Mages (Les)

Sont des hommes de science et de foi. Ils sont puissants et riches. Astrologues, ils remarquent, chacun de leur côté, l’apparition d’une étoile inconnue. «Née du sein de Dieu, elle avait fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu» interprètent-ils1.

Ils partent à l’insu les uns des autres et se retrouvent près de la mer Morte. L’étoile disparaît au-dessus de Jérusalem, alors qu’ils campent près de la fontaine d’En Rogel2. Cela les incite à aller voir Hérode*. Leur déclaration trouble le roi paranoïaque, qui appelle en consultation les meilleurs scribes.

Trente ans plus tard, des témoins de cette époque rapportent à Jésus : «Nous fûmes appelés un jour (par Hérode) parce que trois Sages étaient venus pour demander où était Celui qui était né roi des hébreux3». Hillel*, le grand Docteur d’Israël avait, lui-aussi, été consulté

L’étoile réapparue les guide jusqu’à Bethléem où ils apportent l’or, l’encens et la myrrhe au jeune Jésus âgé de neuf à douze mois. «Qu’à cause de ces dons, Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son Royaume» disent-ils à la Vierge Marie. L’or servira à la sainte famille pour sa fuite en Égypte et sa réinstallation à Nazareth.

Avertis en songe qu’Hérode le Grand veut les contraindre à dénoncer le Messie4, les mages, s’enfuient en passant par Engaddi où ils croisent Abraham* le chef de la synagogue5. Apprenant cela, Hérode, fou furieux, ordonne le massacre de tous les enfants de Bethléem âgé de moins de deux ans6.

Dans l’œuvre de Maria Valtorta les trois mages sont anonymes et ne sont pas rois. Cependant, en attribuant à chacun un des noms traditionnels (Melchior, Balthazar et Gaspard), on peut avancer que :

Melchior serait celui qui vient «des sources du Nil» (Nubie-Soudan). C’est le plus âgé. Il parle au nom de tous. Il offre «l’or nécessaire à un roi». Son périple pour venir a couvert entre 2.000 et 3.000 km.

Gaspard vient de «l’Inde lointaine». C’est le plus jeune. Il offre «l’encens comme il convient à un Dieu». Son périple à couvert de 3.000 à 3.500 km.

Balthazar vient des «chaînes mongoliques». Il apporte «la myrrhe parce que ton Enfant, qui est Dieu, dit-il à la Vierge, est aussi un Homme et, dans sa chair et sa vie d’homme, il connaîtra l’amertume et la loi inévitable de la mort». Son périple a couvert entre 3.000 et 4.000 km en dix mois environ.

Ces périples d’environ 3.000 km chacun aboutissent au même moment, dans le même lieu : la Mer Morte.

Recoupements historiques

Matthieu ne mentionne ni leur nombre, ni leur nom7.

Dans le Protévangile de Jacques, (IIème siècle) les mages sont anonymes et viennent d’orient, sans plus de détails. Ils arrivent à Bethléem dès la Nativité8. Dans le Pseudo-Matthieu (fin du VIème siècle) ils arrivent à Bethléem deux ans après la Naissance de Jésus9. Ce que reprend la tradition ultérieure : Origène, Eusèbe, Épiphane, etc.10.

Leurs noms apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du VIème siècle Ils sont appelés «Bithisarea, Melichior et Gathaspa11». À la même époque, l’Évangile arménien de l’Enfance, un apocryphe du VIème siècle, leur donne les noms de «Balthasar, Melkon, et Gaspar».

Au début du VIIIème siècle, un traité attribué à Bède le Vénérable12 les nomme «Melchior, Balthasar et Caspar» selon une source grecque.

Au XIIIème siècle Jacques de Voragine leur donne des noms différents selon les langues :

– «Appellius, Amérius, Damascus» en latin,

– «Galgalat, Malgalat et Sarathin», en hébreu,

– «Caspar, Balthasar, Melchior» en grec13.

Au XVIIème siècle, Maria d’Agreda ne les nomme pas, mais les situe «originaires de la Perse, de l’Arabie et de Saba, à l’est de la Palestine14». Au Moyen-âge, on prétendait que leurs reliques avaient été retrouvées par sainte Hélène à Saba, en Perse15.

Au XIXème siècle Anne-Catherine Emmerich leur donne un nom différent des noms traditionnels : Théokéno, Mensor et Saïr16. Elle est la seule à parler de « rois », alors que tous les autres écrits cités ne parlent que de « mages ».

Toutes ces sources différentes s’accordent sur trois mages.

Les seigneurs des Baux-de-Provence (France), se sont réclamés d’une filiation avec Balthazar et ont adopté pour devise «Au hasard, Balthazar».

(1) Tome 1, chapitre 56 /vo 34.5/10 – (2) Tome 7, chapitre 188 /vo 497.1/5 – (3) Ib°, chapitre 156 /vo 464.1/21 – (4) Cf. Matthieu 2,12 – (5) Tome 6, chapitre 80 /vo 390.1/8 – (6) Tome 2, chapitre 37 /vo 73.1/11 – (7) Cf. Matthieu 2,1-16 – (8) Protévangile de Jacques, § 21.1 – (9) Pseudo-Matthieu, §16.1 – (10) J. Finegan, Handbook of Biblical Chronology, Princeton, 1964, pages 233-234 – (11) Excerpta Latina Barbari, Bibliothèque Nationale de France, page 51B – (12) Les Excerptiones Patrum(13) La Légende dorée, Paris 1992, Épiphanie du Seigneur, page 149 – (14) Maria d’Agréda, La Cité mystique de Dieu, Tome 3, Livre 4, Chapitre 16, § 552, page 399 – (15) Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien, PUF 1957, Tome 2, page 239 – (16) AC. Emmerich/C. Brentano, Vie de la Vierge Marie, Presse de la Renaissance, Paris 2006, page 262

Mal, Malin

Voir Satan.

Malachie, d’Éphraïm

Est le chef de synagogue de ce village samaritain. Il accueille favorablement Jésus, chassé par le décret du Sanhédrin1. Il reconnaît en lui, un prophète et l’invite à rester définitivement en Samarie où il sera honoré. «Je ne puis rester, mais je me rappellerai vos paroles» répond Jésus2.

Lorsqu’il repart vers Jérusalem pour sa Passion, Jésus confie à Malachie deux grosses sommes : une pour assurer l’avenir de Marie* de Jacob, la veuve qui a hébergé le groupe apostolique, et l’autre pour que les habitants puisse fêter dignement, à Pâque, «le temps nouveau3»

(1) Cf. Jean 11,54 – (2) Tome 7, chapitre 179 /vo 484.1/7 – (3) Tome 8, chapitre 29 /vo 568.1/9

Malchus

Est probablement le chef des sbires qui viennent arrêter Jésus dans le Jardin du Gethsémani. Pierre* lui tranche l’oreille, Jésus la guérit1.

Malchus traîne Jésus devant le Grand Prêtre Anna : «Voici le coupable, lui dit-il. Je le confie à ta sainteté pour qu’Israël soit purifié de sa faute2».

Recoupements historiques

L’histoire garde peu de traces de Malchus pourtant cité par l’Évangile3.

Selon Dom Calmet, Cornelius A Lapide (Cornelissen van den Steen), théologien belge du XVIIème siècle, croyait à la conversion de Malchus. D’autres pensent que c’est Malchus qui gifla Jésus pour sa réponse au Grand-Prêtre selon Jean 17,224.

(1) Tome 9, chapitre 21 /vo 602.22 – (2) Ib°, chapitre 22 /vo 604.4 – (3) Cf. Jean 18,10 – (4) Dom Calmet Dictionnaire historique de la Bible, 1730, Tome 3, page 154

Mammon

Voir Satan.

Manaën

Est fils de la nourrice d’Hérode* Antipas. Il est élancé et robuste1. Son sourire est franc, son visage brun et viril. Il est richement vêtu.

Il est d’abord disciple du Baptiste avant de devenir celui de Jésus. Chouza*, l’intendant d’Hérode Antipas, lui en a parlé2. Manaën rencontre Jésus à la Belle-Eau au début de la vie publique.

Il met son influence au service du Baptiste qu’il continue à suivre fidèlement. Il annonce sa décapitation à Jésus3 et lui amène ses derniers disciples4.

La vie à la Cour lui pèse de plus en plus. Hérode Antipas demande, par son intermédiaire, à rencontrer Jésus : «Non !» répond simplement Jésus5.

Manaën rejète difficilement son passé. La vie à la Cour perturbe son jugement : il rêve, avec Chouza* tombé en disgrâce, de voir Jésus devenir Roi à la place d’Hérode et de les libérer du joug romain6. Le refus de Jésus est catégorique, mais il n’en tient pas rigueur à Manaën7. Manaën se reprend après cet impair : «J’ai compris la vérité de ta mission. Je me suis trompé un jour, mais cela m’a servi à comprendre et je ne sortirai plus du droit chemin8».

S’il continue à fréquenter la cour de Hérode, c’est désormais pour protéger Jésus. Il tente inutilement d’intervenir pour le faire libérer lors de sa capture9. Il est témoin de sa Passion, de sa Résurrection de son Ascension où Jésus le place à côté de lui en disant : «Toi, Manaën, qui as su mépriser les faveurs sordides d’un être immonde pour marcher dans mon chemin10».

Recoupements historiques

Selon les Actes des apôtres11, il rejoint ultérieurement la communauté d’Antioche de Syrie. Selon Maria Valtorta, cette communauté aurait trouvée ses prémices dans l’action de Sintica* et de Jean d’Endor*. Manaën est un docteur de l’Église naissante.

Selon Baronius, il aurait imposé les mains puis envoyé Paul et Barnabé dans leurs premiers voyages missionnaires.

Luc étant originaire d’Antioche de Syrie12, certains pensent que Manaën lui aurait fourni les nombreux détails familiaux sur Hérode13. Ceci expliquerait aussi qu’il ait parlé de Chouza et de Jeanne14.

Le martyrologe romain indique qu’il est mort à Antioche. Il est fêté comme saint confesseur le 24 mai.

(1) Tome 8, chapitre 20 /vo 559.4/6 – (2) 2.88 /vo121.1/10 – (3) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.1/8 – (4) Ib°, chapitre 145 /vo 281.1/16 – (5) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.6/11 – (6) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.3/4 – (7) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.2/21 – (8) Ib°, chapitre 237 /vo 540.3/13 – (9) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.18-27 – (10) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19 – (11) Cf. Actes 13,1 – (12) Eusèbe, de Césarée, Histoire Ecclésiastique, III, 4 – (13) Cf. Luc 3,1, 19, 20; 8,3; 9,7-9; 13,31, 32; 23,8-12; Actes 12 – (14) Selon Catholic Encyclopedia 1913

Marc, d’Alexandroscène

Est un vieillard guéri par Jésus de sa malvoyance dans une cité cosmopolite de syro-phénicie. Sa guérison est suivie par celle de Jonas*. Ces guérisons exacerbent les tensions entre communautés : Marc est hébreu et Jonas est un « bâtard » phénicien. Jésus délivre un message d’universalité par la parabole des ouvriers de la onzième heure1. Bien loin des effets attendus, les tensions dégénèrent en pugilat. La garnison romaine intervient : Jésus est expulsé2.

(1) Cf. Matthieu 20, 1-16 – (2) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.1/10

Marc d’Arbela

Est un ami de Philippe d’Arbela*1, le futur diacre. Il suit Jésus à son tour2. On ne le retrouve qu’au Thabor où Jésus ressuscité rencontre les 500 disciples3. À ce que dit Jésus, il a abandonné son nom pour un autre, non précisé.

Malgré son amitié avec un futur diacre, il ne s’agit pas de Marc l’évangéliste.

(1) Tome 4, chapitre 159 /vo 295.1/8 – (2) Ib°, chapitre 160 /vo 296.1/8 – (3) Cf. 1Corinthiens 15,6

Marc, de Béthanie

Est un jeune serviteur de Lazare*. Il puise de l’eau à la fontaine quand il aperçoit Jésus : Il court prévenir Marthe* et Marie de Magdala* plongées dans le deuil de leur frère Lazare*1. Marthe se précipite à la rencontre de Jésus2.

(1) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.1/2 – (2) Cf. Jean 11,20

Marc l’évangéliste, fils de Jonas

Est le fils unique des gardiens de l’oliveraie du Gethsémani : Jonas* et Marie*. C’est une des propriétés de Lazare*. Jésus y vient souvent lors de ses séjours à Jérusalem. Marc est un jeune homme, d’environ 18 ans1. Tout au long de l’œuvre, on le voit vaquer aux travaux de l’oliveraie et aux devoirs de l’hospitalité.

Effrayé, il s’enfuit avec son père lors de la Passion2, puis revient. C’est lui qui révèle aux apôtres les traces de sang laissées par l’agonie de Jésus3.

Il assiste à l’Ascension qui se déroule à Gethsémani4. Il devient alors disciple : Lazare le décharge de ses tâches à l’oliveraie pour qu’il se consacre à cette mission5.

Recoupements historiques

Saint-Marc est fêté le 25 avril.

L’œuvre de Maria Valtorta ne mentionne pas qu’il s’agit de l’évangéliste. L’identification, que nous proposons, provient du rapprochement des données de l’œuvre avec celles du Nouveau Testament. Notamment celles fournies par Actes 12,12:

– Le nom de sa mère : Marie.

– La référence à un lieu habituel de réunion des disciples, en proximité de Jérusalem.

– La sûreté du lieu : Pierre*, évadé, y trouve refuge. On sait, par Maria Valtorta, que la protection romaine dont jouit Lazare* rendait ses propriétés inviolables.

– La pertinence d’un détail rapporté seulement par Marc l’évangéliste : le jeune homme nu, vêtu uniquement d’un drap, qui suit Jésus arrêté en pleine nuit dans l’oliveraie du Gethsémani6.

– Son surnom de « mutilé des doigts » (kolobodactulos) indiqué par St Hippolyte7. Il a intrigué plusieurs commentateurs et pourrait s’expliquer par le dangereux travail à la presse à olives.

Son surnom grec Marc et son nom hébreu Jean ne sont pas explicités dans Maria Valtorta : plusieurs hypothèses pourraient cependant les justifier.

Sa mère, Marie, était parente de Barnabé*, le compagnon de Paul*8.

