Saba, d’Antioche
Palefrenier de Philippe*, l’intendant des propriétés de Lazare* à Antioche1. Il prépare le char qui reconduit la délégation d’apôtres venus accompagner deux proscrits : Jean d’Endor*, un galérien et Sintica*, une esclave en fuite.
(1) Tome 5, chapitre 12 /vo 324.10
Sabéa, la prophétesse
Est de la descendance d’Aaron, frère de Moïse et premier de la classe des prêtres. Elle est veuve et vierge : son époux est décédé le jour de son mariage.
Des membres du Sanhédrin* l’amènent à Jésus. Elle prophétise. Elle dit connaître Jésus alors qu’elle n’a jamais quitté son village et que Jésus n’y est jamais passé. Pour les scribes, elle est possédée, mais aucun exorcisme n’a réussi.
Les scribes montent un stratagème : d’autres personnes tiendront le rôle de Jésus. On verra si elle le reconnaît. Malgré l’insistance des synhédristes, Sabéa reste sans réaction devant les personnes qu’on lui présente : Jésus n’est pas parmi eux.
Quand elle le rencontre enfin, elle décrit dans plusieurs visions l’origine divine de Jésus1.
Son don de voyance est lourd à porter. Jésus recommande à ses disciples : «Aimez-la car son sort est très douloureux, comme tous les sorts semblables au sien». Cela rappelle celui de Maria Valtorta.
Pour protéger Sabéa, Jésus la confie à la mère de Timon d’Aëra*. Elle partira en Décapole.
«Oui, mon Seigneur, et mon Dieu, dit Sabéa. Mais quand je devrai parler, pourrai-je le faire ?…
– L’Esprit, qui t’aime, te guidera suivant le moment, répond Jésus. Ne doute pas de son amour. Sois humble, chaste, simple et sincère, et Lui ne t’abandonnera pas. Va en paix!».
(1) Tome 7, chapitre 222 /vo 525.1/19
Sabin, d’Alexandroscène
Est un jeune soldat de la garnison romaine. Il est de faction lorsque Jésus prêche la parabole des ouvriers de la onzième heure. Il s’en soucie peu : sa préoccupation est d’échanger des propos libertins avec son compagnon Fabius*1.
*
L’histoire de cette époque note que Flavius Sabinus, père de l’empereur plébéien Vespasien était en poste modeste dans la province d’Asie. Son fils aîné Titus Flavius Sabinus, âgé de 21 ans, y était probablement légionnaire.
On ne dispose pas d’autres renseignements pour établir des recoupements.
(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.1/16
Sadoc, le scribe
Est un synhédriste. Il est surnommé le «scribe d’or». Judas* se flatte d’être son ami1. Il fait partie d’une délégation qui, avec Samuel le scribe*, vient admonester Jésus à la Belle-Eau à cause de la présence, dans son environnement, d’Aglaé*, une courtisane2. Ils chassent Jésus et ses apôtres3.
Le descriptif qu’en fait Maria Valtorta est peu flatteur : un vieil homme maigre, avec une verrue sous l’œil. Il a un gros nez, une voix nasillarde et traînante. C’est un «chacal rusé, robuste et féroce4».
Sadoc ‘est un homme trouble : il se fait complice de l’adultère de Samuel de Jéricho* qu’il maquille en accusation de lèpre pour Anastasica* l’épouse rejetée. Il sert aussi d’entremetteur dans un mariage de raison entre une riche héritière et Anna* le fils de Nahoum. Ruinée et chassée, l’épouse en meurt5.
C’est un des opposants les plus résolu à Jésus6, jusqu’à l’agression physique: À Giscala, important foyer rabbinique, il blesse la main de Jésus d’un jet de pierre. C’est un signe prophétique : «Tu vois ce signe que tu as fait ? dit Jésus à Sadoc. Quand tu le verras incisé dans la chair de l’Agneau, tu te réjouiras. Regarde-le ! Tu le vois ? Tu le verras aussi au Ciel, quand tu paraîtras pour rendre compte de ta façon de vivre. Car c’est Moi qui te jugerai. … Au Dernier Jour, jour de colère, jour redoutable, ma main blessée te dardera plus que les feux de l’Enfer7».
Sadoc retrouve Jésus au pied du Mont Nébo : c’est l’occasion d’une altercation publique avec lui8. Puis quelques temps plus tard, il s’implique dans l’affaire de Sabéa* la prophétesse, que les pharisiens accusent de possession9.
C’est lui qui suggère à Judas de désigner le Christ, lors de son arrestation, par un baiser10. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit au Calvaire pour y jouir de la crucifixion11.
Recoupements historiques
Rabbi Zadok avait une quarantaine d’années lors du procès de Jésus, et il mourut septuagénaire après l’incendie du temple12.
Le Talmud rapporte que des années avant cet incendie, il ne cessa de jeûner pour obtenir de Dieu que le Temple ne soit pas livré aux flammes. Sur quoi le Talmud se demande d’où ce rabbin avait pu connaître le grand malheur qui menaçait le Temple.
Selon Flavius Josèphe, Saddoc était un des trois disciples connus du Rabbi Shammaï *, l’adversaire rigoriste du Rabbi Hillel*. Très jeune, il rejoignit la révolte de Judas le Gaulonite (le galiléen). Il survécut et devint l’un des chefs des pharisiens13.
(1) Tome 3, chapitre 62 /vo 201.2 et ib°, chapitre 68 /vo 206.16 – (2) Tome 2, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (3) Ib°, chapitre 104 /vo 137.4 – (4) Tome 9, chapitre 7 /vo 588.2/10 – (5) Tome 8, chapitre 45 /vo 584.9 – (6) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (7) Tome 5, chapitre 28 /vo 340.7 – (8) Tome 7, chapitre 197 /vo 501.4 – (9) Ib°, chapitre 222 /vo 525.4/19 – (10) Tome 9, chapitre 17 /vo 598.18 – (11) Ib°, chapitre 29 /vo 609.1/35 – (12) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (13) Flavius Josèphe, Antiquités .juives, 18, 11
Sadoc, le synhédriste
Est cité, sans plus de précision, dans les personnalités présentes aux funérailles de Lazare*. Différent du précédent, il figure dans les synhédristes favorables à Jésus1.
(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6
Saintes femmes
Voir Femmes disciples.
Salomé, femme de Simon
Est une galiléenne des environs de Cana où vit encore sa mère1. Par son mariage avec Simon*, l’un des fils d’Alphée*, elle devient cousine par alliance de Jésus. C’est, à ce titre, une des deux «sœurs» de Jésus avec la femme de Joseph*, l’aîné des quatre cousins2.
Elle a plusieurs enfants dont Alphée*, le dernier né3. Il tombe gravement malade. Salomé supplie son mari d’aller trouver Jésus : il guérira l’enfant. Mais Simon hésite : il n’est pas certain des pouvoirs de son cousin. Excédée Salomé vient le trouver elle-même : elle quittera son mari si l’enfant meurt à cause de son inaction. Jésus calme Salomé et guérit l’enfant4.
Simon, frappé par l’évènement, commence une lente conversion. Salomé devient disciple.
(1) Tome 6, chapitre 129 /vo 437.4 – (2) Cf. Matthieu 13,56 – (3) Tome 5, chapitre 1 /vo 313.1/10 – (4) Tome 4, chapitre 174 /vo 308.2/5
Salomé, la princesse
Sa danse trouble Hérode Antipas.
Salomé est la fille d’Hérodiade*. Sa danse langoureuse, pour l’anniversaire d’Hérode Antipas*, commande la décollation de Jean Baptiste*1.
Chouza*, l’intendant d’Hérode, rapporte à Jésus : «Salomé est comme possédée par un démon, et en proie à un érotisme qui serait dégradant pour une esclave. Le palais royal exhale plus de puanteur qu’un égout2». Hérode ne tarde pas à «avoir la nausée» de la fille qui a emporté une décision qu’il regrette et de la mère qui l’a inspiré3.
Lors de la dernière Pâque à Jérusalem, Salomé s’introduit dans le palais de Chouza, proche de celui d’Hérode, pour tenter Jésus. C’est une «jolie silhouette de fillette voilée qui court, légère comme un papillon», se précipiter aux pieds de Jésus qui la rejette.
Salomé proteste : « »Tu approches même les lépreux…
– Ce sont des malades, dit Jésus. Toi, tu es une impudique. Va-t-en !4».
Recoupements historiques
Flavius Josèphe est le premier à nommer Salomé. Il évoque l’exécution de Jean Baptiste en la présentant comme un crime politique5.
Certains historiens estiment improbable qu’une princesse ait pu danser seule dans un banquet d’hommes. Mais Renan, dans sa Vie de Jésus, affirme le contraire.
Saint Ambroise (IVème siècle) précise que la danse qui emporta la décollation du Baptiste, dévoilait «les parties de son corps que les mœurs apprennent à cacher». Cela rappelle «l’érotisme» évoqué ci-dessus par Chouza.
Salomé épouse plus tard son oncle : Hérode-Philippe, Tétrarque d’Iturée, de 30 ans son aîné. Elle épouse ensuite son cousin germain Aristobule, roi de Chalcis.
Selon la légende elle périt noyée un jour d’hiver alors qu’elle dansait sur une rivière gelée. La glace se rompit sous elle.
(1) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.1/8 – (2) Tome 5, chapitre 36 /vo 348.3 – (3) Ib°, chapitre 66 /vo 376.1/11 – (4) Ib°, chapitre 60 /vo 370.1/25 – (5) Flavius Josèphe, Antiquités juives, livre 18, V, 4
Salomé, femme de Zébédée
Voir Marie Salomé.
Salomon, le passeur
Habite au gué du Jourdain, là où Jean-Baptiste* baptisait. Il en est un disciple. À ce titre, il passe gratuitement ceux qui viennent l’entendre. Il devient l’un des soixante-douze disciples* de Jésus envoyés en mission selon Luc 10,11.
Il donne à Jésus sa maison au bord du Jourdain pour servir de refuge éventuel au groupe des apôtres*. Il déménage, quant à lui, dans une cabane de pêcheur2. Cette maison accueille Ananias*, le vieillard jeté dehors par sa belle-fille, et aussi deux disciples blessés et persécutés : Joseph de Joseph* et Élie*. «Ta maison sert à beaucoup de bien» remarque Jésus.
Salomon se trouve impliqué dans le cas de la prophétesse Sabéa* que les pharisiens tiennent pour une possédée3.
Il fait partie des organisateurs de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem le dimanche des rameaux4.
En l’accueillant comme disciple, Jésus avait prophétisé : «Ce n’est pas seulement Abraham, mais le Dieu d’Abraham qui sourira à ta mort comme à un fils fidèle5».
(1) Tome 4, chapitre 142 /vo 278.1/6 – (2) Ib°, chapitre 148 /vo 284.1 – (3) Tome 7, chapitre 222 /vo 525.1/19 – (4) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.1/22 – (5) Tome 2, chapitre 78 /vo 111.1/3
Samira, de Magdala
Voir Nara, de Magdala, et ses sœurs.
Samuel, d’Aféca
Est l’intendant bougon de Sara d’Aféca*, une riche marchande. Il discute comme un possédé avec des acheteurs radins. Élie*, son commis, fait une mauvaise chute, la gangrène le guette. Samuel maugrée : son aide lui fait défaut à l’époque des grands marchés.
Jésus guérit Élie. La réaction de Samuel est à l’opposé de celle du commis. Il grommèle «Magie ! Magie !…» devant le miracle.
Sara intervient : «Ne le punis pas, Maître ! Il est vieux ! Il a toujours cru ainsi…
– Ne crains pas, répond Jésus. Si je devais punir tous ceux qui m’appellent démon, de nombreux tombeaux s’ouvriraient pour engloutir leur proie1».
Au moment de partir à la suite de Jésus Sara, confie : «J’ai décidé de laisser Samuel ici, il est meilleur comme serviteur que comme croyant. Je viens à Capharnaüm près de Toi2».
(1) Tome 6, chapitre 148 /vo 456.6/7 – (2) Ib°, chapitre 149 /vo 457.5
Samuel, d’Alexandroscène
Commente la venue de Jésus : un ami d’un ami lui a dit : c’est un grand Rabbi. Doro le phénicien raille sa foi : il ferait mieux de lui payer ce qu’il lui doit.
Piqué au vif, Samuel s’acquitte de sa dette envers ce «vampire à la face de faune» qu’il ne veut plus voir rôder autour de lui1!
(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.1
Samuel, de Bethléem
Est l’un des douze bergers de la Nativité*1. Après le massacre des innocents, Zacharie*, le père de Jean-Baptiste*, le prend à son service.
Au moment de la vie publique de Jésus, Samuel est déjà mort de vieillesse. Il est enterré à Hébron2.
(1) Tome 1, chapitre 49 /vo 30.9 – (2) Tome 2, chapitre 39 /vo 75.3-4
Samuel, de Betginna
Aubergiste du village. Sa fille est possédée par un démon qui la rend lunatique. Jésus l’expulse.
Impressionné par l’exorcisme, Samuel, décise de changer de vie : «Le Samuel avide et malhonnête est mort, dit-il à Jésus. Mon démon aussi est parti. Maintenant, c’est un nouveau Samuel. Il sera encore l’hôtelier, mais saintement1».
(1) Tome 3, chapitre 77 /vo 215.3/7
Samuel, de Corozaïn
Est estropié et bossu. Quand Jésus vient à lui, il s’étonne : «Je suis un pauvre ver de terre que les grands piétinent : je n’osais espérer que tu aies pitié d’un mendiant.
