17) Robert de Boron, Estoire dou Graal ou Joseph d’Arimathie (Romans de la table ronde), 1190 et 1199 – (18) Raban Maur (Ixème siècle), Vie de la bienheureuse Marie-Madeleine, – (19) Georges Martin, Le graal en Provence, 1999, page 33 – (20) André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, 2003

Joseph, dit Barnabé

Est un lévite, élève «attentif et aimé» de Gamaliel*. Juif de la Diaspora, il est né dans la ville cypriote de Cintium. Il a été consacré à Dieu dès sa naissance. Son père et sa mère le confient à des parents de Jérusalem pour qu’il serve au Temple. Selon le Nouveau Testament, l’évangéliste Marc* est son cousin1, mais Maria Valtorta ne le précise pas. «Mes parents m’ont appelé Joseph, dit-il à Jésus en se présentant, parce que, comme l’ancien Joseph, j’ai enlevé à ma mère la douleur d’être stérile. Ma mère disait toujours « ma consolation » pendant qu’elle me nourrissait, et je suis devenu Barnabé pour tous2».

Disciple tardif, c’est un jeune homme ouvert, généreux et de grande élévation d’âme. Il est définitivement convaincu par Jésus lors de la résurrection de Lazare*3. Il suit discrètement Jésus lors de son exil en Samarie4. Puis ouvertement5.

Lors de la rencontre des 500 disciples sur le Thabor6, il est choisi pour être joint au groupe «des soixante-douze» dénommé ainsi par Maria Valtorta en référence au groupe fondateur7.

Recoupements historiques

Saint Barnabé est fêté par l’Église le 11 juin. Les Actes des apôtres le présentent comme «Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé – ce qui se traduit « fils de consolation » – lévite originaire de Chypre8». Généreux, il vend tous ses biens au profit de la communauté chrétienne primitive.

C’est lui qui convainc la communauté de Jérusalem de la réelle conversion de l’ancien persécuteur Paul (Saul*), élève comme lui de Gamaliel. Devenu compagnon de Paul, il est mis au rang d’apôtre. À Lystre, les habitants le prennent pour Jupiter.

Paul et Barnabé finissent par se séparer. Selon la tradition il faisait partie des soixante-douze disciples9. On lui attribue une épître, citée par Clément d’Alexandrie, Origène, et d’autres auteurs anciens, mais elle n’a pas été retenue dans les textes canoniques10. Il serait mort lapidé à Salamine, une île de la mer Égée11.

(1) Cf. Colossiens 4,10 – (2) Tome 7, chapitre 165 /vo 471.1/8 – Bar-navi veut dire « Fils de la consolation » – (3) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.3/22 – (4) Ib°, chapitre 42 /vo 581.4 – (5) Tome 9, chapitre 11 /vo 592.14/20 – (6) Cf. 1Corinthiens 15,6 – (7) Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18 – (8) Cf. Actes 4,36 – (9) Maistre, Histoire des soixante-douze disciples, 1868, p 34 – (10) Migne, Dictionnaire des apocryphes, Tome 2, page 149 – (11) Jacques de Voragine (XIIIème siècle) La Légende DoréeSaint Barnabé

Joseph, berger de Bethléem (le père)

Est le frère jumeau de Benjamin*, un autre berger de la Nativité*1. Il est dit «natif de Saba2». Lors du massacre des innocents, il meurt en sauvant sa femme et son fils Joseph, de l’incendie de leur maison3. Le jeune enfant sauvé deviendra disciple sous le nom de Joseph le juste*.

*

Saba est un lieu-dit à quelques kilomètres de Bethléem dans le désert de Cisjordanie. Il est occupé aujourd’hui par le monastère de Mar-Saba, l’un des plus anciens monastères chrétiens. Ce monastère tient son nom de saint Sabas qui y vécut au Vème siècle, ou du lieu-dit.

(1) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (2) Tome 10, chapitre 24 /vo 639.1/6 – (3) Tome 2, chapitre 39 /vo 75.4

Joseph, de Béthanie

Est le vieux serviteur de Simon le zélote*, lépreux et futur apôtre. «C’est le seul qui m’est resté après mon malheur, dit l’apôtre guéri par Jésus. Il m’a toujours aidé pendant que j’étais banni de la société. Il a pris soin de mes biens comme des siens1».

Simon fait acheter sa propriété par Lazare*, son voisin. Il lui précise : «Une petite maison, à la limite de la propriété, restera en possession de Joseph et une partie de la somme lui sera remise pour ses besoins à venir2». Cette maison sert quelque fois de refuge pour le groupe apostolique, malvenu à Jérusalem3.

(1) Tome 2, chapitre 49 /vo 84.4 – (2) Ib° – (3) Tome 3, chapitre 59 /vo 198.4

Joseph Barsabbas

Voir Joseph le juste.

Joseph, de Capharnaüm

Voir Zacharie et les ingrats.

Joseph, de Corozaïn

Est le fils d’un menuisier mort brusquement en laissant des commandes de travaux inachevées. Joseph est l’aîné des cinq enfants. Il n’a pas huit ans et ne connaît pas le métier. Sa famille risque la faillite dans l’indifférence générale.

Jésus profite d’une semaine laissée vacante par le départ des apôtres en mission, pour faire le travail commandé1. Le jeune garçon, revigoré par l’exemple de Jésus, se ressaisit : il décide d’apprendre la menuiserie2.

Sur le point de partir à Jérusalem pour sa Passion, Jésus demande à Jude* et Anne* de Méron, un vieux couple de vignerons, de veiller sur Joseph et sa famille3. Jésus réunit les rares disciples de Corozaïn et leur confie ce village indifférent à sa Parole. Le jeune Joseph proteste : il est disciple, mais ne sait pas parler et on n’écoute pas le peu qu’il dit. «Qu’importe, dit Jésus. Tu parleras par ta bonté. Donne le bon exemple à tes petits frères et veille sur l’honneur de tes sœurs». Jésus lui prédit qu’ils seront de nouveau ensemble un jour4.

(1) Tome 4, chapitre 130 /vo 267.1 – (2) Tome 5, chapitre 26 /vo 338.4 – (3) Tome 7, chapitre 158 /vo 465.9 – (4) Ib°, chapitre 163 /vo 469.1/3

Joseph, d’Emmaüs

Est propriétaire d’un commerce à Joppé. Il épouse une riche marchande de cette ville. Malheureusement, apprend-t-il plus tard, c’est une demi-sœur, fille supposée de sa mère répudiée. Il divorce immédiatement de son épouse qui meurt peu après. Malgré ce renvoi et son évidente bonne foi, on l’accuse d’inceste. Il est condamné à être «séparé d’Israël», une condamnation absolue1.

