Valens, le proxénète
Est un romain, ami de Zachée*, le publicain de Jéricho. Il le suit dans sa conversion. Valens confesse à Jésus sa vie passée, reflet du monde de l’époque : «J’ai exploité toutes les misères, je me suis enrichi sur les filles innocentes des vaincus, sur des orphelines, sur des femmes vendues pour un pain comme de la marchandise». Il a parcouru le monde pour cela à l’affût de toutes les guerres et les calamités.
«Seigneur. Ne me maudis pas, maintenant que tu sais !» supplie-t-il.
Jésus lui signifie son pardon : «C’est vrai ! Ton crime est grand. Tu as beaucoup à réparer. Mais Moi, la Miséricorde, je te dis que même si tu étais le démon en personne tu peux, si tu le veux, tout réparer et être pardonné par Dieu1».
Ému, Valens baise la main de Jésus qui lui prédit que ce baiser sera une consolation lors de sa crucifixion.
(1) Tome 7, chapitre 221 /vo 524.1/11
Valeria
Est une jeune romaine dont le bébé, Faustina*, est sauvé par Jésus1. Elle est immédiatement sensible à son enseignement et s’éloigne progressivement de la vie corrompue de la société romaine.
Valeria est grande, élancée, d’aspect distingué. On la remarque à son sourire paisible et doux2.
Elle intervient dans la libération d’Aurea*, une jeune esclave condamnée à être livrée à la débauche. Elle souhaiterait en faire la nurse de son bébé, mais Jésus juge prudent de l’éloigner de ses anciens maîtres. Valeria comprend mal ce geste, mais s’y soumet : «C’est vrai ! dit-elle à la Vierge Marie, nous sommes trop corrompus pour donner confiance à un saint. Domina, prie pour moi !3».
Son mari, lassé du revirement qui s’est produit dans l’âme de sa femme, la délaisse. Il s’expatrie à Antioche de Syrie avec ses esclaves favorites.
Valeria vient demander conseil à Jésus. Jusqu’au divorce, il incite Valeria à être une épouse vertueuse : «Tu as les capacités à grandir dans la vie de la Grâce. Si tu n’étais pas ce que tu es, je t’imposerais moins. Mais tu es d’une bonne trempe : la souffrance te purifieras». Il lui prédit: «Toi et ta fille, deviendrez sages dans la foi qui portera mon Nom4».
Après son divorce, elle est la première des romaines à se convertir au judaïsme, comme religion de Jésus. Elle fréquente la synagogue des affranchis romains5. Elle libère tous ses esclaves et les instruits dans le vrai Dieu6.
Pressée par ses parents de rentrer en Italie, elle décline cette offre malgré les temps d’épreuves qui s’annoncent : Jésus vient de lui annoncer sa mort prochaine.
«Si je perds beaucoup en te perdant, dit-elle à Jésus, je ne perdrai pas tout, car la foi restera et moi je veux rester où elle est née. Je ne veux pas amener Faustina* là où rien ne parle de Toi. Ici tout parle de Toi et certainement, tu ne nous laisseras pas sans guide, nous qui avons voulu te suivre7».
Elle se retrouve avec Jeanne de Chouza*, son amie, sur la Via Dolorosa8. Elles se réfugient ensemble dans le château de Jeanne, à Béther, après la mort de Jésus9.
Recoupements historiques
La gens Valeria était une des plus prestigieuses familles patriciennes de Rome. Toute femme de cette famille portait le nom de Valéria. Le fait de recevoir pour ses noces une esclave telle que Tulsnide* capturée par Germanicus indique bien qu’elle était issue d’une grande famille romaine.
Selon le Talmud, une femme riche prénommée Valéria, qui possédait des esclaves, serait «devenue prosélyte». En résidence à Jamnia et à Lydda en Palestine, elle eut des entretiens avec le petit-fils de Gamaliel sur certaines contradictions dans la Bible10.
(1) Tome 3, chapitre 15 /vo 155.4/5 – (2) Ib°, chapitre 27 /vo 167.1/15 – (3) Tome 6, chapitre 130 /vo 438.1/10 – (4) Tome 7, chapitre 228 /vo 531.5/21 – (5) Ib°, chapitre 231 /vo 534.1/9 – (6) Tome 8, chapitre 27 /vo 566.6/7 – (7) Ib°, chapitre 44 /vo 583.1/25 – (8) Cf. Luc 23,27 – (9) Tome 10, chapitre 16 /vo 630.13 – (10) Talmud de Babylone, Rosh Hashanah, 17b, verso
Valérien
Est un notable romain de la suite de Ponce Pilate*, probablement le mari de Valeria* ci-dessus. C’est un des romains les plus riches de la Palestine. Cruel et dépravé, il est passé «maître dans l’art de l’orgie». Son esclave Sintica* s’enfuit pour échapper à ses caprices (1).
Valérien va faire un esclandre chez Hérode Antipas* : il pense que son esclave s’est réfugiée chez Jeanne de Chouza*, l’amie de sa femme et demande qu’on la restitue. Cette nouvelle fait le tour de la colonie romaine : on s’en fait les gorges chaudes. Pour éviter le scandale, Ponce Pilate* l’expédie en Italie par le premier bateau en partance2. Valérien emmène avec lui ses esclaves favorites.
Recoupements historiques
Decimus Valerius Asiaticus était originaire de Vienne, en Gaule Narbonnaise. Il était très riche. À Rome il devint l’un des familiers de l’empereur Caligula, avant de le trahir. Il était connu pour sa vie voluptueuse et ses débauches.