– Je suis la Pitié qui se penche sur toute misère qui m’appelle, lui répond Jésus. Je ne demande que l’amour et la foi pour répondre : je t’écoute.
– Oh ! Mon Seigneur ! Je crois et je t’aime ! Sauve-moi ! Guéris ton serviteur!1». Ce que fait Jésus.
Samuel court aussitôt vers son ami Abel* le lépreux. Il le ravitaillait. Il lui parle de Jésus qui l’a guéri. Abel est guéri à son tour2.
Ils deviennent tous deux l’un des soixante-douze disciples* envoyés en mission «deux par deux3». Ils sont inséparables dans l’amitié comme dans l’apostolat.
(1) Tome 2, chapitre 24 /vo 61.3 – (2) Ib°, chapitre 26 /vo 63.2/5 – (3) Cf. Luc 10,1 – Tome 4, chapitre 142 /vo 278.1/6
Samuel, fiancé d’Annalia
Est sur le point de la perdre : elle est phtisique et mourante. Jésus la sauve sur la prière de l’apôtre Jean*. Il partage alors le vœu de virginité de sa fiancée en se faisant nazir (consacré à Dieu) pour un an et part à la recherche de Jésus. Il le trouve à la Belle-Eau où commence la vie communautaire de Jésus et des apôtres.
Ses bonnes dispositions ne durent pas : il se retourne contre Jésus1, puis rompt avec sa fiancée2. Il a déjà trouvé un riche parti avec Rébecca la fille d’un sandalier de Jérusalem.
Dans une soirée de beuverie, il blesse mortellement à coup de hache l’oncle d’Annalia venu le sermonner. On vient en hâte trouver Jésus : il peut sauver le mourant et éviter à Samuel le sort réservé aux meurtriers.
En se rendant sur le lieu du drame, Jésus s’adresse à Judas : «Tu vois à quoi conduit un premier péché ? Il a commencé par être parjure à sa femme, puis à Dieu. Il est devenu calomniateur, menteur, blasphémateur, puis il s’est adonné au vin et maintenant il est homicide3».
Annalia, supplie Jésus de transformer le cœur de son ancien fiancé4. Mais Samuel ne se convertit pas : lors de l’arrestation de Jésus, il tue sa mère d’un coup de pied pour pouvoir aller frapper le prisonnier avec une matraque.
En s’écroulant, sa mère le maudit : «Déicide et matricide! Pour le sein que tu déchires une seconde fois et pour le Messie que tu frappes, que tu sois maudit!5».
(1) Tome 4, chapitre 145 /vo 281.11 – (2) Tome 5, chapitre 58 /vo 368.1 – (3) Ib°, chapitre 65 /vo 375.6/9 – (4) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.17 – (5) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.2
Samuel, fils de Melchias
Voir Melchias, parent du sourd-muet.
Samuel, d’Hébron
Voir Sara et Samuel, d’Hébron.
Samuel, de Jéricho
Voir Anastasica.
Samuel, du Jourdain
Voir Abraham et Samuel, du Jourdain.
Samuel, de Nazareth
Voir Esther, de Nazareth.
Samuel, le saphorim
Est «le plus cher» disciple de Jonathas ben Ouziel*, un adversaire de Jésus. «C’est le plus exalté et le plus exaltable de ses disciples» dit de lui Judas*.
Il est envoyé pour capturer Jésus, réfugié en Samarie à Éphraïm, suite au décret du Sanhédrin1. Un ouragan l’oblige à s’abriter dans une grotte où se trouve Jésus qu’il ne reconnaît pas. Mais Jésus connaît parfaitement ses intentions. De cette confrontation naît la conversion de Samuel frappé par la non-violence de Jésus2.
Il suit désormais Jésus. Mais sa présence ne va pas de soi : Judas*, proche de sa trahison finale, le trouble : «Il m’a empoisonné ma joie d’être dans la justice. Il me l’empoisonne avec tant d’art que je pense être ici comme un traître pour Toi et pour moi» confie Samuel à Jésus3.
Pour le soustraire à l’influence de Judas, Jésus le réunit au groupe des apôtres. Il y sera soutenu car Judas commence déjà à s’isoler.
*
Le mot Sophêr désigne un scribe. Son pluriel est Sopherîm (les scribes). L’emploi du pluriel ici sous-entend que Samuel se présente comme (membre des) Saphorim.
(1) Cf. Jean 11,54 – (2) Tome 8, chapitre 22 /vo 561.1/17 – (3) Ib°, chapitre 26 /vo 565.1/17
Samuel, le synhédriste
Vient en délégation admonester Jésus à la Belle-Eau à cause de la présence d’Aglaé*, une courtisane qu’il tolère dans son environnement. Il présente avec emphase les personnalités du Sanhédrin* qui l’accompagnent.
Ses allusions grivoises envers Jésus provoquent la colère de Simon le zélote*, apôtre de Judée : «Quelle honte ! Tu baves comme une limace sur une fleur pure. Sors d’ici et deviens un homme car pour l’instant tu n’es que bave. Je te reconnais, Samuel. Tu as toujours le même cœur. Dieu te pardonne, mais va-t’en, loin de ma présence1».
Samuel se fait publiquement apostropher par Jésus pour son adultère et le renvoi de son épouse2.
Il fait partie du groupe des synhédristes hostiles qui s’activent contre Jésus avec la complicité de Judas*. Au procès de Jésus, il témoigne «qu’il vivait avec des courtisanes3».
Recoupements historiques
Il était surnommé Samuel le petit (Samuel Hakkaton) pour le distinguer du prophète Samuel. Il était l’un des membres les plus fougueux du sanhédrin. Peu de temps après la résurrection de Jésus-Christ, il composa une imprécation contre les chrétiens, demeurée fameuse : la bénédiction des mécréants (Birhat hamminim).
Cette étrange prière était connue de Saint Jérôme. Les Juifs, dit-il, anathématisent trois fois par jour dans toutes les synagogues le nom chrétien, en le déguisant sous le nom Nazaréen4.
Samuel mourut avant la dévastation du temple, quinze ou vingt ans après Jésus-Christ5.
(1) Tome 2, chapitre 90 /vo 123.1/8 – (2) Tome 5, chapitre 71 /vo 371.1/10 – (3) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.11 – (4) Saint Jérôme, Commentaire de St Jean, chapitre 5, 18-19 – (5) Talmud, traités Bercoth, ou des Prières, folio 28, verso
Sara d’Aféca
Est une veuve aisée du marchand de vaisselle de cette ville, carrefour de caravanes. Elle se trouve à la tête d’une grande maisonnée : Jeanne et Marie ses servantes; Samuel*, l’intendant bougon; Élie*, le serviteur miraculé; le jeune Philippe; Joseph*, son jardinier, …
Elle a 40 ans environ et n’a pas d’enfant. Elle demande à adopter Alphée de Méroba*, l’enfant maltraité recueilli par Jésus1 et l’obtient.
Elle se joint au groupe des femmes disciples*, mais doit auparavant se dépouiller de l’esprit de richesses: «Je te prouverais que je sais me détacher des richesses et aimer avec justice» promet-elle à Jésus
– Tu as beaucoup progressé en peu d’heures, constate-t-il.
– Ce n’est pas moi qui ai fait des progrès. C’est ton apôtre Pierre qui m’a instruit» dit-elle humblement2.
Elle décide de quitter Aféca et de s’installer définitivement à Capharnaüm, près de Jésus. «Tu as là-bas de bons disciples» dit-elle.
Lors de la Pâque supplémentaire, Jésus lui apparaît3. Dans le Judaïsme, cette fête de rattrapage était destinée à ceux empêchés de célébrer la Pâque à la date habituelle. Les enfants et les disciples plus fragiles avaient été volontairement tenus éloignés de Jérusalem par Jésus.
(1) Tome 6, chapitre 146 /vo 454.1/9 – (2) Ib°, chapitre 149 /vo 457.1/5 – (3) Tome 10, chapitre 22 /vo 636.1/11
Sara, de Béthanie
Est une jeune veuve démunie, guérie par Jésus lors du sermon sur la montagne1. Il lui confie Ismaël* un vieillard qui veut accomplir son pèlerinage à Jérusalem. Elle l’accompagne. Simon le zélote* leur donne une recommandation pour Lazare* qui les embauche.
À Béthanie, Sara file le lin2 et s’attache plus particulièrement au service de Marie de Magdala* après la conversion de celle-ci3.
Elle suit Jésus dans le voyage apostolique de la deuxième année de Vie Publique. Elle fait donc partie du groupe des femmes-disciples*4.
Recoupements historiques
La Lettre des Apôtres (Epistola Apostolorum), un apocryphe du IIème siècle, mentionne une Sara découvrant, avec Marthe* et Marie, le tombeau vide et partant annoncer aux Apôtres la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ.
Selon la tradition5 elle aurait émigrée en Gaule avec la famille de Béthanie. Son culte a été repris par les Gitans qui l’honorent sous le nom de Sara-la-Kali (Sara la Noire). Ce culte donne lieu à un important pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue, le 25 mai.
Selon Maria Valtorta, l’émigration de Sara est plausible, mais rien n’indique que Sara était noire ou d’origine égyptienne. La seule sainte correspondant à ce descriptif est Sara l’égyptienne, ermite du Vème siècle. Elle n’a jamais quitté les bords du Nil. Cette sainte est fêtée le 13 juillet.
(1) Tome 3, chapitre 32 /vo 172.9 – (2) Ib°, chapitre 59 /vo 198.6 – (3) Tome 5, chapitre 60 /vo 370.11/25 – (4) Tome 4, chapitre 158 /vo 294.1/4 – (5) Vincent Philippon, La Légende des Saintes-Marie, 1521
Sara, de Bethléem
Est une paysanne chez qui demeure le douloureux souvenir du massacre des innocents, trente ans plus tôt.
Elle offre l’hospitalité à Jésus venu anonymement au lieu de sa naissance, avec deux apôtres. Le mari de Sara évoque avec exagération le massacre perpétré par Hérode le Grand* : «Plus de mille petits dans la ville, un autre millier dans les campagnes».
Il finit par chasser les visiteurs qu’il soupçonne de sympathie pour le «faux Messie».
Sara demande d’excuser la brutalité de son mari et offre quelques nourritures aux voyageurs qui repartent1.
*
Selon Maria Valtorta le massacre n’intervient pas à la Nativité, mais un an environ après, lors de la visite des Mages*.
Dans une dictée2 Jésus précise à Maria Valtorta l’ampleur du massacre : «Trois cent vingt. Et je précise encore que, parmi eux, ceux de Bethléem furent cent quatre-vingt-huit à Bethléem cent-trente-deux dans la campagne environnante. Parmi ces tués, il y eut soixante-quatre petites filles, que les sicaires n’ont pas identifiées comme telles, car ils tuèrent dans l’obscurité, la confusion et la frénésie d’agir vite».
Selon l’écrivain romain Macrobe (début du Vème siècle), l’empereur Auguste fut indigné du procédé3 : «Ayant appris que, parmi les enfants de deux ans et au-dessous qu’Hérode, roi des Juifs, avait fait massacrer en (Province romaine de) Syrie, était compris le propre fils de ce roi, il dit – « Il vaut mieux être le porc (hus) d’Hérode que son fils (huios)». Il commentait ainsi un rapport qu’on lui faisait sur l’état de l’empire : en l’an -4, Hérode assassina de nouveau l’un de ses enfants, Antipater et massacra les innocents.
(1) Tome 2, chapitre 37 /vo 73.1/11 – (2) Cahiers de 1945 à 1950, Dictée du 28 février 1947 – (3) Macrobe, Saturnales, II, 4.11
Sara, fille d’Élisée
Est une vierge du Temple. Zacharie* se désole : elle a quitté le Temple il y a trois ans pour se marier. C’était la seule de la descendance de David. Pourtant le moment approche où le Messie doit naître d’une vierge du Temple de race davidique.
Il espère donc que beaucoup d’autres vierges de cette descendance suivront l’exemple de la jeune Marie, sa nièce qu’il conduit au Temple en compagnie d’Elisabeth* et de Joachim*, ses parents1.
*
L’affirmation de Zacharie sur l’avènement du Messie s’appuie sur les prophéties de Daniel2 et d’Isaïe3 : les temps sont proches, le Messie sera de la descendance de David, il naîtra d’une Vierge.
Plus surprenant est son affirmation qu’il s’agira d’une vierge du Temple. En effet, selon Anne-Catherine Emmerich (XIXème siècle) «une discrète intuition s’était faite jour depuis des temps reculés parmi les pieux israélites» : le Messie naîtrait du mariage d’une des vierges du Temple4.
(1) Tome 1, chapitre 13 /vo 8.3 – (2) Cf. Daniel 9,21-26 – (3) Cf. Isaïe 7,14 et 11.1 – (4) A.C. Emmerich/C. Brentano, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006, page 151
Sara, fille de Melchias
Voir Melchias, parent du sourd-muet.
Sara, de Jérusalem
Elle devient vierge consacrée.
Sara est une cousine germaine d’Annalia*, la première des vierges consacrées. La jeune Sara est enthousiasmée du choix fait par sa parente. Elle veut le partager : «Ta destinée me plaît, dit-elle à sa cousine, bien qu’elle soit nouvelle en Israël. Je la veux moi aussi. Mais pour être certaine de pouvoir l’accomplir, et qu’elle soit sainte aussi pour moi, je voudrais l’entendre de la bouche de Jésus1». Jésus accède à sa demande. Sara rejoint les autres vierges : Myriam*, la fille de Jaïre, et les filles de l’apôtre Philippe : Marianne* et sa sœur.