Accueilli par Jésus, il décide de devenir disciple et vend son commerce de Joppé. Jésus le confie à Timon*, le chef de la synagogue de la Belle-Eau et à Isaac* le berger2. Il est compté parmi les «soixante-douze disciples», mais il n’est pas envoyé en mission compte-tenu de son passé3. Son apostolat s’effectue dans les terres éloignées de Judée4.

*

Les cas d’inceste sont régis par le Chapitre 18 du Lévitique. Le coupable était «séparé d’Israël» et ne pouvait plus se marier.

(1) Tome 2, chapitre 107 /vo 140.3/5 – (2) Tome 3, chapitre 59 /vo 198.1/5 – (3) Tome 4, chapitre 143 /vo 279.1/3 – (4) Tome 7, chapitre 122 /vo 525.4/19

Joseph, l’époux de Marie

Est d’ascendance royale. Il est le second et dernier fils de Jacob, lui-même fils de Mathan et petit-fils Éléazar1. On ne sait rien d’autre sur sa famille hormis son frère aîné, Alphée*, et sa descendance.

Portrait

«Joseph est un bel homme, dans la force de l’âge. Il aurait trente-cinq ans, au plus. Ses cheveux châtain sombre et sa barbe de même couleur encadrent un visage régulier avec des yeux doux, marrons, presque noirs. Le front est large et lisse, le nez petit, légèrement arqué, les joues rondes avec des pommettes rosées. Il n’est pas très grand, mais robuste et bien fait2». Il a donc de 15 à 20 ans environ de plus que son épouse Marie. Leurs fiançailles sont l’occasion, pour Maria Valtorta, de décrire minutieusement les habits de fête des deux promis3.

Sa vie

Il naît probablement à Bethléem de Judée. Plus tard, lorsqu’il s’agit de se faire recenser dans sa ville d’origine, il n’y a plus de maison et ne connaît plus personne4.

Alphée, le frère aîné de Joseph, a quatre fils : «les frères du Seigneur». Les épouses de deux d’entre eux sont «les sœurs du Seigneur5».

Joseph exerce le métier de charpentier. Il y initie plus tard son fils6. Ce métier permet à Joseph de faire vivre la Sainte Famille dans les pérégrinations des premières années : à Bethléem où il demeure un an environ et à Matarea en Égypte où il demeure quatre ans. Un détail dans le descriptif de son atelier a fait polémique : Maria Valtorta y mentionne un tournevis. Ce mot anachronique s’explique par la pauvreté du vocabulaire technique à la disposition de la voyante. À l’époque du Christ, les outils du charpentier ressemblaient beaucoup aux outils contemporains7 : Maria Valtorta décrit sans doute un bédane (ciseau à bois pour percer les mortaises).

Lors de sa mort8 «(Marie) lui avait consacré trente ans d’une vie fidèle». D’où l’on déduit que Jésus avait 28 ans à ce moment-là, Marie 44 et Joseph 63/64 ans environ. La mort intervient deux ans avant le début de la vie publique de Jésus. Joseph eut une mort douloureuse, «mais il était résigné». Jésus lui donne la paix en récitant des Psaumes de circonstance pendant son agonie9.

La chasteté de Joseph

Joseph s’était consacré à Dieu et n’aspirait pas au mariage. Il l’avoue à sa fiancée Marie lorsqu’il hérite du rameau miraculeusement fleuri qui le désigne : «Je suis naziréen (personne consacrée à Dieu) et j’ai obéi à la convocation parce qu’elle émanait du Grand Prêtre, non par désir du mariage10». Cette vie en virginité, mutuellement acceptée, a pour conséquence une vie séparée à Nazareth. Le peu d’empressement de Joseph à célébrer les noces, suscite l’étonnement de la famille et des voisins : «Joseph recula les noces le plus possible, et on ne comprit jamais comment à l’improviste il décida la cohabitation avant le temps fixé. Et aussi, quand on sut que tu étais mère, comme Nazareth s’étonna de sa joie contenue !…» dit à la Vierge Marie Marie de Cléophas*, sa belle-sœur11. L’Annonciation et le songe de Joseph précipitèrent les noces et la cohabitation dans la chasteté12. Le mariage était initialement prévu pour l’anniversaire des 16 ans de Marie13.

Cette vie conjugale en virginité, parfois difficile à comprendre, est explicitée par Jésus : «Joseph de Nazareth était un juste. À lui seul pouvait être confié le Lis de Dieu (Marie). Ange, en son âme comme en sa chair, il l’aima comme aiment les anges de Dieu. L’immensité de cet amour puissant … sera compris par peu de personnes sur la terre14». Cette vie en chasteté fonde un amour vrai : «Ceux qui pensent que l’amour de Marie pour son époux était plutôt tiède, parce qu’entre eux il n’y avait qu’une union d’esprits, sont dans l’erreur, commente Jésus. Marie aimait intensément son Joseph. Elle lui avait consacré trente ans d’une vie fidèle. Il fut pour Elle : un père, un époux, un frère, un ami, un protecteur15».

Recoupements historiques

Saint Joseph est fêté le 20 juillet en orient et le 19 mars en occident.

Son culte commence en Orient avec L’Histoire de Joseph le charpentier, un apocryphe copte du IVème siècle. L’œuvre devient très populaire au Vème siècle et influence grandement l’iconographie.

Au IIème siècle, le Protévangile de Jacques présentait Joseph comme un veuf ayant déjà des enfants d’un premier mariage16. Notion reprise par les apocryphes successifs, tels le Pseudo-Matthieu, à la fin du VIème siècle17 et le Livre de la Nativité de Marie, au IXème siècle18.

Les voyantes comme Marie d’Agréda (XVIIème siècle), Anne-Catherine Emmerich (XIXème siècle) et Maria Valtorta, rompent avec cette tradition : Joseph à trente-trois ans environ et n’a jamais été marié19. Son vœu de chasteté est confirmé par ces voyantes, mais implicitement pour Anne-Catherine Emmerich20.

Plusieurs traditions fixent sa mort à environ 60 ans21 quand L’Histoire de Joseph le charpentier, apocryphe déjà cité, la fixait à 110 ans.

