Lazare d’Antigonéa

Voir Dosithée d’Antigonéa.

Lazare, fils de Théophile

Lazare de Béthanie, le ressuscité.

Lazare, dont le nom signifie « Dieu vient en aide », est un homme de la haute société juive, fils d’un syrien, Théophile*, gouverneur local de la Province et d’Euchérie*, une judéenne de lignée royale. Cela explique la protection dont lui et ses propriétés, bénéficient de la part des autorités romaines.

Car Lazare, par héritage, est «puissamment riche. Une bonne partie de la ville (de Jérusalem) lui appartient ainsi que beaucoup de terres de Palestine». Il possède notamment : le Cénacle; le Gethsémani; un riche Palais à Jérusalem qu’il déserte tant que dure l’inconduite de sa sœur, Marie de Magdala*; Béthanie où il se réfugie auprès de son autre sœur Marthe*; des propriétés à Antioche de Syrie, bases futures d’une communauté chrétienne florissante1; des vergers près de Gaza; une propriété aux confins de la Samarie premier refuge de Jésus. Cette énumération montre combien nombre de propriétés de Lazare servent d’appui à l’évangélisation.

Comment Jésus «qui n’a même pas une pierre pour reposer sa tête2» peut-il avoir un ami aussi riche et puissant ? Jésus s’en explique : «… Lazare est une exception parmi les riches. Lazare est arrivé à cette vertu qu’il est très difficile de trouver sur la terre et encore plus difficile à pratiquer pour l’enseigner à autrui. La vertu de la liberté à l’égard des richesses3».

Lazare est «affable, distingué et plein d’assurance comme tous les hommes de grande naissance …», la petite trentaine, environ 1,65 m, il n’a rien d’imposant : «Toujours maigre et pâle, avec des cheveux courts, peu épais et sans boucles, rasé jusqu’au menton, seulement habillé de lin très blanc4».

Quand Simon le zélote*, l’apôtre de Béthanie, lui présente son voisin Lazare, Jésus découvre un personnage très cultivé, empreint de la culture hellénisante détestée par les dirigeants d’Israël : «Celui qui initie son fils dans la science des grecs ressemble à celui qui élève des porcs» dit le Talmud5. Jésus l’encourage au contraire dans ces lectures profanes : «Cela te servira à connaître le monde païen… Continue». Cette remarque anodine est à rapprocher de la tradition qui fait de Lazare l’évangélisateur de la ville grecque de Massalia (Marseille).

Si Lazare appartient à la haute-société, il en est écarté : c’est un sang-mêlé juif-syrien, protégé des envahisseurs romains, frère de celle qui fut d’abord la très scandaleuse Marie de Magdala. «Il est ton ami Lazare? s’étonne un synhédriste auprès de Jésus. Mais tu ne dois pas ! Ne sais-tu pas qu’il est anathème parce que sa sœur Marie est prostituée?». Il perd tous ses amis sauf une poignée de fidèles : Joseph d’Arimathie*, Nicodème*, Simon le zélote, son voisin6.

Les tourments causés par l’inconduite de sa sœur s’ajoutent aux ennuis de santé de Lazare. Mais les souffrances et les mortifications servent à la conversion tant attendue de Marie de Magdala : «Réjouis-toi car, pour t’avoir, Lazare t’a arrachée au démon…7».

La joie de cette conversion atténue un moment la maladie qui continue cependant sa progression inexorable. Les jambes de Lazare se putréfient en dégageant une odeur nauséabonde que tentent de supporter courageusement ses sœurs qui le soignent. «Je ne saurais pas moi non plus y résister, dit Maria Valtorta, tant sont effrayantes et répugnantes les plaies qui se sont formées le long des varices des jambes». D’abord révolté par l’idée de mourir, il en vient à comprendre le sens du sacrifice et à le désirer8.

Malgré la supplication de Marthe et de Marie, Jésus semble impuissant à sauver son ami de la mort : Lazare meurt au terme d’une terrible agonie. «Seigneur, il sent» dit Marthe à Jésus revenu trop tard à Béthanie.