Huit jours plus tard Jésus, condamné, porte sa croix. Sara se retrouve aux côtés de Nike (Véronique)* parmi les femmes de Jérusalem2 sur la Via Dolorosa3.
Avec toutes les vierges consacrées, Sara est présente à l’Ascension4.
(1) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (2) Cf. Luc 23, 27-30 – (3) Tome 9, chapitre 28 /vo 608.8/9 – (4) Tome 10, chapitre 23 /vo 638.19/23
Sara et Jonas, de Cédès
Habitent aux limites nord de la Galilée. Jésus et les apôtres* viennent d’être chassés d’Alexandroscène. Anna*, un berger compatissant, les conduit dans une maison qui accueille généralement les pèlerins de passage1. C’est par eux que Sara et Jonas connaissent le Messie. Sa présence impressionne la nombreuse famille.
Le repos est de courte durée : une cananéenne* vient implorer la délivrance de sa fille possédée selon Matthieu 15,21-282.
En accédant à sa prière insistante, Jésus témoigne de la foi présente en terre païenne : les apôtres en doutaient.
(1) Tome 5, chapitre 18 /vo 330.9 – (2) Ib°, chapitre 19 /vo 331.1/5
Sara de Jutta
Voir Joachim et Sara de Jutta.
Sara, de Nazareth, épouse de Mathathias
Voir Mathathias et Sara, de Nazareth.
Sara, de Nazareth, la fillette
A une mère très malade1. Jésus vient pour la guérir : il est chassé par le mari mais guérit la mère. Sara est punie pour avoir parlé à Jésus2.
(1) Tome 2, chapitre 20 /vo 57.1 – (2) Ib°, chapitre 23 /vo 60.5
Sara, de Nazareth, parente de Jésus
Est la belle-sœur de Marie de Cléophas*, femme d’Alphée* et tante de Jésus. Elles ont sensiblement le même âge, soit environ quarante ans de plus que Jésus.
Voisine de la maison d’Anne* et Joachim*, elle accueille leur fille, Marie*, jeune mariée de 15 ans à sa sortie du Temple1.
Sara est décédée au moment de la vie publique de Jésus, mais son fils Alphée* est aussi prévenant envers sa cousine Marie que sa mère le fut avec Anne et Joachim2.
(1) Tome 3, chapitre 57 /vo 196.6 – (2) Tome 2, chapitre 70 /vo 104.6
Sara et Samuel, d’Hébron
Sont les serviteurs d’Élisabeth* et de Zacharie*. Ils sont âgés. Samuel ouvre la porte à la jeune Marie lors de la visitation et porte son coffre de voyage dans la maison1. Sara assiste Élisabeth au moment de l’accouchement du Baptiste*2.
Samuel accompagne les parents du Précurseur lors de sa présentation au Temple3.
(1) Tome 1, chapitre 32 /vo 21.4/6 – (2) Ib°, chapitre 36 /vo 23.2/5 – (3) Ib°, chapitre 40 /vo 25.1
Sara et Suzanne, du Temple
Sont les jeunes compagnes de Marie au Temple. Elles assistent à son mariage et commentent toilette et bijoux de la mariée1.
(1) Tome 1, chapitre 20 /vo 13.2
Satan
Apparaît dans l’œuvre de Maria Valtorta de deux façons :
– comme adversaire de Jésus dont il veut empêcher la mission,
– comme adversaire de Maria Valtorta qu’il veut tenter et tromper1.
Son nom
Il est désigné sous différents vocables : Belzébuth, Diable, Démon, Lucifer, le Mal, Satan, etc.
– Mammon, employé dans le Sermon sur la montagne2 n’est pas synonyme de Satan, mais de la richesse idolâtrée.
– Belzébuth est une déformation d’un nom de Baal, divinité philistine. Ainsi transformé ce nom signifie «prince des immondices», c.-à-d. des idoles. Sainte Françoise Romaine (XVème siècle) désigne Belzébuth comme le troisième prince des Enfers, soumis à Lucifer uniquement.
– Satan est le nom hébreu qui veut dire «adversaire ou accusateur». D’abord nom commun, il devient progressivement un nom propre. Dans l’œuvre de Maria Valtorta, Satan est aussi employé comme nom commun : un satan, des satans, comme peut l’être Démon.
– Diable vient du grec diabolos «celui qui divise».
– Lucifer signifie «porteur de lumière». Il était le chef des anges et le plus beau. Il pêcha par orgueil, en se croyant l’égal de Dieu. C’est le chef des démons (daimôn).
Selon les propos de Jésus dans Maria Valtorta, Lucifer est le nom primitif de Satan. Après la chute de l’ange, le nom de Satan lui fut donné par Dieu. Chacune de ces cinq lettres correspond à des antithèses de Dieu, plus explicites en italien que leur traduction française. «Les noms de « démon, diable, Belzébuth » peuvent appartenir à tous les esprits des ténèbres, poursuit Jésus, mais Satan est le seul qui lui soit personnel. Au ciel, il n’est appelé que par ce nom3».
Qui est Satan ? D’où vient-il ?
Jésus définit ainsi le Mal et son origine : «Le mal est une force qui est née d’elle-même, spontanée comme certains maux qui s’attaquent aux corps les plus sains. Lucifer était un ange, le plus beau des anges. Esprit parfait inférieur à Dieu seulement. Et pourtant dans son être de lumière naquit une vapeur d’orgueil qu’il ne dissipa pas. Au contraire il la cultiva en la couvant. De cette incubation est né le Mal. Il existait avant que l’homme existât. Dieu avait précipité hors du Paradis le maudit qui, ayant couvé le Mal, avait souillé le Paradis. Mais il est resté l’éternel incubateur du Mal et, ne pouvant plus souiller le Paradis, il a souillé la terre4».
Plus loin, Jésus précise les conséquences: «C’est par lui que la maladie et la mort sont entrées dans le monde. C’est par lui également que sont entrés le crime et la corruption. Quand vous voyez quelqu’un tourmenté par quelque malheur, pensez aussi que c’est par Satan qu’il souffre. Quand vous voyez que quelqu’un est cause de malheur, pensez aussi qu’il est un instrument de Satan5».
Son aspect
Tel qu’il apparaît à Maria Valtorta : «Le démon en personne apparaît, sans camouflages d’aucune sorte. C’est un personnage de grande taille, mince, fumeux, au front bas et étroit. Son visage est pointu. Ses yeux renfoncés ont un regard tellement méchant, ironique, faux que pour un peu j’aurais appelé au secours… il m’est apparu, lui. Noir sur noir et pourtant j’ai vu tous les détails de son corps nu, affreux, non par l’effet d’une difformité, mais par un je ne sais quoi de féroce, d’horrible, de serpentin qui se dégageait de tous ses membres. Je n’ai vu ni cornes, ni queue, ni pieds fourchus, ni autres détails sous lesquels on le représente habituellement. Mais toute sa monstruosité était dans son expression. Pour exprimer ce qu’il était, je devrais dire : Fausseté, Ironie, Férocité, Haine, Embuscade. C’était ce qu’exprimait son expression méchante et rusée. Il se moquait de moi et m’insultait, mais n’osait approcher davantage. Il était là, cloué près de l’entrée. Il est resté, l’espace de dix bonnes minutes, puis s’en est allé6».
Tel qu’il apparaît à Jésus, lors de la Tentation au désert7 : «Je vois apparaître l’horrible gueule de Satan. Il ne se présente pas sous la forme où nous nous le représentons avec cornes, queue, etc. etc. On dirait un Bédouin enveloppé dans son habit et son manteau comme un domino de mascarade. Les pans de son turban lui descendent jusqu’aux épaules et sur les côtés du visage, de sorte qu’on en voit qu’un triangle étroit, très brun avec des lèvres minces et tordues, des yeux très noirs et renfoncés, d’où sortent des éclairs. Deux pupilles qui pénètrent jusqu’au fond du cœur où on ne lit rien, ou alors une seule parole : mystère. Le contraire de l’œil de Jésus qui vous fascine lui aussi mais où on lit qu’il n’y a dans son cœur que bonté et amour. L’œil de Jésus est pour l’âme une caresse. L’œil de Satan est un double poignard qui vous transperce et vous brûle8».
Sa lutte
Satan affronte plus particulièrement le Christ au début de sa mission9 et à la fin, lors de l’agonie du Gethsémani10. Cela ne l’empêche pas de l’apostropher régulièrement par la bouche des possédés tout au long de la Vie Publique. Il prédit l’heure de son triomphe : la Passion, mais aussi sa damnation finale au Jugement Dernier. Il parle même par la bouche de Judas*11.
Recoupements historiques
Satan est présent dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Il se manifeste dès la Genèse sous la forme d’un serpent. Il pousse Adam et Ève à la désobéissance12. L’Apocalypse prédit sa défaite finale13.
L’épître de Jacques précise : «Tu crois qu’il y a un seul Dieu ? Très bien. Les démons le croient aussi et ils tremblent de peur14».
L’Écriture et la Tradition de l’Église voient dans l’être qui pousse nos premiers parents à la désobéissance, un ange déchu, appelé Satan ou diable15. L’Église enseigne qu’il fût d’abord un ange bon, fait par Dieu16. L’Écriture parle d’un péché des anges17.
Leur chute consiste dans le refus libre, radical et irrévocable de Dieu et de son Règne18. C’est le caractère irrévocable de leur choix, et non un défaut de l’infinie miséricorde divine, qui rend impardonnable le péché des anges19.
L’Écriture atteste l’influence néfaste de celui que Jésus appelle «homicide dès l’origine20». Il tente de détourner Jésus de sa mission21. «C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est venu22». Satan n’est qu’une créature, puissante car pur esprit, mais rien qu’une créature : il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu23.
(1) Tome 2, chapitre 101 /vo 134.1/4 – (2) Cf. Matthieu 6,24 – (3) Cahiers de 1945 à 1950, dictée du 29 décembre 1945 – (4) Tome 1, chapitre 24 /vo 16.1 – (5) Tome 2, chapitre 89 /vo 122.1/13 – (6) Tome 2, chapitre 53 /vo 88.1/5 – (7) Cf. Matthieu 4,1-11 – Marc 1,12-13 – Luc 4,1-13 – (8) Tome 2, chapitre 5 /vo 46.1/15 – (9) Ib° – (10) Tome 9, chapitre 19 /vo 600.28 – (11) Tome 8, chapitre 28 /vo 567.14/21 – (12) cf. Genèse 3, 4-5 – (13) Apocalypse 12,9-11 – (14) Jacques 2,19 – (15) cf. Jean 8, 44 ; Apocalypse 12, 9 – (16) Catéchisme de l’Église catholique (CEC) § 391 – (17) Cf. 2 Pierre 2, 4 – (18) Catéchisme de l’Église catholique (CEC) § 392 – (19) Ib° § 393 – (20) Cf. Jean 8, 44 – (21) Cf. Matthieu 4, 1-11 – (22) Cf. 1 Jean 3, 8 – Catéchisme de l’Église catholique (CEC) § 394 – (23) Ib° § 395
Saül, berger du Liban
Voir Jacob, et les bergers du Liban.
Saül, de Capharnaüm
Voir Zacharie et les ingrats.
Saül, d’Esdrelon
Voir Isaïe et les paysans d’Esdrelon.
Saül, fils de Zacharie
Est un habitant d’En Gev, un village au bord du lac de Tibériade. Jésus a emprunté sa barque : il ne pouvait rester chez Chouza*. Celui-ci l’avait attiré chez lui pour prendre la tête d’un complot destiné à le faire roi selon Jean 6,15. Ce sont les commis de Pierre* qui rendront la barque à son propriétaire1.
(1) Tome 7, chapitre 158 /vo 465.8
Saül, de Kériot
A 84 ans. Il avait adoré Jésus enfant à Bethléem et conservé en son cœur les paroles de sa mère. Il retrouve Jésus trente ans plus tard à la synagogue de Kériot. Il s’affaisse dans ses bras et meurt dans une extase : «Je le vois : l’Élu, le Suprême, le Parfait, descendu vers nous par la force de son amour, remonter à la droite du Père, devenir Un avec Lui. C’est comme une Chair réelle que je Le vois monter vers l’Éternel. Chair étincelante ! Chair glorieuse ! Oh ! Éclat de la chair divine ! Oh ! Beauté de l’Homme-Dieu ! C’est le Roi ! Oui. C’est le Roi. Non pas d’Israël : du monde. Devant Lui s’inclinent toutes les royautés de la terre1».
(1) Tome 2, chapitre 42 /vo 78.8
Saül, de Massada
Voir Ananias, de Béthabara.
Saül, le synhédriste
Est probablement de la classe des scribes. Il accompagne son confrère Samuel* à Béthanie voir le puissant Lazare* socialement relevé par la conversion de sa sœur, Marie de Magdala*1.
On le retrouve aux funérailles de Lazare2. Rien n’indique son aversion ou sa sympathie particulière envers Jésus.
Recoupements historiques
Abba Saül ben Botnit était d’une stature prodigieuse. Il avait la charge de veiller à l’ensevelissement des morts conformément à la Loi3. Dans l’exercice de ses fonctions, il aurait découvert le tibia d’Og, roi de Bassan et l’œil droit d’Absalon. Ils auraient eu des vertus prodigieuses.
