Une heure avec Jésus à la maison ou devant le Saint-Sacrement d'après Maria Valtorta

Clouée au lit depuis de nombreuses années déjà, Maria Valtorta reçoit, au plus sombre de la 2ème guerre mondiale, la vision complète des scènes de l'Évangile. Cette vie de Jésus étonnante de précisions a été lue, à titre personnel, par trois papes, des théologiens et biblistes et rencontre un succès populaire ininterrompu depuis 60 ans.

Jésus lui a donné d'autres dictées comme ce magnifique texte présenté ici : Une heure avec Jésus à la maison ou devant le Saint-Sacrement.



I.

"Si Je ne te lave pas, tu n'auras aucune part dans mon Royaume"

Toi âme que J'aime, et vous tous que J'aime, écoutez, Je vous parle, car Je veux m'entretenir avec vous pendant cette heure.
Moi, Jésus, Je ne vous éloigne pas de mon autel même si vous vous y approchez avec une âme malade recouverte de plaies, ou asservie par les passions ; ces mêmes passions qui, comme des lianes, ligotent votre âme et vous gênent spirituellement, pour vous livrer ainsi emprisonnés au pouvoir de la chair et de son roi, Lucifer.
C'est toujours Moi, Jésus, le Rabbi de Galilée, celui que les lépreux, les paralytiques, les aveugles, les obsédés, les épileptiques appelaient à grande voix : "Fils de David, aie pitié de moi". C'est toujours Moi, Jésus, le Rabbi qui tend la main à celui qui se noie, et lui dit : "Pourquoi doutes-tu de Moi ?". C'est toujours Moi, Jésus, le Rabbi qui dit aux morts : "Lève-toi, et vis. Je le veux. Sors de ton sommeil de mort, sors de ton tombeau et marche" et Je vous rends à ceux qui vous aiment.
Et qui est-ce qui vous aime, ô mes biens-aimés ? Qui vous aime d'amour vrai, d'amour non égoïste, d'amour non variable ? Qui vous aime d'amour non intéressé, non avare, et a pour but de vous donner ce qu'il a accumulé pour vous, en vous disant : "Prends. C'est à toi. J'ai fait tout cela pour toi  afin que cela t'appartienne et tu puisses en profiter" ? Qui ? Le Dieu éternel. Et Moi, c'est à Lui que Je vous rends. A Lui qui vous aime.
Je ne vous éloigne pas de mon autel, parce que c'est ma chaire, mon trône, la demeure du Médecin qui vous guérit de tout mal. D'ici Je vous apprends à être confiants. D'ici, Roi de la Vie, Je vous donne la Vie. D'ici Je me penche sur vos maladies et Je les guéris avec le souffle de mon amour.
Je fais plus encore, ô fils. Je descends de cet autel et viens vers vous. Me voilà apparaître à la porte de ces églises. Peu nombreux sont ceux qui y pénètrent, et encore moins nombreux ceux qui y pénètrent avec une foi sûre. Me voilà. Comme une figure de paix, Je me montre dans vos rues où vous passez accablés, empoisonnés, desséchés par la douleur, par l'intérêt, par la haine. Je vous tends les mains. Je vois bien que vous trébuchez de fatigue sous les pierres énormes que vous vous êtes imposés et qui ont pris la place de la croix que Je vous avais mise dans la main pour qu'elle vous soutienne comme le bourdon soutient le pèlerin. Voilà que Je vous dis : "Entre. Repose-toi. Bois", parce que Je vois bien que vous êtes exténués, assoiffés.