Sa mort déplace le « Tout Jérusalem »9, ce qu’expliquent la richesse et la puissance du défunt : «La maison de Lazare est une grande maison, et nos usages comportent que l’on donne ces honneurs à un homme puissant qui meurt» glisse perfidement un synhédriste10. Le Sanhédrin est en effet venu surtout pour jouir de l’impuissance manifeste de Jésus à sauver son ami. L’imposture est démasquée. Certains demandent même à voir le corps pour être sûr qu’il n’y aura pas de supercherie. Mais c’est bien un corps en décomposition que Jésus ressuscite publiquement «Lazare ! Viens dehors !11». Lazare, une fois ressuscité, se montre un peu partout et «jusqu’en Syrie». Il suscite partout curiosité et appréhension mais manifeste en même temps publiquement la puissance de Jésus.

Après le dernier repas que Jésus prend à Béthanie12, il prend à part Lazare, lui annonce sa Passion imminente et lui ordonne formellement de ne pas quitter Béthanie à l’heure de la tourmente qui s’approche. Il doit accueillir les apôtres désorientés : «… où iront-ils dans leur désarroi? Chez Lazare. … Rassemble-les. Rends leur courage. Dis-leur que je leur pardonne. Je te confie mon pardon pour eux. Ils n’auront pas de paix à cause de leur fuite. Dis-leur de ne pas tomber dans un plus grand péché en désespérant de mon pardon13».

Lors de l’Ascension il est appelé au plus près de Jésus : «Toi, Lazare, mon ami. Toi, Joseph, et toi, Nicodème, pleins de pitié pour le Christ quand cela pouvait être un grand danger». Avec les persécutions naissantes Lazare, comme la famille de Béthanie, s’expatrie.

Recoupements historiques

Plusieurs écrits attestent de l’exil de la famille de Lazare en Gaule Narbonnaise à la suite des persécutions naissantes et la nomination de Lazare comme évêque de Marseille où il meurt. Parmi eux : La Légende Dorée de Jacques de Voragine au XIIIème siècle, les Annales ecclésiastiques du cardinal C. Baronius à la fin du XVIème siècle, A.C. Emmerich au début du XIXème siècle, etc … Il faut parfois distinguer dans une littérature abondante, ce que la piété populaire a pu rajouter, en faits légendaires, aux récits de la tradition.

Épiphane (IVème siècle) écrit qu’il était de tradition de croire que Lazare avait 30 ans lorsqu’il fut ressuscité et qu’il vécut encore 30 ans après. Il serait donc mort en 60. L’Église le fête le 29 juillet. Sa tête est conservée dans l’antique cathédrale de la Major à Marseille

Jusqu’au IIIème siècle les autres évêchés reconnaissaient Marseille comme le lieu de la « première » Église des Gaules. Cette primauté du port de Marseille passa ensuite à Arles, puis à Lyon.

Saint Jérome de Stridon signale son tombeau à Béthanie, mais c’est sans doute celui de sa résurrection.

(1) Cf. Actes 11,19-26 – (2) Cf. Matthieu 8,20; Luc 9,58 – (3) Tome 3, chapitre 38 /vo 178.3 – (4) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.7 – (5) Bara Kama f 82 b – (6) Tome 8, chapitre 42 /vo 581.1/8 – (7) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.7/11 – (8) Tome 6, chapitre 104 /vo 415.1/5 – (9) Cf. Jean 11,18-19 – (10) Tome 8, chapitre 5 /vo 545.5 – (11) Cf. Jean 11, 43 – (12) Cf. Jean 12, 1-8 – (13) Tome 9, chapitre 6 /vo 587.1/13

Lépreux de la plaine de Génésareth

Est guéri juste après le sermon sur la montagne. C’est le lépreux de Matthieu 8,1-4, mais pas celui de Marc 1,40-45 et de Luc 5,12-16 que les éxégètes associent pourtant. Ce lépreux anonyme était nourri par Jean le scribe*, qui le tolérait sur ses terres1. Il devient disciple2 mais on ne sait rien de plus.

(1) Tome 3, chapitre 35 /vo 175.1/5 – (2) Tome 4, chapitre 139 /vo 275.1/19

Lévi, le berger de Bethléem

N’avait qu’une douzaine d’années au moment de la Nativité1. À Noël, il est le premier à voir l’ange annonciateur.

Rejeté par les béethlémites après le massacre des innocents, il trouve à s’empoyer, avec Élie* chez «un riche Hérodien de Jérusalem qui s’est approprié les biens de beaucoup d’habitants massacrés par Hérode…2».