Saül serait l’auteur d’une imprécation contre les familles de certains grands prêtres du temps de Jésus4.
(1) Tome 5, chapitre 68 /vo 378.1/7 – (2) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (3) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (4) Talmud de Babylone, Traité Pesahim 57a Tossefta, Minhot 13, 4
Saül de Tarse, dit Paul, l’apôtre
Est un élève du centre de formation rabbinique de Giscala, centre réputé en Haute-Galilée. Jésus l’aperçoit quand il s’y rend1. Saül se retrouve plus tard parmi les bourreaux d’Étienne*, son ancien compagnon, élève, comme lui, de Gamaliel*.
Saül est laid. Le portrait, dressé par Maria Valtorta, est sans concession : «Il est petit, trapu, presque rachitique, avec des jambes courtes et grosses, un peu écartées aux genoux. Ses bras sont courts et musclés comme les jambes. Le cou, petit et trapu, porte une tête grosse, brune, avec des cheveux courts et rêches, des oreilles plutôt écartées, un nez camus, des lèvres épaisses, des pommettes hautes et saillantes, un front bombé, des yeux sombres, plutôt bovins, sans douceur, mais très intelligents sous des sourcils très arqués, épais et hérissés. Les joues sont couvertes d’une barbe hirsute comme les cheveux, très épaisse et courte. Peut-être à cause de son cou, il paraît légèrement bossu ou avec des épaules très voûtées2».
Il est le plus furieux des furieux contre Étienne. Il est impossible de décrire la férocité de son visage.
Selon Maria Valtorta, il est légèrement plus jeune que Jésus. Lorsque celui-ci a 12 ans révolus, Saül n’est qu’un enfant3.
Recoupements historiques
Saint Paul (nom romain de Saül) est fêté le 29 juin en même temps que saint Pierre. Il serait né entre 5 et 15 après J.C.4. Selon les descriptions de Maria Valtorta, il aurait environ 27 ans lors de la lapidation d’Étienne suivie de sa conversion sur le chemin de Damas et 62 ans lors de son martyre. Mais selon saint Jean Chrysostome5 il avait 68 ans lors de sa décapitation en 67, hypothèse peu retenue.
Dans une dictée à Maria Valtorta, Jésus précise que Paul fut un temps synhédriste6. Cela expliquerait la mission d’arrestation des chrétiens que lui confie le Sanhédrin selon l’Évangile7.
Son aspect selon la tradition
Paul se décrit comme «L’avorton8». Dans les Actes de Paul et de Thècle (apocryphe du IIème siècle), un des disciples de Paul le décrit avec «une tête chauve, un long et large nez, des sourcils noirs, épais et joints, de larges épaules, des jambes torses». Ce descriptif ressemble à celui fait par Maria Valtorta.
Son origine
Paul, dit de lui-même : «Je suis Juif. Né à Tarse en Cilicie, j’ai cependant été élevé ici dans cette ville (Jérusalem), et c’est aux pieds de Gamaliel que j’ai été formé à l’exacte observance de la Loi de nos pères. J’étais rempli du zèle de Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui9».
Selon saint Jérôme10, Giscala était le village d’origine des parents de saint Paul, avant qu’ils n’émigrent à Tarse. C’est dans ce grand centre de formation rabbinique que Jésus croise Saül selon Maria Valtorta.
La fin de sa vie
Les Actes des apôtres s’achèvent sur la captivité de Paul à Rome. Il bénéficie de la custodia militaris : il loue une maison où il demeure sous la garde d’un soldat. Rien n’est dit de l’issue du procès en comparution devant César. Il est probable qu’il a bénéficié d’un non-lieu.
Libéré au printemps 63, il s’est peut-être rendu en Espagne comme le suggèrent son épître aux romains11, Clément de Rome12 et certains apocryphes13. Paul part ensuite en Crète, en Macédoine, jusqu’à Troas : là, il est à nouveau arrêté.
Selon Eusèbe de Césarée, il fut incarcéré à Rome à l’automne de l’année 67. Il y écrit sa seconde lettre à Timothée : elle contient son testament spirituel.
Paul ne fut pas crucifié, mais décapité, sous Néron, au titre de sa citoyenneté romaine14.
En 2009, on a authentifié sa tombe sous l’autel de l’église de Saint-Paul-hors-les-murs à Rome.
(1) Tome 5, chapitre 28 /vo 340.7/9 – (2) Tome 10, chapitre 30 /vo 645.1/12 – (3) Ib° – (4) A.M. Gérard, Dictionnaire de la Bible, 1989 – (5) Saint Jean Chrysostome, Tome 6, oraison 30 sur St Pierre et St Paul cité par Tillemont Mémoire pour servir à l’Histoire Ecclésiastique tome 1 page 192 et note 1 page 541) – (6) Cahiers de 1943, dictée du 29 décembre 1943 – (7) Cf. Actes des apôtres 9, 1-2 – (8) 1 Corinthiens 15,8 – (9) Cf. Actes 22,3 – (10) St Jérôme, De Viris illustribus, 5 – (11) Cf. Romains 15, 24,28 – (12) Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens – (13) A.M. Gérard, Dictionnaire de la Bible, 1989 – (14) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 25,5
Scéva le sadducéen et sa femme
Cet hérodien est un ancien amant de Marie de Magdala*. Il est anonyme dans l’œuvre de Maria Valtorta, mais nous l’avons nommé par déduction. Lorsqu’elle le retrouve, après sa conversion, la confrontation est une épreuve : il lui rappelle un passé qu’elle veut oublier1.
Par un reste d’amour ou par jalousie, elle ne sait, il la prévient d’un piège tendu par les autorités pour capturer Jésus2. Il est bien placé pour cela : il fait partie de la classe sacerdotale du Sanhédrin*.
Il tombe gravement malade. Sa femme, inquiète, vient supplier Jésus de le guérir. Elle est accompagnée de personnages somptueusement vêtus. La femme a honte de parler devant eux. Jésus l’amène à part.
«Qu’a ton mari ? Lui demande Jésus. Pourquoi n’est-il pas venu ? Pourquoi ne veux-tu pas que j’aille le trouver ?».
Elle est certaine que Jésus sait tout de sa vie malheureuse : sa maison est «un enfer» mais elle aime encore son mari. Elle supplie: «Je te demande de le guérir pour lui donner le temps de se guérir l’âme.
– Pauvre femme ! Je ne puis le guérir.
– Pourquoi, Seigneur?
– Parce que lui ne le veut pas. Il sait que ce qu’il fait est défendu. Il sait qu’il est maudit par le Dieu d’Israël, mais il persiste. Même si je le guérissais, à commencer par son âme, il reviendrait à sa jouissance satanique. Sa volonté est corrompue. C’est un rebelle. Je ne puis».
Les sadducéens qui accompagnent l’épouse, s’approchent et apostrophent Jésus : «Pourquoi n’exauces-tu pas la femme ?».
Jésus leur oppose les passages de la Bible qui condamnent la nécromancie3. Il les interpelle avec véhémence : ils voulaient lui tendre un piège en se servant du malheur de cette femme pour l’accuser de pratiques sataniques4.
Le sadducéen, rétabli, vient narguer son ancienne maîtresse, Marie de Magdala, lorsque la mort de Lazare* semble inéluctable : le pouvoir de Jésus qu’elle lui a préféré ne sert à rien. Il savoure sa revanche5.
Recoupements historiques
Scéva est connu des Actes des apôtres6. Ils le qualifient de «chef des prêtres juifs». Avec ses sept fils, il était devenu exorciste itinérant. À Éphèse, ces exorcistes tentent, en vain, de tirer profit du nom de Jésus : les démons se moquent d’eux, car ils n’ont aucun pouvoir, puis ils les agressent. Les exorcistes doivent s’enfuir nus et couverts de blessures.
Dans Maria Valtorta, les sadducéens font allusion au pouvoir que procure le «sciemanflorasc», traduction phonétique du «Schem Hammephoras». Cette pratique magique consistait à invoquer le nom secret de Dieu : celui que prononçait le Grand Prêtre une fois par an dans le secret du Sanctuaire. En procédant ainsi les nécromanciens pensaient plier Dieu à leur volonté7. De nos jours le schemhamphoras est devenu un article de magie, vendu comme talisman dans les boutiques spécialisées.
(1) Tome 4, chapitre 105 /vo 242.6/11 – (2) Tome 5, chapitre 51 /vo 361.8 – (3) Cf. Deutéronome 18,10-11; Lévitique 20,6; 1Samuel 28,7 et suivants; 2Rois 1,2-17 – (4) Tome 7, chapitre 199 /vo 503.4/12 – (5) Tome 8, chapitre 2 /vo 542.1/7 – (6) Cf. Actes 19,13-16 – (7) Abbé Bullet, Histoire de l’établissement du Christianisme, réédition de 1825, page 140
Scialem
Enfant difforme qui vient demander à mourir.
Scialem est le petit-fils de Nahoum*, l’homme de confiance du Grand-Prêtre Anna. Il naît difforme. Son père, Anna* (homonyme de Grand Prêtre), le chasse, avec sa mère qui en meurt. C’est elle qui le surnommait Scialem diminutif affectueux de Mathusalem, mais aussi jeu de mot sur shalem (shalom), la paix. Scialem ne peut rester chez Jean* et Marie*, les intendants chez qui ils avaient trouvé refuge : ils meurent à leur tour.
Scialem est contraint de revenir chez son père, remarié entre temps. Anna, qui ne veut plus entendre parler de ce fils difforme, le confie à Josias*, qui le maltraite.
Scialem vient voir Jésus pour lui demander de mourir1. C’est un enfant rachitique. Ses vêtements sont déchirés. Une épaule plus haute que l’autre et un début de gibbosité (bosse) déforment son corps. Sa tête est enfoncée dans les épaules et sa poitrine saillante. Il a dix ans mais en paraît six. Il a un visage de petit vieux où brillent cependant des yeux très vifs.
Jésus recueille l’enfant et le guérit de ses difformités. Ce n’est pas du goût de Judas* qui craint les représailles de la puissante famille, ni de l’enfant : il pense que, même guéri, il ne peut connaître l’affection.
Il la retrouve cependant auprès des femmes-disciples*. À l’Ascension, il est présent et heureux2.
(1) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.19/25 – (2) Tome 10, chapitre 22 /vo 636.1/11
Sciammaï, le Docteur d’Israël
Avait la réputation d’être austère, colérique et impatient. Craignant la contamination du peuple juif au contact de l’occupant romain, il développe une interprétation rigoriste de la Loi. Il prêche, par exemple, qu’une poule pondant un shabbat, ne respecte pas le précepte proscrivant tout travail ce jour-là.
Ce cas est justement soumis au jeune Jésus lors de son examen de majorité (Bar-Mitsva)1. Il répond : l’animal obéit à la loi naturelle décrétée par Dieu au contraire de l’homme qui travaille ce jour-là. Son à-propos étonne ses examinateurs
Plus loin, dans le Temple, Sciammaï et ses partisans entrent en polémique avec Hillel*, à propos d’une interprétation de la prophétie de Daniel sur la venue du Messie2. Hillel était le chef de file d’une interprétation libérale de la Loi. Parmi ses partisans figurait Gamaliel*, son petit-fils.
Le jeune Jésus intervient : «C’est Gamaliel qui a raison !». Il soutient alors un dialogue étonnant avec les Docteurs d’Israël selon l’Évangile3. Maria Valtorta en rapporte la teneur.
Recoupements historiques
Les affrontements entre Hillel et Shammaï firent éclater le parti pharisien en deux branches, l’une libérale, ouverte au message de Jésus, et l’autre rigoriste, fermement opposée.
Selon Mgrs A. et J. Lemann, c’est de Shammaï que viendrait le terme «se chamailler4». Il prendrait son origine dans les violentes disputes, verbales et physiques, qui opposaient les disciples de Shammaï à ceux de Hillel, tous deux à la tête du Sanhédrin.
Le Sanhédrin est en effet placé sous l’autorité de son président qui dirige les débats législatifs. Hillel assura cette responsabilité pendant quarante ans. Un adjoint dirigeait les procès, fonction tenue par Shammaï. Ces deux postes étaient traditionnellement confiés aux deux plus grandes autorités légales du moment5.
Shammaï était du côté des Zélotes. Il remplace Hillel à sa mort, vers l’an 20. Lui-même meurt en 30. Il est enterré à Giscala. Gamaliel, le petit fils d’Hillel, lui succède. Le Sanhédrin demeure dominé par les disciples de Shammaï jusqu’en 70.
Sa mort, en 30, explique l’absence de mention, dans l’œuvre de Maria Valtorta, de sa tombe à Giscala lorsque Jésus, un an auparavant (en février 29), vient se recueillir sur le tombeau d’Hillel6.
(1) Tome 1, chapitre 67 /vo 40.1/7 – (2) Ib°, chapitre 68 /vo 41.9 – (3) Cf. Luc 2,43-47 – (4) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (5) Hillel et Shammai, Jewish, Virtual Library – (6) Tome 5, chapitre 28 /vo 340.1/9
Sciammaï, fils d’Elchi
Est le maître dévoyé d’Aglaé*, une courtisane1. Fort des faveurs d’Hérode Antipas*, il prend possession de la maison du Baptiste* à Hébron2. Après la fuite d’Aglaé, il devient odieux et meurt assassiné pour une affaire de femme3.