Mais vous, vous ne me voyez pas. Vous passez tout près, vous me heurtez, tantôt par malveillance, tantôt par manque de vision spirituelle. Parfois vous me regardez. Mais vous savez être sales et vous n'osez pas vous approcher de la candeur de ma divine Hostie. Mais cette Candeur sait avoir pour vous de l'indulgence. Apprenez à me connaître, hommes méfiants, car vous ne me connaissez pas.
Ecoutez. J'ai voulu quitter la Liberté et la Pureté dont est formée l'atmosphère du Ciel et descendre dans cette prison qui est la vôtre, dans cet air vicié, pour vous aider, parce que Je vous aime. J'ai fait plus que ça : Je me suis privé de ma liberté divine et Je me suis rendu esclave d'une chair mortelle. L'Esprit de Dieu renfermé dans une chair, l'Infini renfermé dans une poignée de muscles et d'ossements, soumis aux voix de cette chair persécutée par le froid et le soleil, par la famine, la soif, la fatigue. J'aurais pu ignorer tout cela. J'ai voulu connaître les tortures de l'homme déchu de son trône d'innocence. J'ai fait cela pour vous aimer davantage.
Cela ne m'a pas encore suffi. J'ai voulu - car pour être indulgents il faut connaître ce que supporte celui qu'on traite avec indulgence - j'ai voulu éprouver l'assaut de tous vos sentiments pour connaître vos luttes, comprendre quel genre de tyrannie sournoise Satan glisse dans votre sang, comprendre comment il est facile d'être hypnotisé par ce serpent si on baisse, ne serait-ce qu'un instant, les yeux sur son regard séduisant, en oubliant de vivre dans la lumière. Le Serpent ne vit pas dans la lumière. Il se cache dans les coins sombres qui paraissent reposants mais qui sont dangereux. Pour vous ces recoins sombres portent les noms de : femme, argent, pouvoir, égoïsme, ambition, sensualité. Ils vous cachent la Lumière qui est Dieu. Dans ces coins sombres se cache le Serpent : Satan. On le croirait un bibelot, mais c'est la corde qui va vous étrangler. J'ai voulu connaître tout cela parce que Je vous aime.
Cela ne m'a pas encore suffi. Personnellement cela m'aurait suffi, mais la Justice du Père aurait pu dire à sa Chair : "Tu as su éviter le piège. L'homme, chair comme Toi, maintenant ne sait pas l'éviter. Qu'il soit donc puni parce que Je ne peux pardonner à celui qui est souillé". J'ai pris sur Moi vos souillures. Celles du passé, celles du présent, et celles à venir. J'ai dépassé l'expérience du prophète Job et, plus que lui, J'ai été submergé par le fumier putride et corrompu du péché. Cela s'est produit lorsqu'étant submergé par le péché du monde entier Je n'osais même pas lever les yeux au Ciel. Je gémissais sous le poids de la colère de Dieu le Père, colère accumulée depuis des siècles, colère consciente des péchés à venir. Un déluge de péchés sur la Terre depuis ses débuts jusqu'à sa fin. Un déluge de malédictions sur le Coupable, sur l'Hostie du Péché.