Dans la suite de la persécution d’Hérode Agrippa 1er (41 après J.C.) Marc suit Pierre à Rome après avoir accompagné son oncle Barnabé et Paul dans leur voyage missionnaire. Il est l’interprète en latin de saint Pierre et participe aux travaux apostoliques de celui-ci9. Il devient évêque (Patriarche) d’Alexandrie en Égypte10 où il remporte un grand succès.

Il meurt en martyr sous le règne de Néron, vers 6711. Ses reliques sont conservées au lieu de son martyre : à Bucoles, un port de pêche proche d’Alexandrie. En 828, la ville de Venise se cherche un puissant protecteur. Deux marchands vénitiens volent les reliques du martyr. La basilique Saint-Marc de Venise est spécialement construite pour les recueillir. Le lion, symbole de l’évangéliste, devient celui de « la Sérénissime », la République de Venise.

(1) Tome 2, chapitre 18 /vo 55.1 – (2) Tome 9, chapitre 35 /vo 615.6 – (3) Tome 10, chapitre 11 /vo 625.2 – (4) Ib°, chapitre 23 /vo – (5) Ib°, chapitre 27 /vo – (6) Cf. Marc 14, 51-52 – (7) Saint Hippolyte, Philosophumena VII – (8) Cf. Collossiens 4,10 – (9) Saint Irénée (IIème siècle) Prologue antimarcionite(10) Cf. Eusèbe de Césarée Histoire ecclésiastique – Livre III, chapitre 39,15 – (11) Jérôme de Stridon De viris illiustribus liber, VIII

Marc, fils de Giosa(s)

Avec Démétrius*, il est l’un des possédés délivrés du démon «légion» envoyé dans le troupeau de porcs1. Marc demande à suivre Jésus qui l’envoie évangéliser sa région d’origine : Gerasa en Décapole.

Il s’acquitte de cette tâche avec efficacité et ardeur2. Il quitte cependant Jésus après le discours sur le Pain de Vie3. Il redevient possédé : le démon est intelligent avec une dialectique troublante4. La virulence des attaques de Marc rend malade son père Josias* et terrorise sa mère. Elle vient supplier Jésus de sauver son fils. Il y consent : «Par ta souffrance, l’âme que tu aimes sera sauvée. Elle reviendra à Dieu, dit Jésus.

– Mais quand ? demande sa mère.

– Quand tes larmes se seront mêlées à mon Sang» répond Jésus5.

Recoupements historiques

Le Traité sur les 70 disciples, attribué à St Hippolyte (début du IIIème siècle) mentionne que Marc, un disciple scandalisé par le discours sur le Pain de Vie, se retira un temps6. Selon Maria Valtorta, il ne s’agit pas de Marc l’évangéliste, comme certains le supposent, mais de Marc de Giosa.

(1) Tome 3, chapitre 47 /vo 186.5/7; Cf. Matthieu 8,28-34; Marc 5,1-20; Luc 8,26-39 – (2) Tome 4, chapitre 152 /vo 288.1; Cf. Marc 5,20; Luc 8,39 – (3) Cf. Jean 6,66 – (4) Tome 5, chapitre 58 /vo 368.12 – (5) Tome 5, chapitre 48 /vo 358.5/7 – (6) Cité par Dom R. Ceillier Histoire générale des auteurs sacrés et écclésiastiques, 1730, Tome 2, page 361

Marc, fils de Tito

Voir Tito, le maréchal-ferrant et sa famille.

Marc, de Jaffia

Voir Éléazar et les bûcherons de Jafia.

Marc, le journalier

Voir Rachel et Marc.

Marcel, d’Antigonéa

Voir Técla et Marcel, D’antigonéa.

Marcella

Est une veuve de la famille de Valeria*, noble romaine convertie. Le mari de Valeria ne le supporte pas, s’expatrie avec ses esclaves favorites et divorce. La famille de Valéria mandate Marcella pour la ramener à Rome et faire cesser son entichement désohnorant pour un juif. Valeria s’y refuse1.

Marcella compatit aux épreuves de Valeria, mais ne comprend pas son attachement à la «nouvelle religion» : chimérique pense-t-elle. Marcella se retrouve cependant sur la Via Dolorosa avec les femmes qui se lamentent sur Jésus selon Luc 27,30.

(1) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (2) Tome 9, chapitre 28 /vo 608.9

Marcelle, servante de Marthe

Est aussi sa confidente. Elle la seconde dans les tâches d’hôtesse où Marthe* excelle1. Elle a la trentaine2.

Avec Marthe, elle devient femme-disciple*. Cette dizaine de disciples, accompagne le groupe apostolique dans certains voyages. Les femmes-disciples jouissent alors de la pléinitude des enseignements de Jésus3. Marcelle a un rôle d’intendance.

Plus tard, elle est chargée d’annoncer à Jésus l’entrée en agonie de Lazare* et d’implorer son intervention de la part de Marthe et de Marie de Magdala* selon Jean 11,34.

Recoupements historiques

La Basilique de Saint-Maximin dans le Var (France) détient les reliques de Marie Madeleine et de Maximin*, tous deux de Béthanie. Celles de sainte Marcelle, qui s’y trouvent, sont parfois attribuées à une disciple de saint Jérôme (IVème siècle), mais on peut aussi les attribuer à Marcelle de Béthanie : elle aurait suivi la famille de Béthanie dans son exil. Marthe, pour sa part, continuant son périple jusqu’à Tarascon.

(1) Tome 3, chapitre 59 /vo 198.1/5 – (2) Tome 4, chapitre 158 /vo 294.1/4 – (3) Ib°, chapitre 145 /vo 281.1/16 – (4) Tome 8, chapitre 3 /vo 543.1/5

Marcus Gratus

Voir Vital et Marcus Gratus.

Marcus Heracleus Flavius

Voir Ennius Cassius.

Margziam (Martial)

De son vrai nom Jabé, est le petit-fils d’un paysan de Doras*, un maître cruel. Ses parents (Jean et Marie) et ses frères sont morts dans un éboulement de terrain1. Son grand-père* le recueille et le cache dans les bois, puis le confie à Jésus2. L’apôtre Pierre* obtient d’en faire son fils adoptif. Jabé reçoit de la Vierge Marie un nouveau nom : Margziam, le nom de Marie dit dans «l’ancienne langue3».

Margziam a douze ans et l’apparence chétive. Il alterne les séjours chez Porphyrée*, sa mère adoptive et les voyages apostoliques à la suite de son père adoptif. Il y montre des dispositions qui fait de lui un disciple prodige.

Volontaire, il prend les moyens de sa décision : il jeûne pour obtenir des grâces4 ou décide de racheter la liberté de son grand-père en économisant à coup de sacrifices ou de travaux supplémentaires5. Son grand-père meurt d’épuisement avant la réalisation de ce projet.

Malgré son jeune âge, il s’avère un prédicateur remarquable, mettant en pratique, sans hésiter, les enseignements de Jésus. À la première multiplication des pains6, il est le premier à prendre un panier et voir se réaliser le miracle7. Il réalise sa première prédication en présence de Jésus et obtient son premier miracle à Cana chez une pauvre femme8.

Le jeune Margziam est particulièrement éprouvé par les deuils et les séparations, notamment celle de Jean d’Endor* son précepteur qui notait pour lui les discours de Jésus. Il en est affecté mais garde courage9.

À cause de son jeune âge, Jésus le tient éloigné de Jérusalem au moment de la Passion10. Il ne bénéficie pas de la vision du Ressuscité et croit être entré en disgrâce. Pourtant, au Thabor, Jésus le rassure : «Mon bien-aimé entre tous les disciples, tu ne songes pas que je suis allé affermir les fois vacillantes. Quel besoin y avait-il de venir vers toi, enfant, dont la foi, l’espérance, la charité, la volonté et l’obéissance me sont connues ?11».

Il lui donne le nom de Martial en souvenir d’un petit romain martyrisé : «Ce nom, ô Martial, t’indique ton futur destin : sois apôtre en des terres barbares et convertis-les à ton Seigneur12». Margziam, devenu Martial, suit Pierre quittant la Palestine13. Il sera martyr selon la prédiction de Jésus14.

Recoupements historiques

Une très ancienne tradition (les actes de St Urcin) associe Martial à six autres évêques envoyés par saint Pierre pour évangéliser les Gaules. Au VIème siècle, une ode de saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers confirme Martial «contemporain de Pierre», et le donne «natif dans la tribu de Benjamin», ce qu’indique Maria Valtorta15.

Martial fut déclaré «apôtre de l’Aquitaine» par le pape Clément VI (XIVème siècle) .

Au XVIème siècle Baronius note que Pierre «envoya Martial au pays de Limoges, de Toulouse et de Bordeaux16».

Mais au XVIIème siècle, le chanoine Descordes, veut séparer croyances populaires et histoire17. Il accrédite l’idée qu’aucune église de France n’est antérieure à la moitié du IIIème siècle. Saint Martial, disciple de saint Pierre est classé au rang des pieuses légendes.

Deux siècles plus tard, l’Abbé François Arbellot, Chanoine honoraire de Limoges reprend les sources historiques18 permettant de faire émerger le personnage dont Maria Valtorta se fait l’écho. Il serait mort en 71 «la 40e année après l’Ascension de Jésus, en l’an 3 de Vespasien19».

(1) Tome 3, chapitre 59 /vo 198.1/5 – (2) Ib°, chapitre 52 /vo 191.1/9 – (3) Ib°, chapitre 60 /vo199.1/9. Selon le docteur Johannes Sepp, il s’agirait de la langue chaldéenne : Jésus-Christ. Études sur sa vie et sa doctrine, 1866 page 19 – (4) Tome 4, chapitre 176 /vo 310.1/6 – (5) Tome 6, chapitre 135 /vo 443.1/7 – (6) Cf. Matthieu 14,15-23; Marc 6,35-46; Luc 9,12-17; Jean 6,3-13 – (7) Tome 4, chapitre 136 /vo 273.1/8 – (8) Tome 4, chapitre 175 /vo 309.1/5 – (9) Tome 7, chapitre 158 /vo 465.1/9 – (10) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.3-13 – (11) Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18 – (12) Ib°, chapitre 23 – (13) Ib°, chapitre 35 – (14) Tome 5, chapitre 35 /vo 347.1/6 – (15) Cité par l’Abbé F. Arbelot, Dissertation sur l’apostolat de saint Martial et sur l’Antiquité des Églises de France, 1855 – (16) cardinal Baronius évoquant saint Pierre dans Les Gaules(17) Chanoine Descordes, Histoire Ecclésiastique des Gaules, 1636, partie II , page 50 – (18) Abbé F. Arbelot, Dissertation sur l’apostolat de saint Martial et sur l’Antiquité des Églises de France, 1855 – (19) Mgr Gaume, Les disciples du Seigneur 1890 p 87.

Marianne, d’Arbela

Est une veuve. Elle a perdu aussi son fils, Jude. Elle entend parler de Jésus par Philippe d’Arbela*, le futur diacre. Aussi, quand Jésus vient dans la ville, elle s’attache à la troupe apostolique. Elle conserve, comme une relique, le fond d’eau du broc où Jésus a bu : «Cette eau est sainte. Je la garderai soigneusement pour qu’on me purifie avec elle, après ma mort1».

Jésus annonce qu’il ne tardera pas à l’accueillir après sa Passion2.

(1) Tome 4, chapitre 159 /vo 295.1/8 – (2) Ib°, chapitre 160 /vo 296.1/8

Marianne, de Doco

Voir Jérusa, la cancéreuse.

Marie, d’Antigonéa

Voir Solon et Priscille, d’Antigonéa.

Marianne et sa sœur, filles de Philippe

Philippe* est un des trois apôtres à être marié comme Pierre* et Barthélemy*. De sa femme, Marie, il a deux filles, dont l’une s’appelle Marianne1. Leurs deux filles font successivement vœu de virginité : d’abord l’aînée2 puis la seconde3.

Jésus leur épargne de vivre l’épreuve de la Passion en les tenant éloignées de Jérusalem4.

Recoupements historiques

Les filles de Philippe l’apôtre ont parfois été confondues avec les quatre filles du diacre Philippe5. C’est le cas d’Eusèbe de Césarée6. Mais Polycrate d’Ephèse (IIème siècle) parle du «tombeau de l’apôtre Philippe à Hierapolis ainsi que de celui de ses deux filles, qui ont vieilli dans la virginité7». Le prénom de Marianne est attesté par Clément d’Alexandrie8.

(1) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.13 – (2) Tome 4, chapitre 104 /vo 241.1/8 – (3) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.11/25 – (4) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.3 – (5) Cf. Actes 21, 8-9 – (6) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 31, § 4 – (7) Ib°, § 2-3 – (8) Clément d’Alexandrie, Stromate III

Marie, d’Aféca

Voir Sara d’Aféca.

Marie, de Béthabara

Est l’épouse d’un cancéreux. Elle l’amène au gué du Jourdain dans l’espoir que Jésus le guérisse. Ce qu’il fait. Dans la joie de sa guérison, l’homme vacille. «Il faut lui donner à manger» dit Jésus1.

(1) Tome 5, chapitre 75 /vo 385.7

Marie, de Bozra

Voir Joachim et Marie, de Bozra.

Marie, de Capharnaüm

Voir David et les enfants de Capharnaüm.

Marie, de Dora

Voir Jacques, de Dora, et sa femme.

Marie, enfant de Nazareth

Est une jeune bambine née pendant les premiers voyages de Jésus. À son retour, sa mère la lui présente fièrement1.

(1) Tome 2, chapitre 20 /vo 57.1

Marie, d’Esdrelon

Est la fille de l’ancien régisseur des propriétés de Doras*, un maître cruel. Elle prend en pitié Jonas*, un berger de la Nativité* que Doras tient en conditions d’esclave car c’est un bon intendant1.

Elle le soigne de tous les sévices que Jonas subit jusqu’à en mourir. En la quittant, Jésus la bénit2.

(1) Tome 2, chapitre 53 /vo 88.3 – (2) Ib°, chapitre 76 /vo 109.11

Marie, femme d’Alphée, tante de Jésus

Elle est au pied de la Croix avec Marie.

Est une galiléenne de Nazareth. Elle épouse Alphée*, frère de saint-Joseph*1. Elle a quatre fils : Joseph*, Simon*, Jude (l’apôtre)*, et Jacques (l’apôtre)*, les quatre cousins dit «frères» de Jésus2. Ses deux belles-filles, les femmes de Joseph et de Simon, sont les «sœurs» de Jésus.