(1) Tome 2, chapitre 41 /vo 77.5 – (2) Ib°, chapitre 43 /vo 79.2 – (3) Tome 3, chapitre 73 /vo 211.1
Scipion et Caïus, d’Alexandroscène
Deux légionnaires, discutent sur l’attitude de Rome à propos de Jésus. Ils critiquent l’attitude de Ponce Pilate* qui ne se montre pas assez favorable à son encontre et trop servile envers ses ennemis. Cependant, devant le tumulte provoqué par les paroles de Jésus, ils décident d’avertir leur supérieur1.
(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.3/16
Seba, de Doco
Voir Jérusa la cancéreuse.
Séjan
N’est cité qu’une fois dans l’œuvre. Un grec dit toute sa détestation de la civilisation romaine et des mœurs de ses dirigeants1.
Recoupements historiques
Séjan, favori de Tibère, intrigua contre lui pour devenir empereur. Il fut étranglé en 31 et sa famille massacrée. Dans Maria Valtorta, la scène, où il est cité, date de 29. C’est un indice de cohérence historique de son récit.
(1) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.8
Selida, de Capharnaüm
Voir Adina et les femmes de Capharnaüm.
Selima
Voir Sitaré et les affranchis romains.
Sella, d’Hippo
Femme stérile, elle se précipite aux pieds de la Vierge Marie* pour lui demander le don de maternité.
Elle croit en Jésus : il a sûrement donné à sa mère un peu de sa sainteté et de sa puissance. La Vierge Marie l’amène à Jésus qui lui promet une maternité prochaine1.
(1) Tome 6, chapitre 142 /vo 450.1/10
Selma
Est la servante d’Hérodiade* à Machéronte où est enfermé Jean Baptiste*. C’est par elle que l’on connaît tous les détails de la conversation entre Salomé* et Hérodiade1. Selma est chargée de donner à Salomé le plat dans lequel elle rapportera la tête du prophète.
Horrifiée, elle raconte la tractation à Mathias*, Jean* et Siméon*, des disciples du Baptiste placés comme cuisiniers ou palefrenier du château par Manaën* frère de lait d’Hérode Antipas*2.
*
Selma est un prénom arabe dérivé de « sèlèm » (paix), cohérent avec le pays d’où elle est originaire : le royaume nabatéen, dont Petra est la capitale. Sa présence, comme servante, rend plausible la connaissance d’une tractation secrète rapportée en détail dans l’Évangile.
(1) Cf. Matthieu 14, 1-12 ; Marc 6, 14-29 – (2) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.3/8
Sentius Saturninus
Voir Quirinius et Sentius Saturninus.
Serviteur de Joël
Il jure avoir vu Abel*, le fils de la jeune veuve Myrta*, près de son maître assassiné1 C’était un riche. Son accusation est corroborée par deux autres témoins : Aser* et Jacob*.
C’est un complot : Aser convoite la jeune veuve Myrta. Il a été éconduit et veut se venger. Jacob est l’amant de la femme de Joël. Jésus intervient à temps pour sauver de la mort, Abel, le fils innocent. Les trois complices sont frappés de lèpre subite.
Bannis, ils sont visités par Abel, devenu disciple. Il les évangélise, puis supplie Jésus de les guérir2. Jésus vient les voir. Le serviteur, un peu sot et influençable, a pris peu à peu de l’aplomb et son ardent désir d’être pardonné a déteint sur Aser.
À l’approche de Jésus les deux lépreux qu’on ne sait plus distinguer tant ils sont difformes, s’écrient : «Seigneur, notre péché ne mérite pas le pardon, mais tu es la Miséricorde ! Seigneur Jésus, par ton Nom, sauve-nous. Tu es l’Amour qui peut vaincre la Justice».
Jésus énumère les conséquences de leur acte passé : «La femme de Joël a été lapidée comme adultère. Ses quatre enfants vivent dans la misère car les frères de Joël les ont chassés comme bâtards, pour mieux s’emparer des biens de leur frère».
Mais la foi des lépreux est grande. Ils insistent. Aser abandonne sa fortune au profit des orphelins. Lui et le serviteur sont pardonnés et guériront, mais pas immédiatement3.
Le troisième complice ne s’est pas repenti : il demeure lépreux.
(1) Tome 4, chapitre 111 /vo 248.5/14 – (2) Tome 7, chapitre 170 /vo 475.5/6 – (3) Ib°, chapitre 171 /vo 476.6/9
Sidoine, dit Bartolmaï
Saint Restitut.
C’est l’aveugle-né de Jean 9,1-34. C’est un jeune homme de trente ans du quartier populaire d’Ophel, à Jérusalem. Il semble n’avoir pas de paupières : le front rejoint les joues sans aucune cavité et il semble que par dessous il n’y ait pas de globes oculaires. Jésus étend de la boue sur ses paupières et lui demande d’aller se laver à la fontaine de Siloé : il est guéri.
Cette guérison, pendant le shabbat, est un piège monté avec la complicité de Judas*. Pour le déjouer, Jésus n’opère pas immédiatement le miracle. L’aveugle, n’ayant rien vu, ne peut rien dire en toute bonne foi.
Ce piège déjoué et Jésus parti, la colère du Temple retombe sur Sidoine (Sidonia) et ses parents : ils seront chassés de la synagogue et déclarés anathèmes. Dans cette tourmente, Sidoine conserve sa foi : «Si Dieu m’a tant aimé et t’a aimée au point de nous donner le miracle, dit-il à sa mère anéantie par la condamnation, ne saura-t-il pas nous défendre d’une poignée d’hommes ?1».
Plus tard Sidoine croise Jésus qu’il n’a jamais vu. Il veut connaître le Fils de Dieu et le servir. «Il n’est pas nécessaire que tu ailles à Lui. Celui que tu vois en ce moment et qui te parle, c’est le Fils de Dieu» répond Jésus. À ces paroles, Maria Valtorta a l’impression qu’il se produit une très brève transfiguration. Jésus devient très beau et resplendit2.
Il se tourne vers les persécuteurs à l’affût. Ils sont aveugles plus que ne l’était Sidoine. Jésus est le Bon Pasteur et ses brebis le connaissent3. Sidoine décide de suivre Jésus.
Lors de la Passion, sa mère, Anne*, meurt de douleur en voyant Jésus maltraité4.
Recoupements historiques
Selon une tradition rapportée par Mgr Gaume5, et attestée par plusieurs autres sources, Sidoine ou Célidoine s’embarque avec la famille de Béthanie lors de leur exil en Provence (Gaule Narbonnaise).
Il devient évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Ardèche) sous le nom de Restitut. Ce nom signifie «celui à qui la vue a été restituée6».
Saint Restitut est fêté le 7 novembre.
À la mort de Maximin, il devient évêque d’Aix-en-Provence. Il a sa sépulture dans la crypte de Saint Maximin-la-Sainte-Baume. C’est dans son sarcophage qu’avaient été cachées les reliques de Marie Madeleine pour les soustraire aux sarrasins7.
(1) Tome 7, chapitre 207 /vo 510.1/14 – (2) Ib°, chapitre 215 /vo 518.2/10 – (3) Cf. Jean 9,35 à 10, 21 – (4) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.9 – (5) Mgr Gaume Biographies évangéliques 1881 tome 1 p 300-301 – (6) Bernard Gui, dominicain et historien (début du XIVème siècle), Miroir Sanctoral, et Vie de Saint Maximin – (7) http://www. saintsdeprovence.com/sidoine.html
Siméon, d’Antigonéa
Voir Elbonide Danita, et Siméon son mari.
Siméon, le berger de la Nativité
Est chassé de Bethléem par les habitants après le massacre commandé par Hérode*. Il s’expatrie sur le Liban. Plus tard, il devient disciple du Baptiste*, comme Jean et Matthias, bergers eux aussi1.
Grâce à l’entremise de Manaën*, lui-même disciple du Baptiste, Siméon sert aux écuries du château de Machéronte où le Précurseur a été enfermé pour la deuxième fois. Avec Jean* et Matthias*, ils ensevelissent le corps du prophète2 et viennent annoncer sa mort à Jésus3. Ils rejoignent les soixante-douze disciples* envoyés en mission4.
Ils demeurent fidèles jusqu’au Calvaire où ils sont présents5. Au jour de Pâque, Siméon et les autres bergers, bénéficient de l’apparition de Jésus ressuscité6.
(1) Tome 3, chapitre 59 /vo 198.9 – (2) Cf. Matthieu 14,12 – (3) Tome 4, chapitre 133 /vo 270.3/8 – (4) Cf. Luc 10,1 – Tome 4, chapitre 144 /vo 280.1/5 – (5) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (6) Tome 10, chapitre 12 /vo 626.2/5
Siméon, fils de Gamaliel
Est synhédriste comme son père. Il a trente-cinq ans environ. Il apprécie Lazare*1 et semble ouvert aux paroles de Jésus2.
C’est un personnage peu loquace, loin des talents d’orateur de son père, Gamaliel*. Cette attitude l’entoure d’une certaine ambiguïté.
Il demeure sous la coupe de son père. Comme lui, il se lève d’indignation au procès de Jésus et quitte la séance du Sanhédrin3. Il accompagne Gamaliel dans sa démarche de conversion après la Passion4.
Recoupements historiques
Le Talmud rapporte qu’il fit une interprétation allégorique du Cantique des Cantiques.
Selon Mgrs A. et J. Lemann5 : «Il siégeait comme son père dans le sanhédrin. Les livres rabbiniques en font un grand éloge. Siméon ne suivit point l’exemple de son père, et n’embrassa point le christianisme. Il devint, au contraire, l’intime ami du trop célèbre bandit Jean de Giscala, dont la cruauté et les excès contre les Romains et même les Juifs forcèrent Titus à ordonner le sac de Jérusalem. Siméon fut tué au dernier assaut, l’an 70».
Selon David Ganz (fin du XVIème siècle), il aurait été décapité6. Sa tombe, située à Kafr Kanna, en basse-Galilée, demeure encore aujourd’hui, un important site de pèlerinage.
(1) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.5/11 – (2) Tome 5, chapitre 69 /vo 379.1 – (3) Tome 9, chapitre 22 /vo 604.11 – (4) Tome 10, chapitre 29 /vo 644.4 – (5) Mgrs A. et J. Lemann, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (6) David Ganz, Chronologie, Année 4810
Siméon, de Gerghesa
Voir Arria et Siméon.
Siméon, notable de Nazareth
Voir Benjamin et les notables de Nazareth.
Siméon, le prophète
Est «l’homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël» de Luc 2,25-35. Selon la coutume, Marie* est venue présenter Jésus au Temple. Siméon s’approche de la jeune mère et lui demande un instant le Bébé. Marie le satisfait en souriant.
Siméon marche péniblement en s’appuyant sur une canne. Il est plus qu’octogénaire. Maria Valtorta est surprise de voir un simple fidèle : elle avait toujours cru qu’il appartenait à la caste sacerdotale.
En prenant le jeune Jésus, Siméon reconnaît le Messie que l’Esprit lui avait promis de voir avant sa mort. Son cri d’allégresse est entré dans la liturgie des heures sous le vocable de Nunc Dimitis que l’on dit le soir avant de se coucher : «Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut1». Il prophétise aussi l’épée qui s’enfoncera dans le cœur de Marie2.
Il fait partie des âmes saintes que Jésus donne en exemple3.
Recoupements historiques
Deux archéologues, Émile Puech4 et Joe Zias5 ont récemment confirmé que le monument funéraire dit d’Absalom dans la Vallée de Josaphat, est bien la sépulture du vieillard Siméon, conformément aux traditions byzantines locales. Les reliques de Siméon auraient été transférées à Constantinople, puis en partie à Venise. Son chef serait conservé dans le trésor de la Sainte Chapelle à Paris.
Selon Marie d’Agréda (XVIIème siècle), Siméon est le Grand Prêtre du Temple (voir la notice ci-après sur Simon Boëthos, Grand Prêtre)6. Selon Anne-Catherine Emmerich (XIXème siècle), c’est un simple prêtre7.
Le texte de Maria Valtorta coïncide avec ce que disent aujourd’hui la plupart des exégètes.
(1) Cf. Luc 2,29-30 – (2) Tome 1, chapitre 53 /vo 32.5 – (3) Tome 10, chapitre 31 /vo 645.9 – (4) École Biblique et Archéologique française – (5) Science and Archaeology Group Hebrew University of Jerusalem – (6) Maria d’Agreda, La Cité mystique de Dieu – Livre 4, Chapitre 19, § 591, page 442 – (7) A.C. Emmerich/Brentano, Vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006, page 321
Simon, l’adultère de Capharnaüm
Est un compagnon de fête de Matthieu*. Il participe au festin qu’il donne pour sa régénération selon l’Évangile1. Les pharisiens de Capharnaüm sont choqués : Simon, fils d’Isaac, est un adultère notoire. Jésus leur répond : «Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs2».
Peut-être est-ce le même que retrouve Jésus plus tard avec quelques disciples. Il leur donne en exemple la foi pure et active de certains enfants de Capharnaüm : Ils sont sans malice et voient déjà Dieu.
Sous l’effet de l’Esprit, il s’exclame alors selon Matthieu 11,25 : «Je te remercie, ô Père, Seigneur du Ciel et de la Terre, d’avoir caché ces choses aux sages et aux savants et de les avoir révélées aux petits3».
(1) Cf. Matthieu 9,10 – (2) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.5/7 – (3) Tome 4, chapitre 129 /vo 266.14
Simon Boëthos, dit Canthera
Fait partie d’un groupe de pharisiens qui chasse Jésus venu à Giscala sur la tombe d’Hillel*1. À cette occasion Jésus est blessé à la main par une pierre qu’on lui jette.