Il a à peine quarante ans quand il retrouve Jésus dans les environs d’Hébron3. Il devient l’un des soixante-douze disciples*. Il assiste à la Passion4 et bénéficie, comme les autres bergers*, de l’apparition du Christ ressuscité5.

(1) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.2/6 – (2) Tome 2, chapitre 37 /vo 73.5-7 – (3) Ib°, chapitre 39 /vo 75.2/6 – (4) Tome 9, chapitre 28 /vo 608.16 – (5) Tome 10, chapitre 10 /vo 624.1

Lévi, de Capharnaüm

Voir Zacharie et les ingrats.

Lévi, le centenaire

Habite Capharnaüm. Un jour de shabbat, il sollicite un enseignement de Jésus : «Un mot, Maître, pour rendre joyeuse cette journée». L’attroupement renchérit à la demande. Jésus échange des propos avec chacun, mais n’enseigne pas : c’est le rôle de Jaïre*, le chef de la synagogue. Il faut respecter sa fonction1.

(1) Tome 6, chapitre 152 /vo 460.4

Lévi, d’Enon

Voir Jonas et Lévi, d’Enon.

Lévi, fils de Cornélius

Est orphelin. Son père était un vétéran romain de la plaine de Saron, reconverti dans la forge. Sa mère juive est rejetée par sa famille avec ses enfants «bâtards». Elle devient indigente et vit d’expédients. Elle rencontre Jésus à Jérusalem où elle conduit Lévi pour sa réception comme fils de la Loi. Jésus l’invite à la confiance en Dieu1.

Jeanne de Chouza* prend la famille à son service : la femme aura un emploi sûr et stable et Lévi sera embauché dans la roseraie. Il échappe ainsi au travail pénible de journalier agricole2.

(1) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.5 – (2) Ib°, chapitre 63 /vo 373.1

Lévi, le gardien

S’occupe, avec sa femme, du palais de Lazare* sur la colline de Sion à Jérusalem1. Il y est né. Ce n’est qu’une des propriétés de Lazare à Jérusalem : il y possède notamment le Cénacle; le Gethsémani, gardé par Jonas* et Marie et la maison hors les murs, gardée par Matthias*.

Le Palais de Sion renferme quelques armes : on songe à s’en servir dès l’arrestation de Jésus, mais c’est inutile2.

*

Plusieurs indices concordants conduisent à faire l’hypothèse que les ruines de la « résidence palatiale« , découvertes en 1983 dans le quartier de Sion pourraient fort bien être celles du palais de Lazare.

(1) Tome 5, chapitre 62 /vo 372.3 – (2) Tome 9, chapitre 11 /vo 592.3-5

Lévi de Giscala

Voir Anne, la belle-mère de Giscala.

Lévi de Jéricho

Est un ancien collecteur d’impôts. Il a mené la grande vie avec son collègue Zachée*. Il est touché par la conversion de celui-ci : il décide de suivre son exemple. Il confesse ses remords à Jésus : «Les supplications des veuves et des orphelins qui ne pouvaient pas payer et auxquels j’ai confisqué, au nom de la loi, leurs dernières ressources». Un groupe d’une quinzaine de repentis, voleurs et souteneurs, se constitue autour de Zachée. Jésus leur enseigne le chemin de la conversion avant de les quitter1.

(1) Tome 7, chapitre 221 /vo 524.1/11

Lévi, de Nazareth

Est le chef de la synagogue. C’est un quadragénaire à la voix monotone et nasillarde1. Avec Benjamin* et quelques notables de Nazareth, il critique Jésus : ce n’est pas comme cela qu’il faut agir pour devenir roi d’Israël.

Cette vision déformée du Messie est partagée par Judas*. Lévi et les notables s’engagent à unir leurs efforts avec l’apôtre pour mettre Jésus sur le chemin de la prise de pouvoir2. Lévi se repent plus tard de sa bévue : conscient de Lui avoir fait obstacle, il tente de faire bonne figure auprès de Jésus qu’il croise à Jérusalem3.

(1) Tome 2, chapitre 73 /vo 106.1 – (2) Tome 4, chapitre 127 /vo 264.4/11 – (3) Tome 7, chapitre 185 /vo 490.2

Lévi, de Nobé

Est victime d’une péritonite foudroyante. Il est mourant. Ses parents appellent un médecin de Jérusalem, toute proche. Jésus, qu’ils vénèrent, est dans le village et il leur fait parvenir des fleurs reçues de la petite Faustina*. À ce geste, les parents se souviennent de Jésus qu’ils appellent d’urgence.

