Palma, la possédée

Voir La Cananéenne.

Papias

Est sans doute un grand pécheur, scandaleux aux yeux des hommes. Jésus lui a pardonné et a été insulté pour cela.

Papias s’attache aux pas de Jésus et veut plus : la grâce de mourir pour sa doctrine.

«Tu me demandes beaucoup ! dit Jésus. La vie de l’homme est dans les mains de mon Père…». Papias insiste, il veut cette félicitée dont il a entendu parler.

Jésus lui accorde un autre martyre : «Vivre pour apprendre aux autres l’amour, connaître les déceptions du Maître et persévérer sans lassitude pour donner au Maître des âmes. Fais toujours la volonté de Dieu, même si la tienne te paraît plus héroïque, et tu seras saint1».

*

Les premiers temps apostoliques connaissent un Papias, auteur de l’Exposition des discours du Seigneur. Texte disparu, mais dont Eusébe de Césarée se fait écho. Il ne s’agit cependant pas du personnage décrit ici, mais d’un homonyme plus jeune.

(1) Tome 6, chapitre 115 /vo 424.1/4

Paralytique de Bézétha

Le récit de Maria Valtorta ajoute peu de détails au récit de Jean 5, 1-47, déjà précis. Elle s’attarde à la description des lieux, des gens et du bouillonnement de la piscine. Elle rajoute la vision de l’ange par Margziam*, le jeune disciple prodige qui accompagne Jésus1.

(1) Tome 4, chapitre 87 /vo 225.3

Parents de Thomas l’apôtre

Ils habitent Rama de Benjamin, aujourd’hui inclus dans la grande banlieue nord de Jérusalem. Ils sont riches : lui est un orfèvre réputé et connu de Joseph d’Arimathie*. Il a appris ce métier à Thomas, le benjamin de ses enfants1.

Jésus fait une halte dans cette famille et salue les neveux et nièces de l’apôtre. Il bénit aussi le premier enfant de la sœur jumelle de Thomas. C’est dans cette maison qu’il donne la parabole sur la porte étroite et le nombre des élus2.

Le vin de la Cène est fourni par le père de Thomas3.

(1) Tome 5, chapitre 53 /vo 363.2/9 – (2) Cf. Matthieu 7,13-14 – Luc 13,23-35 – (3) Tome 8, chapitre 43 /vo 582.1

Père d’Esther, des monts de Galaad

Pour venir voir Jésus au Gué de Béthabara, ce père fait un long chemin: il a des brebis malades.

Pierre*, qui le reçoit, est ému : il n’a que ce troupeau pour vivre. Mais la demande se fait plus exigeante : «Je les veux saines car je veux devenir riche et étonner le village avec la dot que je ferai à Esther et la maison que je me construirai».

Pierre fait un effort sur lui-même et interroge : «Et ton âme ?

– Pour elle, j’ai le temps. Pour l’instant je me préoccupe davantage des brebis et des noces car c’est un bon parti pour Esther, et elle commence à vieillir».

Pierre en colère, en tempête encore après le départ précipité du berger1.

(1) Tome 8, chapitre 7 /vo 547.2

Père de l’hydrocéphale

Il vient voir Jésus à La Belle-Eau, où Jésus commence sa vie communautaire avec les apôtres*. Il a foi en Jésus.

Son fils hydrocéphale bave, hébété, dans ses bras. Il est né ainsi. Sa mère est morte en couches. Jésus guérit l’enfant et lui insuffle l’intelligence. Il en témoigne immédiatement en répondant aux questions de son père.

Le père ne sait comment remercier.

– «En étant bon, et ton fils avec toi. Rien de plus» dit Jésus1.

(1) Tome 2, chapitre 89 /vo 122.1/13

Philippe, d’Aféca

Voir Sara d’Aféca.

Philippe, l’affranchi

Voir Sitaré et les affranchis romains.

Philippe, d’Alexandroscène

Voir Daniel d’Alexandroscène, et ses frères.

Philippe, d’Antioche

Est l’intendant des propriétés de Lazare* de Béthanie. Lazare les a héritées de son père Théophile*, gouverneur syrien de la province.

Philippe accueille une délégation d’apôtres venue accompagner deux disciples poursuivis : Jean d’Endor*, un galérien et Sintica*, une esclave en fuite.

Ce digne vieillard est fier de présenter longuement sa nombreuse progéniture1.

C’est l’occasion de découvrir plusieurs des futurs disciples originaires d’Antioche: Lucius* de Cyrène, Ptolémée*, Silas*, Thècle*, Zénas*, etc… 2.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.1/5 – (2) Voir à ce propos, en Introduction, le paragraphe sur les personnages

Philippe, l’apôtre

Est un galiléen de Bethsaïda. Il a la cinquantaine. À l’école, il était condisciple de Pierre* sous la férule de «ce grognon d’Élisée1» comme le surnomme Pierre, élève turbulent. C’est le 5ème apôtre de Jésus. André* le lui présente en disant : «Celui après qui tu soupirais est venu». Il le croit spontanément : «Mon Maître et mon Dieu !» dit-il lorsque Jésus l’accueille comme disciple2. Sur demande de Jésus, il présente à son tour son ami : Nathanaël* dit Barthélemy.

Philippe est marié à Marie*. Il a deux filles, dont Marianne*3. Elles font successivement vœu de virginité4. C’est un déchirement pour Philippe qui voit ainsi s’envoler ses rêves de descendance5.

Philippe est de condition aisée : sans doute un riche propriétaire6, bien équilibré et fidèle7.

Lors de la première multiplication des pains, Jésus lui demande combien de pains sont nécessaires pour nourrir la foule8.

Lors de la semaine sainte, alors que la foule se presse autour de Jésus, des gentils (goïms ou païens) veulent voir Jésus et interpellent Philippe9.

Lors de la Cène, comme beaucoup d’apôtres, Philippe n’a pas compris la vraie nature de Jésus : il lui demande de leur montrer son Père. Jésus s’étonne de cette incompréhension : «Qui m’a vu, a vu le Père» répond-il10.

Au moment de la Passion, Philippe s’enfuit, comme la plupart des apôtres.

Lui et Nathanaël sont des traditionalistes comme le confirme la Vierge Marie11.

Recoupements historiques

Saint Philippe est fêté le 3 mai en même temps que Jacques le mineur*. En Orient il est fêté le 14 novembre. Certaines sources historiques le confondent parfois avec le diacre Philippe*, père de quatre filles12.

On attribue à Philippe l’apôtre un évangile apocryphe du IIème siècle et les Actes de Philippe, un apocryphe du IVème siècle. Selon cette source, il aurait évangélisé la Grèce, la Scythie au nord de la Mer Noire puis la Phrygie (en Turquie actuelle), ce que retenait le Bréviaire Romain.