Marie est robuste et d’allure populaire3. Elle doit avoir la soixantaine passée au début de la vie publique de Jésus. Elle est empreinte des préjugés de son époque, mais les surmonte4.

Elle est d’abord déchirée entre ses fils : deux suivent Jésus et deux lui sont hostiles. Elle perd son mari dès la première année de vie publique. Libre désormais, et selon son profond désir5 elle devient une des femmes-disciples* qui suivent Jésus, «la première des femmes disciples dans l’ordre du temps6».

Elle est présente au pied de la Croix avec la Vierge Marie7. Elle s’active au matin de Pâques pour les soins mortuaires. Cet évènement donne lieu à un chassé-croisé des saintes femmes dont témoignent diversement les quatre évangélistes. Le récit de Maria Valtorta donne une cohérence à leurs différentes versions. Pour sa part, Marie d’Alphée atteste sans succès auprès de Pierre* et de Jean* de ce qu’elle a vu. Chacune des autres saintes femmes fait de même : Marie de Magdala*, Marthe*, Marie Salomé*, Suzanne*, Jeanne*. Ces bribes d’évènements, décousues et semblant parfois contradictoires, achèvent de semer le doute chez les apôtres éprouvés par la Passion.

Après l’Ascension, la Vierge Marie décide de se retirer dans la solitude du Gethsémani avec Jean*. Marie d’Alphée garde alors la maison de Nazareth8.

Recoupements historiques

Sainte Marie d’Alphée est fêtée le 9 avril.

Maria Valtorta nomme indifféremment ce personnage «Marie d’Alphée» ou «Marie de Cléophas». Un nom la désigne alternativement par référence à son époux et à son père. Cette deuxième désignation semblait nécessaire : la multiplicité des Marie et des Alphée dans la famille, devait être source de confusion.

Selon une tradition rapportée par Saint Césaire d’Arles (début du VIème siècle), elle serait venue en Camargue9. On y célébrait solennellement sa fête bien avant le VIème siècle. La famille de Béthanie avait émigrée en Provence à la suite des premières persécutions initiées en 41 par Hérode Agrippa 1er. Elle y est connue sous le nom de Marie Jacobé : surnom qu’elle tient de son fils Jacques, premier évêque de Jérusalem.

(1) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.8/23 – (2) Cf. Matthieu 13,55 – (3) Tome 2, chapitre 55 /vo 90.2/7 – (4) Tome 6, chapitre 130 /vo 438.1/10 – (5) Tome 3, chapitre 10 /vo 150.3 – (6) Ib°, chapitre 12 /vo 152.1 – (7) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.1/35 – (8) Tome 10, chapitre 27 /vo 638 – (9) Etienne-Michel Faillon, Monuments inédits, Le testament de St Césaire, tome 2, chapitre 11

Marie, femme de Benjamin

Voir Adina et les femmes courageuses de Capharnaüm.

Marie, et les femmes d’Alexandroscène

Sont les conquêtes de Fabius, un vétéran de cette garnison. Son collègue les énumère : Anne, Sira, Alba, Marie, … 1.

(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.7

Marie, femme de Jonas

Voir Jonas et Marie, du Gethsémani.

Marie, femme de Philippe

Voir Philippe, l’apôtre.

Marie, fille d’Alphée de Sara

Voir Alphée, fils de Sara.

Marie, fille de Tito

Voir Tito, le maréchal-ferrant et sa famille.

Marie, de Giscala

Voir Anne, la belle-mère de Giscala

Marie et Jean, de Séphet

Sont de vieux intendants. Leur maîtresse, peu gâtée par la nature, mais riche héritière de Haute-Galilée, a épousé Anna*, le fils du puissant synhédriste Nahoum*. De leur union est né un enfant difforme : Scialem*.

Mére et fils sont rejetés. Ils trouvent refuge et affection chez leurs vieux intendants. La mère ne tarde pas à mourir, suivie par les intendants. Les orphelins, Michel, Isaac, Esther et Judith, sont placés comme serviteurs. Scialem* reste seul et vient demander la mort à Jésus1.

(1) Tome 8, chapitre 45 /vo 584.10

Marie, de Jutta

Voir Joachim et Sara, de Jutta.

Marie de Kériot, mère de Judas

Est veuve de Simon dont elle a eu un fils unique. De condition aisée, elle possède une maison en ville et une propriété dans les environs de Kerioth à 20 km au sud d’Hébron. C’est une femme qui tempère son autorité par une grande douceur. La cinquantaine, elle est plutôt grande avec les yeux noirs et les cheveux frisés de son fils Judas1.

Elle devient rapidement disciple de Jésus, comme de nombreux habitants de Kériot. Sa joie de voir son fils apôtre est battue en brèche par la vie dissolue qu’il mène. Judas la saigne à blanc pour entretenir son train de vie secret. Marie souffre le martyre de voir son fils se dévoyer. N’y tenant plus, elle se confie à Jésus : «Oh ! mon Seigneur ! Lui, qui te possède, s’est livré à des pratiques immondes. Lui, qui respire ton haleine, est luxurieux et voleur. Il deviendra peut-être homicide. Sa pensée est mensonge ! Sa vie est une fièvre. Fais-le mourir, Seigneur ! Par pitié ! Fais-le mourir !2».

Elle est anxieuse pour son propre salut. Jésus la rassérène et demeure pudique sur le sort qui attend Judas. Pour atténuer sa douleur, Jésus lui demande de ne pas être à Jérusalem pour la Pâque de sa Passion3.

Dès la nouvelle connue de la trahison, elle est l’opprobre du village et ne trouve consolation qu’auprès de l’amitié retrouvée d’Anne de Kériot*. Elles étaient brouillées à la suite du mariage annulé de Judas avec Joanne* qui, délaissée, en est morte.

En vue de cette épreuve et pour hâter la réconciliation, Jésus avait confié à Anne : «(Marie) sera la victime de son fils traître, meurtrier de Dieu, sacrilège, maudit. Elle ne pourra supporter un regard d’homme, car tout regard sera comme une pierre pour la lapider. En toute voix d’homme, en toute parole, il lui semblera entendre une malédiction, une injure. Elle ne trouvera pas de refuge sur la Terre, jamais, jusqu’à sa mort, jusqu’à ce que Dieu, qui est juste, prenne avec Lui la martyre, en lui faisant oublier qu’elle est la mère du meurtrier de Dieu4».

Jésus ressuscité vient en personne la consoler. Il lui demande d’associer sa grande douleur à celle de sa Passion, jusqu’à sa mort prochaine5.

*

Dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine, elle est appelée «Cyborée, femme de Ruben». À la suite d’un songe le couple décide d’abandonner aux flots le fils maudit à naître. Il est recueilli par une princesse de Sciarioth d’où Judas tire son surnom. Jacques de Voragine précise cependant qu’il s’agit d’un texte apocryphe6. Dans l’Évangile, Judas est bien dit «fils de Simon», mais sa mère reste anonyme7.

(1) Tome 2, chapitre 42 /vo 78.1/9 – (2) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.11/25 – (3) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.11 – (4) Tome 6, chapitre 85 /vo 395.1/9 – (5) Tome 10, chapitre 18, § 2 /vo 632.29 – (6) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Biographie de Saint Mathias – (7) Cf. Jean 6,71

Marie-Madeleine

Voir Marie de Magdala ci-dessous.

Marie, de Magdala

Marie Madeleine.

Myriam, surnommée familièrement «Miri» par sa sœur Marthe*, naît à Antioche de Syrie vers l’an 4, d’un père syrien, Théophile*, gouverneur local de la province, et d’Euchérie*, une judéenne de la lignée royale de David.

À Jérusalem, où ses parents s’installent, elle ne tarde pas à créer le scandale : «À peine pubère elle s’est montrée légère. Mais, depuis quatre ans!!!» rapporte Judas*. Après son divorce, elle mène une vie dissolue à Magdala, dans la propriété qu’elle a héritée de ses parents, morts de chagrin. Elle y brûle sa vie en compagnie d’amants successifs et pousse l’un d’eux au meurtre par jalousie. Ce scandale permanent rejailli aussi sur Lazare*, son frère aîné, qui déserte son palais de Sion, à Jérusalem pour se réfugier dans la propriété de leur sœur Marthe, à Béthanie.

Marie a environ 23 ans quand elle croise, en compagnie de quelques fêtards, Jésus en Galilée. Elle est grande, blonde, avec des «tresses grosses comme le bras, descendant jusqu’aux genoux». Sa voix de contralto, passionnée et chaude, est à l’unisson de son caractère fougueux. Sa beauté est servie par un regard très vif, des yeux et des mains splendides1.

Mais les rencontres avec Jésus et certains évènements dramatiques, dont le meurtre qu’elle occasionne, l’amènent à évoluer. C’est pour elle, qui écoute cachée derrière un muret, que Jésus dit la parabole de la brebis perdue rapportée par Matthieu 18,12-14 et Luc 15,1-72.

Sa conversion intervient au terme de combats internes violents, tout à son image : elle se précipite chez Simon* le pharisien où Jésus dîne. Elle essuie de ses cheveux les pleurs qu’elle verse sur ses pieds3. Bouleversée, elle se réfugie à Nazareth auprès de la Vierge Marie4.

À partir de ce moment, elle rejoint le groupe des femmes-disciples qui suivent épisodiquement la troupe apostolique et l’aide de leurs biens selon Luc 8,2-3. Son caractère fougueux, mis jusqu’ici au service de la vie dissolue, se retourne au service de Jésus avec la même intensité : elle affronte le mépris de ses anciens amants, l’hostilité grandissante du Sanhédrin*, revit dans le délire de son frère Lazare mourant tout le mal qu’elle a fait. Elle connaît le dépouillement après la richesse : «Moi, je vous dis ce que vous ne savez pas: que tous les biens personnels de Marie (sœur) de Lazare sont pour les serviteurs de Dieu et pour les pauvres du Christ5».

Jésus confie à Lazare : «Sais-tu qui, parmi mes plus intimes, a su changer sa nature pour devenir du Christ, comme le Christ le veut ? Une seule : ta sœur Marie. Elle est partie d’une animalité complète et pervertie pour atteindre une spiritualité angélique. Et cela par l’unique force de l’amour6». Son impétuosité, la force de son amour, la position sociale qu’elle occupe comme protégée de l’administration romaine dont son père était issu, en font un personnage de premier plan dans l’Évangile comme dans l’œuvre de Maria Valtorta.

Elle choisit «la meilleure part» aux pieds de Jésus quand sa sœur Marthe s’active aux devoirs de l’hôtesse7. Elle prophétise la Passion par l’onction de Béthanie8. Elle tient tête au Sanhédrin, sur le Golgotha, par sa seule autorité. La même qui maintient le courage des femmes disciples* dans les heures troubles qui suivent la mort de Jésus.

Tout son amour éclate enfin dans son cri affectueux qui salue Jésus ressuscité : «Rabbouni !9».

Jésus prophétise la fin de vie érémitique de Marie de Magdala : «Il n’y a pas d’autre voie pour toi, Marie, que l’amour. En effet quelle que soit la voie que tu prendras, elle sera toujours amour. Amour si tu rends service en mon nom. Amour si tu évangélises. Amour si tu t’isoles. Amour si tu te martyrises. Amour si tu te fais martyriser. Tu ne sais qu’aimer, Marie. C’est ta nature10». Dans ce même dialogue, Marie de Magdala souhaite le martyre par l’amour. Il lui est accordé : «Quelle grâce de mourir d’amour pour Toi !».

Les persécutions contre les chrétiens s’accentuent avec l’avènement d’Hérode-Agrippa 1er et la famille de Béthanie s’expatrie : «… avec une extrême douleur, ils se sont éloignés d’ici pour porter ailleurs la Parole divine qui ici aurait été étouffée par les juifs11». Ceci corrobore la tradition bien établie sur leur exil en Gaule : Lazare à Marseille, Marthe à Tarascon, Marie à la Sainte-Baume et leur intendant Maximin* dans la ville qui porte son nom.

D’ailleurs, dans une vision rapportée dans les Cahiers de 1944, Maria Valtorta voit la mort de Marie Madeleine dans une grotte qui semble être celle de la Sainte Baume (Provence). Elle meurt aux alentours de l’an 80 de notre ère, probablement à l’âge de 75 ans environ.

Recoupements historiques

Marie Madeleine est fêtée le 22 juillet. Chaque année, à cette date, l’ostentation de ses reliques (sa tête) a lieu à la Basilique de Saint-Maximin en Provence.

Ce personnage fascinant a donné lieu de tous temps à de nombreux écrits. La Légende Dorée de Jacques de Voragine (XIIIème siècle) fait écho à certains éléments repris dans Maria Valtorta : «Marie, surnommée Magdeleine, du château de Magdalon, naquit des parents les plus illustres, puisqu’ils descendaient de la race royale. Son père se nommait Syrus et sa mère Eucharie. Marie possédait en commun avec Lazare, son frère et Marthe, sa sœur, le château de Magdalon, situé à deux milles de Génézareth, Béthanie qui est proche de Jérusalem, et une grande partie de Jérusalem. Ils se partagèrent cependant leurs biens de cette manière : Marie eut Magdalon d’où elle fut appelée Magdeleine, Lazare retint ce qui se trouvait à Jérusalem, et Marthe posséda Béthanie12».

Ce même ouvrage, se référant à Hégesippe, un historien du IIème siècle, atteste «qu’elle vint au territoire d’Aix, s’en alla dans un désert où elle resta inconnue l’espace de trente ans13». Dès le début du Vème siècle, Jean Cassien qui établit une communauté monastique à la Sainte Baume, à 20 km de Saint-Maximin, confirmait cette tradition.

Pour Anne-Catherine Emmerich, la famille de Béthanie s’est bien exilée en Gaule14.

Selon Jean Aulagnier15, cette présence des saints de Béthanie explique l’évangélisation précoce de la Gaule qui ne peut se référer à aucun apôtre contrairement aux autres régions de l’empire romain.

La Basilique de Saint-Maximin s’honore d’abriter les tombeaux d’autres saints liés, selon Maria Valtorta, à la famille de Béthanie: Suzanne*, la jeune épouse de Cana et une des femmes qui suivaient Jésus16, Marcelle* la servante de Marthe, Sidoine* l’aveugle-né17, et plus loin en Provence, Sara*, une des femmes-disciples.