Ô, hommes ! J'étais plus innocent que le bébé que la mère embrasse au retour de son baptême. Et le Très Haut en me voyant fut horrifié, car J'étais devenu le Péché. J'ai pris sur Moi tout le péché du monde. J'ai transpiré de dégoût. J'ai sué mon propre sang à cause du dégoût causé par cette lèpre que J'avais sur Moi qui suis l'Innocent. Le sang a fait éclater mes veines à cause du dégoût provoqué par cette mare fétide qui me submergeait. Et pour achever cette torture, pour presser encore plus mon sang hors de mon coeur, à ces souffrances s'est ajoutée la douleur amère de la malédiction. En cette heure Je n'étais plus le Verbe de Dieu : j'étais l'Homme. L'Homme. Le Coupable.
Est-il possible que Moi, qui ai vécu cela, Je puisse ne pas comprendre votre accablement et cesser de vous aimer parce que vous êtes accablés ? Au contraire, c'est pour cela que Je vous aime. Je n'ai qu'à me souvenir de cette heure-là pour vous aimer et vous appeler : "Frères !". Mais pour que le Père puisse vous appeler : "Fils" cela ne suffit pas, et Moi, Je veux qu'il vous appelle ainsi. Quelle sorte de frère Je serais pour vous si Je ne voulais pas que vous soyez vous aussi dans la Maison paternelle ?
Voilà donc que Je vous dis : "Venez, que Je vous lave". Personne n'est trop sale, au point de ne pas pouvoir être lavé par mon bain. Personne n'est trop propre, au point de ne pas avoir besoin de mon eau. Venez. Mon eau, ce n'est pas de l'eau ordinaire. Il y a des sources miraculeuses qui guérissent les plaies et les maladies de la chair. Cette eau-ci va même au-delà car elle jaillit de ma poitrine.
Voilà le Coeur éclaté qui donne l'eau qui lave et purifie. Mon Sang est l'eau la plus claire et propre qui soit dans la création. Avec son pouvoir elle peut effacer toute infirmité et toute imperfection. Votre âme redevient blanche, propre, digne du Royaume.
Venez. Laissez que Je vous dise : "Je t'absous de tes péchés !". Ouvrez-Moi votre coeur. En lui sont les racines de tous vos maux. Laissez-Moi y pénétrer. Permettez-Moi de défaire vos bandages. Est-ce que vos plaies vous dégoûtent ? Éclairées par ma lumière elles vous apparaissent telles qu'elles sont : un fourmillement de vers dégoûtants. Ne les regardez pas. Regardez mes plaies à Moi. Laissez-Moi faire. J'ai la main légère. Vous ne percevrez qu'une caresse... et tout sera guéri. Un baiser, une larme... et tout sera purifié.
Oh, comme vous serez beaux alors autour de mon autel ! Anges parmi les anges du Ciboire. Mon Coeur sera dans la joie la plus grande. Je suis le Sauveur et Je ne méprise personne. Je suis aussi l'Agneau qui aime se promener parmi les lys, et se plaît à se laisser enivrer par leur candeur. C'est pour vous redonner cette candeur que Je me suis incarné, et que Je me suis laissé immoler.
Oh, Je vois comment le Père vous sourit et comment Il vous inonde de ses splendeurs d'Amour, la souillure du péché vous ayant quittés.
Venez à la source du Sauveur. Que mon Sang coule sur l'âme contrite. Qu'une voix, le reflet de la mienne, prononce les mots : "Je t'absous au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit".