(1) Tome 2, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (2) Tome 1, Chapitre 27 /vo 18.1/10 – (3) Tome 1, Chapitre 20 /vo 13.4/7 – (4) Ib°, chapitre 44 /vo 27.2/7 – (5) Cf. Matthieu 13,55-56 – (6) Tome 1, Chapitre 62 /vo 37.1/4 – (7) Sélection du Reader’s Digest, Jésus en son temps, 1992, pages 111 et 112 – (8) Tome 1, Chapitre 71 /vo 42.8 – (9) Psaume 16, 1-11; Psaume 84,1-10; Psaume 85,1-13; Psaume 132,1-18; Psaume 112,1-6; Psaume 91,1-16 – Tome 1, Chapitre 70 /vo 42.1/10 – (10) Tome 1, Chapitre 19 /vo 12.1/8 – (11) Tome 8, Chapitre 38 /vo 577.7 – (12) Cf. Matthieu 1, 24-25 – (13) Tome 1 chap. 22 p 96 vo 14.6 – (14) Tome 2, Chapitre 103 /vo 136.6 – (15) Tome 1, Chapitre 71 /vo 42.8 – (16) Protévangile de Jacques, § 9.2 – (17) Pseudo-Matthieu, § 8.2 – (18) Livre de la Nativité de Marie, § 8.1 – (19) Mgr Laurentin, François-Michel Debroise, La vie de Marie d’après les révélations des mystiques, 2ème partie, chapitre II, Les Presses de la Renaissance, 2011 – (20) Ib° – (21) Cf. par exemple Vie de St Joseph d’après un apocryphe arabe 1226, et St Épiphane

Joseph, de Josias

Voir Josias, l’intendant.

Joseph, le juste

Est le fils de Joseph* le berger de Bethléem, mort en le sauvant du massacre d’Hérode*. Il est recueilli par Élie* et Lévi*, deux bergers de la Nativité*1. C’est un disciple de Jean Baptiste*, comme Manaën*, le frère de lait d’Hérode Antipas*.

Grâce à son condisciple, il réussit à s’introduire comme serviteur dans la forteresse de Machéronte où le prophète est incarcéré2. Après la décapitation du Baptiste, il rejoint les disciples de Jésus. Il jouit d’un statut spécifique : sans être compté au rang des apôtres, il bénéficie d’une partie de la formation qui leur est réservée : «Je retiens ce fils, dit Jésus en le désignant, car je lui délègue la charge de porter à ses compagnons mes paroles, pour qu’il se forme là un noyau solide qui n’annonce pas seulement mon existence, mais les caractéristiques les plus essentielles de ma doctrine3». Apôtres et disciples reconnaissent dans ce berger, de l’âge de Jésus, de grandes qualités spirituelles. Il apprend vite. Hermas*, un élève de Gamaliel*, dit de lui : il pourrait être non seulement un juste, mais Rabbi, s’il avait étudié4.

L’hostilité grandissant envers Jésus, Élie et lui sont agressés près de Jérusalem. Joseph échappe de peu à la mort5. Il trouve refuge au bord du Jourdain, dans la maison de Salomon le passeur*, où Jésus le guérit. «Je me fais gloire d’avoir versé du sang pour Toi, comme en versa mon père autrefois. Je te bénis de m’en avoir rendu digne !» dit Joseph6.

Il est témoin de la Crucifixion7 et du Christ ressuscité8. Présenté à la succession de Judas comme 12ème apôtre, il n’est pas élu9.

Recoupements historiques

L’Église fête saint Joseph Barsabbas, le 20 juillet.

Selon Eusèbe de Césarée, Joseph fut l’un des soixante-douze disciples10. Dorothée de Tyr, au IVème siècle11, le mentionne comme évêque d’Eleuthéropolis en Judée où il serait mort martyr. Eleutheropolis est le nom donné par les romains à Beth Lechi (Beth Guvrin). Joseph y est vénéré sous le vocable de Saint Justus d’Eleutheropolis. Cette information est reprise par Anne-Catherine Emmerich (XIXème siècle) : «(Joseph) fut consacré à Antioche comme premier évêque d’Éleutheropolis. Il avait un troupeau fort dispersé et il fut crucifié à un arbre dans une persécution12».

Certains exégètes fusionnent Joseph le juste et Joseph Barnabé* en un seul personnage. Maria Valtorta distingue deux personnes : un berger et un lévite. Un disciple de la première heure et un disciple des derniers temps13. La Vulgate précise appellations et surnoms respectifs :

– Le premier Joseph, présenté pour la place d’apôtre14, a une appellation, Barsabbas, et un surnom, Justus

– L’autre Joseph, compagnon de Paul15, n’a qu’un surnom, Barnabas.

Saint Jean Chrysostome, Docteur de l’Église du IVème siècle, sépare bien Joseph Barnabé, de Joseph le juste16.

(1) Tome 2, chapitre 39 /vo 75.2/6 – (2) Tome 5, chapitre 22 /vo 334.2 – (3) Tome 2, chapitre 56 /vo 91.1/5 – (4) Tome 5, chapitre 22 /vo 334.2 – (5) Tome 6, chapitre 93 /vo 404.5 – (6) Tome 6, chapitre 109 /vo 418.1/8 – (7) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.27 – (8) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5 – (9) Cf. Actes 1, 21-23 – Tome 10, chapitre 24 /vo 639.1/6 – (10) Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, chapitre I, § 12 – (11) Dorothée de Tyr, Synopsis de vita et morte apostolorum et A. Calmet, Histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament, 1737, Tome 4, page 3 – (12) Anne-Catherine Emmerich, Vie de N. S. Jésus Christ – Livre 5, chap 5, vision du 27 juin – (13) Jean-François Lavère, L’énigme Valtorta, CEV 2012 – (14) Cf. Actes 1,21 – (15) Cf. Actes 4,36 – (16) Saint Jean Chrysostome, Homélie sur les Actes des apôtres, § 1101.

Joseph, de Jutta

Voir Joachim et Sara, de Jutta.

Joseph, de l’Iturée

Est l’un des synhédristes de garde au Temple, le jour où Jésus en est chassé : Alexandre*, un soldat romain, y pénètre pour faire guérir l’enfant qu’il venait de renverser. Ce que fait Jésus, provoquant indignation et scandale : un païen, à cause de Lui, avait pénétré dans l’enceinte sacrée1!

Joseph fait partie des synhédristes réunis secrètement par Caïphe* pour achever la trahison finale de Judas2. Il est présent à Béthanie aux funérailles de Lazare*3. Il y est cité avec le groupe hostile des galiléens venus jouir de l’absence de miracle. Peut-être s’agit-il d’une commodité de voyage : L’Iturée est une région au nord de la Galilée, dans la Tétrarchie de Philippe, et le voyage est long pour venir en Judée.

Recoupements historiques

L’histoire mentionne un Joseph ben Camith membre historique du Sanhédrin, devenu Grand Prêtre en 44/454. Il fut nommé Grand Prêtre par Hérode de Chalcis, roi d’Iturée, peu de temps après son avènement à la suite d’Hérode Agrippa 1er.