Le groupe poursuit Jésus de son hostilité. Il le met en demeure de donner un signe prouvant qu’il est le Messie selon Matthieu 16,1. Il le promet et prophétise sur sa main transpercée par la pierre qui les dardera au jour du jugement2.
Avec Elchias*, le trésorier du Temple, Simon tente de confondre Jésus en lui présentant de faux malades3. Tromperie qu’ils tentent de renouveler4. À chaque fois leur supercherie est démasquée.
Lors de la troisième Pentecôte, Simon participe à un banquet offert par Elchias à Jésus selon Luc 11,37-54. C’est encore un piège. Jésus prononce son discours contre le pharisaïsme : «Malheur à vous pharisiens hypocrites !5». Les synhédristes décident alors sa perte. Simon se charge, avec l’aide d’Éléazar ben Anna*, de circonvenir Judas*. L’apôtre se fait complice de Simon et Elchias dans une nouvelle tentative : pousser Jésus à guérir Sidoine, l’aveugle-né, un jour de shabbat6.
Le Sanhédrin finit par circonvenir Judas : il se rend à la maison de campagne de Caïphe où sont réunis les comploteurs7. Simon est du nombre. Maria Valtorta note son «visage de vipère».
Le jeudi Saint, c’est à ce groupe d’ennemis irréductibles que Judas confie le lieu de l’arrestation de Jésus : «Ce soir ! Après la cène. Au Gethsémani. Venez-y et prenez-le. Donnez-moi l’argent8».
Jésus avait prédit la damnation de Simon et des principaux responsables de la conspiration9.
Recoupements historiques
Simon Canthera (ou Cantharus) fut nommé Grand-Prêtre de 41 à 43. Il était le troisième fils de Siméon ben Boëthos (voir ci-dessous)10.
Ses deux frères furent Grand-Prêtres eux aussi. Sa sœur, Mariamne, fut l’épouse répudiée d’Hérode le Grand*. Il devait avoir de 55 à 60 ans au moment de la vie publique de Jésus.
(1) Tome 5, chapitre 28 /vo 340.1/9 – (2) Ib°, chapitre 30 /vo 342.1/11 – (3) Tome 5, chapitre 68 /vo 378.2/7 – (4) Tome 7, chapitre 182 /vo 487.1/11 – (5) Tome 6, chapitre 103 /vo 414.1/11 – (6) Tome 7, chapitre 207 /vo 510.1/14 – (7) Ib°, chapitre 232 /vo 535.7 – (8) Tome 9, chapitre 17 /vo 598.1/22 – (9) Tome 5, chapitre 30 /vo 342.1/11 – (10) Flavius Josèphe, Antiquités juives, 19,6.2
Simon Boëthos, Grand Prêtre
Apparaît à plusieurs étapes de la jeunesse de Marie*. Il n’est pas nommé dans l’œuvre mais son identité se déduit du contexte historique.
En 18 avant J.C., il accueille au Temple la jeune Marie, alors âgée de trois ans1. Douze ans plus tard, il l’unit à Joseph*, descendant de David, comme elle2. Il le fait au titre de tuteur légal de Marie, alors orpheline.
Maria Valtorta s’attarde à décrire les habits du Grand Prêtre3. Sa description est conforme aux données historiques.
Simon semble d’une grande piété et d’une grande bonté. Il prend soin de Marie dont il reconnaît la nature spirituelle exceptionnelle4. C’est lui qui, recommandant à Dieu le choix de l’époux de Marie, propose aux prétendants de la race de David, l’épreuve du rameau fleuri. En étant le seul à fleurir en plein hiver, celui de Joseph le désigne comme époux5.
Recoupements historiques
Selon Anne-Catherine Emmerich6, l’épreuve du rameau fleuri lui serait venu à la lecture de ces versets d’Isaïe 11,1 : «Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines». Cette explication était déjà avancée dans le Livre de la Nativité de Marie7, un apocryphe du VIIème siècle.
Selon Flavius Josèphe, Hérode le Grand* convoitait Mariamne, la fille de Simon Boëthos : c’était la plus jolie femme de Jérusalem. Il l’épousa et il éleva son père à la dignité de Grand-Prêtre en 25 avant J.C. En 4 (ou 5) avant J.C., Hérode répudia Mariamne, soupçonnée d’avoir trempée dans un complot et démit de ses fonctions Simon Boëthos : il redevint simple prêtre8.
(1) Tome 1, chapitre 13 /vo 8.1/5 – (2) Ib°, chapitre 20 /vo 13.1/7 – (3) Ib°, chapitre 13.1/7 – (4) Ib°, chapitre 18 /vo 11.1/5 – (5) Ib°, chapitre 19 /vo 12.1/5 – (6) A.C. Emmerich/C. Brentano, Vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006, page 154 – (7) Livre de la Nativité de Marie – § 7.6 à 7.9 – (8) Flavius Josèphe, Antiquités juives, Livre 17, chapitre 45
Simon, de Capharnaüm
Fait partie du Sanhédrin*. En compagnie d’Éli*, un pharisien, il vient faire un scandale dans la maison de Matthieu* lorsque celui-ci invite ses compagnons de fête à célébrer sa conversion selon Matthieu 9, 10-111. Ce noyau de notables dénonce les premiers actes de Jésus au Sanhédrin2.
Simon invite Jésus à dîner chez lui. Au cours de ce repas Marie de Magdala* vient en pleurant au pied de Jésus selon Luc 7,36-50. «Si cet homme était prophète, pense-t-il, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse!3»
Son attitude est dictée par la prévention plus que par l’hostilité4. Ainsi, lorsque des pharisiens du Sanhédrin viennent enquêter, il les rabroue : «Répondez, cet homme a-t-il dit des choses sacrilèges ?5».
Il est présent aux funérailles de Lazare*. Il ne montre pas d’antipathie particulière6.
L’impulsif Pierre* qui dans un coup de sang veut en découdre avec tous les ennemis de Jésus, dit de lui : « »J’exclus le pharisien Simon car il me paraît passablement bon7».
*
Nous n’avons pas trouvé d’autre trace historique de ce personnage que celle figurant dans l’Évangile.
(1) Tome 2, chapitre 62 /vo 97.1/7 – (2) Ib°, chapitre 80 /vo 113.1/5 – (3) Tome 4, chapitre 97 /vo 236.1/4 – (4) Tome 3, chapitre 42 /vo 182.1 – (5) Tome 6, chapitre 152 /vo 460.5/10 – (6) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.8/11 – (7) Ib° chapitre 27 /vo 566.8
Simon Camit, le synhédriste
Est un ancien grand prêtre, prédécesseur de Caïphe*. Il est l’ami de Joseph d’Arimathie* et présent au banquet que celui-ci offre à Jésus1.
Tout au long de la Vie Publique de Jésus, il reste en recul, sans prendre parti. On ne le voit qu’aux funérailles de Lazare* où il esquive un de ses collègues qui veut le prendre à témoin2.
Recoupements historiques
Simon ben Camit fut Grand Prêtre durant un an sous le procurateur Valérius Gratus en 17/183.
Le Talmud rapporte qu’à la suite d’une conversation qu’il eut avec Aréthas, roi des Arabes, dont Hérode Antipas* venait d’épouser la fille, un postillon tomba sur ses vêtements. Simon n’hésita pas à s’en dévêtir comme impurs et impropres au service sacré4.
(1) Tome 2, chapitre 81 /vo 114.3/9 – (2) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.1 – (3) Flavius Josèphe, Antiquités juives, 18, II, 2 – (4) Talmud, traité Ioma ou du Jour des Expiations, fol. 47, verso
Simon, le cordier du port
Héberge le groupe apostolique lors de son séjour à Césarée Maritime. Il se méfie pourtant de la présence, avec les apôtres, de femmes lourdement vêtues. Il craint que ce ne soient des lépreuses, mais ce sont des nobles romaines venues à la rencontre de Jésus1.
(1) Tome 6, chapitre 117 /vo 426.1/14
Simon, cousin de Jésus
Est le second des fils de Marie de Cléophas et d’Alphée*, le frère de saint Joseph*. C’est un des «frères» de Jésus1. Il est marié à Salomé* dont il a plusieurs enfants2. Son dernier, Alphée, âgé de huit ans, est guéri par Jésus3.
Il commence par douter que son cousin Jésus soit le Messie. Sous l’influence de son père et de son frère aîné Joseph*, il se tient à distance de celui qu’il prend pour un illuminé. Son cœur n’est pas fermé cependant. Après la mort d’Alphée, il se rapproche de Jésus4. Il le défend même lorsque Jésus est attaqué à la synagogue de Nazareth selon Luc 4, 16-305. Mais son caractère influençable le rend indécis. Il est même réceptif un temps aux propos ambigus de Judas*.
Il ne se convertit vraiment qu’à partir de la guérison de son fils. La grâce chemine lentement : Simon doit surmonter sa timidité.
Jésus prophétise qu’après la Passion, il sut marcher sur la bonne voie, de plus en plus assuré, jusqu’au point de le confesser par le martyre6.
Recoupements historiques
Saint Siméon (Simon) est fêté le 18 février.
Selon Eusèbe de Césarée, citant Hégésippe, il était le frère de Jacques le mineur*. Il lui succéda comme évêque de Jérusalem en 627.
En 68, il ordonne à la communauté de se réfugier à Pella, peu de temps avant la prise de Jérusalem. Il ne revient à Jérusalem qu’après la destruction de la ville en 70. Il y convertit de nombreux juifs.
Il eut à combattre deux hérésies naissantes: celle des nazaréens qui s’inventèrent un évangile et celle des ébionites qui niaient la divinité du Christ.
Il mourut crucifié, sous le règne de Trajan, par le gouverneur Atticus en 106/107, à l’âge de 120 ans8. Il avait une quarantaine d’année durant la vie publique de Jésus. Maria Valtorta lui donne la cinquantaine9, mais elle évalue l’âge à l’aspect.
(1) Cf. Marc 6,3 et Matthieu 13,55 – (2) Tome 5, chapitre 1 /vo 313.1/10 – (3) Tome 4, chapitre 174 /vo 308.1/5 – (4) Tome 2, chapitre 71 /vo 105.1/6 – (5) Ib°, chapitre 73 /vo 106.4 – (6) Ib°, chapitre 72 /vo 105.6 – (7) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 11 – (8) Ib°, III, 32, 4.6 – (9) Tome 2, chapitre 71 /vo 105.1/6
Simon, de Cyrène
Il aide Jésus à porter sa croix.
C’est un maraîcher des environs de Jérusalem. Il a quarante-cinq ans environ.
Il convoie des légumes avec ses deux fils lorsque le centurion Longin*, inquiet de l’épuisement du condamné Jésus, le réquisitionne pour l’aider à porter la croix1 selon l’Évangile2. C’était en effet obligatoire que le condamné à mort arrive vivant au supplice avec sa croix3.
Recoupements historiques
L’Évangile dit qu’il était originaire de Cyrène, dans l’actuelle Libye. C’était un foyer juif important.
Selon l’Évangile de Marc, les deux fils de Simon étaient Alexandre et Rufus, mais Maria Valtorta ne les nomme pas.
Selon A.C. Emmerich (XIXème siècle) «Simon était un homme robuste, âgé de quarante ans». Elle lui attribue 3 enfants.
D’après la plupart des iconographies, Simon aide Jésus à porter sa croix, mais ne la porte pas seul4. Selon Maria Valtorta, au contraire, il la porte entièrement, conformément au texte de Luc 23,26 et aux témoignages des Pères de l’Église5.
Sur le Mont du scandale à Jérusalem un ossuaire a été découvert en 1941, portant la mention : Alexandre, fils de Simon de Cyrène6.
(1) Tome 9, chapitre 28 /vo 608.12/18 – (2) Cf. Mt 27,32; Marc 15,20-21; Luc 23,26 – (3) Dictionnaire de la civilisation chrétienne, Larousse, 1999, pages 380 à 383 – (4) A.C. Emmerich/Clemens Brentano, La douloureuse Passion de Jésus-Christ, chapitre 27 – (5) Vigouroux, Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques modernes, 1896, Chapitre 5, La Passion, page 181 – (6) Les Nouvelles de l’association Jean Carmignac, n° 47, septembre 2010
Simon isc Hammispa
Est un ami de Judas*1. Éli-Anna*, le père de Simon, a du travailler dur pour lui permettre d’accéder au Sanhédrin* où il siège parmi les pharisiens.
Simon est prêt à tout pour sa carrière. Lorsque son père marque sa sympathie pour Jésus, il l’abandonne et le réduit à la misère2. Éli-Anna est recueilli par Jésus et confié à un aubergiste de Técua.
Simon y voit un obstacle à ses ambitions : il fait assassiner son père par un sicaire et maquille le meurtre.
À la résurrection de Lazare* Jésus croise le parricide et l’interpelle : «C’est heureux pour toi que Lazare ne se rappelle pas ce qu’il a vu lors de son séjour parmi les morts ! Qu’as-tu fait de ton père, Caïn ?3».
Simon se trouve dans le cercle des comploteurs qui se réunissent dans la maison de Caïphe pour orchestrer la trahison de Judas4.
Il est présent au pied de la croix. C’est probablement lui qui jette une pierre sur Jésus crucifié5. Lors du tremblement de terre qui suit la mort de Jésus6, le père de Simon lui apparaît à l’ouverture des tombeaux. Il en devient fou.