Isidore de Séville (IXème siècle) lui attribue l’évangélisation de la Gaule, hypothèse peu suivie.

Selon Polycrate (IIème siècle) «il avait trois filles dont deux restèrent vierges toute leur vie et la troisième vécue dans l’Esprit-Saint13». Selon Jacques de Voragine (XIIIème siècle) il n’avait que deux filles14. L’Abbé Maistre (XIXème siècle) confirme trois filles et les nomme : Eutychia, Hermione et Marianne15.

Philippe serait mort martyr à 87 ans, crucifié la tête en bas, sous Domitien. Il fut enterré avec ses filles à Hiérapolis, ville de Phrygie, qui lui bâtit plus tard le Martyrium.

Le Pape Pélage Ier fit construire au VIème siècle l’église des Douze-Saints-Apôtres à Rome. Il y fit transférer les reliques de saint Philippe et de Jacques le mineur* (Jacques d’Alphée).

(1) Tome 3, chapitre 72 /vo 210.4/7 – (2) Tome 2, chapitre 12 /vo 50.5 – (3) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.1/23 – (4) Tome 4, chapitre 104 /vo 241.1/8 – (5) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.5/25 – (6) Tome 6, chapitre 113 /vo 422.1/8 – (7) Tome 2, chapitre 12 /vo 50.5 – (8) Cf. Jean 6, 3-13; 4.136 – (9) Cf. Jean 12,21-22; 9.17 – (10) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (11) Tome 10, chapitre 35 /vo 649.1 – (12) Cf. Actes 21, 8-9 – (13) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, Livre III, § 31 – (14) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Saint Philippe – (15) Abbé Maistre, Les saintes femmes les plus illustres des temps apostoliques, page 298

Philippe, de Canatha

Le jeune homme riche de l’Évangile.

Il demande à Jésus ce qu’il doit faire pour avoir la vie éternelle1.

Il était disciple de Gamaliel*, ce qui explique sa rectitude morale. Il avait ainsi entendu Jésus prêcher. Mais il a dû interrompre ses études pour reprendre le négoce de son père décédé2. Quand Jésus lui demande d’abandonner ses richesses pour le suivre, il le quitte tristement.

*

Canatha de Syrie, d’où vient Philippe, était à l’époque une cité florissante rattachée à la Décapole.

Il existe une seconde Canatha, plus au sud, en Jordanie : lieu d’une bataille menée par Hérode le Grand contre le roi nabatéen. Les deux villes sont parfois confondues.

(1) Cf. Matthieu 19,16-30; Marc 10,17-31; Luc 18,15-30 – (2) Tome 8, chapitre 37 /vo 576.6/9

Philippe, de Capharnaüm

Est le père du jeune David* : l’enfant voulait absolument consoler Jésus attristé par le départ de ses disciples après son discours sur le Pain de Vie1.

(1) Cf. Jean 6,66 et Tome 5, chapitre 45 /vo 355.1/3

Philippe, le diacre

Habite en Décapole à Arbela. C’est un fils cruel. Il fait le désespoir de ses parents : Jacob et sa femme. Excédés, ils songent à le jeter dehors, mais sa mère vient implorer sa conversion auprès de Jésus. Elle l’obtient1.

Un an plus tard, Philippe est transformé du tout au tout. Un habitant raconte à Jésus: «C’était un garnement qui faisait parler de lui à Bozra et à Arbela. À Bozra parce qu’il venait accomplir ses péchés, à Arbela parce qu’il déshonorait sa famille. Et puis il s’est converti. Il est devenu plus honnête qu’un juste et il suit tes disciples. Si jamais cette région devient sainte, il aura le mérite de l’avoir sanctifiée. Et si à Bozra il y a quelqu’un qui croit en Toi, c’est grâce à lui2».

Philippe convertit son ami Marc* (différent de l’évangéliste) qui suit Jésus, lui aussi. Il fait partie des soixante-douze disciples envoyés en mission «deux par deux3». Philippe est un jeune homme au fort tempérament : l’énergie qu’il avait mise dans la vie déréglée, il la met dans l’évangélisation.

C’est probablement l’un des sept diacres institués au début de l’Église4. Maria Valtorta ne le dit pas explicitement, mais tout le laisse supposer.

Recoupements historiques

Saint Philippe le diacre est fêté le 6 juin en Occident et le 11 octobre en Orient.

Philippe est connu par les Actes des apôtres qui en parlent à six reprises :

Actes 6,5 : Il est choisi comme diacre

Actes 8,5 : Il annonce le Christ en Samarie

Actes 8,13 : Il affronte Simon, un magicien qui se convertit, puis tente d’acheter à Pierre* le pouvoir de faire des miracles (d’où le terme de simonie désignant cet acte, réprimé par l’Église).

Actes 8,26-40 : Il évangélise et baptise un haut fonctionnaire de Candace, la Reine d’Éthiopie.

Actes 8,40 : Il se rend à Césarée Maritime

Actes 21,8-15 : Paul et Luc séjournent chez lui, sans doute vers 58. Il est appelé «l’évangéliste» et a quatre filles vierges. À cette occasion, Paul et ses compagnons rencontre Agabus (Agape*) qui prophétise l’emprisonnement de l’apôtre.

Selon Saint Jérôme, Philippe le diacre mourut vers l’an 70, le «8ème jour des ides de juillet5». Trois de ses filles reposent à ses cotés à Césarée, et la quatrième à Ephèse.

Certains pensent que Philippe pourrait avoir traduit en grec la version hébraïque ou araméenne de l’évangile de Matthieu, ce qui lui aurait valu son surnom d’évangéliste.

(1) Tome 2, chapitre 89 /vo 122.1/13 – (2) Tome 4, chapitre 155 /vo 292.4 – (3) Cf. Luc 10,1 – (4) Cf. Actes 6,5 – (5) Saint Jérôme, L1 contra Jovin. C 24

Philippe, de Jafia

Voir Éléazar et les bûcherons de Jafia.

Philippe, de Josias

Voir Josias, l’intendant.

Philippe, de Nazareth

Voir Mathathias et Sara, de Nazareth.

Philippe de Soco

Voir Jean de Bétaven et les bandes séditieuses.

Philippe, le synhédriste

Fait partie des amis de Lazare*. Il se montre favorable à Jésus, mais son amitié est discrète et il reste dans l’ombre. Lors de la 3ème Pâque, il fait partie de la délégation «de pharisiens et chefs du Sanhédrin*», qui derrière Nicodème* et Joseph d’Arimathie*, vient saluer Jésus1.