II.

"L'un d'entre vous me trahira"

L'un d'entre vous ! Oui, dans la proportion d'un sur douze, l'un de vous me trahit.
Chaque trahison est plus pénible qu'un coup de lance. Regardez l'Humanité de votre Rédempteur. De la tête aux pieds, vous ne voyez que blessures. La flagellation fait frémir celui qui l'imagine et agoniser celui qui la subit. Mais cela ne me tortura que pendant une heure. Vous qui me trahissez, vous me flagellez le Coeur, et cela depuis des siècles.
Je vous ai aimés. Je vous aime. Je vous comprends. Je vous pardonne. Je vous purifie en prenant tout mon Sang pour ce lavage purificateur. Et vous me trahissez.
Je suis le Verbe de Dieu. Au Ciel Je suis glorieux. Mais en ce Ciel J'y suis non seulement comme Esprit. J'y suis aussi comme Chair. La chair est sujette à éprouver des sentiments et des affections. Pourquoi voulez-vous raviver continuellement ce feu corrosif qui m'oblige à supporter la présence d'un traître ? Le Ciel est-il lointain ? Non, fils qui me trahissez. Je suis tout près de vous. Je suis parmi vous. Et vous me brûlez par le feu de votre trahison.
Je regarde autour. Je cherche du réconfort parmi les différentes classes de personnes. En chacune Je rencontre des regards, mais des regards de trahison. Pourquoi me trahissez-vous ? Je me tiens parmi vous pour vous faire du bien. Pourquoi voulez-vous me faire du mal ? Je vous porte mes dons. Pourquoi lancez-vous contre Moi des serpents venimeux ? Je vous appelle : "Mes amis". Pourquoi me répondez-vous : "Maudit" ? Que vous ai-Je fait ? Connaissez-vous un homme qui soit plus patient que Moi ?
Regardez. Quand vous êtes heureux personne ne vous abandonne. Mais si vous pleurez, si la richesse vous quitte, si une maladie vous rend contagieux, voilà que tout le monde s'éloigne. Moi Je reste. Plus que ça, Je vous accueille davantage, étant donné que c'est alors seulement que vous venez. Vous n'avez plus personne avec qui pleurer et parler, et c'est alors que vous vous rappelez de Moi. Moi, Je ne vous dis pas : "Va-t-en, Je ne te connais pas". Je pourrais le dire, car effectivement vous n'êtes jamais venus me dire lorsque vous étiez riches, sains et heureux : "Je le suis et je t'en remercie".
Mais non. Je ne prétends même pas cela de la part de celui qui n'est pas un géant d'amour. Le "merci" Je ne le prétends pas. Il me suffirait d'entendre : "Je suis heureux". L'entendre de votre bouche. Ne pas être considéré comme étranger à votre monde. Savoir que vous vous rappelez que Moi aussi J'existe. Savoir que de temps à autre vous pensez à Moi. Le "merci" c'est Moi qui le dirais pour vous à Dieu : mon Père et le vôtre. Mais voilà, vous ne venez jamais. Je pourrais dire : "Je ne vous connais pas". Au lieu de cela voilà que Je vous ouvre les bras et vous dis : "Viens, nous pleurerons ensemble".
Regardez. Je suis dans les prisons, dans les petites et avilissantes cellules, assis sur la même planche que le forçat. Je lui parle d'une liberté plus vraie que celle qui se trouve au-delà de ces quatre murs, d'une liberté qui ne craint plus d'être amoindrie par des fautes punissables. Ce forçat, c'est pourtant quelqu'un qui m'a trahi, en trahissant ma loi d'amour. Il a peut-être tué. Il a peut-être volé. Mais maintenant il m'appelle. Me voilà à ses côtés. Le monde le méprise. Moi Je l'aime. J'ai appelé "ami" celui qui me tuait et volait ma vie. Je peux appeler "ami" ce malheureux qui revient vers Moi.