«Je savais que la douleur vous faisait oublier la Source de la Vie, leur dit Jésus. J’ai voulu vous en rappeler le chemin». Jésus guérit l’enfant1.

(1) Tome 7,chapitre 228 /vo 531.17

Lévi et les saint innocents

Sont des enfants tués lors du massacre d’Hérode*1. Massacre qui horrifia jusqu’à la cour impériale, précisent les romaines de l’entourage de Claudia Procula*2. Trente ans après, une bethléemite évoque quelques uns de ces jeunes enfants massacrés : Lévi, le fils d’Abraham, Josué, le fils d’Ur et Mathias, le fils d’Isaac. L’horreur lui fait exagérer l’ampleur du massacre : «Plus de mille petits dans la ville, un autre millier dans les campagnes3».

Jésus, dans une dictée à Maria Valtorta, corrige ce chiffre : 320, dont 188 à Bethléem et 132 dans la campagne4.

Recoupements historiques

Au IVème siècle, l’écrivain romain Macrobe rapporte que l’empereur Auguste fut indigné à la lecture d’un rapport qu’on lui faisait : «Ayant appris que, parmi les enfants de deux ans et au-dessous qu’Hérode, roi des Juifs, avait fait massacrer en Syrie, était compris le propre fils de ce roi, il dit – « Il vaut mieux être le porc (hys) d’Hérode que son fils (huios)5». En l’an -4, Hérode cumula en effet le massacre d’Antipater, l’un de ses enfants (il en était coutumier) et le massacre des innocents. Cette source a été contestée par Voltaire : pour lui, l’empire étant devenu chrétien au IVème siècle le témoignage de Macrobe est forcément suspect6.

Épiphane, moine de Constantinople à la fin du VIIIème siècle, témoigne : «Près de la Ville Sainte, à six milles environ, du côté ouest, deux grottes contiennent les restes des saints Innocents tués par Hérode7».

Selon Jacques de Voragine (XIIIème siècle), la chronique d’un certain Méthodien confirmerait ce massacre8.

(1) Cf. Matthieu 2,16-18 – (2) Tome 6, chapitre 117 /vo 426.6 – (3) Tome 2, chapitre 37 /vo 73.5-7 – (4) Maria Valtorta, Les cahiers de 1945 à 1950, dictée du 28 février 1947 – (5) Ambrosius Theodosius Macrobius, Saturnales, II, 4.11 – (6) Voltaire, Histoire de l’établissement du christianisme, chapitre VI, de la personnalité de Jésus – (7) Épiphane, Vie de la Très sainte Mère de Dieu (8) Jacques de Voragine, La légende Dorée, Les Innocents

Lévi, le sourd-muet (ephphata)

Est un parent de Melchias* le berger de Syro-phénicie. On l’amène à Jésus qui le guérit selon Marc 7,31-37. Toutefois le récit de Maria Valtorta comporte deux différences avec celui de Marc : Pour Maria Valtorta, il y a deux guérisons similaires : même scénario (salive, doigts dans la bouche et les oreilles), même interpellation : «ouvre-toi» (Ephphata). La première guérison, celle de Lévi, se situe en syro-phénicie1 et la seconde en Décapole, trois mois après2.

Marc ne décrit qu’une seule guérison. Elle se situe en Décapole au sortir du territoire syro-phénicien. Il fusionne donc les deux endroits différenciés par Maria Valtorta.

Pour Maria Valtorta, il s’agit de deux sourds-muets de naissance. Pour Marc, le miraculé n’est pas muet : il s’exprime difficilement.

(1) Tome 5, chapitre 29 /vo 341.3/6 – (2) Tome 6, chapitre 110 /vo 419.1/10

Lévi, du Temple

Est probablement membre du Sanhédrin. Il se moque familèrement de Gamaliel* qui ne veut pas reconnaître que Jésus est un imposteur1. Il semble avoir assisté au dialogue du jeune Jésus avec les Docteurs2.

Recoupements historiques

L’Évangile de Nicodème ou Actes de Pilate, un apocryphe du IVème siècle, mentionne un Lévi, contemporain de Gamaliel, parmi les synhédristes3.