Toujours en délégation de personnalités favorables à Jésus, il vient prendre des nouvelles de Lazare malade2, puis assiste à ses funérailles3.

Sur le Mont Thabor, où Jésus ressuscité retrouve les cinq cent disciples4 une phrase de Jésus interroge. Il salue nommément un certain Philippe et un de ses compagnons qui ne veut pas être appelé par son nom : il lui semble horrible5.

S’agit-il de Philippe le synhédriste parvenu au terme de son chemin de foi, accompagné de son collègue Judas l’assidéen* ne voulant pas porter le même nom que le traitre?

Recoupements historiques

L’histoire conserve le souvenir de Philippe fils de Jacimus (ou Alcimus). Général, ami d’Agrippa, il fut l’un des dirigeants de la révolte juive6.

Sa lignée, comme sa position sociale peuvent l’assimiler à ces «pharisiens et chefs du Sanhédrin» venus en délégation, selon Maria Valtorta, rendre visite à Jésus.

(1) Tome 5, chapitre 66 /vo 376.7/11 – (2) Tome 8, chapitre 2 /vo 542.4 – (3) Ib°, chapitre 8 /vo 548.4/22 – (4) Cf. 1Corinthiens 15,6 – (5) Tome 10, chapitre 20 /vo 634.1/18 – (6) Flavius Josèphe, Guerres juives, 22, 20, 1

Philippe, le Tétrarque

N’apparaît pas directement dans l’œuvre de Maria Valtorta mais il est évoqué à plusieurs reprises. C’est un souverain pacifique mais hostile à Hérode Antipas*, son demi-frère. Il n’a aucune malveillance envers Jésus : son intendant* lui est même favorable.

Il règne, avec le titre de tétrarque, sur les districts du nord : Batanée, Trachonitide, Auranitide1. Sa capitale est Césarée Panéade, autrement appelée Césarée de Philippe2.

Recoupements historiques

Il y a deux personnages portant le même nom dans les fils d’Hérode le Grand*.

1. Philippe ou Hérode-Philippe 1er, fils de Mariamne II, 3ème épouse d’Hérode le Grand : C’est l’époux légitime de Hérodiade (par ailleurs sa nièce) et le père de Salomé*, la princesse dont la danse emporte la mort de Jean-Baptiste.

2. Philippe ou Hérode-Philippe II, fils de Cléopâtre de Jérusalem, 5ème femme d’Hérode le Grand. C’est le Tétrarque dont il est question ici. Il épousa ultérieurement sa nièce, la princesse Salomé, de 30 ans plus jeune que lui.

Ces deux Hérode-Philippe sont souvent confondus. Dans les Évangiles, ils sont tous les deux nommés Philippe3.

(1) Cf. Luc 3 1 – (2) Tome 5, chapitre 33 /vo 345.1/5 – (3) Cf. Marc 6,17; 8,27 – Matthieu 16,13 – Luc 3,1

Pierre, l’apôtre

Est un galiléen de Bethsaïda. Il s’appelle Simon, mais Jésus le surnomme «pierre» (Képhas en araméen). Il est fils de Jonas, décédé au moment de la Vie Publique. Sa mère reste anonyme. On ne lui connaît qu’un frère : André*. Ils possèdent tous deux une maison, au bord du lac de Tibériade, voisines l’une de l’autre1. Pierre est marié à Porphyrée* et n’a pas d’enfant.

Aspect

Il est petit et trapu, à la voix légèrement rauque2. Il paraît avoir quarante-cinq ans environ : ses cheveux grisonnants se hérissent plutôt qu’ils ne frisent. Ses yeux sont expressifs3, ses mains, grosses et courtes, ont les veines saillantes. C’est «un grand vieux bambin» dit affectueusement Jésus4.

Caractère

Pierre est volubile et assez facilement impulsif : il ne se maîtrise qu’au prix de gros efforts sur lui-même. Cela est particulièrement vrai envers Judas* qui a le don de l’énerver5.

Pierre est franc : «ce que j’ai sur le cœur, je l’ai sur les lèvres» est l’une de ses maximes6. Son esprit de répartie frise parfois l’impertinence7. Il ne dissimule pas ses erreurs : «Ah ! Non ! Pas de secret pour le Maître. Je me suis trompé, je mérite le reproche et tout de suite»8.

Il est curieux et malin : cela amuse parfois Jésus9.

Il est terre-à-terre et futé, mais au cœur généreux10.

Il est autoritaire et parfois dominateur11. Son frère André a pris l’habitude de s’effacer devant lui. Il est intransigeant12.

La Vierge Marie, à qui Jésus demande ses impressions sur les apôtres, le définit ainsi : «Pierre aussi est bon. Plus dur parce que plus âgé, mais franc et convaincu»13.

L’apôtre

C’est le quatrième apôtre de Jésus.

Pierre s’impose dès le début et intervient souvent. Il commente les faits, prend des initiatives, distribue les rôles. Son caractère entier et sans détours s’accorde mal avec les interventions de Judas, comme avec celles des notables plus ou moins hostiles : les prises de bec sont nombreuses, mais il apprend progressivement à se dominer sous les recommandations de Jésus14.

Appelé à des déplacements fréquents, il déménage de Bethsaïda à Capharnaüm ville de naissance de sa femme Porphyrée* : elle sera ainsi proche de sa famille. Ce déménagement est l’occasion pour sa belle-mère* de reprendre la litanie des reproches envers son gendre chargé de tous les défauts15. Le déménagement à Capharnaüm entraîne celui de Jacques* et de Jean*, les fils Zébédée*, eux-mêmes apôtres. Le déménagement ne dure pas : la cohabitation du gendre et de la belle-mère est trop difficile. Le ménage revient s’installer à Bethsaïda.

L’instinct paternel de Pierre souffre de n’avoir pas d’enfant. Il est donc comblé lors qu’il devient, grâce à l’intercession de Marie*, père adoptif de Margziam*, le jeune disciple prodige16.

Après l’élection des douze apôtres*, Jésus met progressivement Pierre en situation de «chef» des apôtres. Ce rôle est accepté spontanément par tous les apôtres, à l’exception de Judas. Pierre ne se sent pas sûr de lui dans cette fonction, même s’il y excelle.

Jésus souligne ses qualités : son métier de pêcheur lui a donné des qualités dont Jésus se servira pour le faire «pêcheur d’hommes» : la constance, le courage, la vigilance, la force. «Et ça te paraît peu, Simon Pierre ? lui dit-il pour le réconforter. Tu as tout ce qu’il faut pour être ma « pierre ». Il n’y a rien à ajouter, rien à enlever. Tu seras le pilote éternel, Simon17».

Jésus salue aussi ses sacrifices : «Que de sacrifices, n’est-ce pas, Simon ? dit Jésus

– Sacrifices ? Lesquels ? s’étonne Pierre.