Je suis auprès des malades telle une flamme d'amour. Dans leur fièvre ils connaissent ma caresse, dans leur sueur mon suaire, dans leur langueur mon bras qui les soutient, dans leurs angoisses ma parole. Pourtant plusieurs sont devenus malades suite à une trahison de ma loi divine. Ils ont servi la chair. Et la chair, comme une bête folle, s'est égarée. Maintenant elle les égare aussi dans leur vie. Malgré cela, me voilà présent comme l'unique qui ne se fatigue jamais de leur mal. Je veille avec eux, Je souffre avec eux, Je souris à leurs espoirs. Si le Père dit oui, avant même qu'il ait terminé de dire son oui, Je transforme leurs espoirs en réalités. Mais si Je vois que le décret est de mourir, voilà que Je prends ce frère qui tremble devant le mystère de la mort et qui m'appelle, voilà que Je lui dis : "Ne crains pas. Tu crois que la mort est ténèbres : elle est lumière. Tu crois qu'elle est douleur : elle est joie. Donne-Moi ta main. Je connais la mort. Je l'ai connue avant toi. Je sais qu'il s'agit d'un instant, et que Dieu parvient surnaturellement à réduire nos facultés pour ne pas accabler l'âme dans cette lutte extrême. Aie confiance. Regarde-Moi. Seulement Moi... Voilà ! Tu vois ? Tu as dépassé le seuil. Viens avec Moi maintenant chez le Père. Ne crains pas là non plus. Je suis avec toi. Le Père aime ceux que J'aime".
Je suis dans les maisons désertes. Peu avant elles étaient remplies de voix joyeuses. La mort est passée, ou bien la misère. Le survivant se promène seul. Les amis ont fui. Les personnes aimées sont loin à cause du travail ou bien à cause de la mort. Il y a du soleil dans le ciel mais pour le survivant tout est noir. Il y a de la paix dans l'air du soir, mais pour le survivant il n'y a pas de repos. On m'a pourtant trahi dans cette maison en donnant aux créatures ma place de Créateur à plusieurs reprises. On a aimé de façon idolâtre et, ce faisant, on a trahi ma loi. Mais Moi, J'entre, et Je mets un rayon de lumière dans les ténèbres. Je mets la paix là où est la tempête. Ce survivant m'a appelé... Sans trop y penser peut-être... Peut-être sans vouloir vraiment m'avoir auprès de lui. J'y vais sans tarder.
Oh ! Je ne demande que ça, d'être avec vous. Tout souvenir d'erreurs passées tombe lorsque vous m'appelez "Jésus !".
Mais ne flagellez pas mon Coeur. Il est déjà ouvert et vidé de tout son sang. N'empoisonnez pas sa blessure. A ceux qui ont compris ma douleur d'amour trahi, Je dis : "L'un d'entre vous me trahira, donnez-Moi votre amour fidèle comme soulagement". Et Je le dis à tous. Je le dis aux saints bien-aimés, en tant que Dieu. Je le dis aux pécheurs bien-aimés, en tant que Jésus. Oui, les pécheurs aussi, pour qui Je suis devenu Jésus, peuvent panser cette blessure.
Etes-vous des samaritains ? Je le sais. Mais ma parabole parle d'un samaritain au coeur gentil qui soigne les blessures non touchées par les fils de la Loi, lesquels, poussés par la hâte de servir Dieu, sont passés tout droit. Ils n'ont pas compris que Dieu est mieux servi par l'amour que par les pratiques extérieures.
Je suis le Blessé qui languit le long de vos routes. Les larrons m'ont assailli et dépouillé. Les larrons : ceux qui profitent indignement de mon sacrifice de Dieu qui se fait chair. Ils me dépouillent : cela veut dire qu'avec leurs hérésies ils m'enlèvent mes attributs. Ils dépouillent la Vérité qui, par son habit resplendissant, excite leur convoitise. Ne savent-ils pas, les malheureux, que cet habit resplendit, oui, parce qu'il est porté par celui qui est Soleil ? Ne savent-ils pas qu'une fois dans leurs mains cet habit devient guenille, une guenille quelconque recouverte par la bave de leur orgueil ?
La Vérité est vérité, et, seulement lorsqu'elle est branchée sur Dieu, elle éclaire chaque chose de sa lumière. Séparée de Dieu, elle devient un langage digne de la Tour de Babel. La Vérité est Science et Sagesse à la fois, mais, détachée de Dieu, elle devient chaos.
Vous, même si vous êtes des samaritains, soignez-Moi. Donnez-Moi votre huile et votre vin : l'huile, l'amour ; le vin, la contrition de votre moi. Soignez-Moi. Je n'ai pas de dédain pour vous. Que la pécheresse qui soulagea mes pieds fatigués vous parle et vous dise si Je dédaigne le pécheur.
Ne me trahissez jamais plus. Allez et ne péchez plus. Je vous pardonne si en vous tout est amour pour Moi. Donnez-Moi un baiser sincère. Je sens une brûlure là où ma joue a été touchée par le baiser des traîtres. Soignez la blessure de ma joue avec le baiser de la fidélité.