Son surnom d’Asiaticus, laisse supposer qu’il s’était distingué dans les provinces d’Asie, mais on sait peu de choses de son début de carrière.
En 28, selon Flavius Eutropius (IVème siècle) il aurait rejoint à Antioche, Sentius Saturninus*, le consul3. (ce qui est conforme avec la chronologie résultant du texte de M. Valtorta)
C’est au début de cette année que Valeria, jeune mariée, rencontre Jésus à Césarée Maritime4.
(1) Tome 4, chapitre 117 /vo 254.5 – (2) Ib°, chapitre 146 /vo 282.4 – (3) Flavius Eutropus, Breviarium historiae Romanae 7, 13, 2 – (4) Tome 3, chapitre 15 /vo 155.4/5
Véronique
Voir Nike.
Veuve de Naïm
Son fils Daniel* est ressuscité selon Luc 7, 11-161. Jésus rencontre le cortège funèbre du jeune homme, mort depuis un jour et demi. Tout le monde s’émeut de voir une veuve, perdre son fils unique. Sa mère a blanchi en quelques heures sous le coup de l’émotion.
Elle reste anonyme dans l’Évangile comme dans l’œuvre de Maria Valtorta.
Recoupements historiques
Selon l’évangile de Barthélemy, un apocryphe copte du Vème siècle, elle se nommait Lia2.
Selon A.C Emmerich, elle s’appelait Maroni. Elle aurait été apparentée tout à la fois à Pierre* et à Élisabeth*, la mère du Baptiste*. Cependant les liens de parentés que détaille Clemens Brentano dans sa note, sont assez complexes à suivre3.
Selon une tradition, reprise par Caesar Baronius et Pierre Canisius au XVIème siècle, son fils Daniel aurait évangélisé le nord de la Gaule. Il serait connu sous le nom de Materne. Ce surnom viendrait de sa mère dont l’émotion émut tant Jésus4.
(1) Tome 3, chapitre 50 /vo 189.1/5 – (2) Évangile de Barthélemy, chapitre 8, § 40 – (3) A.C. Emmerich/C. Brentano, La Passion de N.S. Jésus-Christ, chapitre 53, note de bas de page – (4) Témoignages d’Orose et de Socrate au 5e siècle, et Saints et Saintes de Belgique au premier Millénaire de Jean Hamblenne
Veuve à l’obole
Voir Zacharie le lévite.
Vieillard aveugle du Nébo
Il préfère rester aveugle plutôt qu’être guéri par un « démon ».
Il rencontre Jésus au pied de ce mont de Transjordanie où mourut Moïse. Un disciple l’invite à demander sa guérison à Jésus : «Moi?! Moi?! S’indigne-t-il. Je ne veux pas avoir la lumière d’un démon. Au contraire, je crie vers toi, ô Dieu éternel ! Écoute-moi. À moi, les ténèbres absolues ! Mais que je ne voie pas le visage de ce démon, de ce sacrilège, de cet usurpateur, de ce blasphémateur, de ce déicide ! Que tombent les ténèbres sur mes yeux pour toujours».
Dans son paroxysme, il se frappe les orbites comme s’il voulait faire éclater ses yeux.
«Ne crains pas. Tu ne me verras pas» dit Jésus. Il s’éloigne, triste et abattu, sous les imprécations de la foule ameutée par les cris de l’aveugle1.
(1) Tome 7, chapitre 197 /vo 501.8
Vital et Marcus Gratus
Sont deux légionnaires de garde aux portes de Jérusalem, le lundi saint. Au petit matin, Jésus veut entrer pour saluer sa mère restée en ville. Le gradé le laisse passer malgré les ordres : Jésus est le seul juif qui respecte les romains dit-il. Vital, un soldat du Bénévent est admiratif, mais Marcus Gratus est un vieux briscard pyrrhonien : il doute de tout et ne croit en rien, sauf en Rome.
Il se moque de Vital qui s’interroge sur la divinité de Jésus : on a jamais vu un dieu monté sur un ânon comme cela est arrivé hier !1 Les dieux et les rites ne sont que fariboles !
Vital cependant, décide de veiller pour croiser Jésus à son retour. Il l’interroge : «Tu as dit tout à l’heure : « La paix que je donne demeure même dans la guerre car c’est une paix d’âme ». Je voudrais savoir quelle est cette paix et ce que c’est que l’âme ?». Jésus lui explique que guerre et paix ne coexistent pas dans le monde, mais dans l’homme de guerre peut exister la paix divine qui s’adresse à la part divine de l’homme : l’âme. Puis il le quitte en l’encourageant dans son chemin de vérité1.
Recoupements historiques
Pyrrhon d’Elis (360–270 av. J.-C.), était un philosophe grec. Il était agnostique et s’abstenait de donner son opinion sur tout sujet. Il niait qu’une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi. Il doutait de l’existence de toute chose.
Selon Jacques de Voragine, saint Vital, un ancien militaire, s’établit à Ravenne où il épousa la Bienheureuse Valérie. Ils eurent deux jumeaux : saint Gervais et saint Protais.
Saint Vital mourut enterré vivant sous Néron. Sa femme Valérie mourut de mauvais traitements après avoir confessé, elle aussi sa foi chrétienne3.
Saint Vital, la bienheureuse Valérie, Saint Gervais et Saint Protais, sont fêtés ensemble le 28 avril.
(1) Cf. Marc 11,1-11; Luc 19,28-48 – (2) Tome 9, chapitre 11 /vo 592.1 – (3) Jacques de Voragine, La Légende Dorée, Tome 1, Saint Vital