Tamar, d’Éphraïm
Est une toute petite fillette du village où Jésus s’est réfugié après la condamnation du Sanhédrin1. Elle cueille toute une matinée des fleurs qu’elle veut absolument offrir à Jésus.
Il en est touché et réconforté2.
(1) Cf. Jean 11, 53-54 – (2) Tome 8, chapitre 25 /vo 564.2
Tamar de Pétra
Voir Fara et Tamar de Pétra.
Tamira, d’Alexandroscène
Voir Sitaré et les affranchis romains.
Técla et Marcel, d’Antigonéa
Sainte Thècle.
Sont des prosélytes. Marcel est un romain arraché à l’esclavage par Euchérie*, la mère de Lazare*. Técla est une fille de prosélyte. Elle est stérile1.
Recoupements historiques
L’histoire de Thécla est une des plus anciennes traditions chrétiennes, essentiellement en Syrie où son culte est encore très populaire2. Elle a donné lieu aux Actes de Paul et de Thècle, un apocryphe du IIème siècle. Ils la présente comme une vierge d’Iconium (Turquie actuelle) séduite par le prêche de l’apôtre dans cette ville.
Mais selon saint Jérôme, elle aurait été présente à Antioche auprès de Paul3. Saint Epiphane, saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise et saint Jean Chrysostome parlent d’elle en termes enthousiastes.
Elle n’est plus mentionnée dans le Sanctoral depuis 1969, mais elle est célébrée le 24 septembre en Orient.
(1) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.8 – (2) Burris & Van Rompay, Thecla in Syriac Christianity, 2002 – (3) Saint Jérôme de Stridon, Lettre Ad Oceanum de Vita clericorum
Théochérie
Voir Ptolmaï.
Théodas
Est un des faux messies qui fomentèrent des révoltes réprimées dans le sang par les romains. L’œuvre de Maria Valtorta y fait plusieurs fois allusion : ces expériences sanglantes ont marqué les esprits1.
Recoupements historiques
Ces faux messies sont cités par Gamaliel* dans les Actes des apôtres2 comme par Flavius Josèphe3.
(1) Tome 6, chapitre 134 /vo 442.2 – (2) Cf. Actes 5,36 – (3) Flavius Josèphe, Antiquités juives 20, 5, 1
Théodate
Voir Aristobule et les moqueurs.
Théodore, d’Antigonéa
Voir Amicléa, d’Antigonéa
Théophane
Voir Sitaré et les affranchis romains.
Théophile et Euchérie
Sont les parents de la famille de Béthanie : Lazare*, Marthe* et Marie Madeleine*.
De lignée royale, Euchérie est de la tribu de Juda1. Elle laisse le souvenir d’une femme belle et admirable2. «Un ange», selon Simon le Zélote*, qui l’a connue3. Elle meurt sept ans avant la première année de vie publique (21 ap. J.C.), affligée par la vie dissolue de sa fille Marie4.
Elle avait épousé Théophile, un prosélyte syrien, gouverneur d’Antioche de Syrie et premier de ses magistrats5. Nicodème*, le synhédriste lui-même très riche, dit de lui : «À sa fortune et à celle d’Euchérie il avait ajouté la récompense des Romains à leur serviteur fidèle. Il a laissé à ses enfants un important héritage. Mais ce qui a plus d’importance, une puissante amitié avec Rome».
Mais Nicodème critique : «Si le syrien Théophile avait été un prosélyte plus convaincu, il n’aurait pas donné à ses enfants cette éducation hellénisante qui tue tant de vertus et sème tant de voluptés. Sans conséquences fâcheuses pour Lazare et Marthe, mais qui a contaminé Marie et a fait d’elle la fange de sa famille et de la Palestine !6».
Théophile meurt trois ans avant la première année de vie publique. Lui et sa femme laissent un souvenir de bonté, de droiture et de générosité7.
Recoupements historiques
Raban Maur, abbé de Fulda écrivit au IXème siècle une Vie de sainte Marie Madeleine et de sainte Marthe sa sœur. Il raconte que la mère de Marie Madeleine «s’appelait Eucharie» et qu’elle «tirait sa noble origine du sang royal de la nation d’Israël». Le père de Marthe se nommait «Théophile. D’origine princière, il occupait une importante situation en Syrie». Information proche de ce qu’en dit Maria Valtorta. Mais pour Raban Maur, les trois enfants ne sont pas tous du même lit8.