III.

"Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés"

Depuis la crèche jusqu'à la croix, depuis Bethléem jusqu'au Mont des Oliviers, Je vous ai aimés.
Le froid et la misère de ma première nuit dans le monde ne m'ont pas empêché de vous aimer avec mon Esprit. Etant réduit, Moi le Verbe, au point de ne pas pouvoir vous dire "Je vous aime" avec mes lèvres, Je vous ai dit ces paroles avec mon Esprit qui est inséparable de celui du Père, avec Lequel Je suis actif d'une activité impérissable.
L'agonie de ma dernière nuit sur la Terre ne m'a pas empêché de vous aimer. Au contraire, elle a touché les cimes les plus hautes de l'amour. Elle a brûlé dans l'incendie le plus vif. Elle a consumé tout ce qui n'était pas amour jusqu'à éjecter hors de mes veines, en même temps que mon sang, le dégoût pour le péché et la douleur due à l'abandon de mon Père.
Y a-t-il un amour plus grand que celui qui sait aimer même se sachant haï ? C'est bien de cette façon que Je vous ai aimés.
Le premier geste de mes mains, une caresse. Le dernier, une bénédiction. Au centre de ces deux gestes, dont le premier est né dans une nuit d'hiver et le dernier dans la splendeur d'un beau matin d'été, trente-trois ans de gestes d'amour pour exprimer le même nombre de mouvements d'amour. Amour dans les miracles, amour dans les caresses destinées aux enfants et aux amis, amour de maître, amour de bienfaiteur, amour d'ami, amour, amour, amour...
Et amour plus qu'humain, à la dernière Cène. Mes mains, avant d'être liées et percées, ont lavé les pieds des apôtres, même les pieds de celui à qui J'aurais voulu laver le coeur, et elles ont morcelé le pain. Avec ce pain Je morcelais aussi mon Coeur. C'est celui-là que Je vous donnais. Je savais que très prochainement Je serais reparti pour le Ciel, et Je ne voulais pas vous laisser seuls. Je savais comment il vous est facile d'oublier, et Je voulais vous donner la chance de vous voir assis comme des frères autour de la même table, ma table, en train de vous dire l'un l'autre : "Nous sommes de Jésus !".
Y a-t-il un amour plus grand que celui qui sait aimer même la personne qui le torture ? Et pourtant c'est bien de cette façon-là que Je vous ai aimés. J'ai su prier pour vous, même à l'article de la mort.
Aimez-vous comme Je vous ai aimés. La haine étouffe la lumière. Même la simple rancune offusque la paix. Dieu est paix, Il est lumière, parce qu'il est amour. Mais si vous refusez d'aimer comme Moi-même J'ai aimé, vous ne pourrez pas posséder Dieu.
Comme Moi Je vous ai aimés. Donc sans orgueil. Ce tabernacle qui est devant vous, cette croix qui est la mienne, ce Coeur qui est le mien n'expriment pas autre chose que l'humilité.
Je suis Dieu et Je suis votre Serviteur. Je me tiens ici dans l'espoir que vous disiez : "J'ai faim" pour pouvoir ainsi me donner à vous comme Pain. Je suis Dieu, et Je me montre à vous nu et maudit sur un bois qui autrefois était symbole d'infamie. Je suis Dieu et Je vous supplie d'aimer mon Coeur. Je vous prie. Par amour pour vous, parce que si vous m'aimez vous vous faites du bien. Je suis Dieu. Avec ou sans votre amour Je suis toujours Dieu. Mais pas vous. Sans mon amour vous n'êtes rien : poussière.
Je veux vous avoir avec Moi. Je veux vous avoir ici. Je veux faire de votre poussière une lumière de béatitude. Je veux que vous ne mourriez pas, mais que vous viviez parce que Je suis la Vie et Je veux que vous ayez la Vie.