Jésus ressuscité se manifeste à lui dans toute sa sévérité : il lui signifie sa condamnation. Elchias* envisage d’éliminer ce témoin fou devenu gênant et incontrôlable7.
Recoupements historiques
L’histoire cite Simon isc Hammispa comme membre du Sanhédrin, mais «ne retient rien de remarquable sur son compte8». Et pour cause!
Ish désigne son origine comme Yehuda Ish-Kariot désigne Judas de Keriot ou Judas Iscariote.
Miçpa signifie « tour de guet« . Cela explique que plusieurs localités portent ce nom en Palestine. Ham-Miçpa est citée dans Josué 15,38 parmi les villes du sud, près du pays Philistin. Mais il existe d’autre Micpa en Galaad ou en Moab.
(1) Tome 2, chapitre 38 /vo 74.1/9 – (2) Tome 7, chapitre 217 /vo 520.1/11 – (3) Tome 8, chapitre 8 /vo 548.1/22 – (4) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7 – (5) Tome 9, chapitre 29 /vo 609.2 – (6) Cf. Matthieu 27,51 – (7) Tome 10, chapitre 18 § 20 /vo 632.29 – (8) Annales catholiques, nouvelle série, Tome 19, 1877, page 94
Simon, de Kériot
Voir Marie de Kériot, mère de Judas.
Simon, notable d’Emmaüs
Est invité par Cléophas*, le chef de la synagogue, à un dîner au cours duquel il rencontre Jésus1. Il a un homonyme, l’un des pèlerins d’Emmaüs (voir ci-dessous).
(1) Tome 2, chapitre 107 /vo 140.2/7
Simon, le pèlerin d’Emmaüs
Est un notable de son village, homonyme du précédent. Avec une délégation d’habitants, il rencontre Jésus au tout début de la vie publique de Jésus lorsque celui-ci inaugure la vie communautaire avec ses disciples, à La Belle-Eau1.
Il prend la défense de Joseph*, un habitant d’Emmaüs accusé à tort d’inceste2.
Simon est le beau-père du jeune Cléophas* avec lequel il chemine au jour de Pâque. Ils retournent de Jérusalem à Emmaüs lorsqu’ils rencontrent Jésus ressuscité selon l’Évangile3. Ils reviennent annoncer cette rencontre aux apôtres4. Selon Marc, on ne les croit pas5. Selon Luc on les approuve6. Maria Valtorta ne décrit pas cette scène, mais les apôtres sont perplexes à l’écoute des témoignages divers et convergents. L’ubiquité dont fait preuve le Ressuscité les frappe. Ils sont désappointés de n’avoir pas bénéficié eux-mêmes de l’apparition lorsque Jésus se manifeste soudain à eux7.
Recoupements historiques
On s’est beaucoup interrogé sur l’identité du second pèlerin d’Emmaüs :
– Origène8 et après lui Cyrille d’Alexandrie identifient ce disciple au Siméon fils de Clophas dont Hégésippe fait le cousin de Jésus.
– Selon saint Épiphane (IVème siècle) il s’agissait de Nathanaël9.
– Selon saint Grégoire le Grand (fin du VIème siècle)10 une tradition le confond avec Luc l’évangéliste, mais il n’y croit pas.
Une interprétation du codex Bezae, manuscrit du IVème siècle laisse penser que la phrase de Luc 24,34 : «il est apparu à Simon», est prononcée par Cléophas* et non par les apôtres. Il nommerait donc son compagnon Simon et non Simon-Pierre*.
(1) Tome 2, chapitre 93 /vo 126.1/10 – (2) Ib°, chapitre 107 /vo 140.4/5 – (3) Cf. Marc 16,12-13; Luc 24,13-35 – (4) Tome 10, chapitre 11 /vo 625.1/12 – (5) Cf. Marc 16,13 – (6) Cf. Luc 24,34 – (7) Tome 10, chapitre 13 /vo 627.2 – (8) Origène, Commentaire sur le Diatessaron de Tatien – (9) Louis Moreri, Grand dictionnaire historique, 1725, page 546 – (10) Saint Grégoire le Grand, Prologue au Commentaire sur Daniel
Simon-Pierre
Voir Pierre, l’apôtre.
Simon, de Sychar
Habite le village de Fotinaï*, la samaritaine. Les apôtres maugréent contre ce pays samaritain et la décision de Jésus d’y rester deux jours selon Jean 4,40 : personne ne vient demander de miracle. Il est dangereux d’y demeurer : si le Sanhédrin* l’apprend ce sera un nouveau motif d’accusation, etc…
Simon, un samaritain, demande à parler seul à seul avec Jésus. Pierre* dit sa méfiance. L’homme porte avec lui un lourd fardeau : c’est sa femme, elle est possédée. Elle demeure inerte et il doit subvenir à tout.
Jésus interroge le samaritain de façon à ce que les apôtres entendent sa réponse : oui, il a foi en Jésus. Sa parole a suffi pour le convaincre1, il n’a pas besoin de preuve supplémentaire.
Jésus guérit la femme. Les apôtres, confus de la leçon qu’ils viennent de recevoir, mangent en silence2.
(1) Cf. Jean 4,41-42 – (2) Tome 3, chapitre 7 /vo 147.1/4
Simon, de Técua
Est un aubergiste d’un village aux portes du désert de Juda. Il ne peut pas suivre Jésus car l’auberge réclame sa présence, mais il s’arrange pour mettre en pratique les paroles du Messie1.
L’occasion lui en est donnée par l’accueil d’Éli-Anna* le vieillard chassé par son fils à cause de son amour pour Jésus. L’aubergiste lui confie le recouvrement des créances. Le vieillard est heureux. La nombreuse maisonnée le console de son fils indigne2.
Mais Éli-Anna est tué. Le meurtre a été commandité par son fils, Simon* isc Hammispa. L’assassinat est maquillé en meurtre de malandrin3.
(1) Tome 7, chapitre 217 /vo 520.1/11 – (2) Ib°, chapitre 218 /vo 521.1/6 – (3) Ib°, chapitre 232 – vo 535.11
Simon le zélote, apôtre
Est un Judéen natif probablement de Béthanie. C’est le 8ème apôtre de Jésus et l’un des plus âgés1 après Nathanaël*. Il est issu d’une maison puissante ruinée. Son père, sans descendance, a eu Simon d’une esclave cananéenne. Simon confie son amertume à Jésus : «Mon père a dilapidé le patrimoine. Il était vicieux, cruel, sans cœur, sans affection. Il m’a refusé la santé, les caresses, la paix. Il m’a marqué d’un nom qui me fait mépriser et m’a transmis une maladie déshonorante… Il s’est rendu maître de tout, même de l’avenir de son fils. Il m’a tout enlevé, même la joie d’être père2».
En effet, Simon est atteint d’un serpigo héréditaire qui le rend stérile et le fait passer pour un lépreux3. Manquant d’affection, souffrant de sa bâtardise, de son métissage et de sa déchéance sociale, Simon se révolte. Il rejoint le mouvement des zélotes.
Traqué, il devient fugitif avant que la lèpre le conduise dans les grottes entourant Jérusalem4. C’est là que Jésus le trouve et le guérit5 en son corps et en son âme dit-il6.
Selon Maria Valtorta, Simon est laid : son visage est grêlé, ses traits disgracieux, son teint olivâtre foncé. Le visage est marqué de profondes cicatrices bleuâtres laissées par son mal. Mais il a un regard si bon que sa laideur disparaît7.
Simon est distingué8. On remarque l’élégance de ses vêtements. Soin qu’il partage avec Judas*, Matthieu* et Barthélemy (Nathanaël)*9.
De sa fortune passée, Simon ne conserve qu’un serviteur fidèle, Joseph*, et une maison à Béthanie, proche de celle de Lazare* dont il est l’ami10 : leurs pères respectifs se fréquentaient11.
Redevenu sain, par la grâce de Jésus, il recouvre ses biens, mais les vend sous condition que son fidèle serviteur y demeure. Un acheteur anonyme accepte ces conditions : Lazare lui-même qui dissimule son acte de générosité12.
Simon ne garde rien pour lui : le prix de la vente doit être distribué aux malheureux. Une occasion se présente avec le rachat de Jonas*, le régisseur martyr de Doras*13.
C’est dans la maison de Simon, rachetée par Lazare, que loge la Vierge Marie lors de ses rares séjours à Béthanie. Elle préfère cette maison plus humble et moins passagère que la propriété voisine de Lazare14.
Simon souffre de rhumatismes et s’en plaint. Mais Jésus l’alerte : «Satan te conseille inutilement d’avoir soin de ta santé. Conseil rusé pour chercher à t’enlever à Moi15».
L’âge et la souffrance l’ont mûri : Simon est un sage16. Il est apprécié par Jacques* le mineur et surtout par Jude* qui retrouvent en lui leur père décédé.
Jésus lie le sort de Simon et de Jude : «Viens, Simon qui n’as pas eu de fils. Viens Jude, qui perds ton père pour mon amour. Je vous unis dans un même sort17».
Dans le groupe des apôtres, le Zélote tient le rôle de modérateur, de conciliateur, de conseiller de ses compagnons, sans compter qu’il est avec Jean*, celui qui comprend le mieux Jésus18.
La Vierge Marie commente l’évolution respective des deux apôtres : «Le Zélote n’est plus un garçon, dit-elle : Il a vécu, il a lutté et haï. Il le reconnaît sincèrement. Mais il a appris à méditer. Jean et lui se cherchent parce qu’ils se ressemblent. Ils ont atteint l’âge parfait de l’esprit et par le même moyen : l’oraison mentale. C’est par elle que le garçon est devenu viril en son esprit et c’est par elle que celui qui était déjà vieux et fatigué est revenu à une puissance virile19».
Jésus se confie souvent à lui et trouve ainsi du réconfort. D’emblée Simon comprend la destinée rédemptrice de Jésus et sa portée, notamment quand Jésus annonce sa future Passion20.
Après l’élection des apôtres, il est le premier à enseigner publiquement à l’invite de Jésus. Il prend pour thème la reconstruction spirituelle au regard de la nouvelle doctrine21.
Sa sagesse sert dans les épreuves de la Passion : c’est lui qui va chercher les apôtres dispersés après la mort de Jésus22.
Recoupements historiques
Simon le zélote est fêté le 28 octobre en même temps que saint Jude.
Ces deux apôtres sont peu connus. Dans l’œuvre de Maria Valtorta, ils sont au contraire des personnages de premier plan comme tous les apôtres. Selon la tradition, ils auraient évangélisé ensemble la Perse et y seraient morts martyrs.
Simon est surnommé «le zélote» par Luc23 et «le cananéen» par Matthieu et Marc24. Selon Maria Valtorta, la première appellation se réfère à son parcours et la seconde à son hérédité maternelle visible sur son visage. Dans l’œuvre, il est couramment appelé «le zélote».
Selon Jacques de Voragine (XIIIème siècle), le surnom de cananéen lui viendrait de la ville de Cana25. Il est identifié au frère de Jacques le mineur par interprétation de Matthieu 13,55 et de Marc 6,3.
(1) Tome 3, chapitre 72 /vo 210.4/5 – (2) Tome 2, chapitre 19 /vo 56.1/7 – (3) Ib°, chapitre 17 /vo 54.2 – (4) Tome 3, chapitre 47 /vo 186.2/8 – (5) Tome 2, chapitre 17 /vo 54.2 – (6) Tome 5, chapitre 12 /vo 324.1/11 – (7) Tome 2, chapitre 47 /vo 83.1/7 – (8) Tome 10, chapitre 24 /vo 639.1/6 – (9) Tome 2, chapitre 65 /vo 100.1/27 – (10) Ib°, chapitre 21 /vo 58.1/8 – (11) Ib°, chapitre 33 /vo 70.6 – (12) Ib°, chapitre 84 /vo 117.1/6 – (13) Ib°, chapitre 70 /vo 104.1/8 – (14) Tome 8, chapitre 42 /vo 581.5 – (15) Tome 6, chapitre 100 /vo 411.1/8 – (16) Tome 2, chapitre 49 /vo 84.1/6 – (17) Tome 2, chapitre 19 /vo 56.1/7 – (18) Tome 3, chapitre 86 /vo 224.1/6 – (19) Tome 4, chapitre 110 /vo 247.1/8 – (20) Tome 2, chapitre 78 /vo 111.1/8 – (21) Tome 3, chapitre 26 /vo 166.1/12 – (22) Tome 9, chapitre 35 /vo 615.4 – (23) Cf. Luc 6,15, Actes 1,13 – (24) Cf. Matthieu 10,4 et Marc 3,18 – (25) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Saint Simon
Sintica, l’esclave grecque
Fuit son maître Valérien*, un romain «cruel et dégoûtant» de la suite du Proconsul. Elle est recueillie près de Césarée Maritime par Jésus1. Elle le connaît : il avait parlé aux galériens2.
Sintica n’est pas une authentique beauté : son corps est plus harmonieux que son visage. «Mais c’est le regard qui attire l’attention, dit Maria Valtorta : un regard intelligent, ouvert, profond, qui semble aspirer le monde, en faire le tri, retenir ce qui est bon, utile, saint, et repousser ce qui est mauvais. S’il est vrai que le regard permet de connaître une personne, je dis que Sintica est une femme d’un jugement sûr, aux pensées fermes et honnête3».