Une partie des reliques de Marie Madeleine, transportées au 11ème siècle en Bourgogne, à Vézelay, a fondé la célèbre Basilique Sainte-Madeleine et ses pèlerinages. Ceux de Saint-Maximin trouvent un regain d’intérêt, au 13ème siècle, avec la découverte de tombeaux perdus de vue pendant les siècles. Celui de Marie-Madeleine est découvert en 1279 par Charles II d’Anjou, le neveu du roi Saint-Louis: l’emplacement lui a été indiqué par la Sainte elle-même ! Avec l’appui du pape Boniface VII, il fait construire sur sa tombe une basilique et un couvent. Le chantier entrepris en 1295, dura trois siècles et vit s’épanouir le plus grand édifice gothique de Provence, toujours debout.

(1) Tome 2, Chapitre 63 /vo 98.1/13 – (2) Tome 4, Chapitre 94 /vo 233.1/5 – (3) Cf. Luc 7,36-50 – (4) Tome 4, Chapitre 100 /vo 237.1/8 – (5) Ib°, Chapitre 140 /vo 276.1/13 – (6) Tome 9, Chapitre 6 /vo 587.1/13 – (7) Cf. Luc 10,42 – (8) Cf. Matthieu 26,6-13; Jean 12,1-8 – (9) Cf. Jean 20,16 – (10) Tome 8, chapitre 11 /vo 550.1/12 – (11) Tome 10, chapitre 34 /vo 648.1 – (12) Jacques de Voragine, La légende dorée, Tome 2, page 243 – (13) Ib° page 256 – (14) Visions d’Anne-Catherine Emmerich Ed. Téqui – Vol. 3, page 416 et ss – (15) Le premier siècle chrétien, Ed. Résiac, 1989, page 187 – (16) Cf. Luc 8,3 – (17) Cf. Jean 9, 1-34

Marie et Mathias, enfants adoptifs de Chouza

Sont deux jeunes orphelins de la plaine d’Esdrelon. Elle a de huit à neuf ans, il en a quatre. Leur père est mort au travail et leur mère, en couches. Ismaël ben Phabi*, leur maître, chasse alors les jeunes enfants, bouches inutiles : «Sur le chemin, les chiens affamés1». Ils aboutissent dans la propriété de Jacob de Méron* qui les chasse à son tour : ce sont des voleurs et ils ne sont pas de la région.

Jésus se trouve là. Il avait béni les champs de Jacob de Méron, réduit à la misère : ses récoltes avaient alors été abondantes. Pour nourrir les enfants affamés, Jésus fait fructifier un pommier dépouillé. Jacob hérite d’une malédiction : il sera nécessiteux mais pas indigent. Jésus prend avec lui les enfants qu’il confie à Jeanne de Chouza* devenue stérile.

Jésus prédit le destin de félicité de Marie de Chouza et sa mort bienheureuse dont l’histoire ne dit rien2.

Mathias et Marie bénéficient d’une apparition de Jésus ressuscité lors de la Pâque supplémentaire3. Dans le Judaïsme, cette fête permettait à ceux qui avaient été empêché de le faire, d’accomplir le rite de la Pâque un mois après.

Dans l’œuvre de Maria Valtorta, Jésus avait écarté de Jérusalem les disciples les plus jeunes ou les plus sensibles. Il leur avait donné rendez-vous pour cette Pâque supplémentaire4.

(1) Tome 4, chapitre 162 /vo 298.2/5 – (2) Ib°, chapitre 164 /vo 298.8 – (3) Tome 10, chapitre 22 /vo 636.1/11 – (4) Cf. Nombres 9,6-11

Marie, mère de Jésus

La Très Sainte Vierge.

Marie est la fille unique de Joachim*, descendant de David, et d’Anne*, descendante d’Aaron, frère de Moïse. Elle est donc «de maison royale et sacerdotale1». Ses parents, stériles et déjà âgés, font un vœu au Seigneur : l’enfant, qu’ils demandent à Dieu, lui sera consacré. La conception de Marie, pour miraculeuse qu’elle soit, n’en est pas moins humaine2.

Selon les déductions de Jean Aulagnier, un exégète de Maria Valtorta, Marie naît à Nazareth, le 10 septembre de l’an -213, mais Maria Valtorta ne précise pas la date. Marie voit le jour à la fin d’une longue soirée d’été étouffante. Des signes accompagnent l’évènement : un orage d’une extraordinaire violence, est suivi d’un arc-en-ciel «qui semble encercler toute la terre d’Israël». Une étoile «énorme comme un diamant» apparaît quand le soleil n’est pas encore disparu, puis la pleine lune «alors qu’il manque encore trois jours pour y arriver4».

Portraits de Marie

a. terrestre

Marie a les cheveux blonds doux, les yeux bleus5, et une voix argentine6. Elle ressemble à son père Joachim.

Elle est assez petite : dans un geste de tendresse, «elle a la tête appuyée en haut de la poitrine de son Fils». Elle devait donc mesurer 30 cm de moins que son fils, soit 1,50 m environ7.

Maria Valtorta constate qu’entre la jeune fille de l’Annonciation âgée de «quinze ans au plus» à son aspect8 et la mère accueillant son fils, trente-deux ans plus tard, son visage n’a pas été altéré par l’âge9.

b. mystique

Dans Maria Valtorta, Jésus attribue à Marie la description prophétique que fait leur «aïeul Salomon» dans ses Proverbes : «Dieu m’a possédée au commencement de ses œuvres, dès le principe, avant la Création… Toujours dans la joie, je jouais continuellement en sa présence. Je jouais dans l’univers10».

Au moment de son infusion, l’âme de Marie est protégée de la «morsure de Satan» : «L’Ange annonciateur (Gabriel) recueillit du Feu Divin l’étincelle immaculée qui était l’âme de l’Enfant Éternelle, et l’enfermant dans un cercle de flammes angéliques, celles de son amour spirituel, il la porta sur la terre dans une maison, dans un sein11».

La veille de sa Transfiguration, Jésus révèle à ses apôtres le vrai visage de Marie sa mère : «Vous, vous voyez une femme. Une femme, qui par sa sainteté, vous paraît différente des autres, mais que vous voyez en réalité comme une âme enveloppée par la chair, comme celle de toutes les femmes ses sœurs. Mais maintenant je veux dévoiler l’âme de ma Mère, sa véritable et éternelle beauté12». Il décrit alors : «La Femme en laquelle il n’y a pas de tache, l’unique Créature qui n’a pas coûté de blessure au Rédempteur13». Puis il aborde «la transfiguration de Marie, l’Élue de Dieu» et raconte l’intimité de l’Annonciation, donnant ainsi à de nombreux témoins les détails rapportés par Luc 1,26-38.

c. céleste

Maria Valtorta bénéficie de nombreux commentaires de la part de Jésus ou de Marie. Cette intimité lui permet de décrire précisément aspects et vêtements : «Je reste avec la Maman près de moi, visible, pour ma vision intérieure, avec tant de netteté que j’en puis faire le portrait: le rose clair de la joue, un peu joufflue, mais d’une douceur agréable, le rouge vif de la petite bouche et la douce splendeur de ses yeux bleus sous le blond foncé des cils.

Je puis dire comment les cheveux qui se séparent au sommet de la tête descendent agréablement en trois ondulations de chaque côté jusqu’à couvrir à moitié les petites oreilles roses. Elles disparaissent avec leur or clair et lumineux derrière le voile qui couvre la tête. … Je puis dire que le vêtement est serré au cou par une gaine où coulisse un cordon dont les extrémités forment une boucle par devant à la racine du cou, comment le vêtement est serré à la taille par un cordon plus gros, toujours de soie blanche qui descend avec deux pompons sur les côtés.

Je puis aller jusqu’à dire que le vêtement serré au cou et à la taille fait sur la poitrine sept plis doucement arrondis unique ornement de son très chaste habit. Je peux dire l’impression de chasteté qui se dégage de l’aspect de Marie, de ses formes si délicates et si harmonieuses qui la font angéliquement femme14».

Cette Marie céleste est proche, dans son aspect, de la Marie terrestre.

Marie enfant

«Ma Mère fut l’Enfant du Temple depuis l’âge de trois ans jusqu’à quinze ans et hâta la venue du Christ par la force de son amour15» dit Jésus. Cette consécration au Temple jusqu’à l’âge nubile, fait suite au vœu formulé par ses parents stériles. La consécration est prononcée solennellement lors de la présentation de Marie (Purification d’Anne, selon Lévitique 12). Trois ans après, elle est effective : la jeune Marie se fait une joie d’entrer au Temple.

Une telle précocité étonne. En réponse, Jésus, dans un commentaire à Maria Valtorta16, rappelle des cas de spiritualité prématurée : Imelda Lambertini17, Rose de Viterbe18, Nellie Organ19, Antoinette Meo20.

Zacharie*, prêtre du Temple, est présent à la réception de la jeune Marie. Il est son cousin par alliance. Il confie à Joachim et Anne : «Le temps vient à son terme et les mères de la descendance de David devraient avoir souci de consacrer leurs filles au Temple, puisque c’est d’une vierge de la race de David que sortira le Messie, à cause de la diminution de la foi, les places réservées aux vierges sont vides21». C’est le grand-prêtre Simon Boethos* qui l’accueille et la confie à la maîtresse des novices, Anne de Phanouel*. Maria Valtorta ne cite pas le nom du grand-prêtre, mais les recoupements historiques permettent de le conjecturer. Par contre c’est bien Anne la prophétesse de Luc 2,36 qui est présente.

Maria Valtorta ne s’attarde pas sur les occupations qu’auraient eues la vierge Marie et ses consœurs : probablement les travaux féminins de cette époque. Elle nous la montre surtout dans ses moments de prière et méditations.

Marie épouse

À l’approche de ses quinze ans, Marie est orpheline. Elle doit se marier malgré son vœu de virginité. Le grand-prêtre s’en remet à Dieu : les célibataires de la race de David, réunis, choisissent un rameau. Un seul fleuri : c’est celui de Joseph* ainsi distingué parmi les prétendants22. Le grand-prêtre célèbre les fiançailles comme le veut l’ascendance royale des époux. Joseph s’avoue «naziréen», une consécration à Dieu qui le tenait éloigné du mariage. Marie, mise en confiance par cet aveu, confie à son tour son vœu de virginité. Joseph s’engage à le respecter23.

De retour à Nazareth, les fiancés vivent dans l’affection, chacun dans leur maison. C’est dans celle de Marie qu’a lieu l’Annonciation et l’Incarnation24. Marie n’en mentionne rien à Joseph mais l’informe de la maternité inattendue de sa cousine Élisabeth* : un «messager digne de confiance» vient de la lui annoncer. Elle désire la rejoindre25.

Joseph profite de quelques achats professionnels à faire à Jérusalem pour accompagner Marie. À Jérusalem, un vieillard l’accompagne jusqu’à Hébron, chez Élisabeth et Zacharie26. La rencontre a lieu conformément à l’Évangile27.

Trois mois passent ainsi. Jean-Baptiste* naît28. Lors de sa circoncision29, son père Zacharie retrouve la parole selon Luc 1,64, puis a lieu sa présentation au Temple. Joseph vient chercher Marie à cette occasion. Il l’aide à s’installer sur l’âne et remarque alors les premiers signes de maternité30. Il ne dit rien, mais commence pour lui un terrible dilemme qui ne finit qu’avec le songe où l’ange le rassure31. Dans un commentaire à Maria Valtorta, la Vierge Marie explique : «Mon Joseph aussi a eu sa Passion. Et elle commença à Jérusalem quand il se rendit compte de mon état32».

Marie mère

L’Édit de recensement est placardé à la porte de la synagogue de Nazareth. Joseph et Marie doivent se faire recenser dans la cité de David, à Bethléem. C’est l’hiver et Marie arrive à terme33. À Bethléem, ils trouvent refuge dans une grotte qui sert d’étable. Il n’y a qu’un bœuf dans cet antre glacial. Il est rejoint par l’âne du voyage34.

Puis c’est la grande nuit de la Nativité : une cohorte anges vient annoncer aux douze bergers* la Paix pour les hommes de bonne volonté35. Mais il n’y a pas de mages*. C’est plusieurs mois plus tard, après la présentation au Temple36, qu’ils viendront. La sainte famille a trouvé refuge dans une maison, chez Anne*37. Entre temps, Zacharie, est venu d’Hébron à Bethléem. Pour lui, le Messie, le Roi d’Israël, ne peut vivre que dans la cité de David et non en Galilée38.

Survient le massacre commandé par Hérode* le grand, le monarque paranoïaque. La sainte famille a juste eu le temps de fuir en Égypte par la bande de Gaza39. Ils aboutissent à Matarea, près d’Héliopolis, la ville actuelle du Caire40. Ils y vivent pauvrement jusqu’à ce que les nouvelles rassurantes leur viennent de Judée. Ils peuvent alors retrouver leur ville de Nazareth, quatre ans après l’avoir quittée.

Jésus y grandit, enseigné par sa mère, éduquée au Temple. Elle enseigne en même temps deux de ses cousins d’un âge similaire : Jude* et Jacques*41.

Cette tranquillité retrouvée n’est troublée que par un incident, puis une épreuve : Lors de l’examen de majorité du jeune Jésus à Jérusalem42, ses parents perdent la trace de l’adolescent. Marie le retrouve au Temple, soutenant une discussion sur le Messie avec Hillel* et Sciammaï*, deux éminents docteurs de l’époque43. Puis Joseph meurt âgé de soixante-cinq ans environ44. Peu de temps après Jésus part pour sa vie publique45.

Marie « Corédemptrice »

Marie se satisfait d’une vie retirée à Nazareth, ce qui ne l’empêche pas d’exercer une charité active en proximité. Seules les nouvelles qui lui parviennent de l’apostolat de son fils la torturent : Jésus est en butte à l’incompréhension et à l’hostilité.

C’est donc avec une affection redoublée qu’elle accueille son fils lors de ses quelques étapes à Nazareth. Jésus loue plusieurs fois le soutien et le réconfort uniques qu’elle lui procure. Elle accueille aussi les apôtres* qui lui vouent une réelle dévotion. Pas tous cependant : Judas*, en convalescence à Nazareth, prend Marie pour une naïve et profite de son séjour pour comploter46.

Jésus envoie à Marie certains nouveaux disciples : ce sont les plus blessés par l’épreuve dont ils sortent. C’est le cas de Marie de Magdala*, ou d’Aglaé*, une courtisane. C’est aussi le cas des jeunes orphelins recueillis.