Aimez-vous sans égoïsme. Ce serait un amour impur, destiné à mourir malade. Aimez-vous de façon à souhaiter à autrui plus de bien que vous n'en souhaiteriez à vous-mêmes. C'est très difficile. Je le sais. Mais, voyez-vous ce Pain eucharistique ? Il a fait des martyrs. Ils étaient des créatures comme vous : peureuses, faibles, même vicieuses quelquefois. Ce Pain en a fait des héros.
Dans la première partie Je vous ai indiqué mon Sang pour votre purification. Dans cette troisième partie, pour faire de vous des saints, Je vous montre cette Table et ce Pain. De pécheurs, mon Sang vous a transformés en hommes justes. Mon Pain vous transformera de justes en saints. Un bain lave tout, mais il ne nourrit pas. Il rafraîchit, il donne du tonus, mais il ne devient pas chair dans la chair. La nourriture au contraire devient sang et chair ; elle devient partie de vous-mêmes. Ma Nourriture devient partie de vous-mêmes.
Oh ! pensez ! Regardez un petit enfant. Aujourd'hui il mange son pain et demain aussi, puis demain, et demain encore. Le voilà devenu un homme : haut, robuste, beau. Est-ce sa mère qui l'a rendu tel ? Non. Sa mère l'a conçu, porté, mis au monde, nourri de son lait et aimé, aimé, aimé. Mais si le tout petit n'avait reçu que des baisers, baisers et amour seulement, il serait mort d'inanition. Le tout petit devient adulte grâce à la nourriture qu'il mange.
L'homme est donc un adulte grâce à la nourriture prise quotidiennement.
La même chose s'applique à votre moi spirituel. Nourrissez-le avec la Nourriture véritable qui vient du Ciel et qui vous porte toutes les énergies nécessaires à vous faire grandir dans la Grâce. La virilité saine et forte est toujours un avantage. Observez le comportement de celui qui traîne toujours une demi-maladie, observez avec quelle facilité il est âpre, impatient, sans complaisance. Ma Nourriture vous donnera la santé et vous rendra forts et virils dans l'esprit. Vous saurez aimer les autres au-delà de vous-mêmes, comme Moi Je vous ai aimés.
Regardez, mes fils, comment Je vous ai aimés. Pas seulement comme on s'aime soi-même, mais davantage. Au point que J'ai accepté de mourir à votre place pour vous sauver de la mort. Si vous aimez ainsi, vous connaîtrez Dieu.
Savez-vous ce que c'est que de connaître Dieu ? Cela signifie savourer la vraie Joie, la vraie Paix, la vraie Amitié. Oh, l'Amitié, la Paix, la Joie de Dieu ! C'est la récompense promise aux bienheureux. Mais elle est déjà accordée à celui qui sur la Terre aime avec son être tout entier.
Lorsqu'il est authentique, l'amour n'est pas fait uniquement de paroles. Il est fait d'actions aussi. L'amour est actif comme active est sa source qui est Dieu. L'amour ne se fatigue jamais d'être actif, même lorsque le comportement des frères engendre la déception. Malheureux celui qui, heurté par un obstacle, tombe comme un oiseau aux ailes trop faibles.
Même blessé, l'amour vrai monte. S'il ne peut plus voler il se sert de ses ongles et de son bec, mais il grimpe. Il ne veut pas rester dans l'ombre et le froid. Il veut être au contact du soleil, remède à tous les maux. A peine se sent-il revigoré qu'il reprend le vol. Il fait la navette entre Dieu et les frères, et entre les frères et Dieu, comme un papillon angélique qui transporte le pollen des jardins célestes aux fleurs terrestres, pour les féconder, et qui porte à Dieu les parfums captés aux fleurs, même les plus humbles, pour que Dieu les accueille et les bénisse.
Mais malheur à lui s'il s'éloigne du soleil. Le Soleil est mon Eucharistie. En Elle le Père vous bénit, le Saint-Esprit vous aime, pendant que Moi, le Verbe, J'agis.
Venez, prenez et mangez. Celle-ci est la Nourriture que Je vous recommande de consommer.


IV.

"Si vous demeurez en Moi et ma Doctrine demeure en vous, ce que vous demanderez vous le recevrez"

Je descends en vous et Je deviens votre nourriture. Mais, étant le Centre que Je suis, Je vous attire vers Moi. Vous vous nourrissez de Moi, mais à plus forte raison Moi Je me nourris de vous. Nos deux appétits sont insatiables et continus. La vigne nourrit ses bourgeons. Les bourgeons forment la vigne. L'eau réapprovisionne les océans, mais ce sont les océans qui fournissent de l'eau en s'évaporant sous forme de nuages et en redescendant sous forme de pluie. C'est pour cela que vous devez demeurer en Moi, comme Moi Je demeure en vous. Notre séparation entraînerait la mort, non la mienne mais la vôtre.
Je suis nourriture pour l'esprit et nourriture pour la pensée. L'esprit se nourrit de la Chair d'un Dieu. Tout ce qui est émanation de Dieu ne peut recevoir sa nourriture que de Dieu, qui est le moule qui l'a formé. Votre pensée se nourrit de ma Parole, qui est la Pensée de Dieu.
Votre propre pensée ! L'intelligence est ce qui vous rend semblables à Dieu. Dans l'intelligence il y a la mémoire, la faculté de comprendre, et aussi celle de vouloir. Comme dans l'esprit, il y a ressemblance avec Dieu pour être esprit libre et immortel.