Au XIIIème siècle, Jacques de Voragine reprend en partie cette information mais en nommant le père Syrus et non Théophile, ce qui évoque sans doute son origine syrienne9.
Au XVème siècle saint Antonin, archevêque de Florence, confirme, dans ses chroniques historiques, la tradition de Raban Maur.
Au XIXème siècle, Mgr Gaume affirme : «Lazare était juif de naissance et d’une famille noble. Son père, appelé Théophile, était syrien d’origine, et sa mère, de race princière, se nommait Eucharie…10».
Selon Anne-Catherine Emmerich, ce n’est pas le père de Lazare qui était syrien, mais son grand-père. Sa fortune venait de la guerre. «Il s’était fait juif, et avait épousé une jeune fille d’une famille pharisienne très distinguée11».
(1) Tome 2, chapitre 83 /vo 116.5 – (2) Tome 5, chapitre 11 /vo 323.1/7 et Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (3) Tome 7, chapitre 224 /vo 527.1 – (4) Tome 2, chapitre 79 /vo 112.6 – Tome 8, chapitre 3 /vo 543.3 – (5) Tome 8, chapitre 23 /vo 562.2 – (6) Tome 2, chapitre 83 /vo 116.5 – (7) Tome 5, chapitre 10 /vo 322.7 – (8) Vit. B. Mariae Magd. C. XXVIII – (9) La Légende Dorée – Sainte Marie Magdeleine – (10) Biographies évangéliques, Tome 1 page 401 Lazare – (11) Visions Duley/d’Éberling, d’après les notes de Clemens Brentano – Tome I, chapitre 13
Timothée, de Sychar
Voir Abel et les croyants de Sychar.
Thomas, berger du Liban
Voir Jacob, et les bergers du Liban.
Thomas Didyme, apôtre
Est natif de Rama de Benjamin, près de Jérusalem. C’est donc l’un des trois apôtres judéens avec Judas* et Simon le zélote*. Il est issu d’une famille aisée1 : son père est un orfèvre réputé. Joseph d’Arimathie* le connaît bien. Thomas est lui-même orfèvre et pratique occasionnellement ce métier.
C’est un caractère gai, débonnaire et pacifique, d’apparence grassouillette2. Il a 38 ans environ. De voix, il est baryton3. Son visage respire la vivacité.
En 28, il assiste, comme Judas*, à l’expulsion des marchands du Temple4 ce qui le décide à suivre Jésus5. Il en devient le 7ème apôtre.
À peine accueilli, il est envoyé en mission auprès de Simon le zélote* et des autres lépreux de Jérusalem pour leur annoncer l’espérance.
«Quand ta Bonne Nouvelle pourra être annoncée par le monde, dit-il à Jésus, je crois que les premiers à l’accueillir et les plus nombreux seront les esclaves, ceux qui n’ont aucun réconfort humain et se réfugieront dans tes promesses pour le trouver… s’il me revient justement l’honneur de t’annoncer, j’aurais un amour spécial pour ces malheureux…
– Comment les approcheras-tu ? demande Jésus.
– C’est par le travail que je ferai de la propagande parmi les infidèles. Je serai orfèvre pour les dames et maître pour leurs esclaves6».
Lors d’un séjour à Nazareth, il met en application son talent : il fabrique une broche représentant des lys des vallées (muguet). Il l’offre à la Vierge Marie*. Il sait qu’elle ne la portera pas, mais il avait entendu Jésus comparer l’humilité de la fleur à l’humilité de sa mère7.
«Bon Thomas qui aime son Maître, dit Marie, au point de retenir non seulement sa Doctrine, mais même ses plus humbles paroles sur les choses les plus humbles et les personnes les plus insignifiantes». Elle fait ainsi référence à son amour pour les délaissés8.
Thomas est volontiers le cuisinier du groupe des apôtres. Il est lui-même doté d’un fier appétit.