– Sacrifices de ne pas questionner, de ne pas parler, de supporter Judas… d’être loin de ton lac… Mais Dieu te donnera une compensation pour tout» explicite Jésus18.

Cela n’empêche pas Pierre de se sentir indigne quand Jésus le charge de prendre, après lui, la direction de l’Église naissante. Il en est effrayé19. Cette distinction est suivie d’une humiliation : voulant dissuader Jésus de monter à Jérusalem pour y vivre sa Passion, il se fait accuser publiquement d’avoir les pensées de Satan20.

Pierre est le témoin de la plupart des grands évènements : La Transfiguration21, la Cène22, la Résurrection23, l’Ascension24, la Pentecôte25, mais pas de la Crucifixion où il s’enfuit.

Son triple reniement lors de la Passion est pour lui une véritable épreuve : elle confirme à ses yeux son indignité. Ce souvenir le torture. Jésus Ressuscité, pour toute réponse, le confirme dans sa fonction de Pontife après l’avoir forcé à confesser par trois fois son amour pour effacer son triple reniement26.

La venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, transforme du tout au tout ce patron pêcheur au langage et aux mœurs rudes, en chef assuré de l’Église naissante27.

Après cela, Pierre instaure le culte dominical au Cénacle, première église de l’ère chrétienne, consacrée par Jésus lui-même lors de la Cène28. «Maintenant qu’il sait à quel usage Lazare a affecté la maison du Cénacle, il a décidé de commencer les agapes régulières et de célébrer les mystères réguliers le lendemain de chaque sabbat» rapporte Jean à la Vierge Marie29.

Malgré les conditions de sa mort, telle que le rapporte la Tradition (crucifié tête en bas), Pierre bénéficie d’une mort bienheureuse, prédite plusieurs fois par Jésus à Pierre dans l’œuvre de Maria Valtorta : «À l’heure de ton aurore, tu verras sur la voûte du ciel, ton Jésus qui te sourira pour te dire : « Je t’aime, viens », et ton entrée dans l’aurore te sera plus douce que l’entrée dans la chambre nuptiale…»30.

Et encore : «L’heure viendra où tu ne voudras plus qu’accomplir le dernier sacrifice. Et alors tu auras toute la force venant du Ciel et de toi-même. Je serai là plein d’admiration à te regarder31».

Plus loin, Jésus lui prédit : «Tu mourras en disant mon Nom32».

Recoupements historiques

Saint Pierre est fêté le 29 juin en même temps que saint Paul. Son nom est cité 150 fois dans les écrits du Nouveau Testament.

On conserve de lui deux épîtres. La 2ème est parfois contestée. L’Évangile de Marc, son disciple, reflète son enseignement. Deux apocryphes du IIème siècle portent son nom: l’Évangile de Pierre et les Actes de Pierre.

Selon les Actes des apôtres Pierre préside l’assemblée qui élit l’apôtre Matthias* en remplacement de Judas33. Les baptêmes qu’il opère chez le centurion Corneille et sa famille, ouvre l’Église aux païens34.

Vers 42, emprisonné par le roi Hérode Agrippa, il est miraculeusement délivré par un ange35. Pierre poursuit ensuite son activité en Judée et en Samarie. Puis à Antioche de Syrie, 3ème ville de l’empire, où un débat l’oppose à Paul36.

En 48/49, il préside avec Jacques le mineur, le premier concile de Jérusalem37.

Ensuite de quoi on estime qu’il resta sept ans à Antioche de Syrie dont il fut le premier évêque, avant Rome. Il vient enfin à Rome par deux fois.

Vers 65/67, sous l’empereur Néron, il est arrêté. On le crucifie dans les jardins de l’empereur sur la colline du Vatican. À sa demande, l’exécution a lieu la tête en bas.

L’empereur Constantin (IVème siècle) fit construire une Basilique au Vatican sur l’emplacement présumé de sa tombe. Elle est devenue la Basilique Saint-Pierre de Rome.

En 1939, à l’initiative de Pie XII, des fouilles furent entreprises sous la Basilique afin de localiser le tombeau de Pierre. Elles aboutirent le 26 juin 1968 à la reconnaissance officielle par Paul VI des ossements qu’on y avait trouvés. Le squelette y est sans tête puisque celle-ci était vénérée depuis le IXème siècle à Saint Jean de Latran38.

(1) Tome 2, chapitre 12 /vo 50.2/8 – (2) Ib°, chapitre 58 /vo 93.1/8 – (3) Tome 8, chapitre 38 /vo 577.1/11 – (4) Tome 2, chapitre 18 /vo 55.1/6 – (5) Tome 6, chapitre 92 /vo 403.1/4 – (6) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.1/7 – (7) Ib°, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (8) Tome 6, chapitre 133 /vo 441.1/12 – (9) Tome 2, chapitre 99 /vo 132.1/8 – (10) Ib°, chapitre 12 /vo 50.2/8 – (11) Tome 3, chapitre 13 /vo 153.1/3 – (12) Ib°, chapitre 60 /vo 199.1/9 – (13) Tome 2, chapitre 66 /vo 101.1/3 – (14) Tome 6, chapitre 92 /vo 403.1/4 – (15) Tome 2, chapitre 23 /vo 60.1/7 – (16) Tome 3, chapitre 60 /vo 199.1/9 – (17) Tome 2, chapitre 99 /vo 132.1/8 – (18) Tome 8, chapitre 5 /vo 545.1/7 – (19) Tome 5, chapitre 31 /vo 343.1/7 – (20) Cf. Matthieu 16,23 – (21) Tome 5, chapitre 37 /vo 349.1/15 – (22) Tome 9, chapitre 19 /vo 600.1/42 – (23) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.1/5 – (24) Ib°, chapitre 23 /vo 638.1/23 – (25) Ib°, chapitre 25 /vo 640.1/8 – (26) Cf. Jean 21,15-17; 10.19 – (27) Cf. Actes 2,1-13; 10.25 – (28) Tome 9, chapitre 19 /vo 600.1/42 – (29) Tome 10, chapitre 29 /vo 644.3 – (30) Tome 2, chapitre 21 /vo 58.1/7 – (31) Ib°, chapitre 69 /vo 103.1/5 – (32) Ib°, chapitre 103 /vo 136.1/11 – (33) Cf. Actes 1,15 – (34) Cf. Actes 11,1-17 – (35) Cf. Actes 12,1-19 – (36) Cf. Galates 2,11-16 – (37) Cf. Actes 15 – (38) André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont 1989

Plaute, d’Antigonéa

Est un vieux pédagogue décédé quelques mois avant l’arrivée de Jean d’Endor*. Il le remplacera dans la fonction1.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.2

Plautina

Est une patricienne (aristocrate) romaine, amie et probablement parente de Claudia Procula*, l’épouse de Ponce Pilate*. Elle est grande, imposante, avec de splendides yeux noirs, un peu impérieux. Selon Maria Valtorta, elle rappelle de très belles statues d’impératrices romaines. Elle est couverte de bagues et de bracelets d’or1.