(1) Tome 2, chapitre 82 /vo 115.4 – (2) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7-9 – (3) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.7 – (4) Flavius Josèphe, Antiquités juives, XX, 6, 2

Joseph, le Marchand

Se trouve au milieu de badauds dans la maison de Marie Madeleine* à Magdala : un romain, amant éconduit, vient de tuer son rival. À la demande de Jésus, qu’il connaît, Joseph transporte le mourant hors de la maison où Jésus le guérit par pitié pour sa famille1.

(1) Tome 3, chapitre 43 /vo 183.3

Joseph, de Ptolmaï

Voir Ptolmaï.

Joseph, de Rama

Voir Aggée d’Azot.

Joseph de Ramaot

Voir Jean de Bétaven et les bandes séditieuses.

Joseph et Marie, de Sephoris

Habitent Jérusalem où ils tiennent commerce de produits régionaux, notamment de poissons séchés fournis par Zébédée*, le père des apôtres Jacques* et Jean*1. Galiléens d’origine, ils connaissent bien les fils d’Alphée*. Joseph était l’ami de leur père, oncle de Jésus, voire un peu parent de sa femme.

C’est chez eux que Jésus, pourchassé par les gens du Temple, se réfugie2: il venait de les assimiler à des fils de Satan3. Cet accueil vaut des ennuis au couple lors de la guérison de l’aveugle-né : ils sont menacés d’être exclus de la synagogue4. Rendus craintifs, ils renseignent cependant les disciples de ce que trame le Sanhédrin : Un parent de Marie de Sephoris est employé au Temple5.

Plutôt avare, Joseph s’est brouillé avec ses enfants, mais il est compatissant : il recueille Martial*, un jeune orphelin romain. Il dissimule son origine païenne en le faisant circoncire et en lui donnant un prénom juif : Manassé6.

Joseph d’Arimathie* dit de lui que c’est «un bon israélite, juste en tout». Pierre* tempère l’appréciation : «Il vénère Jésus, mais il veut être tranquille. Il ressemble à une barque prise entre deux courants opposés et pour rester à flot, il jette du lest de chaque côté7».

(1) Tome 7, chapitre 205 /vo 508.1/9 – (2) Ib° – (3) Cf. Jean 8,43 – (4) Tome 7, chapitre 208 /vo 511.7 – (5) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.7 et Tome 9, chapitre 21 /vo 602.7 – (6) Tome 7, chapitre 205 /vo 508.1/9 – (7) Ib°, 235 /vo 538.1.

Joseph, de Tibériade

Est un passeur du lac, marié à Anne. Il a une fille et des petits-enfants. Blessé à la suite d’une chute, il est guéri par André* par simple imposition des mains1. Il décide de devenir disciple. Il est inclus dans le groupe plus spécialement chargé de la prédication2. La pauvreté de son domicile et la dureté de son travail contrastent avec le luxe et l’oisiveté régnant dans cette ville.

Joseph et Anne accueillent la Vierge Marie* venue négocier auprès des romaines, la libération d’une jeune esclave, Aurea*3. De même ils reçoivent Jésus et le groupe apostolique qui ne peuvent être logés dans la propriété de Jeanne* de Chouza4.

(1) Tome 5, chapitre 26 /vo 338.2 – (2) Ib°, chapitre 66 /vo 376.1/11 – (3) Tome 6, chapitre 130 /vo 438.1/10 – (4) Ib°, chapitre 137 /vo 445.2/15

Josias, de Capharnaüm

Est un souteneur. Matthieu*, nouvellement converti, invite ses anciens compagnons de bamboche à un festin pour fêter sa régénération à la suite de Jésus. Josias, est accompagné notamment d’Azarias*, le tenancier et Simon* l’adultère. Scandale pour les pharisiens ! Jésus, présent, leur dit, selon Matthieu 9,9-13, d’apprendre la miséricorde1.

(1) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.5/7

Josias, de Gerasa

Voir Marc de Josias.

Josias, l’intendant

Reçoit en garde Scialem*, le fils difforme d’Anna de Nahoum*, un synhédriste. Il maltraite l’enfant. C’est le souffre-douleur de Philippe, Joseph, Élise les enfants de l’intendant. Le jeune Scialem vient demander la mort à Jésus. Il est guéri et recueilli. Cela excite le ressentiment de son grand-père Nahoum*, un scribe influent qui souhaitait sa disparition1.

(1) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.22/25

Josué, de Capharnaüm

Voir Zacharie et les ingrats.

Josué, le fils d’Ur

Voir Lévi et les saints innocents.

Josué, le synhédriste

Est un ami de Lazare* et de Joseph d’Arimathie*. Il est favorable à Jésus, mais garde cette opinion «en son cœur» face à ses collègues majoritairement hostiles1. Cela lui permet d’être bien informé des complots2. À partir de la résurrection de Lazare, il affiche ouvertement ses convictions pour Jésus selon Jean 11,453.

C’est devant sa porte qu’a lieu, le vendredi-saint, l’altercation entre Jean*, sortant de ses gonds, et Elchias* qui avait injurié la Vierge Marie*4.

Recoupements historiques

Josué ben Sié fut Grand Prêtre de l’an 1 à l’an 6 de notre ère, sous le règne d’Archélaüs, un des fils d’Hérode le Grand5. Selon Edmond Stapfer, il faisait partie des pontifes sans réelle influence6.

(1) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.7/11 – (2) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.1/11 – (3) Ib°, chapitre 8 /vo 548.3/22 – (4) Tome 9, chapitre 31 /vo 611.1/15 et Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9 – (5) Flavius Josèphe, Antiquités juives, XVII, 13, 1 – (6) Pasteur Edmond Stapfer, La Palestine au temps de Jésus-Christ, 1892

Judas, fils de Tito

Voir Tito, le maréchal-ferrant.

Judas, l’Iscariote

Tient une grande place dans l’œuvre de Maria Valtorta. Dans une de ses dictées, Jésus conseille au lecteur : «Pour vous aussi – et cela je le dis spécialement pour ceux qui sont préposés au soin des cœurs – il est nécessaire de s’instruire en étudiant Judas1».

Plus loin, il justifie l’importance donnée à cet apôtre : «Pourquoi mettre en lumière la figure de Judas ? Plusieurs se le demanderont. Je leur réponds : La figure de Judas a été trop déformée au cours des siècles. Et, ces derniers temps, elle a été complètement dénaturée. Dans certaines écoles, on en fait presque l’apothéose comme s’il était l’artisan secondaire et indispensable de la Rédemption. Beaucoup, ensuite, pensent qu’il a succombé à un assaut imprévu, féroce, du Tentateur. Non. Toute chute a sa préparation dans le temps2».

Origine

C’est un judéen de Kériot au sud d’Hébron. Il est fils unique de Simon* et de Marie*.