Elle devient disciple. Sa culture et son intelligence la dotent de dispositions exceptionnelles. «Elle vaut cent disciples pour la sainteté et son aptitude à comprendre le surnaturel» dit d’elle la Vierge Marie qui l’instruit4.
Sa culture et sa hauteur de vue transparaissent lorsqu’elle décrit son itinéraire de foi devant les apôtres5 puis dans une lettre qu’elle écrit d’Antioche de Syrie où elle a dû s’exiler6. En effet, Judas* a secrètement dénoncé au Sanhédrin* les parias de la suite de Jésus : elle, une esclave en fuite, Jean d’Endor*, un galérien et Hermastée*, un philistin non circoncis7.
Le cœur déchiré8, elle doit se réfugier avec Jean d’Endor à Antioche de Syrie, dans la dernière maison que Lazare* y possède. Ils y fondent une communauté chrétienne. Jean devient précepteur et Sintica utilise ses dons en broderie et un onguent aux pouvoirs miraculeux que la Vierge Marie lui a confié9.
Après la mort de Jean d’Endor, elle trouve refuge dans la maison de Zénon* le grec. Son apostolat devient actif comme le rapporte Lazare de retour d’un voyage dans ses propriétés: «Elle tient une petite école très fréquentée par des fillettes de toutes provenances. Mais le soir, elle prend avec elle quelque pauvre fillette de sang mêlé et n’appartenant donc à aucune religion, et elle les instruit sur Toi, dit-il à Jésus.
Je lui ai dit : « Pourquoi ne te fais-tu pas prosélyte ? Cela t’aiderait beaucoup ». Elle m’a répondu : « Parce que je ne veux pas me consacrer à ceux d’Israël, mais aux autels vides qui attendent un Dieu. Je les prépare à recevoir mon Seigneur. Puis, une fois son Règne établi, j’irai dans ma Patrie, et sous le ciel de l’Hellade, je consumerai ma vie à préparer les cœurs aux maîtres. C’est mon rêve. Mais si je meurs auparavant de maladie ou par la persécution, je m’en irai également heureuse, car ce sera signe que j’ai accompli mon travail et qu’il appelle à Lui sa servante qui l’a aimé dès la première rencontre10».
Elle reçoit à Antioche la visite de Jésus ressuscité. Elle se préparait à revenir en Galilée pour avoir le cœur net des bruits contradictoires sur la Résurrection de Jésus11.
Recoupements historiques
Sainte Syntykhé est fêtée le 22 juillet.
Elle est mentionnée dans la lettre de saint Paul aux Philippiens comme une chrétienne de premier rang. Il l’incite à se mettre d’accord avec Évodie (Félicité) sur un sujet dont on ignore la teneur12. Il témoigne que toutes deux ont lutté avec lui pour l’annonce de l’Évangile.
Le rappel que Paul fait de leur concorde réciproque, dit Benoît XVI, laisse entendre que les deux femmes assuraient une fonction importante au sein de cette communauté13.
La lettre aux Philippiens, où Synthykhé est mentionnée, est l’une des plus affectueuses et des plus tendres de saint Paul. Elle a été écrite soit à Éphèse en 56, soit à Rome en 6314.
On suppose que Paul a fait sa connaissance lors de son séjour à Antioche de Syrie, en 43/44. La troisième métropole de l’empire connaissait déjà une communauté chrétienne florissante15. Elle prit un essor considérable avec Paul et Barnabé*. Synthykhé aurait donc suivi Paul lors des voyages missionnaires de l’apôtre en Grèce d’où elle était originaire. Ce retour dans sa patrie est mentionné par Maria Valtorta16.
De même le descriptif de son rôle est conforme aux dires des hagiographes : selon eux sainte Synthykhé donna l’hospitalité aux premiers disciples. En favorisant leurs prédications, elle disposa un grand nombre de personnes de recevoir le baptême de la main de saint Paul.
Elle mourut à Philippes en 78, dans une vieillesse avancée. Son corps reposerait à Philippes, en Macédoine17.
(1) Tome 4, chapitre 117 /vo 254.4/9 – (2) Tome 3, chapitre 14 /vo 114.1/3 – (3) Tome 4, chapitre 146 /vo 282.3/7 – (4) Ib°, chapitre 169 /vo 303.5 – (5) Ib°, chapitre 147 /vo 283.1/6 – (6) Tome 6, chapitre 153 /vo 461.4 – (7) Tome 4, chapitre 146 /vo 282.3/7 – (8) Ib°, chapitre 178 /vo 312.1/14 – (9) Tome 5, chapitre 56 /vo 366.5/11 et Ib°, chapitre 8 /vo 320.1/7 – (10) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.22 – (11) Tome 10, chapitre 18, § 14 /vo 632.29/30 – (12) Cf. Philippiens 4,2-4 – (13) Benoît XVI, Audience du 14 février 2007 – (14) Bible Osty, notes introductives – (15) Cf. Actes 11,20-26 – (16) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.22 – (17) Rapporté par l’Abbé Stéphane Maistre dans Grande Christologie, 1874 vol 2 p 350-351
Sira, d’Alexandroscène
Voir Marie, et les femmes d’Alexandroscène.
Sira, la jeune veuve
Assiste à la prédication de Jésus de passage à Alexandroscène en Phénicie1. Très jeune, elle devient veuve de Zéno. Elle part alors à Jérusalem auprès de son frère. Elle veut entendre de nouveau Jésus qui certainement lui aurait appris à accepter sa douleur.
Elle le retrouve à la synagogue des affranchis romains. Valeria* l’y a invité. Une assemblée cosmopolite accueille Jésus. Il guérit les malades.
«Sira est une de tes fidèles, dit sa mère. C’est elle qui nous a dit que tu peux tout1».
Sira est la sœur de Sitaré (voir ci-dessous) et de Tamira.
(1) Tome 5, chapitre 17 /vo 329.7 – (2) Tome 7, chapitre 231 /vo 534.1/9
Sira (Syra), de Magdala
Voir Nara, de Magdala, et ses sœurs.
Sitaré et les affranchis romains
Jésus guérit les nombreux malades de la synagogue des affranchis romains (voir ci-dessus Sira, la jeune veuve).
Une jeune voix s’exclame : «Sitaré te baise les mains, Seigneur !». À l’écoute du nom, Jésus demande en souriant : «Tu es syrienne ?». Il saisit l’occasion pour prêcher l’universalité du Salut.
Mis en confiance chacun se nomme pour que Jésus se souvienne d’eux : André, Argénide, Bérénice, Élissa, Gail, Gaïa, Hermogène, Olinto, Philippe, Selima, Théophane, Zabdi (Zébédée), Zilla1.
*
Cette synagogue des affranchis romains est située près du Palais d’Hérode. Il y avait plusieurs synagogues d’affranchis à Jérusalem.
Celle des affranchis romains semble différente de celle cité en Actes 6,9-10. Elle est dite «des esclaves affranchis, des Cyrénéens et des Alexandrins». De cette synagogue part l’hostilité qui aboutit à la lapidation d’Étienne.
(1) Tome 7, chapitre 231 /vo 534.1/9
Solon, Priscille et leur famille, d’Antigonéa
Sont des serviteurs de Lazare* dans ses propriétés près d’Antioche de Syrie. Solon est un prosélyte originaire de Thessalonique. Il a été arraché à l’esclavage par Euchérie*, la mère de Lazare. Ce n’est pas le seul : Lucius* et Marcel l’ont été de même. Priscille est l’affranchie d’une romaine.
Ils sont présentés à la délégation d’apôtres, avec leur progéniture : Marius, Cornélie, Marie et Martille, les jumelles.
La délégation d’apôtres vient accompagner deux disciples pourchassés : Sintica*, esclave en fuite et Jean d’Endor*, Galérien évadé1.
(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.8/10
Suzanne, de Cana
La jeune épouse de Jean 2,1-11.
Son mari reste anonyme mais on le suppose frère de Salomé*, l’épouse de Simon d’Alphée*, l’un des quatre cousins de Jésus. Ce serait donc aux noces de son cousin par alliance que se rend Jésus en compagnie des premiers disciples, de sa mère et de Marie de Cléophas*, sa tante.
Suzanne assiste donc au miracle de l’eau changée en vin1.
Peu de temps après, elle tombe gravement malade. Sa maladie la conduit à une mort lente dans de grandes souffrances. À la demande de son mari Jésus la guérit. Il lui demande, en contrepartie, son accord pour que Suzanne devienne, selon son souhait, une femme disciple*2. Le mari y consent. Suzanne accompagne Jésus dans quelques occasions selon Luc 8,1-3.
Suzanne a les attributs de la jeunesse : elle est directe et joyeuse. Son caractère est affirmé et droit. Sa foi ignore le doute : «Tu le dis. Toi, tu sais. Moi, je crois» dit-elle à Jésus3.
À la demande de la Vierge Marie, elle accueille Aglaé*, une courtisane repentie.
Elle est une des saintes femmes présentes au pied de la Croix. Avec Marthe*, elle porte secours à la Vierge Marie défaillante4.
Au matin de Pâques, les saintes femmes se répartissent en petits groupes. Suzanne et Marie Salomé* doivent prévenir Jeanne de Chouza*. Le tremblement de terre les surprend et les effraient. Quant elles arrivent au Tombeau, il n’y a qu’un ange. Il les rassure et les envoie porter aux apôtres le rendez-vous en Galilée selon Matthieu 28,5-7. Effrayées, elles n’osent rien dire aux apôtres selon Marc 16,8.
Puis toutes les saintes femmes convergent, chacune témoignant de faits semblant contradictoires et décousus. Les apôtres concluent au radotage selon Luc 24,10-115.
Recoupements historiques
L’Église orthodoxe fête une sainte Susanne le 15 décembre, mais l’Église catholique ne semble pas fêter cette sainte femme.
Luc 8, 3 la cite parmi les trois femmes délivrées d’esprits mauvais ou guéries de leurs maladies.
Selon le docteur Johannes Sepp, Suzanne était probablement la jeune mariée de Cana6.
Pour A.C. Emmerich, Suzanne était une des jeunes filles élevées au Temple douze ans avant Marie. Ce ne pouvait donc être la jeune mariée de Cana : elle aurait eu 60 ans. Selon Maria Valtorta, cette compagne plus âgée est Élise de Bethsour* et non Suzanne.
Une tradition situe le tombeau de Suzanne à Saint-Maximin dans le Var (France), aux côtés de celui de Marie Madeleine*, Sidoine*, Marcelle* et Maximin*. Elle aurait donc émigrée avec les femmes-disciples de Béthanie.
(1) Tome 2, chapitre 14 /vo 52.1/9 – (2) Tome 3, chapitre 11 /vo 151.1 – (3) Tome 4, chapitre 106 /vo 243.3/10 – (4) Tome 9, chapitre 29 /vo 606.1/35 – (5) Tome 10, chapitre 5 /vo 619.1/13 – (6) Johannes Sepp, La Vie de N-S Jésus, 1845
Suzanne, d’Ippo
S’indigne de l’abandon du jeune Alphée par sa mère, Méroba : «Un enfant que sa mère n’aime plus !?! Qui est cette hyène ?» s’exclame-t-elle1.
(1) Tome 6, chapitre 142 /vo 450.1/10
Suzanne, du Temple
Voir Sara et Suzanne, du Temple.
Sylvain et Myriam, d’Antigonéa
Silas cité par Paul.
Sont des serviteurs de Lazare* à Antigonéa, près d’Antioche de Syrie. Ils sont de la tribu de Nephtali. Deux proscrits de la suite de Jésus : Jean d’Endor*, galérien et Sintica*, esclave en fuite, y trouvent refuge1.
Recoupements historiques
Selon Benoît XVI2 Silas et Silvain, dont parle le Nouveau Testament, sont un seul et même personnage : Silas, nommé dans les Actes des Apôtres, est la forme grecque de Silvain utilisé par Paul dans ses épîtres. «Il s’agissait d’un juif de Jérusalem, dit Benoît XVI, l’un des premiers à devenir chrétien. Dans cette Église, il jouissait d’une grande estime3 : il était considéré comme un prophète4. Il fut chargé de rapporter aux frères d’Antioche, de Syrie et de Cilicie5 les décisions prises au Concile de Jérusalem et de les expliquer. De toute évidence, on le considérait capable d’opérer la médiation entre les chrétiens d’origine juive et ceux d’origine païenne».
Lorsque Paul se sépara de Barnabé*, il prit précisément Silvain (Silas) comme compagnon de voyage6. Après la Macédoine Silvain le rejoignit à Corinthe, où il contribua à la prédication de l’Évangile7.
Silvain apparaît comme co-expéditeur avec Paul et Timothée des deux lettres aux Thessaloniciens. Il est aussi mentionné comme secrétaire dans la Première Épître de Pierre8.
Le rapprochement que l’on peut faire entre le compagnon de Paul et le personnage cité par Maria Valtorta tient moins aux renseignements qu’elle donne, qu’au contexte de l’œuvre : Antioche de Syrie fut un point de départ des voyages missionnaires de Paul. Il séjourna dans cette ville, comme Pierre d’ailleurs (voir, à ce propos, la biographie de Sintica* ci-dessus).
(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.8/10 – (2) Benoît XVI, Audience générale du 31 janvier 2007 – (3) Cf. Actes 15,22 – (4) Cf. Actes 15,32 – (5) Cf. Actes 15,23 – (6) Cf. Actes 15,40 – (7) Cf. 2 Corinthiens 1,19 – (8) Cf. 1 Pierre 5,12
Syro-phénicienne
Voir la cananéenne.