Dès le début de la Vie Publique, elle fait partie des romaines sympathisantes de Jésus. Leur foi évolue : on les retrouve sur la Via Dolorosa où elles compatissent aux souffrances du Christ2.

Elles se convertissent ouvertement au matin de Pâque : elles parlent entre elles de Jésus quand une lumière apparaît et se transforme en visage souriant du Christ3. Sans attendre, elles viennent au Cénacle saluer Marie, la «Mère du Sauveur». Plautina, la plus respectée de toutes, prend la parole : «Si avant nous admirions la Sagesse, maintenant nous voulons être les filles du Christ. C’est à toi que nous le disons. Toi seule peux vaincre la défiance hébraïque envers nous. C’est vers toi que nous viendrons pour être instruites jusqu’à ce qu’eux (et elles montrent les apôtres) nous permettent de nous dire disciples de Jésus4».

Plautina se retire ensuite, avec Claudia, à Césarée Maritime5.

Recoupements historiques

L’histoire de cette époque connaît Aulus Plautius ou Plautinus, un des premiers personnages de l’Empire. Sa famille était d’origine plébéienne. Sa femme, que l’Histoire nomme Plautiana, Plautina ou Plautilla était née Pomponia Graecina. Sa famille appartenait à la dynastie impériale des Julio-Claudiens. Elle était fille d’un consul suffect, un titre honorifique. Son oncle, Lucius Pomponius Flaccus, fut gouverneur de Syrie en 35.

Elle mena à Rome, à partir de 43, une existence austère qu’elle imputait officiellement au deuil de sa cousine Julie, petite-fille de l’empereur Tibère.

En 57, elle fut accusée «de superstition étrangère» et «d’occupations religieuses non autorisées», ce qui, à cette époque, était pratiquement synonyme de conversion au christianisme. Selon la loi romaine, son mari, eut à décider de son sort : elle fut acquittée6.

Certains auteurs identifient Pomponia Græcina à sainte Lucine7. Ce serait un nom baptismal. Elle visitait les chrétiens emprisonnés et ouvrit à Rome l’une des premières sépultures chrétiennes sur la via Aurelia8.

Dans une vision, Maria Valtorta décrit la visite d’une Plautina dans la prison Mamertine. Elle y croise Paul portant l’Eucharistie aux condamnés9. D’après la tradition, c’est elle qui aurait ensevelie la dépouille de l’apôtre après sa décapitation10.

D’après Tacite11 elle serait morte vers l’an 70.

Sainte Lucine est fêtée le 30 Juin. L’Eglise orthodoxe grecque ne l’a pas sanctifiée, mais la considère comme l’une des premières nobles romaines converties au christianisme. Ses reliques seraient à Sainte Cécile du Transtevère.

Henryk Sienkiewicz, dans son roman historique Quo Vadis (1895), fait de Pomponia Græcina la mère adoptive de son héroïne Ligie.

(1) Tome 3, chapitre 27 /vo 167.1/15 – (2) Cf. Luc 23, 27-30 – (3) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5 – (4) Ib° – (5) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.13 – (6) Dion Cassius LX 19-21, 30 – Suétone, Claude, 24, Vespasien, 4 – Tacite, Annales, 13, 32 – (7) Exemple : Paul Allard, Dom Guéranger, … – (8) Catholic Encyclopedia – (9) Cahiers de 1944, dictée du 29 février – (10) Dom Guéranger, Sainte Cécile et la Société Romaine aux deux Premiers Siècles, chapitre VI, page 161 à 164 – (11) Tacite, Annales, 13, 32

Ponce Pilate

Est le Procurateur romain de Judée, d’Idumée et de Samarie, mais pas de Galilée. Il est marié à Claudia Procula*. Il a les cheveux bouclés, la démarche indolente, le sourire sceptique. C’est un caractère versatile : «Pilate n’est qu’un roseau qui plie dans le sens de l’ouragan, en essayant de le fuir. Il ne manque jamais de sincérité, car il est toujours convaincu de sa décision sur le moment même. Mais le moment d’après, par l’effet d’un ouragan contraire, il oublie1».

L’ambition le motive : «Sa petitesse, son avidité, son orgueil le poussent à régner pour avoir beaucoup d’argent et dominer un tas de sujets soumis2». Claudia Procula, sa femme, joue de toutes les contradictions qui l’animent. Elle menace de se séparer (et avec elle la haute protection qu’elle représente) s’il ne fait pas ce qu’elle veut.

Pilate est un politique : il se fie peu aux rapports de ses centurions. Il les juge doués pour la bataille, mais pas pour les analyses politiques. Il se fie pour cela à son épouse «qui utilise intelligence et habileté pour avoir des informations sûres. En vérité le Proconsul c’est Claudia» résume Simon le zélote*3.

Jésus tempère le portrait de Pilate : «On dit qu’il est honnête, en famille au moins4».

Il n’est pas opposé à Jésus : seulement contrarié par les agitations qu’il provoque chez les membres du Sanhédrin*. Il évite de prendre parti.

Lazare*, fils d’un ancien gouverneur de Syrie, est bienvenu chez les romains. Il vient demander l’intervention favorable du Proconsul. Mais Ponce Pilate lui confirme sa neutralité : «Je suis bien décidé à ne plus m’en occuper, ni en bien ni en mal. Je m’en lave les mains. Je renforcerai la garde car je ne veux pas de désordres. De cette façon, je contenterai César, mon épouse et moi-même, c’est-à-dire les seuls dont je me préoccupe d’une manière sacrée. Et pour le reste, je ne remue pas un doigt5».

Lorsque Jésus comparait devant lui, il marque une hésitation : la résurrection de Lazare, intervenue quelques mois plus tôt l’avait bouleversé6 : il craint la puissance de Jésus. Cette crainte est renforcée par l’avertissement que sa femme lui fait parvenir : il ne doit pas s’occuper des affaires de ce juste7. Il n’oppose que son scepticisme et finit par obtempérer aux cris de la foule8.

Plus tard, son attitude et les troubles provoqués par la mort de Jésus font l’objet d’une réprimande de la part de Rome9.

Recoupements historiques

Ponce Pilate est nommé dans les deux formes du Credo chrétien : le symbole des apôtres, comme celui de Nicée. Il est l’un des trois noms cités avec celui de Jésus et de la Vierge Marie.