Apparence

Judas est «beau et juvénile». Il a environ 25 ans et une taille équivalente à celle de Jésus, soit 1,80 m environ. Brun de cheveux et de teint3, il a les yeux noirs et les cheveux frisés, mais courts, à la mode judéenne4. Il est sans barbe5. Il a une voix de ténor6, puissante et d’une beauté peu commune7.

Il est toujours élégant, caractéristique qu’il partage avec Matthieu*, Simon le zélote* et Barthélemy*8.

Caractère

C’est un enfant «gâté et capricieux» devenu ambitieux et avide sous l’influence de son père qui le pousse très tôt à faire carrière à Jérusalem9.

Judas est doué mais retord : «Tu possèdes l’intelligence, la hardiesse, l’instruction, la promptitude, la prestance, lui dit Jésus. Tu as tant et tant d’atouts. Mais tout cela est sauvagement disposé en toi et tu laisses tout en cet état10». Beaucoup plus tard, Jésus lui dit : «Tu es un démon. Tu as dérobé au Serpent sa prérogative de séduire et de tromper pour détacher de Dieu11».

Judas ment sans changer de couleur12. Même dans ses meilleures heures, il est toujours violent et autoritaire13. Sous l’effet du trouble, il parle seul à haute voix.

Il est méprisant : «Elle, dit-il dans un monologue en parlant de la Vierge Marie, Elle, je suis sûr de l’embobiner à mon gré. Elle est lente à comprendre comme une brebis. Elle confond vertu et sottise. Telle la Mère, tel le Fils…14».

Judas est aussi sujet à de brusques revirements au gré des prises de conscience : «Je suis un démon, je suis un démon, dit-il à Jésus. Sauve-moi, Maître, comme tu sauves tant de possédés, sauve-moi ! Sauve-moi15!». Jésus le renvoie sans cesse à sa volonté. Mais ses bonnes dispositions sont sans lendemain. Son tempérament, mal canalisé, le fait succomber aux séductions du monde : «L’or est ta ruine, dit Jésus. À cause de l’or tu es devenu luxurieux et traître…16».

Judas est tellement spécial, qu’il est impossible de le déchiffrer, constate Maria Valtorta17.

La mère de Judas avait d’emblée confié sa douleur à Jésus : «Crains mon fils, il est avide, il a le cœur dur, c’est un vicieux, un orgueilleux, un instable18». La Vierge Marie, quant à elle, avait eu cette intuition : «Celui-là ne me plaît pas, Fils. Son œil n’est pas limpide, et son cœur encore moins. Il me fait peur. Dans le cas où tu le décevrais, il n’hésiterait pas à prendre ta place ou à chercher à le faire. Il est ambitieux, avide et vicieux. Il est fait pour être le courtisan d’un roi de la terre plutôt que ton apôtre, mon Fils19».

Dans une dictée à Maria Valtorta, Jésus dresse un portrait à charge, mais nuancé : «Judas était dissimulé, rusé, avide, luxurieux, voleur, mais d’autre part, intelligent et plus cultivé que le autres, il avait su s’imposer à tous. Audacieux, il m’aplanissait le chemin, même quand il était difficile. Ce qui lui plaisait plus que tout, c’était sortir du rang et faire valoir sa place de confiance auprès de Moi… Cela lui permettait aussi de garder la bourse et d’approcher des femmes. C’était deux choses qu’il aimait effrénément avec une troisième : sa charge privilégiée20».

Judas est mal accepté par les autres apôtres : ils s’en méfient et supportent mal ses humeurs. Il serait donc rejeté si Jésus ne veillait pas, personnellement, à son intégration constante21.

Paradoxalement, c’est, de tous les apôtres, celui que Jésus a le plus aimé, mais d’un amour souffrant : Alors que Judas s’enracine dans un chemin de perdition, Jésus, dans un dialogue pathétique avec son Père, demande à vivre une seconde Passion uniquement pour sauver l’âme de Judas. Ce que Dieu refuse22.

Judas devient disciple

Judas est un instant fiancé à Joanne*, une fille de Kériot. Il la délaisse pour tenter d’épouser une riche héritière de Jérusalem. Joanne en meurt et Judas s’engage au Temple.

Il y assiste, comme Thomas*, à l’expulsion des marchands par Jésus23. Frappés d’admiration, ils demandent à le suivre. Jésus accepte Thomas, mais donne à Judas un délai de réflexion (Cf. Jean 6,64) : «Tu me suis pour une idée qui est humaine, Judas Moi, je dois te dissuader. Je ne suis pas venu pour cela24».

Après avoir réfléchit, Judas confirme son intention de s’engager à la suite de Jésus : «Je ne repousse personne, car qui repousse n’aime pas» dit Jésus. Judas devient le 10ème apôtre. Prophétiquement, sa réception a lieu à Gethsémani, à l’endroit où commencera, trois ans plus tard, la Passion de Jésus. Mais c’est à Kériot, dans le village de Judas, que Jésus lance officiellement le ministère apostolique : les apôtres parleront désormais en son nom25.

Les prémices de la trahison

L’ambiguïté entre gloire terrestre et céleste transparaît dans l’enseignement de Judas quand il prend la parole en public26 – Sa vision déformée de la mission de Jésus l’amène à le desservir une première fois auprès des notables de Nazareth27 puis à dénoncer au Temple pour la «bonne cause» la présence dans sa suite d’un incirconcis (Hermastée*), d’une esclave en fuite (Sintica*) et d’un ancien galérien (Jean d’Endor*)28.

Judas croit le royaume terrestre de Jésus imminent lorsque Claudia Procula*, femme de Ponce Pilate*, promet à Jésus sa protection29. Judas multiplie alors les propos ambigus. Claudia Procula et Chouza*, intendant d’Hérode Antipas*, craignent une sédition. Jésus doit les rassurer30. Déçu de la protection de Claudia Procula, Judas renoue avec ses connaissances du Temple : Elchias* et Simon le Synhédriste*. Ces synhédristes n’en attendaient pas plus pour anéantir Jésus.

Lors d’une retraite initiale, Judas avait cependant fait des efforts pour être conforme à l’attente de Jésus31, notamment32 : «L’or a toujours été pour moi un serpent, avouait-il avant de devenir le trésorier du groupe apostolique. Je ne veux plus éprouver sa fascination. Car je me trouve si bien, maintenant que je suis bon. Je me sens libre et je suis heureux33». Mais il ne persévère pas et son penchant reprend le dessus. Il s’absente du groupe sous des motifs fallacieux34.

Une maladie soignée par les saintes femmes lui donne l’occasion de s’interroger sur lui-même : «c’est de moi que je me méfie »» avoue-t-il35. Il se questionne aussi sur la mort.