Votre pensée à vous, pour être capable de se souvenir, comprendre et vouloir ce qui est bien, doit être nourrie de ma Doctrine. Ma Doctrine vous rappelle les bienfaits et les oeuvres de Dieu, elle vous rappelle qui est Dieu, ce qu'on Lui doit. Elle vous donne de comprendre le bien, et de le discerner du mal. Elle vous donne la volonté de faire le bien. Sans ma Doctrine vous devenez les esclaves d'autres doctrines qui portent le nom de "doctrine", mais ne sont que des fables, et comme des navires privés de leur gouvernail et sans plus de boussole vous allez vers le naufrage. Vous sortez du trajet préétabli. Comment pouvez-vous dire alors : "Dieu m'a abandonné" si c'est vous qui avez abandonné Dieu ?
Demeurez en Moi. Si vous ne demeurez pas en Moi, cela veut dire que vous me haïssez. Et mon Père vous rend la pareille car qui me hait, hait le Père, puisque le Père et Moi nous formons un seul Dieu. Demeurez en Moi. Faites en sorte que le Père ne puisse pas faire de distinction entre l'arbre et sa branche à cause de la sève qui les unit et leur permet de former un tout inséparable. Faites que le Père ne puisse plus déceler où Je termine et où vous commencez, tellement nous nous ressemblons. Qui aime finit par emprunter les expressions, les façons, les gestes de la personne aimée.
Je veux que vous soyez d'autres Jésus. Parce que Je veux que vous receviez ce que vous demandez (fondus avec Moi, vous ne pourrez demander que des bonnes choses) et qu'ainsi vous n'ayez à essuyer aucun refus. Je veux que vous receviez même au-delà de ce que vous demandez, car le Père déverse continuellement ses trésors d'amour sur son Fils. Celui qui est dans le Fils bénéficie de ce déversement continuel et sans limite, qui est Amour Divin se réjouissant dans son Verbe et circulant en Lui. Maintenant Je suis le Corps et vous êtes les membres de ce Corps. Cela signifie que la Joie qui me couvre et me vient du Père, la Puissance, la Paix, et toute autre perfection qui circule dans mes veines, se déversent en vous, mes fidèles qui êtes devenus partie inséparable de Moi-même, ici et dans l'au-delà.

Venez et demandez. N'ayez pas peur de demander. Vous pouvez tout demander parce que Dieu peut tout donner. Demandez pour vous et pour les autres. Je vous ai montré comment faire. Demandez pour les personnes présentes et pour celles qui sont absentes. Demandez pour les personnes déjà trépassées, celles du présent et celles à venir. Demandez pour votre temps présent et pour votre éternité qui doit venir. Appliquez cela à vous-mêmes et aux personnes que vous aimez.
Demandez, demandez, demandez. Pour tous. Pour les bons, afin que Dieu les bénisse. Pour les mauvais, afin que Dieu les convertisse. Dites avec Moi : "Père, pardonne-leur". Demandez : la santé, la paix en famille, la paix dans le monde, la paix pour l'éternité. Demandez la sainteté. Oui, ça aussi. Dieu est le Saint et II est Père. En même temps que la vie qui vous soutient demandez-Lui la sainteté. Demandez toutes ces grâces à travers la Force qui émane de Lui.
N'ayez pas peur de demander. Le pain de chaque jour, et la bénédiction de chaque jour. Vous n'êtes pas uniquement matière, vous n'êtes pas encore uniquement esprit. Demandez pour celui-ci et pour celle-là, et vous recevrez.
Ne craignez pas d'aller trop loin. Moi, pour vous, J'ai demandé qu'on partage la même gloire. Plus que cela, Je vous l'ai donnée, afin que vous soyez semblables à Nous qui vous aimons, et que le monde sache que vous êtes fils de Dieu. Venez. En ce Coeur, qui est le mien, demeure votre Père. Entrez. Qu'il puisse vous reconnaître et dire : "Que l'on fête grandement dans les Cieux parce que J'ai retrouvé un fils que J'aimais".
"J'ai voulu satisfaire à ta demande" dit Jésus. "C'est toujours Moi qui ai parlé : J'ai voulu céder ma parole à ma Voix eucharistique. Recevez-la comme cadeau de ma part. Je te bénis, et avec toi Je bénis tous ceux qui l'écouteront".

Pour acheter en ligne ce livret de 32 pages - cliquez ici -

Sondage - Selon vous les écrits de Maria Valtorta sont :

Les articles les plus consultés sur ce site :