Sa condamnation de Jésus est confirmée par Tacite (Ier siècle) : parlant de l’incendie de Rome sous Néron dont on accusa les chrétiens, il note que «ce nom (de chrétiens) leur vient d’un certain Christos qui, sous le règne de Tibère, fut condamné au supplice par le procurateur Ponce Pilate10».

Ponce Pilate était le fils de Marcus Pontius, un espagnol devenu citoyen romain. Pilate fut nommé préfet de Judée par Tibère, en 26. À ce titre, il cumulait les fonctions de Procurateur, chargé de lever l’impôt, et celui de Gouverneur, chargé de faire régner l’ordre. La présence, parmi ses collaborateurs, d’aristocrates romains et de leurs épouses va donc de soi.

Selon Philon d’Alexandrie (Ier siècle) Pilate était «cruel par nature, ne reculant devant rien. Il fait régner l’orgueil, l’arrogance en même temps que la corruption11».

Flavius Josèphe (Ier siècle) le décrit brutal et peu soucieux de la susceptibilité religieuse juive. Mais il ajoute qu’il était rusé et savait user de la diplomatie et de la souplesse nécessaires12.

À la fin de l’année 36, son supérieur hiérarchique, le gouverneur de Syrie Lucius Vitellius, lui ordonna de se rendre à Rome pour justifier devant Tibère, sa répression violente d’une insurrection armée en Samarie. Ce n’était pas sa première erreur : L’épisode des Galiléens massacrés sur son ordre est rapporté par les Évangiles13. En 37 c’est le nouvel empereur Caligula qui le reçoit. Il est exilé à Vienne, en Gaule ou à Lucerne (Suisse). Il y meurt peu de temps après. On ne sait s’il se suicida ou s’il fut exécuté14.

Le Mont Pilat, dans la région de Vienne, sous-préfecture de l’Isère, tirerait son nom de Ponce Pilate.

Une autre hypothèse, retenue par certaines Églises orientales, le donne converti au christianisme par sa femme. En 64, il aurait été victime de la persécution de Néron15. Ces Églises le fêtent en même temps que sa femme, le 25 juin.

Un apocryphe du IVème siècle : L’Évangile de Nicodème ou Actes de Pilate, le met favorablement en scène.

(1) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.6/18 – (2) Ib° – (3) Tome 6, chapitre 83 /vo 393.4 – (4) Tome 4, chapitre 118 /vo 255.8 – (5) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.12-15 – (6) Ib°, chapitre 10 /vo 549.1/15 – (7) Cf. Matthieu 27,19 – (8) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.21 – (9) Tome 10, chapitre 29 /vo 644.4 – (10) Tacite, Annales, XV, 44 – (11) Philon d’Alexandrie, Legatio ad Caium, 38 – (12) Flavius Josèphe, Antiquités juives, 18, 55-62 ; La guerre des Juifs, 2, 169-177 – (13) Cf. Luc 13,1 – (14) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 7 – (15) L’Encyclopédie Catholique, Volume XII. 1911

Porphyrée, épouse de Pierre

Est une galiléenne native de Capharnaüm. Elle tire son nom de la pourpre (porphyra en grec) dont le commerce avait enrichi son père.

De l’aveu même de son mari, Porphyrée n’est pas belle, mais elle est très aimée de son époux : il vante ses qualités à Jésus et raconte son idylle : «Sa bonté la rend précieuse. Je l’ai aimée parce qu’elle est paisible, chaste, silencieuse. Trois vertus qui ne sont pas faciles à trouver !».

Il la remarque lorsqu’il descend à Capharnaüm vendre son poisson. «Ce n’était pas le papillon volage qui va ici et là, ni non plus la poulette étourdie qui se retourne à chaque cocorico. Elle ne levait jamais la tête, même si elle entendait des voix d’hommes».

Pierre tombe amoureux de Porphyrée âgée de seize ans. Il est séduit par sa bonté et ses magnifiques tresses. Il est apitoyé par la «condition d’esclave» dans laquelle, selon lui, sa famille la maintient. Il lui adresse ses premières salutations.

Il finit par envoyer le paranymphe à sa famille. Cet intermédiaire était chargé de présenter la demande en mariage. «Je ne m’en repens pas, dit Pierre à Jésus. Je pourrais faire le tour de la terre sans trouver une femme comme elle1».

Le couple vient s’installer par commodité à Capharnaüm chez la mère de Porphyrée lorsque Pierre s’absente pour son apostolat. Le caractère difficile de la belle-mère* rend la cohabitation impossible : Porphyrée retourne à Bethsaïde2.

Jésus l’apprécie : «Son cœur ne sait donner que douceur, commente-t-il. C’est une disciple bonne et silencieuse, active dans son obéissance plus que beaucoup d’autres3».

Elle devient mère adoptive de Margziam*, le disciple prodige. «Je n’ai jamais eu d’enfant, confie-t-elle à Jésus, mais des neveux oui. Je sais comment m’occuper des enfants. Je suis la disciple qui ne sait pas parler, qui n’a pas assez de santé pour te suivre comme font les autres. Je suis entre deux cordages qui me tirent en directions opposées, dit-elle en parlant de son amour pour sa mère et son mari, et je n’ai pas le courage d’en rompre un. Permets-moi, au moins de te servir un peu en étant la mère disciple pour cet enfant. Je lui apprendrai ce que les autres enseignent à tant de gens : À t’aimer4».

Elle entoure le jeune orphelin de l’affection maternelle, notamment lors du décès de son grand-père*, le seul parent qui lui restait5.

Jésus, sachant les tourments de sa Passion à venir, vient à Bethsaïde donner à Porphyrée les dernières instructions concernant Margziam et demande qu’aucun des deux ne viennent à Jérusalem pour la Pâque.

«Tu es une brave femme, lui dit Jésus en la quittant, et une bonne disciple. Je t’ai beaucoup aimée depuis que je te connais. C’est avec une grande joie que je t’ai accueillie comme disciple et que je t’ai confié l’enfant. Je sais que tu es prudente et vertueuse comme il y en a peu. Je sais que tu sais te taire, vertu très rare chez les femmes6».

Recoupements historiques

L’Évangile ne parle que de la belle-mère de Pierre, mais ne dit rien de sa femme. La tradition hésite sur son nom. L’une d’elle, se réfère à saint Clément d’Alexandrie et la nomme «Perpétue». Aucune fête ne lui est attribuée par l’Église. Porphyrée, est une appelation propre à Maria Valtorta, semble-t-il. Elle n’est pas étrange cependant : Porphyre est le nom d’un saint de Gaza et d’un philosophe de Tyr.