Jésus espère encore

Jésus l’encourage : «Il est encore temps, Judas, de choisir entre ma route et celle des juifs que tu approuves. Cependant réfléchis : la mienne mène à Dieu, l’autre à l’Ennemi de Dieu. Réfléchis et décide, mais sois franc36».

Judas confesse un moment à Jésus : «Maître, Il est difficile de dire : « J’ai péché ».

– Je le sais, ami, répond Jésus. Maintenant je te pardonne et te guéris. Quelle joie tu m’as donnée, ô mon Judas !37». Mais cela ne dure pas.

La descente aux enfers

Judas commence à voler dans la bourse commune38. Il s’adonne à la nécromancie39.

La rupture spirituelle avec Jésus s’accroît quand il constate que le pouvoir de faire des miracles, délégué aux apôtres selon Matthieu 10,1, a disparu : «Je finirai par te maudire et maudire l’heure où je t’ai aimé, dit-il à Jésus.

– Tu sens l’enfer plus que Satan lui-même !» lui fait remarquer Jésus40. Mais Judas ne croit plus ni à l’Enfer, ni à Satan : «Satan, tu ne le vois ni ne le sens car il n’est qu’un avec toi» avertit Jésus41».

Judas essaie d’entraîner dans la débauche Jean*, le plus jeune des apôtres. Il vole de plus en plus pour se faire louer de Jésus par une fausse générosité. La magie lui sert à compenser la perte de son pouvoir miraculeux42 Il traite sa mère de malade43, puis se réconcilie. «Judas en est arrivé à haïr Dieu, commente Jésus, n’ayant jamais aimé d’un amour véritable son père et sa mère, ni aucun autre qui fût son prochain44».

Dans un soliloque, Judas se reconnaît parfaitement conscient des conséquences d’une trahison à l’encontre de Jésus45. Mais il fait un choix définitif contre lequel Jésus ne peut plus rien : «Je voudrais ne pas avoir pris inutilement une Chair pour toi, lui dit Jésus. Mais désormais tu appartiens à un autre père, à un autre pays, tu parles une autre langue… 46». La possession de Judas devient patente lorsque Jésus et Jean le surprennent en train de voler47 : pendant un moment, Satan parle par la bouche de Judas48.

La possession finale

Peu de jours avant la Passion, Jésus veut empêcher Judas d’entrer à Jérusalem. Le dialogue est dur. Judas n’entend plus rien, il se pense l’éternel persécuté. Jésus s’écroule : «Père ! Mon Père ! Je t’en supplie ! Hâte l’heure des ténèbres, l’heure du Sacrifice, car il est pour Moi trop atroce de vivre près de l’ami qui ne veut pas être racheté49».

Peu après, Jésus actualise pour ses apôtres la prophétie de la Genèse 3,15 : «Le démon le plus rusé s’est fondu à l’homme le plus corrompu qui puisse approcher de la Femme (Marie) et ainsi, traîtreusement, la mordre. Maudit soit l’hybride monstrueux qui est Satan et qui est homme ! Je le maudis ? Non. Elle n’est pas du Rédempteur cette parole50». Mais il tait le nom de l’homme corrompu.

Judas n’est témoin que d’un grand évènement : la Cène. Cette « communion » au corps et au sang du Christ accélère en lui sa possession51. Dans une dictée, Jésus commente : «Si Judas s’était jeté aux pieds de la Mère en disant: « Pitié », la Mère de la Pitié l’aurait recueilli comme un blessé52». Pendant que le corps du Christ ressuscite dans la gloire, celui de Judas subit une pourriture accélérée53. Son corps en décomposition est jeté dans le Temple, probablement par des païens. De même, ses viscères sont lancées contre la maison du Grand Prêtre Anna*54. À la suite de quoi, le Sanhédrin décide d’enterrer ses restes au pied de l’olivier où il s’est pendu.

Maria Valtorta interprète ainsi les paroles de Pierre : «Judas a acquis un champ avec le salaire du crime et, devenu enflé, il a crevé par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues55».

Une souffrance éternelle

Il n’y avait pas de prédestination de l’âme de Judas : «Entre l’âme de Jean Baptiste, et la tienne, lui dit Jésus, il n’y avait pas de différence quand elles furent infusées dans la chair. Tu as été placé devant le Bien et le Mal. Tu as choisi le Mal56».

Sur le Thabor où il apparaît aux cinq cent disciples57, Jésus ressuscité souffre encore pour Judas. Il confie : «Judas a été et il est la douleur la plus grande dans l’océan de mes douleurs. Les autres douleurs ont pris fin avec le Sacrifice. Mais celle-là reste. Je l’ai aimé. Je me suis consumé Moi-même dans mon effort pour le sauver… J’ai pu ouvrir les portes des Limbes et en tirer les justes, j’ai pu ouvrir les portes du Purgatoire et en tirer ceux qui se purifiaient. Mais le lieu d’horreur s’était refermé sur lui, Pour lui, ma mort a été inutile58».

Judas est damné, précise Jésus : «Il est le damné déicide, l’infiniment coupable comme israélite et comme disciple, comme suicidé et comme déicide, en plus de ses sept vices capitaux et toutes ses autres fautes59». Il est en enfer pour l’éternité : «En vérité, dit Jésus, je vous dis que si l’Enfer n’avait pas déjà existé, et existé parfait en ses tourments, il aurait été créé pour Judas encore plus horrible et éternel, parce que de tous les pécheurs et de tous les damnés il est le plus damné et le plus pécheur, et pour lui éternellement il n’y aura pas d’adoucissement de sa condamnation60».

Jésus avait dévoilé à Judas, le sort effrayant du déicide : «Le Sang aura eu pour lui le pouvoir de le damner et il connaîtra éternellement un autre feu dans lequel il brûlera vomissant du sang et avalant du sang, parce qu’il verra du sang partout où il posera son regard mortel ou son regard spirituel puisqu’il aura trahi le Sang d’un Dieu61».

Recoupements historiques

Dans L’évangile de Judas, un récit apocryphe du IIème siècle, l’apôtre est présenté comme un initié qui se dévoue pour dénoncer Jésus sur ordre de celui-ci, afin d’accomplir l’Écriture.

Selon Irénée de Lyon, IIème siècle62 et Épiphane de Salamine, IVème siècle63, ce texte faisait partie des écrits Caïnites, une communauté qui vénérait Caïn et les sodomites. Elle était issue des Ophites qui trouvaient dans les paroles du serpent de la Genèse, l’invitation à la gnose (connaissance ésotérique).

La damnation de Judas était considérée comme évidente jusqu’au début du XXème siècle. Depuis Judas a parfois été présenté comme victime excusable de ses penchants ou sauvé par la Miséricorde divine en raison de son rôle dans la Rédemption, ce qu’infirme Maria Valtorta.