La Vierge Marie devient la première et le pivot des saintes femmes, ces «femmes disciples*», dont parle l’Évangile47. Elle participe ainsi à quelques rares voyages apostoliques en compagnie de son fils. Le dernier de ceux-ci l’amène au pied de la Croix48.

Les lamentations de Marie au tombeau sont particulièrement poignantes et déchirantes. C’est le seul moment où elle se laisse aller à des mots durs, mais justifiés contre l’humanité49. Puis elle surmonte sa douleur pour assurer conseils et encouragements à une communauté désorganisée par l’épreuve de la Passion50. Elle est réconfortée par l’apparition de son fils aux premières lueurs du matin de Pâques.

Après l’Ascension51 puis la Pentecôte52, elle se retire dans la solitude de la maison du Gethsémani, propriété de Lazare, en compagnie du seul apôtre Jean53. Elle se consacre au soutien à l’Église naissante et persécutée. C’est là où, laissant à Jean* son Testament spirituel, elle vit sa « mort » (Dormition)54 suivie, quelques jours plus tard, de son Assomption glorieuse55.

Maria Valtorta ne dit rien d’un séjour à Éphèse de la Vierge Marie et de Jean. On sait juste, qu’au moment de la dispersion des apôtres à l’occasion des persécutions d’Hérode Agrippa Ier, elle tenait à rester à proximité de Jérusalem, quoiqu’il advienne56.

On conjecture que sa Dormition et son Assomption ont eu lieu en l’an 51, à l’âge de 70 ans, peu de temps après le Concile de Jérusalem, mais Maria Valtorta n’avance aucune date57. La Vierge Marie, dans une dictée à Maria Valtorta, confie qu’il est inutile de chercher des traces de la maison du Gethsémani : elle fut rasée par les romains. Il est inutile, de même, de chercher son tombeau : elle n’en a jamais eu58.

Recoupements historiques

La Vierge Marie est honorée à plusieurs occasions par la Liturgie romaine et orientale.

Origines

Selon Maria Valtorta, elle devient mère à l’âge de 16 ans. Elle serait donc née au moment exact où Hérode le Grand commence à reconstruire le Temple (An 19 avant J.C.) : c’est tout un symbole. Son âge, rajouté aux trente ans de son fils, correspond bien aux «46 ans qu’il a fallu pour construire le Temple» rappelé à Jésus au début de sa vie publique59.

Le nom de ses parents est connu par le Protévangile de Jacques, un apocryphe du IIème siècle. Cette même source laisse entendre qu’elle aurait été conçue sans l’intervention humaine de son père, mais la plupart des autres sources la donne humainement conçue. Ceci n’est pas incompatible avec le Dogme de «l’Immaculée conception» que confirme Maria Valtorta.

Jacques de Voragine (XIIIème siècle) la dit descendante de David par Nathan, fils de David, tandis que Joseph le serait par Salomon, un autre fils60. Selon cette même source, Élisabeth, sa cousine, serait une nièce d’Anne, sa mère.

L’Église fête la naissance de Marie le 8 septembre. Le synaxaire de Constantinople la marquait déjà à cette date, selon ce qu’avait décrété l’empereur byzantin Maurice Ier au VIème siècle. Marie d’Agréda (1602-1665) confirme cette date et précise l’heure de sa naissance : minuit61. La Gospa, à Medjugorje, donne une date différente : le 5 août62. Maria Valtorta ne précise aucune date, mais les nombreuses indications qu’elle fournit conduisent indubitablement au samedi 8 septembre -21 du calendrier julien.

Marie au Temple

Selon le Protévangile de Jacques63, puis le Pseudo-Matthieu64, Marie fut consacrée au Temple et y entra à l’âge de trois ans. Cette tradition a été reprise par certains auteurs comme saint Jérôme et saint Jean Damascène. Toutefois, cette «présentation au Temple» interfère avec la purification d’Anne, fête rituelle, célébrée par l’Église le 21 septembre, où la jeune Marie fut présentée au Temple. Maria Valtorta distingue les deux cérémonies : purification d’une part, consécration de l’autre.

Éphèse et la fin de vie

Marie d’Agréda65, puis Anne-Catherine Emmerich66 notent que la Vierge Marie suivit l’apôtre Jean à Éphèse. Les deux voyantes donnent cependant deux versions différentes de sa mort : Jérusalem pour l’espagnole, Ephèse pour l’allemande.

Maria Valtorta reste muette sur le séjour à Éphèse. R. Laurentin note : «si les témoignages sur la présence de Jean à Ephèse sont nombreux, la présence de Marie n’est évoquée qu’à partir du Vème siècle par le concile d’Ephèse où la phrase est malheureusement tronquée du verbe nécessaire à sa pleine compréhension67».

Dormition et Assomption

La mort de Marie (Dormition) suivie de sa résurrection en corps et en âme (Assomption) est attestée par plusieurs sources. Notamment les Transitus Mariae qui leur sont consacrés.

Cependant les modalités différent :

– Le lieu est soit Jérusalem, option majoritaire, soit Éphèse.

– Les dates, comme l’âge de Marie à sa mort, varient selon les auteurs : elle aurait eu entre 60 et 70 ans.

La source qui se rapproche le plus de la description de Maria Valtorta est le Transitus Graecus R68. Il date peut-être du IIème siècle. Selon cette source Marie se rend au mont des Oliviers, rentre à la maison, s’adonne à la prière, et communique à l’apôtre Jean sa mort prochaine. Marie rend grâce, puis rend l’esprit. Après trois jours, les anges emportent son corps. Par contre la présence des apôtres et de Paul, le dépôt du corps dans un tombeau, l’intervention des grands prêtres, sont des détails totalement étrangers au récit rapporté par Maria Valtorta.

Le Pape Jean-Paul II a cité cet apocryphe dans une homélie de l’Assomption, lui donnant ainsi un certain crédit.

Tombeau

En 1972, la découverte par le P. Bagatti d’une tombe près de Jérusalem a relancé l’existence du tombeau traditionnel de Marie dans la vallée du Cédron. Pour Maria Valtorta, il n’y a aucun tombeau.

(1) Tome 1, Chapitre 20 /vo 13.1/7 – (2) Tome 1, Chapitre 4 /vo 3.1 – (3) Jean Aulagnier, Avec Jésus au jour le jour, Résiac, 1994, Page 22 – (4) Tome 1, Chapitre 7 /vo 5.1/6 – (5) Tome 2, Chapitre 14 /vo 52.1/9 – (6) Tome 5, Chapitre 36 /vo 348.3/13 – (7) Tome 2, Chapitre 20 /vo 57.1/6 – (8) Tome 1, Chapitre 23 /vo 16.1/4 – (9) Tome 5, Chapitre 36 /vo 348.3/13 – (10) Cf. Proverbes 8,22-31 rapporté dans le Tome 5, Chapitre 36 /vo 348.3/13 – (11) Tome 2, Chapitre 103 /vo 136.3/11 – (12) Tome 5, Chapitre 36 /vo 348.3/13 – (13) Ib° – (14) Tome 1, Chapitre 30 /vo 20.1 – (15) Tome 2, Chapitre 103 /vo136.3/11 – (16) Tome 1, Chapitre 12 /vo 7.7/8 – (17) Imelda Lambertini : (1521-1533) Sainte fêtée le 12 mai. Selon son profond désir, elle entre au couvent à 10 ans et meurt à 11, lors d’une extase pendant sa Première communion – (18) Rose de Viterbe : (v. 1235- 1252) Sainte fêtée le 4 septembre. À sept ans, elle obtint de vivre recluse dans la prière et les mortifications – (19) Nellie Organ (1903-1908) Vénérable fêtée le 2 février. Elle obtint l’autorisation exceptionnelle de faire sa communion à quatre ans et demi – (20) Antoinette Meo : (1930-1937) Vénérable morte « en odeur de sainteté« . Certains veulent lui obtenir le rang de Docteure de l’Église – (21) Tome 1, Chapitre 13 /vo 8.1/5 – (22) Ib°, chapitre 19 /vo12.1/5 – (23) Ib°, chapitre 20 /vo 13.1/7 – (24) Ib°, chapitre 23 /vo 16.1/4 – (25) Ib°, chapitre 27 /vo 18.1/10 – (26) Ib°, chapitre 32 /vo 21.1/7 – (27) Cf. Luc 1,40-55 – (28) Ib°, chapitre 36 /vo 23.2/9 – (29) Ib°, chapitre 38 /vo 24.1/10 – (30) Ib°, Chapitre 40 /vo 25.1/7 – (31) Cf. Matthieu 1,20-25 – Tome 1, chapitre 42 /vo26.1/5 – (32) Ib°, chapitre 41 /vo 25.8/12 – (33) Ib°, chapitre 44 /vo 27.1/7 – (34) Ib°, chapitre 46 /vo 28.1/6 – (35) Ib°, chapitre 47 /vo 29.1/5 – (36) Ib°, chapitre 53 /vo 32.1/9 – (37) Ib°, chapitre 56 /vo 34.6/9 – (38) Ib°, chapitre 51 /vo 31.1/5 – (39) Ib°, chapitre 58 /vo 35.1/7 – (40) Ib°, chapitre 60 /vo 36.1/6 – (41) Ib°, chapitre 64 /vo 38.1/9 – (42) Ib°, chapitre 67 /vo 40.7 – (43) Ib°, chapitre 69 /vo 41.12 – (44) Ib°, chapitre 70 /vo 42.1/7 – (45) Tome 2, chapitre 1 /vo 44.1/6 – (46) Tome 4, chapitre 127 /vo 264.1/11 – (47) Cf. Matthieu 27,25; Luc 23,49; Actes 1,14 – (48) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.1/35 – (49) Tome 9, Chapitre 30 /vo 610.1/16 – (50) Ib°, chapitre 34 /vo 614.1/12 – (51) Tome 10, Chapitre 23 /vo 638.19 – (52) Ib°., Chapitre 24 /vo 639.1/6 – (53) Ib°., Chapitre 27 /vo 638 – (54) Ib°., Chapitre 35 /vo 649.1 – (55) Ib°, Chapitre 36 /vo 650 – (56) Ib°, chapitre 34 /vo 648.1 – (57) Jean Aulagnier, Avec Jésus au jour le jour éd. 1985, p 265 – (58) Ib°, chapitre 37 /vo 651.1 – (59) Cf. Jean 2,20 – (60) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie – (61) Marie d’Agréda, La Cité mystique de Dieu, Livre I, Chapitre 21, pages 325 et 326 – (62) Cyrille Auboyneau, Paroles du Ciel, éd. des Béatitudes, pp. 98-99 – (63) Protévangile de Jacques, chapitre 1, § 9 – (64) Pseudo-Matthieu, chapitre 1, § 6 – (65) Marie d’Agréda, La Cité mystique de Dieu, Livre 7, chapitre 17, § 344 et 345, page 186 – (66) A.C. Emmerich, Vie de la Vierge Marie, pages 411 et 412 – (67) R. Laurentin « Vie authentique de Marie », Paris Éditions de l’Œuvre, 2008, p. 439 à 447 – (68) Codex Vatican Grec n° 1892

Marie, de Méron

Voir Anne et Jude, de Méron.

Marie, de Nazareth

Voir Mathathias et Sara, de Nazareth.

Marie Salomé, femme de Zébédée

Une des saintes femmes citées par l’Évangile.

Salomé est une galiléenne de Bethsaïda. Elle a 60 ans environ, mariée depuis 40 ans1. Elle forme, avec Zébédée*, un couple uni et heureux2.

D’origine modeste, elle «ne connaît pas les livres» avoue-elle3. Elle a le cœur simple et droit, doublé d’un sens des affaires. Son mari est un patron pêcheur relativement aisé : il commercialise aussi les poissons séchés du lac de Tibériade. C’est à ce titre qu’il connaît les Grands Prêtres. Marie Salomé est la mère des apôtres Jean* et Jacques* le majeur. Elle a aussi d’autres enfants dont on sait peu de choses.

Elle fait partie des femmes-disciples* qui suivent épisodiquement Jésus4. Elle ne se départit pas, pour autant de son sens pratique. À son propos, la Vierge Marie confie à Jésus : «Elle est pleine d’égards pour moi et pour Toi. Elle espère, il est vrai, une place privilégiée pour ses fils. C’est une femme et c’est une maman, Jésus. Il faut l’excuser5».

Marchant vers Jérusalem pour la dernière Pâque, elle demande directement à Jésus, que ses deux enfants siègent l’un à sa droite, l’autre à sa gauche6. Jacques et Jean, surnommés «fils du tonnerre» par Jésus7, devaient tenir leur tempérament fougueux de leur mère. Mortifiée d’avoir présenté une demande présomptueuse, elle est rassérénée par Jésus : «Tes fils, selon le livre qui te plaît tant (NB : le livre des Proverbes), te proclameront bienheureuse, et ton mari te louera dans la Patrie des justes. Va tranquille. Va en paix. Sois heureuse» lui dit-il8.

Marie Salomé est présente au pied de la Croix9. Au matin de la Résurrection, sur la route du tombeau10, elle est témoin de Jésus ressucité11.

Elle meurt probablement âgée de 70/73 ans. Sans doute avant d’avoir eu la douleur de perdre son fils Jacques l’apôtre impétueux, martyrisé vers 4412.

Recoupements historiques

Marie Salomé est fêtée le 22 octobre en Occident et le 3 août en Orient.

Elle est identifiée à la mère des fils de Zébédée en raison notamment du passage parralèle entre Matthieu 27,56 où elle est dite «mère des fils de Zébédée» et celui de Marc 15,40 où elle est dite «Salomé».

Selon une antique tradition13, elle aurait fui les persécutions juives d’Hérode Agrippa 1er pour émigrer en Provence à la suite de la famille de Béthanie. Ses reliques seraient conservées aux Saintes Marie de la Mer, en Camargue. Elle est unie dans le culte à Marie Jacobé, autre nom de Marie d’Alphée.

(1) Tome 3, chapitre 12 /vo 152.1/3 – (2) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (3) Ib° – (4) Cf. Marc 15,40-41 – (5) Tome 2, chapitre 73 /vo 106.7 – (6) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11. La narration est conforme à Matthieu 20,20-21 : C’est Marie Salomé qui fait la demande pour ses fils. Elle ne confirme pas celle de Marc 10,35-36 : ce sont les intéressés qui font la demande pour eux-mêmes – (7) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.1/9 – Cf. Marc 3,17 – (8) Cf. Proverbes 31,28; Tome 8, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (9) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.1/35; Cf. Mt 27,56 Mc 15,40 – (10) Cf. Marc 16,1 – (11) Tome 10, chapitre 5 /vo 619.1; Cf. Marc 16,1-6 – (12) Tome 10, chapitre 35 /vo 649.1 – (13) E-M Faillon, Abbé Migne Monuments inédits sur l’apostolat de Sainte Marie-Madeleine en provence – Histoire du culte des saintes Maries Jacobé et Salomé, 1848, Tome I, page 1265.