Selon la Chronique de Flavius Dexter, elle suivit saint Pierre à Jérusalem et Antioche après la Resurrection, puis à Rome vers l’an 42 ou 44. C’est sans doute ce qu’évoque saint Paul en parlant des «femmes-épouses» qui accompagnent certains apôtres, dont Pierre7.

Selon Eusèbe de Césarée, citant saint Clément d’Alexandrie, l’épouse de Pierre serait morte martyre avant son mari. Il l’assista et l’encouragea dans l’épreuve8.

(1) Tome 3, chapitre 76 /vo 214.2 – (2) Ib°, chapitre 39 /vo 179.1/9 – (3) Tome 4, chapitre 103 /vo 240.1/4 – (4) Ib°, chapitre 89 /vo 228.3/5 – (5) Tome 6, chapitre 138 /vo 446.1/2 – (6) Tome 7, chapitre 158 /vo 465.1/9 – (7) Cf. 1 Corinthiens 9,5 – (8) Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, 3, ch 30

Possédé du Jourdain

Il sème la terreur dans un village de la Décapole au bord du fleuve. Il est possédé par Belzébuth lui-même, à la suite d’une vie luxurieuse.

L’exorcisme de Jésus donne lieu à un duel difficile. Le démon résiste aux premiers ordres de Jésus : «Je suis Belzébuth, je suis Belzébuth, répète-t-il, le maître du monde, et je ne me soumets pas. Je te défie, ô Christ !».

Le Démon expulsé, Pierre* demande à Jésus : «Pourquoi, Maître, l’esprit immonde a-t-il fait tant de résistance ?

– Parce que c’était un esprit complet.

– Que veut dire ce mot ?» questionne Pierre.

Jésus explique alors les degrés de possessions selon les vices auxquels on s’adonne. Il indique aussi les chemins utilisés par Satan* pour cela : sensualité, argent, orgueil de l’esprit1.

Quelques temps après, les pharisiens de passage persuadent le possédé guéri que Jésus, Maître des Démons, l’a délivré pour le soumettre à une possession plus terrible encore. Tous sont affolés par cette perspective. Jésus apaise les tourments de l’ancien possédé et invite à se méfier du levain des pharisiens2.

(1) Tome 6, chapitre 111 /vo 420.1/12 – (2) Cf. Matthieu 16,5-12 – Marc 8,14-21 – Luc 12,1-12 et Tome 6, chapitre 112 /vo 421.1/10

Possédé repris par le démon

Les soixante-douze disciples* envoyés deux par deux1, reviennent de leur mission. Ils racontent à Jésus les merveilles accomplies en son nom. Même les démons leur étaient soumis selon Luc 10,17.

Un seul a résisté. Il se moquait d’eux : il avait déjà été expulsé par Jésus, mais était retourné dans le possédé. Le Démon peut-il agir ainsi, questionnent les disciples ?

«J’avais dit au possédé guéri : « Va et n’aie pas la volonté de retomber dans ton péché » répond Jésus. Il l’a voulu. Il savait qu’il voulait le Mal et il l’a voulu. Mais ne parlez pas de lui. C’est un membre retranché, sans espoir. C’est un volontaire du Mal. Il est perdu2».

(1) Cf. Luc 10,1 – (2) Tome 4, chapitre 144 /vo 280.2

Priscille, d’Antigonéa

Voir Solon et Priscille, d’Antigonéa.

Procore, le centurion

Est en garnison à Alexandroscène. Jésus vient de provoquer un tumulte. Le centurion réprimande ses hommes et ordonne d’expulser de la ville, le fauteur de troubles : il ne veut pas d’ennuis pour sa carrière. Procore retourne ensuite au vin de Chypre qu’il aime plus que la vie, disent ses subordonnés1.

*

Malgré l’homonymie, on ne peut établir de lien avec Prochore, l’un des sept premiers diacres cités en Actes 6,5.

(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.4

Procule, le médecin

Vient de la forteresse romaine de l’Antonia, à Jérusalem, pour constater l’issue fatale d’un bébé dont le crâne a été fracassé par les sabots du cheval d’Alexandre*, un soldat romain.

Jésus guérit l’enfant à la demande d’Alexandre. Cette intrusion de romains dans l’enceinte du Temple est un scandale. On accuse Jésus et on le chasse1.

*

Il était effectivement interdit aux païens sous peine de mort d’aller au-delà de certaines zones dans le Temple2.

(1) Tome 2, chapitre 82 /vo 115.2 – (2) Flavius Josèphe Antiquités juives, 15. 11, 5; Cf. Actes 21,30

Prostituée soudoyée

Elle joue les pécheresses repenties pour approcher Jésus et le compromettre. Elle a été payée par Elchias*, l’un des opposants les plus virulents à Jésus.

Jésus lui dévoile sa connaissance parfaite de sa vie et de ses intentions: «Pourquoi me hais-tu, interroge-t-il. Quel mal t’ai-je fait ?».

Désarçonnée, la femme se met à pleurer. Puis elle jette son voile, le piétine, prend une pierre pointue dont elle se taillade. Sa furie apaisée, elle demande à Jésus de lui pardonner et de lui indiquer le chemin du repentir.

La prostituée doit d’abord se réconcilier avec sa mère. Celle-ci l’a rejetée après le décès de son père, mort de chagrin. À la demande de Jésus, elle rejoint ensuite Élise de Bethsur*, l’une des saintes femmes1.

(1) Tome 7, chapitre 229 /vo 532.1/13

Ptolmaï

Saint Ptolémée.

Gère l’une des propriétés de Lazare* à Antioche de Syrie : les jardins d’Antigonéa. Ces jardins étaient particulièrement appréciés d’Euchérie*, la mére de Lazare, Marthe* et Marie de Magdala*. Lui-même est de souche judéenne.

Il accueille une délégation d’apôtres venus accompagner deux proscrits de la suite de Jésus : Sintica*, une esclave en fuite et Jean d’Endor*, un galérien. Il leur présente sa famille, soucieux de mettre en valeur les racines judéennes et le respect des traditions religieuses : Anne sa femme, et ses enfants Joseph, Théochérie, Nicolaï*, consacré au naziréat, et Dosithée1. Il convoie ensuite les apôtres jusqu’à Antioche, chez son grand-père Philippe*, intendant de toutes les propriétés syriennes de Lazare.

Plus tard, il vient apporter à Jésus des lettres de Jean d’Endor exilé2. Il retourne à Antioche avec la réponse et les livres auxquels Jean d’Endor tient tant3.

Recoupements historiques

Saint Ptolémée était un disciple de saint Pierre4. Il le devint sans doute lors du séjour de celui-ci à Antioche. Envoyé évangéliser la Toscane, il y subit le martyre sous le règne de Claude avec 30 autres disciples5.