(1) Tome 2, chapitre 48 /vo 82.1/5 – (2) Tome 7, chapitre 162 /vo 468.7 – (3) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.1/28 – (4) Tome 2, chapitre 42 /vo 78.1/9 – (5) Ib°, chapitre 79 /vo 112.1/6 – (6) Tome 3, chapitre 56 /vo 195.1/4 – (7) Ib°, 34 /vo 174.1/22 – (8) Tome 2, chapitre 65 /vo 100.1/9 – (9) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.1/28 – (10) Tome 2, chapitre 106 /vo 139.1/5 – (11) Tome 8, chapitre 26 /vo 565.3/13 – (12) Tome 7, chapitre 208 /vo 511.1/8 – (13) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11 – (14) Tome 6, chapitre 134 /vo 442.1/8 – (15) Ib°, chapitre 113 /vo 422.1/8 – (16) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.1/28 – (17) Tome 7, chapitre 178 /vo 483.1/10 – (18) Tome 3, chapitre 76 /vo 214.1/7 – (19) Tome 2, chapitre 66 /vo 101.1/3 – (20) Ib°, chapitre 67 /vo 106.9; repris au Tome 9, chapitre 2 – (21) Tome 6, chapitre 99 /vo 410.1/7 – (22) Tome 5, chapitre 5 /vo 317.3 – (23) Cf. Jean 2,13-17 – Tome 2, chapitre 16 /vo 53.1/3 – (24) Ib°, chapitre 17 /vo 54.3/4 – (25) Tome 3, chapitre 75 /vo 213.1/4 – (26) Tome 3, chapitre 81 /vo 219.1/7 et Tome 4, chapitre 123 /vo 260.1/9 – (27) Tome 4, chapitre 127 /vo 264.1/11 – (28) Ib°, chapitre 146 /vo 282.1/7 – (29) Tome 5, chapitre 61 /vo 371.1/10 – (30) Tome 6, chapitre 89 /vo 400.5/6 – (31) Tome 2, chapitre 50 /vo 85.3/4 – (32) Tome 2, chapitre 86 /vo 119.1/11 jusqu’au chapitre 99 – (33) Tome 2, chapitre 101 /vo 134.1/4 – (34) Tome 2, chapitre 68 /vo 102.1 et Ib°, chapitre 79 /vo 112.1/6 – (35) Tome 4, chapitre 89 /vo 228.1/5 – (36) Tome 6, chapitre 106 /vo 6.106 – (37) Tome 7, chapitre 161 /vo 468.2/7 – (38) Tome 4, chapitre 160 /vo 296.4/8 – (39) Ib°, chapitre 166 /vo 300.1/9 – (40) Tome 5, chapitre 26 /vo 338.1/9 – (41) Ib°, chapitre 46 /vo 356.1/7 – (42) Ib°, chapitre 47 /vo 357.1/12 – (43) Ib°, chapitre 60 /vo 370.5/25 – (44) Tome 10, chapitre 18, § 2 /vo 632.29 – (45) Tome 6, chapitre 134 /vo 442.1/8 – (46) Tome 7, chapitre 230 /vo 533.1/5 – (47) Cf. Jean 12,6 – (48) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.1/28 – (49) Ib°, chapitre 43 /vo 582.1/15 – (50) Tome 9, chapitre 8 /vo 589.1/10 – (51) Ib°, chapitre 29 /vo 609.2 – (52) Ib°, chapitre 25 – (53) Ib°, chapitre 24 /vo 605.1/13 – (54) Tome 10, chapitre 14 – (55) Cf. Actes 1,17-18 – (56) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.1/28 – (57) Cf. 1 Corinthiens 15,6 – (58) Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18 – (59) Ib°, chapitre 16 /vo 630.9 – (60) Tome 9, chapitre 25 – (61) Tome 5, chapitre 51 /vo 361.2/12 – (62) Irénée de Lyon, Contre les hérésies(63) Épiphane de Salamine, Panarion 1,31

Jude, fils d’Alphée, dit le Thaddée

Est galiléen par sa mère, Marie* de Cléophas, et judéen par son père Alphée*, le frère ainé de saint Joseph*. Il est le dernier des quatre cousins de Jésus, à qui d’ailleurs il ressemble1. Ils sont du même âge, Jésus légèrement plus jeune. Ces compagnons d’enfance et de jeunesse ont eu un même professeur : La Vierge Marie2.

Selon Maria Valtorta : «Jude Thaddée est un bel homme, dans la plénitude de la beauté virile. Grand, fort et bien proportionné, brun, comme l’était saint Joseph lorsqu’il était jeune3». Il a un visage aristocratique4 avec une dignité qui toujours en impose5. Son caractère est fougueux et sévère6.

Plus loin, Maria Valtorta précise : «(Il a un) visage dominateur, avec un regard qui rappelle si bien, pour la couleur des yeux et l’expression, celui de Jésus : un vrai dominateur de foules. Pourtant, de son involontaire majesté royale, on voit affleurer le sentiment d’un cœur plein de componction7».

La Vierge Marie, à la fin de sa vie, le décrit ainsi : «Toujours noble et loyal. La descendance de David était visible en lui8».

Il devient le 9ème apôtre de Jésus en rupture avec son propre père.

En l’accueillant, Jésus unit son destin à celui de Simon le zélote* : «Viens, Simon qui n’as pas eu de fils. Viens Jude, qui perds ton père pour mon amour. Je vous unis dans un même destin9». Cet accord parfait entre les deux se confirme10. La tradition les donne conjointement comme évangélisateurs de la Perse où ils subissent le martyre.

Jude ne supporte pas son homonyme Judas, «d’une répulsion irraisonnée qui s’était produite dès leur première rencontre11». Cela donne lieu à des altercations régulières que Jésus tempérait.

Jésus prédit le destin de Jude, évangélisateur fougueux : «Jude a un tempérament entier. Il agira très bien là où il s’agit d’abattre le paganisme12». Et plus loin : «Tu t’appelles Jude, et tu es comme notre grand Jude (Juda) : un géant. Tu es celui qui protège. Tes actions sont du lion et du lionceau qui rugit. Tu démasqueras les impies qui reculeront devant toi, et les gens iniques seront terrifiés13». Cette prédiction fait référence à Juda, le fils de Jacob, dont la tribu a pour emblème le lion14 et à Judas Maccabée, l’artisan de la libération du peuple juif15.

Ce tempérament de Jude lui vaut sans doute le surnom de Thaddée que Maria Valtorta utilise de manière usuelle : Thaddée, en araméen, veut dire « courageux ». Cette appellation le distingue de Judas, son homonyme.