Marie, de Sephoris

Voir Joseph et Marie, de Sephoris.

Marie, veuve de Jacob

Est une petite vieille amaigrie, aux épaules voûtées, avec de doux yeux mélancoliques. C’est la plus pauvre d’Ephraïm en Samarie. Elle accueille Jésus chassé par le Sanhédrin*1. Sa maison est «vaste comme une hôtellerie, mais vide comme un endroit abandonné».

Elle en confie les raisons à Jésus : «J’avais trois garçons et sept filles. Un garçon a été emporté par le torrent et un autre par la fièvre. Le troisième m’a abandonnée. Cinq des filles ont pris le mal du père, et elles sont mortes. La sixième est morte en enfantant et la septième… Ce que la mort n’a pas fait le péché l’a fait2».

Jésus quitte Ephraïm vers le 18 mars de l’an 30, après sept semaines de séjour. Il laisse à Marie de Jacob une somme suffisante pour la tirer définitivement d’embarras. Ce pécule provenait des dons faits par Jeanne de Chouza* et Marie de Magdala*. En partant, Jésus se dirige vers Jérusalem pour la Pâque de sa Passion3.

Il apparaît ressuscité à Marie de Jacob et la réconforte4.

(1) Cf. Jean 11,54 – (2) Tome 8, chapitre 12 /vo 551.10/12 – (3) Ib°, chapitre 29 /vo 568.1/8 – (4) Tome 10, chapitre 18, § 13 /vo 632.29

Marius, d’Antigonéa

Voir Solon et Priscille, d’Antigonéa.

Marius Sévère

Est un gradé romain, peut-être un décurion, de faction à Gadara, une ville thermale de la Décapole. Il vient mettre en garde Jésus contre des propos séditieux qu’il tiendrait : on est venu le dénoncer comme tel au centurion1. À l’appui de sa mise en garde, il reste écouter Jésus.

Des pharisiens surviennent : «Est-il permis de renvoyer sa femme ?» demandent-ils à Jésus2. Jésus précise que cela n’est pas permis. Si Moïse l’a permis, c’est en raison de leur dureté de cœur.

Des hommes de Gadara murmurent : «Dans ce cas, il vaut mieux ne pas se marier !». Jésus leur répond que certains, parmi les hommes, sont appelés au célibat en vue du ciel.

Six mois plus tard, Marius Sévère, mêlé à la foule, assiste à une guérison collective. Il demande alors à Jésus la guérison de son vieil esclave Aquila*. «Je suis païen, mais je crois que tu es un dieu. J’ai un esclave qui m’est cher, un vieil esclave qui me suit depuis mon enfance3». D’esprit discipliné, il comprendrait que Jésus n’exerce pas ses pouvoirs pour les étrangers ou même les esclaves. Va-t-il venir chez lui guérir Aquila ?

«Non» répond Jésus. Marius est un peu déçu lorsqu’accourt Aquila : «Maître, je suis guéri !» dit-il tout essouflé.

En le quittant, Jésus dit à Marius : «Adieu. Je t’attends sur les chemins de Dieu».

*

Le nom de Marius Sévère est attesté historiquement4 à l’époque de Tibère : il s’était établi comme négociant dans une île grecque. Mais les indices sont trop faibles pour établir un lien avec le personnage évoqué par Maria Valtorta.

(1) Tome 5, chapitre 47 /vo 357.12 – (2) Cf. Matthieu 19,1-12 – Marc 10,1-2 – (3) Tome 6, chapitre 145 /vo 453.8/9 – (4) Jean Hatzfeld: Roman History 1919 pages 88 et 239: Marius Severus, Potiolanus (ILGR 35 from Syros)

Marthe, de Béthanie

Est le deuxième enfant de Théophile*, un prosélyte syrien gouverneur local d’Antioche, et d’Euchérie*, de la lignée royale de Juda1. Elle hérite de Béthanie pendant que Lazare*, son frère aîné, hérite des propriétés de Jérusalem et Marie*, sa sœur cadette, de la propriété de Magdala.

De taille moyenne, elle est brune. Ses formes sont harmonieuses. Ses cheveux sont noirs. Ses yeux, de la même couleur, sont grands et doux, encadrés par des cils foncés. Son vêtement est riche mais chaste2.

Elle subit les contrecoups de la vie dissolue de sa sœur Marie et ne trouve pas à se marier, car «on n’épouse pas la sœur d’une courtisane3».

Marthe est une excellente maîtresse de maison. En la présentant à Jésus, Lazare dit d’elle : «Elle possède le génie pratique et intelligent de l’organisation. Elle est faite pour la maison, comme réconfort physique et spirituel de ceux qui l’habitent4».

Béthanie devient une base importante de l’évangélisation tant par la proximité de Jérusalem que par la protection qu’offre les romains à la famille de Béthanie.

Disciple en même temps que son frère Lazare, elle rejoint le groupe des femmes disciples* qui suivent occasionellement Jésus5 et le soutienne de leur biens6. Elle œuvre activement pour la conversion de Marie de Magdala. Elle est la première à recevoir la bonne nouvelle de la bouche de Jésus7.

À cette occasion, Jésus complimente Marthe : «Donne-moi cette main qui n’a jamais péché, qui a su être douce, miséricordieuse, active, pieuse. Elle a toujours fait des gestes d’amour et de prière. Elle n’est jamais devenue paresseuse. Elle ne s’est jamais corrompue8».

Ses dispositions de maîtresse de maison donnent lieu à la fameuse interpellation de Jésus en Luc 10,38-42 : «Marthe, Marthe ! Tu te soucies pour beaucoup de choses. Marie (de Magdala) a choisi la meilleure part. Celle qui ne lui sera jamais ôtée9».

Elle se montre dévouée lors de la maladie de son frère dont les jambes pourissent dégageant une puanteur qu’elle supporte10. Elle fait prévenir Jésus, malgré ses instructions, de l’agonie de Lazare : elle espère le miracle, même après la mort de son frère11.

Lors de la Résurrection éclatante de Lazare, en bonne maîtresse de maison, elle ne peut s’empêcher de surveiller l’accueil des nombreuses personnalités présentes : «Pourquoi agis-tu au lieu de contempler ?» remarque Jésus12.

Elle est présente sur le Calvaire13 et s’active, au matin de Pâques pour l’embaumement de Jésus. Le groupe des saintes femmes se sépare : Marthe et Marie de Cléophas*, partent chercher Jeanne de Chouza*. À leur arrivée, le Tombeau est vide : Jésus ressuscité est déjà apparu à Marie de Magdala, mais Marthe et Marie de Cléophas voient les deux anges qui leur annoncent la Résurrection. Pierre*, bouleversé, n’arrive pas à croire à l’enchevêtrement des nouvelles décousues qui lui parviennent14.

Plus tard, les persécutions s’accentuant, la famille de Béthanie choisit de s’expatrier. Dans une dictée à Maria Valtorta, Jésus précise : «On ne peut certainement pas se dire que Lazare, Marie et Marthe ont été des créatures craintives. Tu vois pourtant que, bien qu’avec une extrême douleur, ils se sont éloignés d’ici pour porter ailleurs la Parole divine qui ici aurait été étouffée par les juifs15».

Recoupements historiques

L’Église honore sainte Marthe, le 29 juillet, huit jours après sa sœur Marie de Magdala.

Selon Jacques de Voragine (XIIIème siècle) Marthe «descendait de race royale et avait pour père Syrus et pour mère Eucharie. Son père fut gouverneur de Syrie et de beaucoup de pays, situés le long de la mer». La famille possédait trois châteaux : «Magdalon, Béthanie et une partie de la ville de Jérusalem16».

Selon la tradition provençale, reprise par Anne-Catherine Emmerich17, elle émigre avec toute la famille de Béthanie en Gaule lors des premières persécutions contre les chrétiens, vers l’an 48. La Gaule narbonnaise (Provence) était un lieu où se trouvent, à l’époque, bannis et disgraciés tels Hérode Antipas* et Hérodiade*, Pilate* et Claudia Procula*.

Marthe s’installe d’abord à Avignon, puis à Tarascon. On y célèbre son combat contre un monstre, la Tarasque, que l’on suppose être un crocodile africain échappé d’un cirque romain. Elle évangélise la région, notamment Arles et Aix-en-Provence. Puis se retire à Tarascon où elle décède après avoir fondé une communauté de vierges au service des pauvres.

En 1199, la collégiale Sainte Marthe fut construite en son honneur. Elle se trouve près du château du roi René. Le tombeau de la sainte reste un lieu de pèlerinages fervents.

(1) Tome 2, chapitre 83 /vo 116.5 – (2) Tome 2, chapitre 79 /vo 112.4/6 – (3) Tome 8, chapitre 4 /vo 544.1/12 – (4) Tome 2, chapitre 84 /vo 117.4 – (5) Tome 3, chapitre 17 /vo 157.1/9 – (6) Cf. Luc 8,1-3 – (7) Tome 4, chapitre 96 /vo 235.1/3 – (8) Ib°, chapitre 92 /vo 231.1/7 – (9) Tome 5, chapitre 67 /vo 377.1/7 – (10) Tome 7, chapitre 216 /vo 519.3/7 – (11) Tome 8, chapitre 4 /vo 544.1/12 – (12) Ib°, chapitre 8 /vo 548.1/22 – (13) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.1/35 – (14) Tome 10, chapitre 5 /vo 619.1/13 – (15) Ib°, chapitre 34 /vo 648 – (16) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Sainte Marthe – (17) R.P. Fr. Joseph-Alvare Duley, traduction de Charles d’Éberling, « Visions d’Anne-Catherine Emmerich« , éd. Téqui 1995, pages 416 à 419

Marthe, de Corozaïn

Est la femme courbée, évoquée dans Luc 13, 10-17. Boitant avec son bâton, à la hauteur duquel se trouve sa tête, elle entre dans la synagogue de Corozaïn un jour de shabbat. Elle est ainsi depuis 18 ans1.

Jésus la guérit en raison de sa «foi silencieuse et humble». Le chef de la synagogue*, indigné, apostrophe la foule : «Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler; venez donc ces jours-là vous faire guérir, et non le jour du sabbat !».

Jésus répond : «Hypocrites ! chacun de vous, le sabbat, ne délie-t-il pas de la crèche son bœuf ou son âne pour le mener boire?».

Recoupements historiques

Eusèbe de Césarée évoque une Marthe guérie par Jésus2, mais il s’agit, selon lui, de l’hémorroïsse3 et non de la femme courbée. On ne peut confondre les deux personnages, mais la similitude du prénom, comme la durée des infirmités (12 ans dans un cas, 18 ans pour l’autre), intriguent.

(1) Tome 5, chapitre 25 /vo 337.5/6 – (2) Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, VII 18 – (3) Cf. Matthieu 9,20

Martial, dit Manassé

Il est assassiné par les pharisiens.

Martial est orphelin d’affranchis romains de Césarée Maritime. Il a une dizaine d’années. Il est recueilli par un ami de ses parents jusqu’au départ de celui-ci. Il est alors jeté à la rue et repoussé par les israélites. En mendiant, il arrive à Jérusalem où, il se réfugie, par faim, dans les écuries de Joseph et Marie de Sephoris*. Ils le recueillent1.

Ils dissimulent son identité sous le nom juif de Manassé. Par la suite, Joseph d’Arimathie* le prend sous sa protection2.

Martial est éveillé et obéissant : il est envoyé à Béthanie pour prévenir Jésus de la condamnation prononcée à son encontre par le Temple à la suite de la résurrection de Lazare*3.

C’est lui encore que Nicodème*, au moment de la Passion, envoie prévenir ceux de sa maison de se tenir sur leurs gardes, car les gens du Temple cherchent tous ceux qui pourraient être témoins de la Résurrection4. Malheureusement, Martial est pris et tué par les pharisiens qui déposent son corps à la grille de Lazare* avec un écriteau de défi : «Et maintenant dis au Galiléen qu’il te ressuscite, s’il est le Christ et s’il est ressuscité».

Symboliquement au moment de l’Ascension, Jésus rebaptise Margziam du nom de Martial, «le dernier des innocents qui en Palestine ont perdu la vie pour me servir5».

(1) Tome 7, chapitre 205 /vo 508.4/7 – (2) Ib° 235 /vo 538.1 – (3) Tome 8, chapitre 11 /vo 550.8/12 – (4) Tome 10, chapitre 9 /vo 623 – (5) Ib°, chapitre 23 /vo 638.19/23

Martille, d’Antigonéa

Voir Solon et Priscille, d’Antigonéa.

Masala, d’Hébron

Est estropié. Sa mère a été répudiée à cause de son infirmité. Elle vit de charité, mais se fait vieille. Masala ne peut pas voir le visage de Jésus quand il s’approche de lui : il est recroquevillé et difforme. Il ressemble, dit Maria Valtorta, à une «caricature d’homme-chimpanzé».

Jésus pose ses mains sur les épaules déformées de l’homme et dit d’une voix puissante : «Lève-toi et marche sur les chemins du Seigneur». L’homme éprouve une secousse et se redresse brusquement, parfaitement guéri. Il regarde Jésus et puis tombe à genoux, avec sa mère : il embrasse les pieds de son Sauveur1.

*

Masala est sans doute originaire d’une des peuplades berbères qui, à cette époque, s’étendaient de la Numidie à l’ouest jusqu’à la Nubie à l’est. Dans cette langue, son nom signifie « grand et pieux »2. Peut-être un prénom de dérision donné par son père avant de le rejeter avec sa mère.

(1) Tome 3, chapitre 73 /vo 211.9 – (2) M G. Olivier, Recherches sur les noms berbères, 1867 p 89

Mathathias et Sara, de Nazareth

Sont propriétaires d’une oliveraie en dehors de Nazareth sur la route de Cana. Jésus aime bien y faire halte. Il y est bien accueilli et respecté1. Mathathias et Sara ont une fille, Dina, mariée à Philippe, et trois petits-enfants : Anna, Noémi et Marie. La troisième naissance les a déçus : ils espéraient un garçon.