Jésus se rend dans sa famille à Rama9. Il y rencontre ses parents* ses frères et ses sœurs, dont sa sœur jumelle. Son surnom de Didyme10, veut en effet dire jumeau en grec. Lors de ce séjour, Jésus prononce le discours sur le nombre des élus et la porte étroite qu’il faut franchir selon Matthieu 7,13-14 et Luc 13,23-35.
Thomas est éloquent et volubile11. «Thomas sait parler. On dirait qu’il fait de la réclame au marché pour vendre sa marchandise, mais il arrive à convaincre» dit de lui Simon-Pierre*12. Sa rhétorique est bien utile au groupe des apôtres, notamment lorsqu’il s’agit de négocier chez les philistins peu favorables aux juifs13.
Voulant honorer la Vierge Marie venue rejoindre son fils dans son exil à Ephraïm en Samarie, il déploie son talent pour la décoration : «C’est vraiment un artiste, dit Simon le zélote* aux autres apôtres. D’un rien il a orné la pièce comme pour un repas de noces. Allez voir14».
Sa sensibilité n’empêche pas son courage : Lorsque Jésus décide d’aller à Béthanie ressusciter Lazare*, sachant l’hostilité qui les attendait, il lance aux autres disciples : «Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui!15».
Selon Maria Valtorta, il va chercher l’ânon avec André* pour l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, le dimanche des Rameaux16. Il s’enfuit après l’arrestation de Jésus17. Il est retrouvé une semaine plus tard dans la grotte de la Nativité où il s’était réfugié. Secoué par les évènements, il ne veut pas croire à la Résurrection18.
Jésus lui apparaît les jours suivants19. Il lui reproche son incrédulité et l’invite à toucher ses plaies. Thomas ne voulait pas croire sans toucher les plaies de Jésus avait-il dit. Il lance alors sa célèbre exclamation : «Mon Seigneur et Mon Dieu!20».
La veille de son Assomption, en récapitulant les apôtres, Marie confie à Jean*, seul témoin présent : «Thomas est un pacifique21.
Recoupements historiques
L’Église chaldéenne d’Irak revendique sa fondation par saint Thomas.
Selon Eusèbe de Césarée, il évangélisa les parthes dont l’empire s’étendait de l’Iran à l’Inde actuels22. Ce que reprennent les Actes de Thomas, un apocryphe du IIIe siècle. Il aurait converti le roi Goudnaphar, (ou Gondopharès) qui régnait sur l’Afghanistan et une partie du Pakistan. Thomas aurait prêché l’Évangile en Inde, où il aurait fondé une église dans le Kerala, qu’on appelle l’Église de Saint-Thomas. Il aurait poursuivi jusqu’en Chine.
Il aurait été martyrisé à Calamine près de Madras. Les chrétiens de cette région vénèrent sa tombe depuis des temps immémoriaux. St Grégoire de Tours rapporte, à l’appui, le témoignage d’un prêtre qui y passa au VIème siècle23.
Ses reliques auraient été transférées à Édesse en Mésopotamie puis en Italie, à Ortona dans les Abruzzes, dont il est le saint patron.
En 1972, Paul VI l’a proclamé apôtre et saint patron de l’Inde. Il est fêté le 3 juillet.
(1) Tome 7, chapitre 185 /vo 490.7 – (2) Tome 8, chapitre 5 /vo 545.1/7 – (3) Tome 3, chapitre 56 /vo 195.1/4 – (4) Cf. Jean 2,13-21 – (5) Tome 2, chapitre 17 /vo 54.4/8 – (6) Tome 6, chapitre 126 /vo 434.1/7 et ib°, chapitre 132 /vo 440.1/8 – (7) Ib°, chapitre 101 /vo 412.1/5 – (8) Ib°, chapitre 133 /vo 441.1/12 – (9) Tome 5, chapitre 53 /vo 363.1/10 – (10) Cf. Jean 11,16 – (11) Tome 8, chapitre 5 /vo 545.1/7 – (12) Tome 2, chapitre 99 /vo 132.7 – (13) Tome 3, chapitre 80 /vo 128.2/10 – (14) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.1/23 – (15) Cf. Jean 11,16 – (16) Tome 9, chapitre 9 /vo 590.1/22 – (17) Ib°, chapitre 21 /vo 602.1/22 – (18) Tome 10, chapitre 14 /vo 628.1/6 – (19) Ib°, chapitre 15 /vo 629.1/16 – (20) Cf. Jean 20,26-29 – (21) Ib°, chapitre 35 /vo 649.1 – (22) Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, §1.1 – (23) Saint Grégoire de Tours, À la gloire des Martyrs
Thomas et sa femme, de Capharnaüm
Sont un couple sans enfant. Ils hébergent Jésus quand celui-ci séjourne dans leur ville1. Thomas est sans doute un parent éloigné de Jésus, car il s’adresse à lui familièrement et non avec la déférence habituelle des disciples2. Ils accueillent aussi à l’occasion la Vierge Marie* dans leur maison.