Il est fêté le 24 août.

(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.1/10 – (2) Ib°, chapitre 55 /vo 365.13 – (3) Ib°, chapitre 56 /vo 366.10 – (4) Baronius, Martyrologe romain, 1586 – (5) Pétin, Dictionnaire hagiographique, page 834

Publius Corfinius et Titus, les gardes-chiourme

Dirigent une troupe d’esclaves chargée de construire les fossés fortifiés de Gamala une cité prospère de Gaulanitide (l’actuel Golan). Ces fossés sont creusés à la demande des notables. Pour la chiourme, ils ont recrutés des vétérans romains réputés pour leur poigne de fer.

Jésus arrête le fouet de l’un d’eux pendant que les habitants courent chercher les malades et invitent Jésus à parler dans la synagogue.

Jésus préfère parler sur place : les esclaves pourront entendre. Il obtient que le travail cesse et qu’on donne aux esclaves les aliments et la boisson apportés en cadeau, au grand dam des gardes-chiourme.

Jésus prêche la vraie défense contre les malheurs : la foi en Dieu. Il commente Isaïe 40 sur la fin de l’esclavage d’Israël. Il demande alors aux habitants d’appliquer cela à la situation présente. Ils acceptent d’humaniser le sort des esclaves. Jésus, sous cette condition, entre dans la ville1.

*

Gamala est appelée la «Massada du nord» en raison de son site escarpé. Le fondateur des zélotes, Judas de Gamala en était originaire. Il mena une révolte évoquée par Gamaliel* dans son discours au Sanhédrin2.

En 66, la ville s’oppose aux romains. Vespasien, à la tête de trois légions, doit s’y reprendre à plusieurs reprises pour percer les fortifications et prendre d’assaut la ville. Selon Flavius Josèphe, 9.000 habitants sont alors massacrés.

Les fouilles ont mis à jour une des plus anciennes synagogues d’Israël. De style galiléen, elle date du Ier siècle.

(1) Tome 6, chapitre 147 /vo 455.8/16 – (2) Cf. Actes 5,37

Publius Quintilianus

Est le chef de l’escorte personnelle de Claudia Procula*, femme de Ponce Pilate*. Il est centurion de la première cohorte de la légion, dite la cohorte italique. C’est un primipile, titre qui le place juste en-dessous du Tribun.

Ce haut gradé romain, rencontre Jésus convoyant un disciple mourant Jonas*. Il prend le temps de le secourir. En quittant Jésus il se recommande à son souvenir1.

Il retrouve avec joie Jésus venu à Césarée Maritime où il parle aux galériens. Son discours émeut Publius et Claudia Procula qu’il accompagne. Sur demande de Jésus, il s’enquiert de l’autorisation de distribuer des vivres aux galériens, et la supervise2.

Escortant les nobles romaines à Jérusalem au moment de la Pâque, il découvre avec surprise Jean d’Endor* dans la troupe des disciples : il le connaissait comme marchand de poulets3. Chemin faisant, il écoute avec plaisir l’enseignement que Jésus dispense sur le parcours4.

Il est muté comme Tribun à Antioche de Syrie. Il devient ainsi l’un des six officiers supérieurs commandants une légion (composée à l’époque de 6.000 hommes).

Il est approché par Sintica*. Elle juge qu’il «cache sous sa chlamyde, un cœur droit». Publius admire Jésus comme un rhéteur parfait, un «philosophe divin», selon ses termes.

«Il n’est pas hostile à la Sagesse, même s’il ne peut pas encore accueillir la Vérité» conclut Sintica5.

Recoupements historiques

L’Histoire connaît Publius Quinctilius Varus, général auteur du désastre de Teutoberg en Germanie dans lequel trois légions furent anéanties en l’an 9.

Selon Flavius Josèphe son fils unique, Publius Quinctilius Varus, seconde son père dans le rétablissement de l’ordre en Judée entre 4 et 6. Il a tout juste 20 ans. Il reprend Sephoris et fait vendre comme esclaves tous ceux qui lui avaient résisté6.

Selon Tacite, on l’accuse d’avoir amassé une fortune illicite en Syrie. Tibère, son parent, ne fait rien pour le sauver7. Après la mort de sa mère en 26, il disparaît de Rome et on ne sait plus rien de lui.

S’il s’agit du personnage décrit par Maria Valtorta, son affectation en Judée correspondrait au désir de l’éloigner un temps de Rome avant de le promouvoir selon la noblesse de ses origines.

Quinctilianus est un diminutif de Quinctilius. Il lui fut sans doute donné, selon les usages en vigueur, lors de l’adoption par sa tante Quinctilia.

(1) Tome 2, chapitre 76 /vo 109.14 – (2) Tome 3, chapitre 14 /vo 154.2/9 – (3) Ib°, chapitre 53 /vo 192.4/7 – (4) Ib°, chapitre 65 /vo 204.1/10 – (5) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.19 – (6) Flavius Josèphe, Antiquités Juives, 17, 10, 9 – (7) Tacite, Annales, 4, 66-71

Pudens

Saint Pudens.

Est un porte-enseigne de la garnison d’Alexandroscène. Jésus prêche, dans cette cité cosmopolite du sud-Liban actuel, la parabole des ouvriers de la onzième heure1 : cela exacerbe les tensions entre communautés et provoque un tumulte.

Pudens prend le parti de Jésus devant ses camarades partagés : «C’est Lui qui a besoin de protection, pas l’ordre romain ! Regardez-le : Parmi nos dieux, il n’y en a aucun de si doux et pourtant d’aspect si viril. Cette racaille n’est pas digne de le posséder, et les indignes sont toujours mauvais. Restons pour le protéger. À l’occasion, nous le tirerons d’affaire et nous caresserons les épaules de ces galériens».

L’arrivée de Procore*, l’officier de garde, tranche le litige : Jésus est expulsé2.

*

Pudens est un des quatre chrétiens de Rome cité par Paul dans sa seconde épître à Timothée3. Selon la tradition, il aurait été le mari de Claudia et le père de Lin, tous trois cités dans les secours apportés à Paul en captivité.

L’origine, l’homonymie et l’admiration pour Jésus le rapprochent du personnage décrit par Maria Valtorta. Mais on ne dispose pas d’autres renseignements pour les identifier avec certitude.

Saint Pudens devenu sénateur romain, reçu saint Pierre. Baptisé par l’apôtre, il transforma sa maison en église. Il serait mort martyr sous Néron vers 67.

Il est fêté le 19 mai.

(1) Cf. Matthieu 20,1-16 – (2) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.3/16 – (3) Cf. 2 Timothée 4,21