Mais Mathatias voit en Jésus le roi d’Israël, au sens humain du terme. Comme Benjamin et les notables de Nazareth*, il se laisse égarer un temps par les paroles trompeuses de Judas. L’apôtre, en convalescence à Nazareth, a tenté de fomenter un complot en vue de promouvoir la gloire terrestre de Jésus2.

(1) Tome 4, chapitre 125 /vo 261.1/5 – (2) Ib°, chapitre 127 /vo 264.7

Mathatias Sicule

Est le chef de la synagogue des affranchis romains à Jérusalem. Cette synagogue est fréquentée par Valeria*, une noble romaine sur la voie de la conversion.

Mathatias objecte à Jésus : «Tu as dit que certains deviendront tout de suite glorieux au Ciel. Le Ciel n’est-il pas fermé ? Les justes ne sont-ils pas dans les Limbes en attendant d’y entrer ?».

Jésus acquièsce et répond sur l’iminence de la Rédemption : elle ouvrira les limbes. Puis, commentant la vision des ossements ressuscités d’Ezéchiel1, il développe deux réssurections : d’abord celle de l’Esprit qui s’ouvre à sa Parole, puis celle du jugement dernier2.

*

Sicule, le surnom de Mathatias, laisse supposer qu’il est un juif de la Diaspora originaire de Sicile : cela le rend naturellement apte à la direction de cette synagogue des affranchis romains.

(1) Ézéchiel 37,4 et suivants – (2) Tome 7, chapitre 231 /vo 534.1/9

Mathias, de Cédès

Est le chef de la synagogue de cette ville de Haute Galilée. Il est de la descendance de Lévi (le clan des prêtres) par son père, et d’Aaron, frère de Moïse, par sa mère.

Il invite Jésus à parler, mais un groupe de pharisiens hostiles veut l’en empêcher. Ce groupe venait de chasser Jésus à coup de pierres non loin de là1.

Mathias, «splendide comme un Moïse avec ses cheveux blancs», dit Maria Valtorta, prend la défense de Jésus : «Cédès est une ville de refuge2 et une ville lévitique3. Respectez-la.

– Vieilles histoires ! Cela ne compte plus !» rétorque le groupe hostile et demande à Jésus un signe pour croire en lui4.

En réponse, Jésus prophétise sur le signe des temps5 et celui de Jonas Il avait déjà annoncé ce signe à Capharnaüm6 lorsqu’on l’avait accusé de chasser les démons par le pouvoir de Belzébuth7.

Jésus ressuscité apparaît dans la synagogue. Mathias comprend alors la signification du signe de Jonas8.

(1) Tome 5, chapitre 28 /vo 340.1/9 – (2) Cf. Josué 20,7 – (3) Cf. Josué 21,32 – (4) Tome 5, chapitre 30 /vo 342.5/9 – (5) Cf. Matthieu 16,1-4; Marc 8,11-13; Luc 12, 54-56 – (6) Tome 4, chapitre 132 /vo 269.1/13 – (7) Cf. Matthieu 12,22-50; Marc 3,22-35; Luc 11,14-26 – (8) Tome 10, chapitre 18, § 10 /vo 632.29

Mathias, l’apôtre

Est un jeune berger de la Nativité*1. Il se prénomme Tobie, mais reprend le nom de son père après la mort de celui-ci dans le massacre perpétré par Hérode le Grand*2.

Il devient disciple de Jean-Baptiste* comme deux autres bergers de la Nativité : Jean* et Siméon*.

Lors de la dernière rencontre du Baptiste avec Jésus dans une grotte d’Enon (3), le précurseur les recommande : «En eux et spécialement en Mathias, la Sagesse est réellement présente4». Le Baptiste, capturé, est enfermé dans la forteresse de Machéronte, près de la mer Morte. Grâce à Manaën*, frère de lait d’Hérode Antipas* et disciple du Baptiste, Mathias sert aux cuisines du château.

Les circonstances de la décapitation du Baptiste lui sont rapportés par Selma*, servante d’Hérodiade* : elle a été témoin de la scène rapportée par les Évangiles5. Avec Siméon* et Jean*, Mathias recueille le corps du prophète. Ils l’enterrent et viennent prévenir Jésus6 qui les accueille à sa suite7.

Mathias exerce un ascendant sur les autres disciples : sa sagesse et sa justice lui confèrent une autorité naturelle8. Il est compté parmi les soixante-douze disciples*9 avant d’être élu apôtre en remplacement de Judas*10. Il est présenté à ce poste en même temps que Joseph* le juste, lui aussi fils d’un berger de la Nativité massacré par Hérode* le Grand11.

Conformément aux propos de Pierre* dans les Actes des Apôtres12, Mathias a bien fait partie «des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis son baptême par Jean jusqu’au jour où il nous a été enlevé». Il a en effet été témoin : de la Nativité13, de la Crucifixion14, de la Résurrection15, de l’Ascension16.

Il est présent à la Pentecôte comme douzième apôtre : le premier à être élu17. Il jouit dès lors de la plénitude des prérogatives et de l’autorité apostoliques. De même les évêques, après lui, continuent l’autorité du Christ.

Recoupements historiques

Saint Mathias est fêté le 14 mai.

Selon le docteur Johannes Sepp18, Matthias, natif de Bethléem, était un des jeunes bergers témoins de la Nativité, avant de devenir plus tard disciple et apôtre de Jésus. Avant J. Sepp, Jacques de Voragine (XIIIème siècle) reprenait la tradition qui le disait «né à Bethléem d’une famille illustre19».

La tradition le donne évangélisateur de l’Egypte et de l’Ethiopie. De retour en Judée, il fut lapidé puis décapité en l’an 63 (ou 64). Il devait avoir 85 ans.

Selon Clément d’Alexandrie (IIème siècle)20, Mathias aurait écrit un Livre des Traditions.

Origène (IIème siècle) lui attribue un évangile21 aujourd’hui perdu, mais qu’évoquent saint Ambroise, saint Jérôme et Bède le Vénérable. Ce document avait été classé parmi les apocryphes par le Pape Gélase au Vème siècle.

Clément d’Alexandrie rapporte que, dans son évangélisation, il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité; leçon importante qu’il tenait de Jésus-Christ, et qu’il mettait lui-même en pratique. Il cite de lui, cette maxime : «Il faut combattre sa chair et la dompter entièrement en lui refusant tout ce que demandent ses désirs déréglés. Il faut au contraire fortifier et faire croître l’âme, par la foi et par la connaissance».

Sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, rapporta son corps à Rome. Elle déposa une partie de ses reliques dans la basilique Sainte Marie Majeure, et donna une part du reste à saint Agrice qui les mit dans l’actuelle Basilique Saint Matthias de Trêves. Toutefois, selon les bollandistes, les reliques de Sainte Marie Majeure doivent être attribuées à un autre saint Mathias, évêque de Jérusalem vers l’an 120.

(1) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (2) Tome 2, chapitre 39 /vo 75.4 – (3) Cf. Jean 3,23 – (4) Tome 3, chapitre 8 /vo 148.2 – (5) Cf. Matthieu 14,6-11; Marc 6,19-28 – (6) Cf. Matthieu 14,12 – (7) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.3/8 – (8) Tome 7, chapitre 235 /vo 538.5/12 – (9) Cf. Luc 10,1 – (10) Cf. Actes 1,23-26 – (11) Tome 10, chapitre 24 /vo 639.1/6 – (12) Cf. Actes 1,21-22 – (13) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (14) Tome 9, chapitre 28 /vo 608.16 – (15) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5 – (16) Ib°, chapitre 23 /vo – (17) Ib°, chapitre 25 /vo – (18) Johannes Sepp, Vie de N-S Jésus, 1861, Tome1, page 179 – (19) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Saint Mathias – (20) Clément d’Alexandrie, Stromates, L2 – (21) Origène, Luc, Homélie 1

Mathias et Esther, de Jérusalem

Sont les gardiens d’une des maisons que possède Lazare* à Jérusalem. Au dimanche des rameaux (deuxième jour de la semaine juive), la Vierge Marie* s’y trouve bien placée pour assister au triomphe de son fils. La maison est située sur le passage du cortège qui vient du quartier populaire d’Ophel pour se rendre sur la colline de Sion où se trouve le Temple.

Le Jeudi-Saint, dans l’après-midi, Jésus y prend quelques repos. Il est dérangé par une trentaine de personnes fortunées qui demande à le voir, à l’insu des pharisiens, selon Jean 12,42 : ils ont entendu la voix du Ciel qui proclamait le triomphe de Jésus2. Ils croient en Jésus mais sont en butte aux moqueries : que faire ?

Jésus répond : «Celui qui croit en moi, croit, non pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé». Il leur précise qu’il n’est pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver3.

(1) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.1 – (2) Cf. Jean 12, 28 – (3) Ib°, chapitre 17 /vo 598.1/22

Mathias, fils adoptif de Chouza

Voir Marie et Mathias, les enfants adoptifs de Chouza.

Mathias, fils d’Isaac

Voir Lévi et les saints innocents.

Mathias, de Jabès-Galaad

Vit retiré et pauvrement. Il a été lépreux jusqu’à l’âge de cinquante ans. De retour dans son village, ses parents et sa femme sont morts. Sa maison est dévastée. En raison de son passé, il est mis à l’écart par les villageois. Il devient disciple du Baptiste*. Les disciples itinérants de Jésus lui parlent du Messie. Il y croit sans l’avoir vu.

Par une nuit de tempête; il recueille Jésus et le groupe des apôtres* rejetés du village1. Il partage le peu qu’il a, sans savoir qui sont ces pélerins. À son départ, Jésus le bénit et dépose discrètement un petit pécule que Mathias a refusé : avoir hébergé le Seigneur l’avait suffisamment comblé.

Plus tard, Jésus ressucité apparaît au seuil de sa petite ferme devenue florissante. La stupeur passée, Mathias partage un repas avec lui. Il s’excuse d’avoir fuit le calvaire : il ne pouvait supporter la scène. Jésus le sait et lui pardonne : Mathias a été un des premiers à venir pleurer sur son tombeau, mais il était déjà vide.

Avant de disparaître, Jésus lui promet : «Tu auras part à mon Royaume céleste.

– Mais maintenant, je te perds, ô Seigneur !» dit Mathias.

Jésus lui répond : «Vois-moi dans tout pèlerin, dans tout mendiant, dans tout infirme, dans tous ceux qui ont besoin de pain, d’eau et de vêtements. Je suis dans tout homme qui souffre, et ce qui est fait à celui qui souffre, c’est à Moi que cela est fait2».

(1) Tome 5, chapitre 49 /vo 359.3/9 – (2) Tome 10, chapitre 18, § 6 /vo 632.29; Cf. Matthieu 25, 40

Mathias, notable de Nazareth

Voir Benjamin et les notables de Nazareth

Matthieu, l’apôtre

Est un galiléen de Capharnaüm. Lévi, fils d’Alphée1, dit Matthieu, a une sœur qui reste anonyme2. Ce collecteur d’impôt (publicain) est loin d’être populaire, on s’en doute; d’autant plus qu’il mène une vie dissolue : «Il passe le sabbat à dépenser en orgies ce qu’il nous extorque en taxes doublées et triplées pour avoir de l’argent pour le fisc et pour sa conduite vicieuse» commente Pierre. Il rajoute : «C’est un homme frisé, parfumé plus qu’une femme3».

Lévi-Matthieu est de petite taille et trapu. Il a le même âge que Pierre*, soit la quarantaine passée. Derrière son comptoir, il présente «un visage fatigué de jouisseur4». Le groupe des apôtres* reste donc stupéfait quand Jésus appelle brusquement ce personnage à devenir le douzième et dernier d’entre eux5.

La démarche de conversion de Matthieu n’était pourtant pas si soudaine : Il se laisse progressivement toucher par l’enseignement de Jésus donné souvent à Capharnaüm. Il l’entend prêcher le repentir et la miséricorde6 puis le bon usage des richesses7. Par l’intermédiaire du petit Jacques*, Matthieu envoie à Jésus des bourses anonymes pour le secours des pauvres8.

Tout ceci précéde la parole de Jésus : «Viens et suis-moi9». Matthieu s’exécute immédiatement et confie : «Cela fait presque trois mois que je pleure. Je ne savais comment faire. Je voulais venir, mais, comment venir vers Toi, Saint, avec mon âme souillée ?». Puis il demande pardon aux apôtres, ses nouveaux compagnons : «Je vous ai injustement taxés. Mais, voici que je m’agenouille devant vous tous et que je vous dis : ne me chassez pas ! Lui m’a accueilli. Ne soyez pas plus sévères que Lui10».

Pour fêter sa régénération, Matthieu donne, le soir même, un festin auquel participent ses compagnons de bamboche : Josias* un souteneur, Simon d’Isaac* un adultère, Azarias* un tenancier de tripot. Ceci provoque le scandale des pharisiens locaux : Élie*, Simon* et Joachim*11.

Après sa conversion, Matthieu ne se départit pas complètement de son raffinement : il n’y a que Judas* qui le dépasse en élégance12. Mais Matthieu a un caractère ferme : sa conversion le prouve13.

«Ma victoire» dit de lui Jésus. Il prédit que son expérience passée le rendra convaincant dans ses appels à la conversion14. «Le seul d’entre nous qui n’a pas de dégoût pour aucun pécheur ou pécheresse» dit de lui, Jude Thaddée*.

Matthieu montre plusieurs qualités qui le prédisposent à devenir évangéliste :

– Il est cultivé : il notait directement les discours de Jésus15.

– À propos des souvenirs d’enfance que rapporte Jésus, il dit à Pierre : «J’ai une bonne mémoire. Je l’ai développée à mon comptoir, et je garderai le souvenir de ce récit pour tout le monde. Quand tu voudras, je pourrai te le répéter entièrement. Je ne tenais pas de comptes à Capharnaüm, et pourtant je me souvenais de tout16».

– Il est éloquent. Pierre note à propos de ses discours d’apôtre : «Il emploie le savoir-faire dont il usait pour plumer les gens à son comptoir, en les forçant à dire : « Tu as raison »17».

Recoupements historiques

Saint Matthieu est fêté le 21 septembre.

La tradition lui attribue la rédaction du premier évangile.

On sait peu de choses sur le reste de sa vie : certaines sources parlent d’une prédication en Perse, d’autres en font l’évangélisateur du Pont, de la Syrie, de la Macédoine et même de l’Irlande.