Sa femme est un peu mesquine, même avec les orphelins. Jésus lui en fait le reproche : «Tu n’es pas disposée à faire du bien à tes semblables. Hier tu critiquais la dureté de cœur des pharisiens d’ici et les habitants comme revêches à ma parole. Mais toi, que fais-tu de différent, toi qui pourtant me connais depuis plus de deux ans ?3».
(1) Tome 2, chapitre 10 /vo 49.7 – (2) Tome 4, chapitre 92 /vo 231.1/7 – (3) Tome 6, chapitre 141 /vo 449.1/9
Tibère, l’empereur
Est désigné sous le titre de César dans l’œuvre. Il n’est nommé Tibère que dans quelques scènes dont celle du tribut à l’empereur1. Scribes et hérodiens viennent tenter Jésus : est-il permis de payer l’impôt à César ?
Jésus leur demande : «De qui est cette image et que dit cette inscription ?
– C’est la figure de César et l’inscription porte son nom. Le nom de Caius Tibère César qui est maintenant empereur de Rome, répond un interlocuteur.
– Alors rendez à César ce qui appartient à César et donnez à Dieu ce qui est à Dieu» conclut Jésus selon l’Évangile2.
Un détail surprend. Tibère s’appelait Claudius et non Caius, comme le dit, à tort, l’interlocuteur. Ce dernier nom était celui de César et d’Auguste, ses prédécesseurs. L’interlocuteur, désarçonné, a probablement mal interprété le C. TIBERIUS figurant sur les monnaies.
Recoupements historiques
Tibère a régné du vivant de Jésus. Il n’est cité qu’une fois dans l’Évangile3: il sert à dater le début du ministère du Baptiste* à la quinzième année de son règne. On s’est interrogé sur le début de ce règne : s’agit-il de l’investiture officielle ou de la prise effective de pouvoir ?4 Ainsi Flavius Josèphe, à propos du règne d’Hérode, se réfère parfois à la prise de pouvoir, et parfois à l’investiture officielle trois ans plus tard
La chronologie qui ressort du texte de Maria Valtorta décompte le règne de Tibère à partir de sa prise effective de fonction. La quinzième année correspond donc à la fin de l’année 26. C’est en juillet de cette année que Ponce Pilate*, selon l’usage, commence à frapper la monnaie à l’effigie de l’empereur, ce que confirme la numismatique.
La fin de vie de Tibère fut celle d’un vieillard débauché de la pire espèce. Les romains transformèrent son nom de «Tiberius Claudius Nero» en «Biberius Caldius Mero», ce qui veut dire buveur de vin pur.
À sa mort, en 37, on scanda «Tiberius ad Tiberium !» (Jetez Tibère dans le Tibre). Certains passages de l’œuvre de Maria Valtorta font écho à son impopularité.
(1) Tome 9, chapitre 13 /vo 594.4 – (2) Cf. Matthieu 22,15-22 – Marc 12,13-28 – Luc 20,20-38 – (3) Cf. Luc 3,1 – (4) Saucy (de), Dictionnaires des Antiquités bibliques, page 583
Timon d’Aëra, le diacre
Est le jeune chef de la synagogue de la Belle Eau près du Jourdain. En novembre 27, Jésus y commence la vie commune avec ses apôtres selon Jean 3,22.