(1) Tome 7, chapitre 182 /vo 487.1/11 – (2) Cf. Luc 2, 45-47 – (3) Évangile de Nicodème ou Actes de Pilate, Chapitre I, §1

Lévi de Tito

Voir Tito, le maréchal-ferrant.

Lia, de Nazareth

Etait une bonne amie de la Vierge Marie. Celle-ci regrette sa mort, intervenue à la fin de la première année de Vie Publique1.

(1) Tome 2, chapitre 100 /vo 133.1/7

Lia de Nobé

Voir Jean, de Nobé.

Lia de Méron

Voir Jacob de Méron.

Lia de la plaine de Saron

Voir Gamala, le vigneron, et sa parenté.

Licinius, de l’Antonia

Est un soldat romain de la garnison de Jérusalem. Un vacarme parvient jusqu’à la forteresse dominant le Temple. Il est provoqué par le discours de Jésus qui se proclame l’égal de Dieu !1. La garnison sort rétablir l’ordre, Licinius et Bassus frappent sans ménagement les juifs, qu’ils méprisent2.

(1) Cf. Jean 10,22-39 – (2) Tome 7, chapitre 234 /vo 537.1/12

Lidia

Fait partie des jeunes romaines expatriées, groupées autour de Claudia Procula*, la femme du Proconsul. Ce groupe rencontre Jésus à Tibériade, dans la propriété de Jeanne* de Chouza, leur amie1. Lidia est jeune mariée. On ne connaît pas son mari. Elle est blonde et gracieuse, aimable et pudique.

Amie de Valeria*, elle suit progressivement Jésus. Après la mort de Jésus, les romaines se retirent à Césarée Maritime. Le traitement infligé au Christ, les consternent2.

Recoupements historiques

Lidia, appelée aussi Livia dans l’œuvre de Maria Valtorta, fait sans doute référence à la gens Livia. Ce qui est probable : les romaines appartiennent toutes à la haute société.

(1) Tome 3, chapitre 27 /vo 167.1/15 – (2) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9

Longin, le centurion du Calvaire

Arrive en Palestine avec sa centurie peu de temps avant la Passion1. C’est un soldat aguerri au flegme ironique. Comme la plupart des soldats d’occupation romaine, il méprise les juifs autant qu’ils sont détestés par eux.

C’est lui qui conduit Jésus au Calvaire par la « voie douloureuse« . Il se montre humain autant qu’il le peut. Il réquisitionne Simon* de Cyrène quand Jésus défaille sous le poids de la croix2. Par humanité, il donne le coup de grâce à Jésus3. Il le fait à l’insu de la Vierge Marie, avec une lance «à la manière des cavaliers romains». Jésus est déjà mort4. C’est un de ses lanciers, et non lui, qui, au moment du tremblement de terre, confesse publiquement la divinité de Jésus5. Chacun de leur côté ils ressentent, au matin de Pâques, un appel à la conversion.

Longin s’interroge : doit-il demander de guérir ou de croire. Il choisit la foi. Une voix intérieure lui dit alors «Viens à Moi». Dans le même temps, il se sent pousser à croire et constate sa guérison6.

Il apporte le fer de la lance à Marie, soucieuse de conserver les reliques de la Passion7. Puis accompagne Claudia Procula* à Césarée Maritime où elle se réfugie avec le groupe de romaines8. Dans une dictée à Maria Valtorta, Jésus commente : Longin le juste «devint ainsi un héros du Christ9».

Recoupements historiques

Saint Longin est fêté le 15 mars.

Claudia Procula, dans ses lettres à une certaine Fulvia Hersila, mentionne : «Tu sais que je rencontrai le centurion qui avait présidé à l’exécution de Jésus, un vétéran des guerres contre les Parthes et les Germains…». Ces lettres, publiées en 1886 dans La semaine religieuse de Carcassonne ont cependant une origine confuse10.

Le nom de Longin apparaît dans l’Évangile de Nicodème ou Actes de Pilate11, un apocryphe du IVème siècle. Au VIème siècle, une enluminure des Évangiles de Rabula nomme Loginos le soldat qui perce le flanc du Christ. Au VIIIème siècle, Longinus apparaît sur la fresque de Sainte-Marie Antique (Rome) commanditée par le Pape Zacharie.