Jude est présent à la Cène16, la Résurrection17, l’Ascension18, la Pentecôte19, mais pas à la Passion, car il s’enfuit lors de l’arrestation de Jésus20.

Recoupements historiques

Saint Jude est fêté le 28 octobre avec saint Simon et le 19 juin en Orient.

En compagnie de Simon le zélote, il prêche l’Évangile en Palestine, Syrie, Lybie, puis en Perse où ils meurent martyrs vers 80. La tombe de Jude se trouve dans l’église noire (Ghara Kelisa), une église arménienne très ancienne, située près de la ville de Maku dans le nord de l’Iran. Il s’y déroule, aujourd’hui encore, un important pèlerinage. Mais une autre tradition situe sa tombe à Edesse, aujourd’hui en Turquie.

Certaines de ses reliques auraient été ramenées de Babylone au VIIIème siècle et données à Charlemagne par le Pape Léon III. Elles seraient aujourd’hui à Saint-Sernin de Toulouse.

Jérôme de Stridon, l’auteur de la Vulgate, dit de Jude qu’il était «trinomius», car portant trois noms : Jude, Thaddée ou Lebbée. Ce dernier surnom ayant en hébreu, une signification proche de l’araméen Thaddée (courageux).

Origène et Tertullien lui attribuent l’Épître de saint Jude et l’identifient à un «frère du Seigneur».

Saint Thomas d’Aquin, dans la Catena Aurea21 se réfère à Bède le vénérable pour affirmer que Thaddée et Jude sont une seule et même personne, qu’il était frère de Jacques* (le mineur), cousin de Jésus et auteur de l’épître qui porte son nom. Cette épître fut un temps suspectée en raison de ses références à deux apocryphes de l’Ancien Testament : le Livre d’Enoch et l’assomption de Moïse.

En Actes 1,13, la mention «Jude de Jacques» est généralement traduite par «fils de Jacques». Maria Valtorta, avec la tradition précédente, retient la traduction «frère de Jacques».

Eusèbe de Césarée, (IVème siècle), citant Hégésippe, rapporte la comparution des petits-fils de Jude, le frère du Seigneur, devant l’empereur Domitien (81-96) lors de la première persécution d’ampleur contre les chrétiens22. Devant la pauvreté de ces deux personnes, l’empereur les relâche. Comment Jude, donné pour célibataire par Maria Valtorta, a-t-il eu une descendance ? Soit il s’est marié sur le tard (mais la tradition ne mentionne aucun nom), soit il a adopté les enfants de son frère ainé Joseph*. En tous cas, à la fin du premier siècle, il n’y avait plus aucun autre survivant de la descendance d’Alphée, l’oncle de Jésus.

Toujours selon Eusèbe de Césarée, Agbar, roi d’Édesse, aurait écrit à Jésus dont la renommée lui serait parvenue. Thaddée lui aurait été envoyé et l’aurait baptisé avec son entourage23.

(1) Tome 4, chapitre 116 /vo 253.1/8 – (2) Tome 1, chapitre 64 /vo 38.3/9 – (3) Tome 2, chapitre 13 /vo 51.1/6 – (4) Tome 7, chapitre 222 /vo 525.1/19 – (5) Ib°, chapitre 233 /vo 536.1/11 – (6) Tome 8, chapitre 36 /vo 575.1/19 – (7) Tome 10, chapitre 24 /vo 639.1/6 – (8) Ib°, Chapitre 35 /vo 649.1 – (9) Tome 2, chapitre 19 /vo 56.3/7 – (10) Tome 6, chapitre 127 /vo 435.4/6 – (11) Ib°, chapitre 99 /vo 410.1/7 et Tome 7, chapitre 194 /vo 498.1/6 – (12) Tome 4, chapitre 121 /vo 258.4 – (13) Tome 9, chapitre 19 /vo 600.1/42 – (14) Cf. Genèse 49,8-10 – (15) Cf. 1 Maccabées 2,66 – (16) Tome 9, chapitre 19 /vo 600.1/42 – (17) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5 – (18) Ib°, chapitre 23 – (19) Ib°, chapitre 25 /vo 640.1 – (20) Tome 9, chapitre 21 /vo 602.1/22 – (21) Saint Thomas d’Aquin, Commentaire de l’Évangile selon saint Marc, Chapitre III, verset 13-19 – (22) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, Livre III, chapitre 19 et 20 – (23) Ib°, Livre I, chapitre 13, § 11.

Jude, de Doco

Voir Jérusa la cancéreuse.

Jude, de Méron, le mari

Voir Anne de Méron et Jude son mari.

Jude, de Méron, le petit-fils

Voir Anne de Méron et Jude son mari.

Jude, le synhédriste

Est un ami de Lazare*. Il habite Béteron, la ville qu’Elchias*, l’opposant farouche à Jésus. Aux funérailles de Lazare*, des badauds le présente comme «descendant des Assidéens, le dernier de cette classe1».

Jude se joint à un groupe de notables de haute lignée pour soutenir Jésus. Dans ce groupe figurent : Joël Alamot*, Éliel*, et Elcana*, les frères de Jeanne* de Chouza2.

Jude confesse sa foi tardive : «Je t’ai connue trop tard, ô Parole de Dieu ! Mais encore à temps pour t’aimer comme tu le mérites, si ce n’est pour te servir longuement comme je l’aurais voulu, comme je le voudrais maintenant3».

Recoupements historiques

Jude est un des derniers descendants des assidéens ou Hassidim : une «troupe d’hommes vaillants d’Israël» qui rejoignirent, deux siècles plus tôt, Judas Macchabée en lutte contre Antiochus Épiphane4. Les hassidim ont donné naissance à deux groupes antagonistes : les pharisiens et les esséniens.

Dans son Histoire des juifs, Hirsch Graetz (XIXème siècle)5 évoque Juda l’Hasidéen, qu’il nomme Juda ben Baba, mais il ne dit rien sur lui, si ce n’est qu’il vivait encore après la chute du temple, et subit le martyre. Cette dernière information interroge : a-t-il embrassé la foi chrétienne?

(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (2) Ib°, chapitre 41 /vo 580.1/10 – (3) Ib°, chapitre 39 /vo 578.1/5 – (4) Cf. 1 Maccabées 2,42 – (5) Heinrich Graetz, Histoire des juifs, 3ème période, 1ère époque, chapitre 1

Judith, de Jutta

Assiste stupéfaite, à la guérison d’Isaac* le berger. Elle s’en va en criant, «comme une poule effrayée» annoncer l’évènement à tout le village1.

(1) Tome 2, chapitre 40 /vo 76.4/6

Judith, de Séphet

Voir Marie et Jean, de Séphet et leurs enfants.

Judith, fille de Tito

Voir Tito, le maréchal-ferrant.