Timon fait l’objet d’une forte pression de la part de pharisiens et de scribes : il doit maudire et faire lapider Aglaé*. Cette pécheresse repentante suit Jésus. Timon refuse. Il est démis de sa fonction, chassé et frappé d’anathème par le Sanhédrin*.
Il est recueilli par Jésus. Le régisseur de la Belle-Eau témoigne qu’à la synagogue Timon «servait Dieu avec un véritable amour et cherchait à Le faire connaître». Jésus reconnaît en lui «tout ce qui est nécessaire pour être un ouvrier du Maître Éternel» et l’appelle à sa suite1.
Il est confié à Isaac* le berger et fait équipe avec Joseph d’Emmaüs*, accusé injustement d’adultère2. Il fait partie des soixante-douze disciples* envoyés en mission selon Luc 10,13.
Lors du «second» voyage apostolique qui conduit, par la Galaad, disciples, apôtres*, femmes disciples* au nord de la Palestine, il accueille Jésus dans sa ville d’Aëra4.
Timon est approché par Chouza*, humilié par Hérode Antipas*. Il se fourvoie un moment dans son complot pour couronner Jésus. «Je ne te fais pas de reproches, juste Timon, lui dit Jésus, mais je te dis qu’au fond de ton amour qui veut m’honorer, il y a encore ton être qui rêve d’un temps, où tu pourrais voir frappés ceux qui te frappèrent5».
Timon se reprend et demeure fidèle.
Recoupements historiques
Saint Timon est fêté le 19 avril par l’Église catholique, le 5 Novembre par les coptes et les 28 juillet et 30 décembre par les orthodoxes.
C’est un des sept diacres de l’Église naissante6. Maria Valtorta ne dit pas expressément, mais le contexte le suppose.
Le diacre Timon évangélisa Corinthe, l’île de Chypre, où il prépara la voie à saint Barnabé, la Phénicie et l’Arabie. Il fut successivement évêque de Tyr et de Bosra en Syrie : c’est une ville proche d’Aëra.
Timon est mort à Philippes en 98, durant les persécutions de Trajan.
(1) Tome 2, chapitre 105 /vo 138.1/4 – (2) Tome 3, chapitre 11 /vo 151.1 – (3) Tome 4, chapitre 142 /vo 278.1/6 – (4) Ib°, chapitre 161 /vo 297.1/5 – (5) Tome 7, chapitre 156 /vo 464.2/21 – (6) Cf. Actes 6,5
Timon, de Jéricho
Les habitants de Pella ont laissé le jeune Jaia* dans la misère. À Jabès-Galaad, les habitants n’ont pas voulu accueillir Jésus, seul Matthias* un paria, l’a reçu. Mais les miracles du Messie provoquent un renversement d’attitudes chez les habitants. Ils supplient Jésus de revenir sur ses pas. Jésus refuse.
Ils veulent au moins lui offrir un char qui le protègera des intempéries. Il le laissera à Jéricho chez Timon l’aubergiste1.
Jésus décline aussi cette offre : s’ils veulent l’écouter, qu’ils aillent à Jérusalem.
(1) Tome 5, chapitre 49 /vo 359.8
Timothée, de Sychar
Voir Abel et les croyants de Sychar.
Tito, le maréchal-ferrant et sa famille
Est un vétéran romain établi sur la route de Ptolémaïs, aux frontières de la Phénicie. Il est robuste avec un cou de taureau, le visage rasé et les yeux très noirs.
Matthieu* observe : «Ce sont presque tous des romains ces maréchaux le long des routes. Des soldats restés ici après leur service. Et ils gagnent bien. Rien ne leur interdit de s’occuper des animaux même pendant le sabbat, ou les fêtes religieuses».
Jean renchérit : «Celui qui a ferré Antoine, notre âne, était marié à une femme hébraïque». C’est le cas de Tito. Il est marié à Esther, et père de dix enfants : Jacob, Judas, Lévi, Marie, Jean, Anne, Élise, Marc, Isaac et Judith.
Les apôtres débattent sur ces métissages qui galvaudent la foi et mettent en péril la nation. Jésus prend le contre-pied et prêche publiquement sur la parenté entre tous les hommes1.