Selon Eginhard, un lettré de la cour de Charlemagne, Longin rapporta à Mantoue (Lombardie) de la terre du Calvaire imprégnée du sang du Christ, ainsi que l’éponge dont il étancha la soif de Jésus. En 804, relate-t-il dans ses annales, ces faits furent miraculeusement révélés lors d’une apparition de saint André à un moine. Cela fonde le culte en usage à la Basilique Saint-André de Mantoue. En 1053, le pape Léon IX vint y honorer les précieuses reliques et en confirmer l’authenticité.

Adon de Vienne (vers 850) mentionne dans son Martyrologe, que Longin, au pied de la Croix, aurait été guéri non seulement d’une cécité spirituelle mais encore d’une mal-voyance.

Il passa vingt-huit ans à Césarée de Cappadoce (Turquie). Il y mourrut martyr. Version que retient l’Église orthodoxe qui fête saint Longin le 16 octobre. Selon César Baronius (1538-1607) son corps repose à Rome, dans l’église Saint-Augustin12.

(1) Tome 8, chapitre 10 /vo 549.1/15 – (2) Cf. Matthieu 27,32 – (3) Cf. Jean 19,34 – (4) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (5) Cf. Matthieu 27,54 – (6) Tome 10, chapitre 13 /vo 627.2 – (7) Tome 9, chapitre 34 /vo 614.5-11 – (8) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9 – (9) Tome 9, chapitre 23 /vo 604.42 – (10) Christian Doumergue, Claudia Procula, femme de Ponce Pilate, Les cahiers de terre de Rhedae, n°2 mai 2008 – (11) Évangile de Nicodème ou Actes de Pilate, chapitre X – (12) Jean-Paul Migne, Dictionnaire hagiographique, Tome 2, 1850.

Luc, l’évangéliste

N’apparaît pas dans l’œuvre de Maria Valtorta. Elle ne valide donc pas une tradition qui fait de Luc l’un des disciples d’Emmaüs.

Lucifer

Voir Satan.

Lucius Caïus

Les apôtres se sentent mal à l’aise dans le port romain de Césarée Maritime. Un garçon, de huit ans environ, s’approche : «Qui es-tu ? demande Jésus.

– Je suis Lucius, Caïus Lucius, fils de Caïus Marius, je suis romain, fils du décurion de garde resté ici après avoir été blessé.

– Et ceux-ci, qui sont-ils ?

– Isaac et Tobie. Mais on ne doit pas le dire, parce qu’ils seraient punis.

– Pourquoi ?

– Parce qu’ils sont hébreux, et moi romain, et on ne peut pas.

– Mais tu restes avec eux. Pourquoi ?

– Parce que nous nous aimons bien».

Jésus prend cette occasion pour démontrer l’universalité de l’amour1.

*

L’Histoire conserve la mémoire d’un Caius Marius (mort en 86 av J.-C.), illustre général, oncle de Jules César. Il eut un fils portant son nom et un petit fils nommé lui aussi Caius Marius. Le décurion de Césarée est-il un descendant de ces illustres ancêtres?

(1) Tome 3, chapitre 15 /vo 155.1

Lucius et les désœuvrés de Tibériade

Rencontrent Marie de Magdala*, nouvellement convertie, au milieu du groupe apostolique. Un grec la reconnaît et interpelle ses compagnons : «Lucius! Cornélius! Titus! Mais regardez, c’est Marie!». Ils ne la reconnaissent pas sous son humble vêtement : le grec doit être encore ivre !1.

(1) Tome 4, chapitre 105 /vo 242.6/11

Lucius, et les prosélytes d’Antigonéa

Il est évoqué dans les Actes des apôtres.

Ces prosélytes ont été arrachés soit à la servitude, soit au paganisme par Euchérie*, la mère de Lazare*.

«Lucius, Marcel, Solon, fils d’Elatée…» sont présentés à la délégation d’apôtres venus accompagner, à Antioche de Syrie, deux disciples pourchassés par le Sanhédrin1. Ces deux disciples : Sintica*, l’esclave en fuite, et Jean d’Endor*, le galérien, fondent la communauté chrétienne de cette métropole.

*

Les Actes des apôtres mentionnent un Lucius de Cyrène dans la communauté primitive d’Antioche2. Il est fêté le 6 mai.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.8/10 – (2) Cf. Actes 13, 1