La tradition hagiographique nous informe qu’il passe un temps en Egypte, puis en Ethiopie où il est accueilli par l’eunuque, haut fonctionnaire de la reine, baptisé par le diacre Philippe*18.

Au terme de périples, la tête de saint Matthieu est déposée dans la cathédrale de Beauvais pour partie et pour l’autre au monastère de la Visitation Sainte-Marie de Chartres. La relique de Beauvais a disparu en 1793, pendant la révolution française.

(1) Cf. Marc 2,14 – (2) Tome 4, chapitre 160 /vo 296.1/8 – (3) Tome 2, chapitre 59 /vo 94.5/9 – (4) Ib°, chapitre 60 /vo 95.3/6 – (5) Ib°, chapitre 62 /vo 97.1/7 – (6) Ib°, chapitre 59 /vo 94.5/9 – (7) Ib°, chapitre 60 /vo 95.3/6 – (8) Tome 2, chapitre 23 /vo 60.7 – (9) Cf. Marc 2,14 – (10) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.1/7 – (11) Cf. Matthieu 9, 10-13 – (12) Tome 2, chapitre 65 /vo 100.1/9 – (13) Tome 3, chapitre 76 /vo 214.1/7 – (14) Ib°, chapitre 22 /vo 162.1/8 – (15) Tome 7, chapitre 228 /vo 531.1/21 – (16) Tome 2, chapitre 103 /vo 136.1/11 – (17) Ib°, chapitre 99 /vo 132.7 – (18) Cf. Actes 8,27-38

Mathusalem

Voir Scialem.

Maximin, de Béthanie

Le régisseur de Lazare.

Maximin jouit d’un statut inhabituel pour cette fonction. Maria Valtorta suppose qu’il s’agit d’un parent moins riche que l’on héberge, ou bien le fils du régisseur précédent1. Il est un peu plus âgé que Lazare* : sur les trente cinq ans. C’est un personnage discret, mais efficace dans toutes les tâches de sa fonction.

Il assiste Marthe* et Marie* durant l’agonie de Lazare2. Il organise les funérailles auxquelles est convié le Tout-Jérusalem. La résurrection de Lazare est ainsi l’occasion d’un témoignage éclatant3.

Il reste aux côtés de Lazare pendant la Passion. Jésus avait expressément demandé que Béthanie soit prêt à accueillir les disciples hagards après leur dispersion4.

Un mois après, lors de la Pâque supplémentaire5, tous les disciples tenus éloignés de Jérusalem en raison de leur jeunesse ou de leur sensibilité, se retrouvent à Béthanie. Jésus leur apparaît les encourage et les bénit6. Maximin est témoin de l’Ascension où il se tient parmi les proches de Jésus7.

Recoupements historiques

Saint Maximin est fêté le 29 mai.

Vers 44, Maximin le régisseur, émigre avec la famille de Béthanie en Gaule (Provence) lors de la persécution déclenchée par Hérode Agrippa 1er. Il devient le premier évêque d’Aix-en-Provence. Selon la tradition, il est appelé au chevet de Marie de Magdala*, ermite dans la Sainte-Baume près de l’actuelle ville de Saint-Maximin. Il lui donne la dernière communion.

Selon l’Abbé Maistre, Maximin fut l’un des soixante-douze disciples du Christ. Il fut décapité et enterré dans la crypte gallo-romaine sur laquelle, ultérieurement, on construisit la Basilique de Saint-Maximin, la Sainte-Baume8.

(1) Tome 2, chapitre 84 /vo 117.1 – (2) Tome 8, chapitre 4 /vo 544.1/12 – (3) Ib°, chapitre 8 /vo 548.4/22 – (4) Tome 9, chapitre 6 /vo 587.1/13 – (5) Cette cérémonie était réservée à tous ceux empêchés de célébrer la Pâque au jour dit. Cf. Nombres 9,6-11 – (6) Tome 10, chapitre 7 /vo – (7) Ib°, chapitre 23 /vo – (8) Abbé Maistre, Les soixante douze disciples de Jésus-Christ, page 252

Melchi, de Doco

Voir Jérusa la cancéreuse.

Melchias, berger

Voir Jacob, et les bergers du Liban.

Melchias, de Bethsaïda

A bénéficié des bienfaits de Jésus, mais ne s’est pas converti. Pierre* énumère des cas similaires : selon lui, les apôtres* ont tort de penser que les miracles de Jésus suffisent pour convertir1.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.4

Melchias de Galaad

Voir Jean de Bétaven et les bandes séditieuses.

Melchias, de Jafia

Voir Éléazar et les bûcherons de Jafia.

Melchias, parent du sourd-muet (ephphata)

Jésus vient d’être blessé à la main : une pierre jetée par un pharisien1. Il trouve asile dans un village aux confins de la Phénicie, une terre païenne. La femme le soigne et informe de ses projets : partir à Jérusalem pour rencontrer ce Messie qui guérit. Ses disciples sont venus, ont guéri certains malades, mais pas tous. Un cas difficile préoccupe sa famille : Lévi*, un sourd-muet de naissance2.

Jésus se fait connaître: la femme est stupéfaite. Elle reproche aux apôtres* d’avoir jetée l’eau du soin : elle était sainte ! Elle court prévenir Melchias, son mari, et ses deux enfants, Sara et Samuel. Melchias arrive avec Lévi et la moitié du village. Jésus guérit le sourd-muet selon Marc 7,31-37.

(1) Tome 5, chapitre 28 /vo 340.1/9 – (2) Ib°, chapitre 29 341.3/6

Melchias, le passeur

Exerce son métier avec ses fils à Âdam, en Décapole, au bord du Jourdain. Le fleuve est en crue : il refuserait de passer le groupe apostolique si ce n’était Jésus. Il le fait avec crainte, mais le fleuve se calme brusquement1 : au même endroit, Josué avait arrêté la crue du fleuve pour permettre le passage de l’Arche d’Alliance2. Ce que rappelle Jésus.

Melchias le supplie de revenir plus tard. , À son retour, la réputation de Jésus l’a précédé : les villageois amènent malades et infirmes. Jésus les guérit tous. Melchias a un parent sourd-muet de naissance que Jésus guérit selon Marc 7,31-353.

Toutefois Maria Valtorta décrit deux guérisons différentes de sourd-muet, selon le même processus (salive, doigts dans la bouche et les oreilles), là où Marc n’en décrit qu’une seule. L’autre guérison est celle de Lévi* dont il a été parlé dans la biographie précédente. Elle implique aussi un Melchias.

(1) Tome 5, chapitre 51 /vo 361.7 – (2) Cf. Josué 3 – (3) Tome 6, chapitre 110 /vo 419.1/10

Melchior, le « roi » mage

Voir Mages (Les).

Méroba, de Capharnaüm

Une mère indigne.

Devenue veuve de Jacob, elle se remarie, puis rejette et maltraite ses enfants dont Alphée*. Jésus lui en fait le reproche, mais la femme n’en a cure : « »Pourquoi gardes-tu le silence dans cette attitude arrogante ? questionne Jésus.

– Parce que je n’ai pas demandé tes paroles et je ne sais pas pourquoi tu viens me troubler…» répond Méroba1.

Elle abandonne avec plaisir Alphée à la garde de Sara d’Afeca*, une disciple de Jésus. Elle regrette seulement qu’elle ne prenne pas tous ses enfants.

Quelques mois plus tard, on échange les nouvelles : «Ils parlent des petits enfants de la femme de Capharnaüm qui, après un second mariage, n’aimait plus les enfants du premier lit. Elle est morte si malheureusement que vraiment on a vu la main de Dieu dans sa mort» dit Marie Salomé*2.

(1) Tome 6, chapitre 141 /vo 449.1/9 – (2) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.2

Mérode, de Tersa

Au village samaritain de Tersa, le groupe apostolique est mal accueilli. Les fils de Zébédée demandent à Jésus s’ils doivent commander la destruction du village par le feu du ciel selon Luc 9,51-56. Jésus reprend leur impulsivité : il n’est pas venu pour perdre les âmes, mais les sauver.

À la nuit tombante, une femme de Tersa vient, en cachette, ravitailler le groupe et le conduit chez sa sœur Mérode, dans les environs de la ville1.

En remerciement, la femme compatissante demande à Jésus la conversion du cœur de son mari. Ce que Jésus accorde. Mérode accueille immédiatement le groupe. Mais sa propriété agricole est pauvre : en partant, Jésus demande à Judas*, le trésorier du groupe, de la dédommager2.

(1) Tome 8, chapitre 36 /vo 575.16/19 – (2) Ib°, chapitre 37 /vo 576.2

Micaël, de Cana

Est apparenté à Nathanaël* dit Barthélemy, l’apôtre. Ils sont amis d’enfance, et compagnons d’études. Il se fait manipuler par les pharisiens qui colportent dans la région la «révolte de Jésus contre le Sanhédrin*». Micaël vient de bonne foi se réjouir : il a appris que Nathanaël a cessé de suivre Jésus. On le dit coupable d’avoir abrité un galérien (Jean d’Endor*) et une esclave en fuite (Sintica*).

Nathanaël le détrompe : il est toujours disciple. Il est seulement resté pour diriger le flot des pèlerins à la recherche de Jésus. Nathanaël reste cependant évasif sur le lieu exact où il se trouve1. La prudence est de mise.

(1) Tome 5, chapitre 20 /vo 332.4

Micaël, d’Emmaüs de la Plaine

Est un jeune enfant que Mathias*, futur apôtre, évangélise pendant une sieste de Jésus. Il lui parle de l’âme et des anges qu’il a vus à la Nativité.

La turbulence de l’enfant réveille Jésus. Micaël se précipite pour chercher les ailes dans le dos de Jésus : il n’en a pas. Comment fait-il pour monter au Ciel puisqu’il est Dieu ?

Micaël demande a toujours avoir l’âme pure. Jésus lui impose les mains pour qu’il garde la force de proclamer aux adversaires : «Qui est comme Dieu ?». C’est le sens de son prénom1.

(1) Tome 6, chapitre 94 /vo 405.1/12

Michée, de Capharnaüm

Voir David et les enfants de Capharnaüm.

Michée, d’Esdrelon

Voir Isaïe et les paysans d’Esdrelon.

Michée et les serviteurs de Chouza

Dans sa propriété de Tibériade, Chouza*, l’intendant d’Hérode Antipas*, et sa femme Jeanne*, ont de nombreux serviteurs : Michée est l’un d’eux1. On compte aussi Jonathas*, l’intendant, Esther*, la nourrice de Jeanne, Joanna*, le portier, Élie, Tobit, etc. tous favorables à Jésus.

(1) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.1/23

Michel (Micaël), de Béthabara

Est un jeune garçon issu d’une famille nombreuse : onze enfants. La famille vit de la pêche dans le Jourdain. Michel est un des rares à partager son pain avec Ananias*, indigent et aveugle. Sa bru l’a abandonné pour refaire sa vie loin de là1.

Jésus bénit Michel et confie à Ananias la garde la maison de Béthabara. Salomon* le passeur en a fait don, pour accueillir le groupe apostolique au cours des voyages effectués dans la région.

De retour d’un périple, on annonce à Jésus la mort d’Ananias : il souriait dans la mort quand Michel l’a découvert.

(1) Tome 5, chapitre 75 /vo 385.2 – (2) Tome 7, chapitre 201 /vo 504.6/8

Michel, de Séphet

Voir Marie et Jean, de Séphet et leurs enfants.

Myriam, fille miraculée de Jaïre

Elle devient vierge consacrée.

C’est une belle jeune fille aux yeux doux. Son visage est pur et intelligent. Jaïre*, son père est le chef de la synagogue de Capharnaüm. Elle est sa fille unique. Elle tombe malade. Jaïre part à la recherche de Jésus en qui il croit. Trop tard, on annonce qu’elle est morte depuis deux heures.

Jésus va à son chevet et l’interpelle : «Fillette, je te le dis, lève-toi ! (Talitha koum)1» Elle ressuscite2.

Plus tard, la jeune fille témoigne : «Je ne me souviens pas de ce qu’est la mort. Mais je me souviens qu’un ange m’a appelée en me faisant passer à travers une lumière de plus en plus vive au bout de laquelle était Jésus3».

Elle se consacre comme disciple et vierge, à la suite d’Annalia* et des filles* de l’apôtre Philippe : «Je suis le témoignage de ta puissance. Je suis prête à le donner même devant tes ennemis, même au prix de perdre cette seconde vie qui d’ailleurs n’est plus la mienne. Tu me l’as donnée, bon Maître, par pitié pour une mère et un père» dit-elle à Jésus en présentant sa demande. À cette occasion, la Vierge Marie lui donne un nouveau nom, le sien : Miryam (Marie)4. L’orthographe donnée par Maria Valtorta diffère du prénom usuel: Myriam.

On ne connaît pas le nom qu’elle portait précédemment.

(1) Cf. Marc 5, 35-43; Luc 8, 51-56 – (2) Tome 4, chapitre 91 /vo 230.1/7 – (3) Ib°, chapitre 129 /vo 266.6-13 – (4) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.5/25

Myriam, d’Antigonéa

Voir Sylvain et Myriam, d’Antigonéa.

Myrta, de Bethléem de Galilée

Est une jeune veuve, probablement la trentaine. Elle vient de perdre une petite fille. Il ne lui reste que son garçon Abel*. Elle refuse les avances d’Aser* qui, par dépit, implique son fils dans le meurtre du riche Joël* ourdi avec des complices.

L’adolescent est arraché à sa mère pour être conduit au supplice quand Jésus survient. Il démasque le complot et frappe les assassins d’une lèpre immédiate1.

Abel devient l’un des soixante-douze disciples. Myrta s’engage à la suite de Jésus. Elle se voit confier Aurea*, une jeune esclave gauloise promise à la débauche et sauvée par Jésus. Elle partage cette charge avec Noémi* de Pergé dont elle devient l’amie2.

Jésus épargne à Myrta le spectacle de sa Passion en l’éloignant de Jérusalem3.

*

Myrta est la forme féminine de myrtus, le myrte, plante aromatique présente en Israël. Elle est symbole de pureté et de bénédiction.

(1) Tome 4, chapitre 111 /vo 248.5/14 – (2) Tome 6, chapitre 125 /vo 6.125 – (3) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.3

Myrtica, d’Antigonéa

Voir Dosithée d’Antigonéa.