Quelques jours plus tard, Jésus repasse devant la maréchalerie. Il demande à y faire halte. Tito en est heureux : il avait répété à sa femme les paroles de Jésus.
Esther se confie : elle est une fidèle israélite. Elle vante son mari : «Titus est bon. Pendant nos fêtes, il ferme la maréchalerie en perdant ainsi beaucoup d’argent et il m’accompagne avec les enfants au Temple, car il dit que l’on ne peut rester sans religion. Je voudrais qu’il soit avec moi dans l’autre vie pour que nous soyons uni par la foi comme nous le sommes par l’amour». Jésus confirme qu’elle sera exaucée.
Au moment du départ, Tito se met au garde-à-vous devant Jésus et le salue à la romaine comme il l’aurait fait devant l’empereur2.
*
Dès le règne d’Auguste, des relais et des hôtelleries, furent implantés sur toutes les grandes routes de l’Empire. Tous les 12 km pour les mutationes ou relais routiers et tous les 45 km pour les mansiones ou auberges.
La gestion en était le plus souvent confiée aux vétérans de l’armée romaine, auxquels l’Etat fournissait également un lopin de terre pour s’installer.
(1) Tome 5, chapitre 15 /vo 327.1/5 – (2) Ib°, chapitre 19 /vo 331.12/14
Titus, de Gamala
Voir Publius Corfinius et Titus, les gardes-chiourme.
Titus, de Tibériade
Voir Lucius et les désœuvrés.
Tobie, de Béthanie
Est un serviteur qui s’apprête à servir du vin à Elchias*, l’ultra-pharisien venu rendre visite à Lazare* mourant. Marthe* l’arrête : Elchias ne boit pas de vin. Il faut lui servir de l’eau miellée et du jus de dattes1.
(1) Tome 8, chapitre 2 /vo 542.1
Tobie, de Capharnaüm
Voir Jeanne et Tobie, de Capharnaüm.
Tobie, de Césarée Maritime
Voir Lucius Caïus.
Tobie, de Jafia
Voir Éléazar et les bûcherons de Jafia.
Tobie, du Jourdain
Voir Daniel et Tobie, du Jourdain.
Tobie, de Nazareth
Voir Jeanne de Nazareth et ses petits-enfants.
Tobit, de Capharnaüm
Voir David et les enfants de Capharnaüm.
Tobit, de Tibériade
Voir Michée et les serviteurs de Chouza.
Tolmé, d’Ascalon
Voir Dina, d’Ascalon.
Tolmé, le synhédriste
Se fait publiquement reprocher par Jésus sa pratique de la magie1. Lors d’une des nombreuses altercations dans le Temple, un groupe de synhédriste proteste de sa connaissance et de son observance de la loi. Pour chacun d’entre eux Jésus rétorque par une citation de la Torah correspondant à leur péché. Tolmé reçoit le rappel du Lévitique 20,6 : «Si quelqu’un s’adresse à ceux qui évoquent les esprits et aux devins, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme et je le retrancherai du milieu de son peuple».
Tolmé se retrouve avec le groupe de synhédristes qui complotent activement la perte de Jésus2.
*
Nous n’avons pas trouvé, à ce jour, de traces historiques de ce personnage.
(1) Tome 5, chapitre 63 /vo 373.5 – (2) Tome 7, chapitre 232 /vo 535.7
Tryphon, le synhédriste
N’est mentionné que deux fois dans l’œuvre de Maria Valtorta. On le voit d’abord en compagnie de Doro*, rendre visite à Lazare*. La conversion de sa sœur, Marie de Magdala*, lève l’opprobre qui le frappait. Tryphon et Doro ne sont pas seuls : une délégation de synhédristes, sympathisants, curieux ou hostiles les accompagne.
Certains, à cette occasion, tendent un piège à Jésus : ils lui présentent un vrai et un faux malade. Démasqué, ce dernier s’enfuit terrifié par la menace : «Menteurs ! Celui-ci n’est pas malade ! Découvrez-le ! Ou il sera réellement mort dans un instant pour l’escroquerie essayée contre Dieu1».
Tryphon assiste aux funérailles de Lazare en compagnie de deux synhédristes sympathisants de Jésus : Éléazar*, et Joazar*. Les badauds, venus nombreux, les classent parmi «les bons2».
Recoupements historiques
Tryphon ben Theudion était issu d’une riche famille de prêtres. C’était un élève de Giocana ben Zacchaï* (Yohanan ben Zakkaï). Il dirigeait un centre d’étude dans la ville de Lod3.
Il fut envoyé comme député auprès de l’empereur Claude par les Juifs de Jérusalem, en 44/45, en compagnie de Dorothée, Cornélius et Jean fils de Jean4. L’empereur Claude en fait mention dans la lettre qu’il expédia au gouverneur de Syrie, et que Josèphe rapporte5.
Hirsch Graetz6 dit de lui qu’il fut «un des docteurs les plus remarquables de sa génération». Il survécut à la chute du temple en 70. Selon lui, «c’était un homme riche et généreux, d’un caractère brusque et violent, ennemi acharné des judéo-chrétiens». Cette appréciation tranche avec le portrait qu’on devine de lui dans Maria Valtorta.
Certains ont considéré que Le Dialogue avec Tryphon de saint Justin de Naplouse (début du IIème siècle) le concernait. Mais cette hypothèse est aujourd’hui contestée7.
(1) Tome 5, chapitre 68 /vo 378.3 – (2) Tome 8, chapitre 6 /vo 546.6/11 – (3) Jewish Encyclopedia de 1901–1906, article Tarfon (son nom hébreu) – (4) Mgrs A.et J. Lemman, Valeur de l’assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ, 1877 – (5) Flavius Josèphe, Antiquités juives, XX, I, 1, 2 – (6) Hirsch Graetz, Histoire des juifs, 3eème période, 1ère époque, chapitre 1 – (7) G F Willems dans Bijdragen, Le juif Tryfon et rabbi Tarfon, 1989 pages 278 à 292
Tusnilde, l’affranchie
La princesse germaine devenue esclave puis disciple.
Tusnilde est devenue esclave suite aux représailles menées par Germanicus contre Arminius. En 9 après JC, celui-ci avait complètement anéanti dans la forêt de Teutoberg, trois légions romaines (18.000 hommes) commandées par Varus.
Valéria*, une noble romaine, la reçoit en cadeau de noces, preuve de la noblesse des origines de la captive1. Elle l’affranchit et en fait sa confidente2. Elle la surnomme parfois «Barbara» (l’étrangère), mais sans connotation méprisante3.
À la suite de Valéria, Tusnilde décide d’embrasser la foi en Jésus et fréquente, avec son ancienne maîtresse, la synagogue des affranchis à Jérusalem4. Les épreuves de la Passion s’annonçant, Valeria, qui vient de subir le divorce, l’envoie avec sa fille Fausta*, à Béther dans le château de son amie Jeanne de Chouza*5.
Recoupements historiques
Thusnelda était la femme d’Arminius, le germain victorieux du romain Varus. Elle fut livrée à Germanicus en l’an 15 par Ségestes son propre père, allié des romains : il voulait se venger ainsi d’Arminius. Celui-ci avait séduit sa fille promise à quelqu’un d’autre et l’avait épousé après la victoire de Teutoberg.
Capturée, Thusnelda fut emmenée à Rome pour y être exhibée à l’occasion du triomphe de Germanicus en l’an 16. Elle ne revit jamais sa patrie et disparut de l’histoire6. En 17, Germanicus fut nommé gouverneur de Syrie. Il fut assassiné à Antioche en 19.
Il est probable que Thusnelda, princesse esclave et symbole de sa gloire, l’ait accompagné à Antioche. Elle a pu alors être donnée à un notable de la suite de Germanicus, peut-être le père de Valéria. Celle-ci avait en effet passé sa jeunesse à Antioche de Syrie.
(1) Tome 7, chapitre 231 /vo 534.1/9 – (2) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.12 – (3) Tome 6, chapitre 130 /vo 438.8/10 – (4) Tome 7, chapitre 231 /vo 534.1/9 – (5) Tome 8, chapitre 44 /vo 583.12 – (6) Tacite, Annales 1, 58; Strabon, Geographica, L7, 1, 4